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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Vahé TACHJIAN
( n. 1968 )

L'auteur

Vahé TACHJIAN --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 28 janvier 1968 au Liban

Doctorat Histoire et Civilisation, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), Paris, 2002. Titre de la thèse : "Frontières, minorités, migrations, politiques : les grands enjeux de la zone frontalière entre la Syrie et la Turquie (1919-1939"), mention Très honorable avec félicitations.
- DEA (Diplôme d’Etudes Approfondies) Histoire et Civilisation, EHESS, Paris, 1998.
- Maîtrise de Philologie et d’Histoire orientale, Université Catholique de Louvain, Institut Orientaliste, Louvain-la-Neuve, Belgique, 1997.
- Maîtrise d’histoire, Université d’Etat d’Erevan, Arménie, 1993.
- Baccalauréat libanais, 1987

Chargé de recherches au Centre d'histoire arménienne contemporaine de l'EHESS (en 2004).

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Livre numéro 1826
Vahé TACHJIAN --- Cliquer pour agrandir Revue Histoire du Christianisme, numéro 65, Mars-Avril 2013, Femmes et enfants arméniens, Les Rescapés du Génocide
 
Titre : Revue Histoire du Christianisme, numéro 65, Mars-Avril 2013, Femmes et enfants arméniens, Les Rescapés du Génocide / auteur(s) : REVUE Histoire du Christianisme Magazine -
Editeur : Editions CLD
Année : 2013
Imprimeur/Fabricant : Imprimerie de Champagne
Description : 21 x 28 cm, 66 pages, couverture illustrée en couleurs
Collection : ISSN : 0516 K 81728
Notes : Dossier exclussif : pages 24 à 46
Autres auteurs : Vahé TACHJIAN [directeur] -
Sujets : Génocide arménien -- Turquie contemporaine
ISBN :
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Prix : 7,80 euros

Commentaire :

Lorsque les troupes britanniques, parties d'Egypte, remontent vers le nord de l'Empire ottoman, elles découvrent des milliers de femmes et surtout d'orphelins abandonnés ou détenus dans des familles musulmanes. La réalité du génocide éclate au grand jour.
La photo de couverture a été prise à Damas en 1919. Elle représente un groupe de femmes et d'enfants recueillis dans le Hauran et à Der'a (en Syrie) par le groupe de recherche de Lévon Yotnèghpérian. Ce groupe, composé d'anciens déserteurs de l'armée ottomane et financé par les Arméniens d'Egypte, est chargé de récupérer les femmes et les enfants arméniens rescapés du génocide mais détenus par les tribus bédouines dans le Sinaï, en Palestine et dans la région de Damas.

Article d’Edouard Pehlivanian, France-Arménie, numéro 396, Avril 2013

Le dernier numéro du bimestriel Histoire du Christianisme Magazine, de mars-avril, nous offre un dossier réalisé par Vahé Tachjian sur l'histoire extrêmement mouvementée des rescapés du Génocide. En première de couverture, une photo des survivants du Hauran recueillis à Damas. Les Occidentaux découvrent en octobre 1917 l'étendue du désastre lorsque l'armée britannique du général Allenby avance à l'intérieur du territoire ottoman : ces rescapés sont dispersés dans les localités arabes et abandonnés à leur sort. Une coopération s'établit entre les communautés arméniennes du Caire et d'Alexandrie et l'état-major britannique pour regrouper les enfants et les rassembler dans des orphelinats. Dans un premier temps, les militaires regroupent les déportés dans les casernes et c'est le service sanitaire des armées qui distribue vivres et médicaments. Devant l'afflux de ces malheureux, les organisations humanitaires se substituent aux forces alliées. Deux d'entre elles jouent un rôle éminent : l'américaine, Near East Relief et la britannique, Lord Major's Fund. Les Arméniens interviennent via l'Union Générale Arménienne de Bienfaisance (UGAB). En collaboration avec les missions occidentales, ils s'organisent pour recueillir les enfants et les jeunes filles retenus chez les Bédouins et les familles musulmanes. Un groupe armé, dirigé par Lévon Yotnèghpérian est chargé de récupérer femmes et enfants dans le Sinaï, en Palestine et dans la région de Damas. L'action de ce groupe reçoit l'accord officiel de l'émir Fayçal.
L'article aborde aussi un aspect psychosocial souvent caché : le rejet, dans une certaine mesure, des femmes victimes. Les Arméniennes qui ont donné naissance à des enfants issus de mariages forcés ou de viols, celles qui ont dû se prostituer, ont subi des discriminations sociales. Cependant la prélature arménienne d'Alep aide à la constitution de refuges, une initiative prise en charge par l'UGAB. Cet article très dense et abondamment illustré aborde les terribles conséquences du Génocide. Il fera date parmi les publications sur cette période de l'Histoire.

Edouard Pehlivanian, France-Arménie, numéro 396, Avril 2013


Livre numéro 1629
Vahé TACHJIAN --- Cliquer pour agrandir Mémoire Arménienne. Photographies du Camp de Réfugiés d'Alep 1922-1936
 
Titre : Mémoire Arménienne. Photographies du Camp de Réfugiés d'Alep 1922-1936 / auteur(s) : Vartan DEROUNIAN - Photographies du camp de réfugiés d'Alep 1922-1936
Editeur : presses de l université saint-joseph de beyrouth
Année : 2010
Imprimeur/Fabricant : Leo Digital Press, Beyrouth
Description : 127 pages
Collection :
Notes :
Autres auteurs : Raymond Haroutiun KEVORKIAN [contribution] - Vahé TACHJIAN [contribution] -
Sujets : Génocide arménien -- Réfugiés à Alep -- Photos d'archive
ISBN : 9789953455068
Prix : 20 USD
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Les 72 photos reproduites dans cet album en représentent pratiquement la totalité de la production de Derounian sur la communauté arménienne. Mais l’intensité émotionnelle qui s’en dégage, liée à une parfaite maîtrise de l’art de la photographie, en font une œuvre de grande portée humaniste. C’est l’histoire du camp des réfugiés arméniens d’Alep qui est racontée, de la misère noire des débuts jusqu’à la construction de nouveaux quartiers. C’est aussi le drame d’un peuple qui, arraché à sa terre natale, tente sa réinsertion dans une société dont il ne connaît même pas la langue, tout en conservant jalousement son héritage ancestral. Deux spécialistes de l’histoire et du génocide arménien, Raymond Kévorkian et Vahé Tachjian, et un fin connaisseur d’Alep, Jean-Claude David, situent le contexte dans lequel ont vécu ses réfugiés.

Sommaire
AVANT-PROPOS 7
Par Lévon Nordiguian
ALEP, CENTRE DU DISPOSITIF GÉNOCIDAIRE ET DES OPÉRATIONS DE SECOURS AUX DÉPORTÉS 15
Par Raymond H. Kévorkian
OBJECTIF : RECONSTRUCTION D'UNE VIE À ALEP 25
Par Vahé Tachjian
ALBUM 32
ARMÉNIEN-ALÉPIN, 1920-1946 113
Par Jean-Claude David


Livre numéro 1218
Vahé TACHJIAN --- Cliquer pour agrandir Un siècle de l'Union Générale Arménienne de Bienfaisance, Vol. 1, 1906-1940
   
Titre : Un siècle de l'Union Générale Arménienne de Bienfaisance, Vol. 1, 1906-1940 / auteur(s) :sous la direction de Raymond H. Kévorkian et Vahé Tachjian, Préface de Berdge Setrakian (Président de l'UGAB)
Editeur : Union Générale Arménienne de Bienfaisance
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : imp. CHIRAT, S-Juste-la-Pendue (42540)
Description : 268 p., 27 x22 cm, couverture jaquette en couleurs, 114 photographies en n et b,
Collection :
Notes :
Autres auteurs : Raymond Haroutiun KEVORKIAN [directeur] - Vahé TACHJIAN [directeur] -
Sujets : Histoire de l'Union Générale Arménienne de Bienfaisance
ISBN :
Prix :

Commentaire :

L’histoire d’une organisation comme l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance, établie sur tous les continents, oeuvrant dans de nombreux domaines, recouvre des espaces géographiques multiples au sein desquels elle a œuvré et œuvre. Cet ouvrage fait la part belle au Conseil Central de l’Union, qui a successivement siégé au Caire, à Paris, puis à New York et aux programmes qu’il a conçus et développés au cours du siècle.
Le premier volume (1906-1940) étayé par de riches matériaux d’archives, dresse un bilan assez complet du développement de l’Union depuis l’origine jusqu’à la Second guerre mondiale, avec toutefois une claire volonté de contextualiser celui-ci dans l’histoire plus générale des Arméniens. A travers cette première partie se dégagent les grandes lignes de la « reconstruction » du monde arménien, notamment dans les pays d’accueil du Proche Orient, à laquelle l’Union a apporté une contribution importante.
L’action plus directement politique menée par Boghos Nubar et Calouste Gulbenkian, les deux premiers présidents de l’Union, y est également traitée.

Autre commentaire

Ya-t-il pour une association une meilleure occasion que la célébration d'un anniversaire pour dresser le bilan de son activité? Le centenaire de l'UGAB constituait le moment par excellence pour faire le point sur la vie extraordinaire de cette organisation indissolublement liée, depuis sa naissance, au destin du peuple arménien.
Un magnifique livre en deux tomes, à paraître respectivement en décembre 2006 et janvier 2007 ainsi qu'un long métrage sur DVD, se proposent de relater l'histoire de cette organisation.
Un travail en profondeur qui permet de prendre la juste mesure de son action sur la durée, mais également de mieux comprendre les raisons de sa longévité, de mieux cerner les éléments qui ont contribué à former son identité. Raymond Kevorkian, directeur de la bibliothèque Noubar à Paris, et Vahé Tachjian, historien, travaillent depuis plus d'un an à la réalisation de cet ouvrage. Cette plongée dans les très riches archives de l'organisation, les a conduits dans l’histoire, mais aussi dans la géographie, et plus précisément au Caire où existe un fonds très important de documents.

Le secret de la durée
Il ressort de ce travail un récit détaillé de l'action de l'UGAB ainsi qu'une multitude de photos qui font revivre ses grands moments. Comme l'écrit le président Berj Setrakian dans la préface de ce livre : « L’expérience montre que seules les organisations capables de réévaluer régulièrement et correctement les besoins auxquels elles sont censées répondre durent dans le temps, les autres étant balayées par le vent de l’histoire ». Ces centaines de pages donnent une bonne idée des situations politiques difficiles auxquelles l'UGAB à dû faire face pour poursuivre sa mission: aider le peuple arménien à surmonter le génocide, à survivre physiquement et culturellement, voire même à développer coûte que coûte son identité nationale.
Berj Setrakian rappelle notamment que « quand les circonstances l'ont exigé et que les intérêts vitaux du monde arménien ont été menacés, l’Union n’a pas hésité à s’engager au-delà de l’humanitaire. L’action de Boghos Nubar, son premier président, pour obtenir des réformes dans les provinces orientales de l’Empire ottoman, s’inscrit dans cette logique et est considérée par le principal intéressé comme un prolongement diplomatique du programme de l’Union en faveur des populations arméniennes ». On le constate au fil des pages : cette ligne directrice, qui a fédéré de par le monde des milliers d'Arméniens conserve, jusqu'à aujourd'hui, son actualité.
Dans le premier volume (1906-1940), étayé par de riches matériaux d’archives, les auteurs ont tenté de dégager les grandes lignes de la « Reconstruction » du monde arménien, notamment dans les pays d’accueil du Proche-Orient, à laquelle l’Union a apporté une contribution importante. On y évoque notamment l’action plus directement politique menée par Boghos Nubar et Calouste Gulbenkian, les deux premiers présidents de l’Union.

L’hommage aux militants
Le second volume (1941-2006), reposant aussi sur des matériaux d’archives, mais également nourri de témoignages d’acteurs de cette époque, n’a pas l’ambition de donner une conceptualisation aussi élaborée que le premier tome. Tout en gardant pour fil directeur l’action du Conseil central, siégeant désormais à New York, il se recentre plus spécifiquement sur les opérations menées par l’Union, par exemple son rôle dans l’organisation du « nerkaght » de 1946-1948, sous la présidence d’Arshag Karagheusian, ou durant la Guerre froide, sans prétendre répondre à toutes les interrogations que ces dossiers soulèvent. Il investit aussi le champ de la diaspora arménienne occidentale, notamment américaine, en mettant en lumière le vaste projet de construction d’établissements scolaires et de centres culturels et sportifs développé sous la présidence d’Alex Manoogian, tout en examinant les grandes crises proche-orientales qui ont entraîné un mouvement migratoire massif vers l’Occident. Il envisage enfin l’action menée en Arménie depuis le tremblement de terre de Spitak, en décembre 1988, sous la houlette de Louise Simon Manoogian, malgré le manque de distance. Il s’achève par une réflexion sur les perspectives de développement de l’Union.
Enfin une vaste annexe recense tous les comités et sections de l’Union fondés depuis 1906, en mettant en exergue ceux qui sont toujours actifs. Raymond Kevorkian et Vahé Tachjian souhaitaient en effet rendre hommage au dévouement des milliers de membres, actifs dans des dizaines de Comités de l'Ugab dispersés à travers le monde. « A vrai dire, précisent-ils, chacun mériterait une monographie spécifique. Nous espérons que cette contribution suscitera des vocations ». Un rappel qui vient souligner que derrière la réussite institutionnelle de l'UGAB, se trouve un édifice humain construit sur le dévouement et la générosité.

Fanny Hagopian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 125


Livre numéro 1171
Vahé TACHJIAN --- Cliquer pour agrandir Les Arméniens 1917-1939 - La quête d'un refuge
 
Titre : Les Arméniens 1917-1939 - La quête d'un refuge / auteur(s) : Catalogues - Sous la direction de Raymond Kévorkian, Lévon Nordiguian, Vahé Tachjian
Editeur : Presses de l Université Saint-Joseph (Liban)
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Imprimerie Docs, Beyrouth (Liban)
Description : 1 vol. (319 p.) : ill. ; 28 cm
Collection :
Notes : Publ. à l'occasion des expositions tenues à la crypte de l'Eglise Saint-Joseph à Beyrouth du 5 au 27 mai 2006 et à la Cité d'histoire de l'Emigration à Paris, printemps-été 2006.
Autres auteurs : Raymond Haroutiun KEVORKIAN [directeur] - Lévon NORDIGHIAN [directeur] - Vahé TACHJIAN [directeur] -
Sujets : Génocide arménien
ISBN : 9789953455686
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 50 USD

Commentaire :

L'intégration des Arméniens dans leurs parties d'adoption, dans nombre de pays du Proche-Orient, est passée par plusieurs étapes, parfois douloureuses, dont la mémoire tend à s'estomper. Avant de devenir citoyens libanais ou syriens. Ils ont vécu l'expérience de tout réfugié déraciné, en quête d'un pays d'accueil, où ils pourraient trouver l'environnement propice à une reconstruction. Ce livre tente de faire revivre cette expérience à travers une douzaine d'articles basés sur des documents d'archives inédits, illustré par une abondante documentation photographique.


Autre commentaire

Article sur une exposition à propos du livre.

Plus de 200 photos en noir et blanc traitées au sépia. Couleurs de terre, ocre et sanguine, qui renvoient à la dépossession, aux combats durs, aux renaissances difficiles. Aux souvenirs amers, mais aussi au courage, à l’héroïsme des humbles, à la détermination de vaincre l’adversité, au sens de l’indéfectible dignité humaine, à la force et la volonté de survie, de témoigner, de se défendre, de perpétuer tradition et patrimoine et surtout de ne jamais oublier pour mieux revivre. Plus de 200 photos, simples et émouvantes, pour parler non seulement du drame de l’exode et de l’exil des Arméniens entre 1917 et 1939, mais aussi de la notion de s’organiser pour renaître et savoir reprendre racine en profondeur.

Sous le titre explicite « Les Arméniens (1917-1939), la quête d’un refuge au Proche-Orient », cette exposition, qui se passe de tout commentaire à la crypte de l’église Saint-Joseph (USJ) et un ouvrage qui la prolonge, est le fruit d’un partenariat entre l’Université Saint-Joseph et l’Union générale arménienne de bienfaisance, deux institutions qui furent fortement impliquées auprès des réfugiés arméniens sur le plan éducatif et caritatif.

L’UGAB, qui fête cette année le centième anniversaire de sa fondation, a été parmi les premières institutions arméniennes à porter secours aux rescapés du génocide. L’USJ et la Compagnie de Jésus, à travers la Mission d’Arménie, ont également manifesté un dévouement de plus d’un siècle au service de l’éducation de la jeunesse arménienne, d’abord en Asie mineure, puis en Syrie et au Liban. Sans oublier de mentionner qu’une collaboration directe établie entre le département d’histoire (FLSH) et la Bibliothèque orientale, d’une part, et la bibliothèque Nubar de l’UGAB, de l’autre, a permis la réalisation de ces deux projets, avec le soutien de la Fondation Khatchik Babikian et des frères Terzian.

Pour s’entretenir d’une sombre et anarchique tranche d’histoire, voilà ces photos aux regards impitoyables et à l’éloquence d’une objectivité absolue. Pour faire revivre un passé qu’on a tendance, aujourd’hui peut-être, à méconnaître, ignorer ou oublier. L’intégration des Arméniens dans leurs patries d’adoption, dans nombre de pays du Proche-Orient, est passée par plusieurs étapes, souvent douloureuses et difficiles, dont la mémoire tend à s’estomper. Avant de devenir citoyens libanais ou syriens à part entière, ils ont vécu l’expérience de tout réfugié déraciné, en quête d’un pays d’accueil.

Des refuges, des orphelinats, des églises, des écoles ont été installés, parfois sous des tentes ou dans des baraques en bois, avant d’être édifiés en dur. La période de l’entre-deux-guerres a été pour les réfugiés arméniens comme un vaste chantier, au sein duquel ils ont œuvré pour la restauration de leur vie collective, à se bâtir un destin commun avec leurs pays d’accueil. Si aujourd’hui Bourj Hammoud, dans la capitale, est une artère commerciale florissante, ou Anjar une exquise bourgade de villégiature, presque huppée avec ses restaurants qui rivalisent avec ceux du Berdawni de Zahlé, les images de ces hauts lieux de la réussite arménienne, il y a déjà plus d’un demi-siècle, étaient moins intéressantes et bien moins flatteuses...

Le drame de vivre

De Moussa Dagh à Anjar, du départ de Yoghoun Olouk ou Sanjak d’Alexandrette à l’exode de la gare d’Adana, des vêtements triés par un prêtre au rapatriement en Cilicie, le drame de vivre est saisissant et impossible à décrire. Ces photos criantes de vérité et qui vous prennent à la gorge ont une singulière charge émotive.

Elles ont la force pour tout dévoiler, tout dire. Cadre de vie nouveau et école de vie nouvelle pour ceux qui ont pris les chemins de l’exil en flux différents.

Et comme souligné dans l’avant-propos de l’ouvrage, l’objectif de cette entreprise est de mettre en évidence cette obscure période fondatrice, une brûlante part de réalité qui, avec le temps, s’est insensiblement un peu transformée en part d’ombre : « Le présent ouvrage et l’exposition qui le prolonge visent à restaurer la mémoire de ces expériences fondatrices, à saisir sur le vif les problèmes auxquels ont été confrontés les réfugiés, à restituer leur quotidien.

Ordonné en trois parties, le livre fait abondamment appel à la photographie qui constitue ici un élément documentaire central. Si celle-ci donne à voir des situations précaires - peut-être les plus précaires -, elle n’en est pas moins un témoignage objectif d’une réalité passée qui ne peut en aucune façon être ignorée.

Plus encore, elle est une sorte d’hommage aux anciens, valorisant le chemin parcouru par la collectivité arménienne dans ses pays d’accueil. Beyrouth est indiscutablement la ville qui incarne le mieux l’intégration des Arméniens dans le monde arabe. On y trouve concentrées toutes les étapes de leur insertion. La capitale libanaise était, à ce titre, toute désignée pour accueillir, la première, l’exposition consacrée aux réfugiés arméniens au Proche-Orient (1917-1939) ».

C’est avec sobriété et rigueur que sont exposées ces centaines de photos qui ne laissent nullement indifférent quant à l’intensité du drame humain et au vécu insoutenable de tout être déraciné. Mais par-delà ces images qui cravachent les consciences, même les plus assoupies, il y a cette belle série de portraits accrochés un peu indépendamment, dans une sorte de petite galerie en bois.

Avédis, Astghig, Nichan, Harout, Berj, Vartouhi, Archalouiss, Baïdzar, Mardiros, Hamest, Mathilda, Arev, Araxie, Vahé, Haïg, Héraïr, Avédis, Maro, Berdjouhi...Autant de noms, autant de visages, de regards et d’expressions. De joie, de détresse, de peur, d’angoisse, de solitude, de désarroi, d’espoir, de force, de détermination... Une galerie de portraits où flotte l’essence de l’arménité à travers un chapelets de noms, certains portés disparus et que le temps, monstre insatiable, a engloutis à jamais.

Que reste-t-il de ces images où l’humiliation, la misère et le combat contre l’adversité sont sans merci ? Les mains calleuses de ces brodeuses créant pourtant des dentelles d’une finesse extrême, de ce prêtre triant nerveusement les vieux vêtements, de ces ouvriers hâves et déguenillés, nouveaux damnés de la terre, couverts de boue dans un chantier en construction, de cette famille démunie et fourbue après une journée de labeur, souriant malgré tout à l’œil de la caméra ? Non, il reste le front plissé et l’expression candide et un peu apeurée de la petite Takouhie en coquette petite robe blanche, serrant jalousement son bouquet de fleurs comme par crainte qu’on le lui enlève aussi...

Edgar DAVIDIAN, article paru dans L’Orient-le Jour


Autre commentaire

En ces temps difficiles où la diaspora peut se sentir incomprise, l'édition en France de l'ouvrage publié sous la direction de Raymond Kévorkian, Lévon Nordiguian et Vahé Tachjian, rappelle que les Arméniens ne sont pas devenus une diaspora, parce qu'ils seraient partis un beau jour en villégiature ! Ce livre remarquable confirme l'émergence d'une génération d'historiens capables d'approfondir et renouveler le champ des études arméniennes. Il nous ramène aux origines de la constitution de la diaspora en communautés organisées au Proche-Orient (Liban et Syrie) après la destruction des Arméniens dans l'Empire ottoman et quand fut acquise la certitude que les rescapés ne pourraient pas retourner vivre sur la terre de leurs ancêtres.

UGAB
Entre la fin de la première guerre mondiale et le déclenchement de la seconde, c'est le destin de 200 000 réfugiés arméniens qui se joue. Non négligeable, ce chiffre signifie la possibilité de modifier les fragiles équilibres démographiques dans la région. Les grandes villes arabes ne verront pas forcément d'un bon œil l'arrivée massive de ces réfugiés, sous protection de la puissance coloniale, précédés ou non de la Légion arménienne.
Il s'ensuit différentes tentatives avortées de relocalisation, au gré du jeu des grandes puissances et des rapports de force sur le terrain. Lors de leur avancée sur Damas et Alep, les Britanniques découvrent les déportés survivants du génocide de 1915.
Alertée, la communauté arménienne d'Egypte découvre l'ampleur de la Catastrophe. Aussitôt deux organisations arméniennes, l'UGAB et la Société protectrice des orphelins arméniens, lancent un vaste programme d'aide humanitaire.

Orphelin emblématique
Certains réseaux clandestins d'entraide aux déportés arméniens sont réactivés depuis Istanbul et Alep afin d'en retrouver le plus grand nombre possible. Deux grands écrivains arméniens seront missionnés pour faire un état des lieux, Yervant Odian et Zabel Essayan, et leur estimation de la situation constitue un précieux témoignage. Aux côtés de ces organisations arméniennes, il y a aussi le Near East Relief (NER), la puissante association caritative américaine qui œuvre à cette époque au Proche-Orient.
Pour faire face au désastre, se met en place un ambitieux projet de reconstruction nationale qui fait de l'orphelin une figure emblématique. Il est celui qui doit grandir dans des institutions arméniennes, qui doit recevoir une éducation arménienne et qui est aussi appelé à défendre demain la nation au cas où un Etat ou un foyer arménien verraient le jour en Anatolie.
A ses côtés, l'image d'Epinal de la mère arménienne traçant, sur le sable des déserts de Mésopotamie, les lettres de l'alphabet arménien. La réalité est plus dure. Impossible de cacher le fait que, malgré tous les efforts et les moyens mis en œuvre, on ne parvient à recueillir qu'un faible pourcentage d'orphelins et de femmes. Pour des raisons diverses, beaucoup de femmes enlevées ou cachées, mais retrouvées, ne reviendront pas dans la société arménienne, avec ou sans les enfants qu'elles eurent de musulmans ; d'autres reviendront, mais leur réinsertion sera problématique en raison d'une incompréhension face à leur détresse, face au viol, à la prostitution.
Entre 1917 et 1939, les Arméniens perdront progressivement tout espoir d'un Etat fondé sur une partie des décombres de l'Empire ottoman. Au Sud Caucase, l'Arménie indépendante, puis soviétique n'accueillera pas plus de 10 000 de ces réfugiés — la corruption régnant à Moscou et Erevan découragera les organisations arméniennes qui avaient envoyé des fonds pour la construction de logements en faveur des réfugiés !

Se rendre à la raison
L'idée d'un foyer arménien autonome en Cilicie sous la protection des Français partira en fumée et la cession par la France du sandjak d'Alexandrette à la Turquie provoquera un exode vers les camps de réfugiés au Liban qui se doteront d'écoles et d'églises et où les partis politiques traditionnels ne tarderont pas à s'investir. Pour ces apatrides, l'intégration signifiera se rendre à la raison d'un impossible retour.
Parce qu'il sait séparer la recherche historique du dogme et de l'idéologie, ce livre stimule l'intelligence du lecteur. Bouleversant, il redonne dignité à ces êtres humains pris dans la tourmente du XX siècle.

Un précédent
L’avant-propos souligne que la communauté internationale fut confrontée alors à sa première grande crise de réfugiés : le livre montre combien les Arméniens furent au premier plan pour sauver les leurs. Ajoutons qu'en 1938 la conférence d'Evian, à l'initiative de Roosevelt, fut impuissante à faire face à l'afflux de réfugiés juifs en provenance d'Allemagne et d'Autriche - à la suite de la promulgation des lois raciales par le régime nazi - comme à leur trouver des pays d'accueil. Cynisme ? Indifférence ? Sachant par quoi les réfugiés arméniens étaient passés, ne pouvait-on pas anticiper les dangers courus par les Juifs ? Amnésie.

Isabelle KortianNouvelles d’Arménie Magazine, numéro 136, décembre 2007


Livre numéro 655
Vahé TACHJIAN --- Cliquer pour agrandir La France en Cilicie et en Haute-Mésopotamie (1919-1933)
Titre : La France en Cilicie et en Haute-Mésopotamie (1919-1933) / auteur(s) : Vahé TACHJIAN - aux confins de la Turquie, de la Syrie et de l'Iraq
Editeur : Karthala
Année : 2004
Imprimeur/Fabricant : 58-Clamecy : Impr. Laballery
Description : 465 p.-[16] p. de pl. en noir et en coul. : couv. ill. ; 24 cm
Collection : Homme et Société : Histoire et géographie
Notes : Th. doct. : Hist. : Paris EHESS : 2002
Autres auteurs :
Sujets : Minorités -- Turquie Cilicie (Turquie ) -- 1900-1945
ISBN : 9782845864412
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 32,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

A la fin de la Grande Guerre, France et Grande-Bretagne se partagèrent le Proche-Orient arabe sans tenir compte des frontières historiques ou ethniques, se retrouvant vite confrontées à la persistance du nationalisme turc, à la vivacité du nationalisme arabe et aux revendications des diverses minorités. Dans La Passion de la Cilicie. 1919-1922 (1e éd. en 1938), Paul du Véou se limitait à cette région vite bradée par la France à la nouvelle république turque; l'ouvrage conserve sa valeur, mais il reste entaché d'un ton aux relents colonialistes. Plus scientifique est la volumineuse thèse, non publiée, soutenue en 1999 par Karen Nakache sur le sort de la Cilicie et de ses confins militaires de 1918 à 1923. En 2002, Vahé Tachjian analysait dans sa thèse aujourd'hui publiée la politique française entre 1919 et 1933 dans une partie de son mandat, formée de la Cilicie et de la bande nord de l'actuelle Syrie : il élargissait donc le temps et l'espace, en s'appuyant sur une impressionnante masse de documents d'archives.

Changement de cap
La première partie traite elle aussi du mandat français en Cilicie. L'auteur insiste bien sur le but originel, la création d'une Cilicie française s'appuyant sur les minorités, en particulier les Arméniens rescapés du génocide dont les autorités encouragent le retour, non par humanité mais par calcul politique (p. 57). Il montre pourquoi, fin 1919, alors qu'elle a réussi à imposer son autorité à l'ensemble de la Cilicie (p. 107), la France change de cap : rencontre entre Georges-Picot et Kémal, suivie du drame de Marache. La mise au pas du couple « cilicien » Brémond-Dufieux par le couple « syrien » Gouraud-de Caix (p. f58) préfigure le sacrifice de la Cilicie, à la suite d'une spirale infernale où toute concession française était rejetée comme insuffisante par les autorités kémalistes (p. 138). Même face à l'exode des Arméniens provoqué par ces abandons, la France n'a pas su définir une politique : l'enrayer ou l'encourager (pp. 170-177). Si plusieurs événements importants sont à peine évoqués - les sièges d'Ourfa et d'Aïntab par exemple -c'est certainement dû au fait qu'ils ont été amplement traités ailleurs. Les deux autres parties, en revanche, constituent une première . La seconde concerne les populations non turques a la frontière syrienne de cet Etat-nation turc que Kémal fait naître au forceps et qui, par essence même, ne laisse pas d'espace aux minorités. A partir de janvier 1922, tout pouvoir français a disparu de Cilicie (p. 183), laissant Kémal poursuivre - bien qu'il ne soit pas de bon ton de le dire en ces temps de turcolâtrie - la politique des Jeunes-Turcs (p. 186) : réécriture de l'histoire, nettoyage ethnique par des moyens plus discrets (pp. 196ss.). L'auteur ne se borne pas aux Arméniens : les pages concernant les Grecs, les Arabes alawis, les Syriaques, les Chaldéens, seront des nouveautés pour la plupart des lecteurs, sans oublier les Kurdes dont la révolte de 1925 ébranla les fondements mêmes du nouvel État turc p. 268i.
Une fois le versant turc- de la frontière nettoyé, restait an sud le versant syrien, où l'autorité restait française. A ma connaissance, on n'a jamais fait une étude détaillée sur l'enjeu géopolitique de la colonisation française de la Djazira, territoire bordant la Turquie entre l'Euphrate et le Tigre - donc hors de la Syrie historique, limitée par le premier fleuve. Il s'agissait d'abord d'imposer son autorité sur la région, puis de la coloniser et de la développer par des déplacements de populations, de préférence chrétiennes (p. 292). La France se trouvait là en contact avec sa rivale britannique, mais surtout en butte aux prétentions turques.

Naissance d'une connivence
Le Kémalisme triomphant était en effet insatiable (pp. 311s.), discutant le tracé de la partie orientale de la frontière, jusqu'au Tigre (p. 308), revendiquant Alexandrette, que Paris lui cédera en 1939 au mépris des intérêts syriens, et Mossoul, que Londres ne lui cédera pas : on est en pleine actualité ! C'est dans ce contexte que sont créées les agglomérations de Hassaké et Kamichli (pp. 321ss.), peuplées de Juifs, de Kurdes, de Syriaques, d'Arméniens, dont beaucoup réfugiés de Turquie. Cette fois, ce sont les Assyro-Chaldéens et les Kurdes que la France utilise (pp. 320, 342). Arrogantes, les autorités d'Ankara font savoir qu'elles s'opposent à l'installation d'Arméniens et de Kurdes à ses frontières et se permettent d'exiger de la France leur déportation (pp. 350, 358ss., 388). Une connivence surgissait d'ailleurs entre les deux peuples, le Tachnag s'étant allié au parti kurde Khoyboun dans une perspective ... antisoviétique (p. 366) ! Cette fois, c'est le nationalisme arabe qui allait avoir ici encore raison des rêves français : l'arrivée du Front Populaire en 1936 ouvrit la voie du pouvoir aux indépendantistes (p. 396). Vahé Tachjian a choisi de s'arrêter en 1933 : attendons que lui ou un autre fasse un travail de cette qualité sur les années 1933-1939. L'intérêt de cette passionnante étude est rehaussé par l'iconographie d'époque, due essentiellement à .Michel Paboudjian, et aux trois cartes, aussi claires qu'indispensables, réalisées, comme on s'en doute, par Eric Van Lauwe.

Claude Mutafian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 98, Juin 2004


Livre numéro 421
Vahé TACHJIAN --- Cliquer pour agrandir Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome V : Le Liban. A la veille et au début de la guerre. Mémoire d'un Gouverneur, 1913-1915
 
Titre : Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome V : Le Liban. A la veille et au début de la guerre. Mémoire d'un Gouverneur, 1913-1915 / auteur(s) : Ohannès Pacha KOUYOUMDJIAN - Revue d Histoire arménienne contemporaine -
Editeur : Centre d histoire arménienne contemporaine
Année : 2003
Imprimeur/Fabricant : Mediaform, SAL (Mkalles, Liban)
Description : 192 pages, 16 x 24 cm, couverture illustrée en couleur, nombreuses illustrations
Collection :
Notes : Introduction, édition et notes Raymond H. Kévorkian, Vahé Tachjian et Michel Paboudjian ; ISSN 1259-4876
Autres auteurs : Raymond Haroutiun KEVORKIAN [introduction] - Vahé TACHJIAN [introduction] -
Sujets : Histoire -- Arménie -- Génocide -- Diaspora
ISBN :
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Prix : 30,00 euros

Commentaire :

Achat : Bibliothèque Nubar de l'UGAB, Paris

Les Mémoires du dernier gouverneur ottoman du Mont-Liban, Ohannès pacha Kouyoumdjian, achevées en 1921, à Rome, étaient restées jusqu’à présent inédites. Elles couvrent une période particulièrement importante de l’histoire du Liban contemporain, de janvier 1913 à septembre 1915, et mettent en lumière les dernières années de la présence ottomane au Mont-Liban et des questions encore peu explorées, mais essentielles, de l’histoire du Liban contemporain, notamment durant les premiers mois de la Première Guerre mondiale.
Haut fonctionnaire de la Sublime Porte, Hovhannès pacha témoigne notamment des premières manifestations de la famine organisée au Liban par le régime jeune-turc et, sur le chemin du retour vers Constantinople — il a souhaité quitter ses fonctions lorsqu’il a appris que le gouvernement qu’il servait exterminait sa nation —, l’arrivée des premiers déportés arméniens en Cilicie et en Syrie.
La présente édition des Mémoires d’Ohannès pacha a été préparée d’après le manuscrit original conservé dans les fonds de la Bibliothèque Nubar de l’UGAB, à Paris. Elle est précédée d’une introduction historique, annotée et illustrée par une trentaine de documents photographiques d’époque.

Tome V de la Revue d’Histoire Arménienne Contemporaine, volume de 192 pp, introduction, édition et notes : R. H. Kévorkian, V. Tachjian et M. Paboudjian.


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