Bulletin de l'ACAM

Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée

Bulletin n° 32, Janvier-Mars 1997
Objectif atteint
Exposition ASILVA d'Octobre 1996
Noël le 6 janvier ? Divergences au IVe siècle
Réconciliation en vue avec l'Eglise catholique
Promenades en Normandie : le Parc Calouste Gulbenkian
Livres parus
Objectif atteint
Le contenu de ce numéro du Bulletin de l'ACAM participe à l'objet de l'association, soit par la relation d’événements créés par l'Association ou en relation avec elle, soit par l'information qu'il apporte à notre public arménophile et francophone.

Nous apprenons donc avec plaisir que la jeune Vera Tchybakov, fille de notre amie Elisabeth Chaverdian, a remporté le 8e concours de Piano Steinway-Paris pour les Jeunes talents (premier prix, niveau supérieur). Il y avait quatorze participants au concours ; Vera a joué une Œuvre obligatoire, étude de Chopin opus 10 numéro 7, et une Œuvre libre Jeux d’eau, de Ravel. Le concert des lauréats a eu lieu le 23 juin 1996 à 21 heures dans les salons de l’Hôtel National des Invalides. Vera poursuit ses études de piano, pour lesquelles nous lui souhaitons une pleine réussite. Rappelons que Mme Chaverdian et sa fille avaient toutes deux participé à un concert donné le 20 janvier 1996 au Château de Champs-sur-Marne, concert organisé par l'ACAM avec la collaboration de la Conservation du Château de Champs. A noter, en dernière minute, qu'un nouveau concert y sera organisé en 1997.

Vous lirez plus loin le texte de présentation de l'exposition de notre amie ASILVA, exposition tenue avec un très grand succès à la Maison Pour Tous Eugène-Pottier à Noisy-le-Grand, en octobre dernier.

Enfin, nous vous invitions à une - future - promenade d’été au Parc Calouste Gulbenkian, à Deauville, et vous informons de parutions récentes, l'une consacrée au thème Arménie et Byzance, étudié lors d'un colloque scientifique, et l'autre étant d'un sujet moins grave, puisque ce sont les recettes de cuisine de Gérard Markarian, du Yan's Club, à Paris.

Nous vous avions informé de la réussite de notre Secrétaire-Adjoint, le plasticien Khatchig Kazandjian, qui avait remporté le concours de la municipalité de Sevran pour la réalisation d'une sculpture monumentale en hommage à Nobel. Des conférences-débat seront organisées en 1997.

La fin de l’année 1996 a été marquée par la visite au Saint-Siège de Sa Sainteté Karekine 1er, visite qui s'est accomplie sous les auspices de l’oecuménisme et dans la perspective d'un rapprochement des Eglises chrétiennes. Voir ce sujet.

Une activité exemplaire : saluons l'annonce d'un concours organisé par le Centre de langues patrimoniales de l’Université de Montréal : l'objet est de produire six livrets d'histoires en langue arminienne pour chacune des années du cycle primaire. Ces livrets ont pour but de donner le goût de lire en arménien à des enfants de 6 à 11 ans, vivant en Amérique du Nord, et ayant une connaissance limitée de l’arménien.
Pour tous renseignements complémentaires, contacter d'urgence l'organisation :

  • par courrier électronique : temisjik@ere.umontreal.ca
  • par télécopieur : Khatoune Temisjian, 514 343-7286
  • par courrier : Concours arménien-Armenian Contest
    Centre de langues patrimoniales/Centre études ethniques
    Université de Montréal
    C.P. 6128, succursale Centre-ville
    Montréal (Québec) H3C 3J7
    CANADA

Et pour conclure :

Shnorhavor Nor Dari yev Sourp Dznount !
Bonne Année et Joyeux Noël !

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Exposition ASILVA
Nous publions ici le texte de présentation de l'exposition de notre amie ASILVA, qui s'est tenue avec un très grand succès du 11 au 25 octobre 1996 à la Maison Pour Tous Eugène-Pottier à Noisy-le-Grand.

Si vous vous employez à faire des gammes, comme Paolo Uccello, pour rendre en deux dimensions les lois de la perspective, prenez garde ! Vous risquez l’obsession du maître de Florence et votre sens créatif, à la fin, atteindra des limites que les deux dimensions imposent. C’est pour cela que nous fascinent, actuellement, l’infographie, les images de synthèse: elles peuvent décliner à l’infini l’obsession uccellienne, mécaniquement.

Asilva a quelquefois dans le regard cette inquiétude d’Uccello ou de Vosmoer. Ses peintures offrent des plans perspectifs qu’elle étage, qu’elle multiplie et qu’elle imbrique. Mais heureusement Asilva dépasse ces recherches pour proposer un univers où d’autres gammes, d’autres jeux apparaissent : avec le nombre d’or comme Le Corbusier (qui, s’il s’en sert dans son architecture, l’utilise aussi dans sa peinture), elle décline souvent ses motifs à partir de la « divina proportione ». Pour spontanée qu’elle apparaisse, l’harmonie qu’elle crée est toute de mesure.

Appréhender les oeuvres d’Asilva, c’est aller, outre quelques éclats, vers un univers de gris, de bleus très adoucis, de blancs atténués, de noirs subtils qui me rappellent les premières pages du beau livre qu’Albert Camus intitula La Chute. Le paysage décrit est flamand.

Allons donc ! Flamande, cette Arménienne née (est-ce par une bravade maternelle ?) à Istanbul ? Non, elle ne se rattache pas, semble-t-il, à la peinture flamande mais certaines de ses couleurs récurrentes («avec un ciel si gris qu’il fait l’humilité » chantait le grand Jacques) évoquent les subtilités de certains camaïeux flamands, ceux des polders à l’automne.

Et si la richesse de son parcours humain est livrée dans ses oeuvres, c’est qu’à se cacher derrière sa peinture, elle se dévoile bien sûr, pudique et inquiète, mesurée et en quête, émotive et généreuse.

Jean-Claude MENOU
Conservateur général du Patrimoine
Ministère de la Culture et de la Francophonie

ASILVA expose en permanence Galerie Ariane
112, rue de la Croix-Nivert 75015 Paris

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Noël le 6 janvier ?
On ignore totalement le mois, le jour, l'heure... et même l'année de la naissance de Jésus. Les spécialistes pensent que Jésus serait né au moins quatre ans avant notre ère. En effet, les deux évangélistes qui mentionnent sa naissance, Matthieu et Luc, la situent sous le règne d'Hérode-le-Grand, lequel est mort en -4 avant notre ère...

La fête de Noël est celle de la naissance et du baptême de Jésus Christ. Il naquit dans une étable à Bethléem, près de Jérusalem, mais fut baptisé dans le Jourdain, par saint Jean-Baptiste.

L'Eglise arménienne célèbre à la fois la naissance et le baptême de Jésus Christ, le même jour, le 6 janvier. Jésus fut baptisé à l'âge de 30 ans (Luc 3:22) pratiquement le jour de son anniversaire, d'après la tradition ecclésiale. Pour cette raison, cette fête est appelée naissance et baptême, ou Noël et Epiphanie.

Lorsque Jésus fut baptisé, il pria son Père, et pendant qu'il priait, le Ciel s'ouvrit, le Saint esprit descendit, sur lui, représenté par une colombe. Et une voix vint du ciel qui disait : " Tu es mon Fils bien-aimé, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré "(Luc 3:22). Par ces mots, la Divinité de Jésus Christ fut révélée au monde. Cet événement est appelé ÉPIPHANIE.

Au commencement, toutes les églises chrétiennes célébraient à la fois Noël et le baptême du Christ, le même jour, le 6 janvier, comme le fait l'Eglise Arménienne. Mais plus tard, la date de Noël fut changée et devint le 25 décembre, qui était la fête païenne du Soleil à Rome. En vue d'abolir cette fête païenne, l'Eglise catholique transféra la date de Noël du 6 janvier au 25 décembre. Il était difficile pour l'Eglise de Jérusalem de célébrer Noël à Jérusalem puis de se rendre à la rivière du Jourdain, le même jour, le 6 janvier, pour célébrer le baptême de Jésus. De ce fait, ces deux fêtes furent séparées : Noël fut célébré le 25 décembre et le baptême le 6 janvier.

Cependant, de nos jours, l'Eglise arménienne, fidèle à la tradition ancienne du christianisme, continue de célébrer Noël et le baptême le même jour, le 6 janvier.

Dans l'Eglise arménienne, une cérémonie spéciale de bénédiction de l'eau a lieu chaque année après la messe de Noël. La croix est immergée dans cette eau bénie, puis retirée, symbolisant le baptême de Jésus Christ.

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Réconciliation en vue avec l'église catholique
Rapprochement à l'aube du troisième millénaire

Coup sur coup, deux visites à Rome de personnalités non catholiques - Mgr George Carey, archevêque de Cantorbéry, chef de l'Eglise anglicane (60 millions de fidèles), et le nouveau patriarche des Arméniens, Karekine 1er (7 millions de fidèles) - viennent d'illustrer les progrès et les limites du dialogue oecuménique. Dans des déclarations communes une même volonté de progresser sur la voie de la réunification a été affirmée. Le progrès le plus spectaculaire concerne les rapports entre les églises catholique et arménienne, séparées par quinze siècles de malentendus et d’inimitié. Il s'agit d'effacer les torts du passé et d'aller de l’avant dans la solution des conflits théologiques et politiques qui les ont opposées.

Les chrétiens arméniens font partie de ces églises qui n'ont pas suivi les conclusions du concile de Calcédoine au cinquième siècle sur la double nature, à la fois humaine et divine, du Christ. Grâce aux dialogues ouverts depuis Vatican II (1962-1965), ces divergences théologiques sont en train de s'estomper. Seule la question de l’autorité et de la « primauté » du pape empêche encore une totale réconciliation de l'Eglise catholique avec ces vielles églises copte, syrienne ou arménienne, témoins d'une fragile présence chrétienne sur des terres souvent déchirées.

Entre Cantorbéry et Rome, entre les églises anglicane et catholique, séparées plus tardivement après le schisme d'Henri VIII (1534), le rapprochement bute sur la fameuse question de l'ordination des femmes, autorisée depuis 1992 par l'Eglise d'Angleterre, et « définitivement » repoussée en 1994 par Jean-Paul II.

Mais c'est aussi la « primauté » du pape qui est devenue l'obstacle majeur au rapprochement entre des églises séparées par les fractures du premier millénaire chrétien, par celle de 1054 entre Rome et Constantinople et par les réformes du seizième siècle. Déjà le pape Paul VI (1963-1978) le déplorait. Jean-Paul II va plus loin.
Début Décembre, s'est ouvert à Rome un « sommet » sur cette question, réunissant historiens, exégètes et théologiens de différentes confessions.
A l'horizon de l'an 2000, c'est-à-dire de l’entrée dans le troisième millénaire du christianisme, le débat est donc débloqué. Il est la clé du succès du dialogue entre les confessions chrétiennes.

Sa Sainteté Karekine 1er, Catholicos de Tous les Arméniens, sera en visite officielle en France du 23 janvier au 6 février 1997.

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Promenades en Normandie : le Parc Calouste GULBENKIAN

Partez à la découverte du patrimoine et de l'histoire, sur des lieux où sont passés quelques illustres Arméniens.

Deauville, Parc Calouste Gulbenkian

Ce très beau parc qui domine l’arrière-pays de Deauville est devenu propriété de la ville de Deauville en 1973. Il est aussi dénommé Parc Calouste Gulbenkian (du nom de son ancien propriétaire qui en fit don à la ville). Vingt hectares de ce parc sont ouverts à la visite tous les jours, du 1er juillet au 15 septembre, de 14 à 18 heures. Profitez de la luminosité de la fin de l’après-midi pour admirer aussi le magnifique panorama sur la Côte Fleurie...

Entrée : 5 francs
Renseignements :
Tél. 02 31 87 90 06

Historique du Parc

Au 17e siècle, le Sieur Christophe Bicherel, Procureur domanial de la Grande Mademoiselle Duchesse de Montpensier, implante sa famille sur le Mont Canisy en épousant à Bénerville Madeline Rioult, dame des Enclos. Jean-Pierre Bicherel, né en 1717 à Pont-l’Evêque, épouse en 1742 Marie-Louise Pouchain des Taillis, fille d'un auditeur à la Cour des Comptes, et s'installe aux Enclos. Ils passent la période de la Révolution au domaine, et reçoivent loin du tumulte des événements. En 1793, la propriété est vendue au Comte de Blagny, sous réserve d'usufruit.

Les Enclos deviennent la propriété de la famille Hue de Carpiquet, et tombent dans l'oubli. On reparle du domaine vers 1920, lorsque Calouste Gulbenkian en fait l'acquisition. Ce domaine s’étend sur 30 hectares environ, et a été l’œuvre d'un paysagiste anglais et de l'architecte Duchêne.
Le domaine se compose de deux parties distinctes :
1. La ferme, devenue poney-club ;
2. La propriété d’agrément, dans la partie haute, bordée par le chemin de Touques, le chemin des Rollets et le chemin vicinal de Tourgéville.
Une allée bordée de buis partant de l’entrée se déroule entre les plates-bandes fleuries, et accède à la grande pelouse. Des arbres séculaires témoins du passé entourent au milieu de l’allée une clairière où se dressait autrefois le château. Une balustrade de pierre, bordée de cèdres bleus, délimite une roseraie ; en contrebas, un jardin fruitier, puis le potager. Une carte postale reproduit le château démoli. Dominant ce site merveilleux, un vaste plateau planté de résineux forme des motifs géométriques et crée un paysage insolite en Pays d'Auge.
A gauche de l’entrée, un bâtiment normand destiné aux jardiniers. A mi-hauteur sur un terre-plein dominant le marais de Blonville-Villers, une maison banale, demeure des derniers propriétaires Gulbenkian. Leur histoire est liée au pétrole.

Calouste Gulbenkian, né en 1869 à Kadi Keni, au Bosphore, visitant Bakou avec son père, eut la prescience du profit que l'on pouvait retirer de l'exploitation des puits de pétrole. En accord avec les autorités anglaises et allemandes, il prend part à la création de l'Irak Petroleum Company, et la Royal Dutch Shell, et reçoit 5 % d’intérêt viagers des concessions négociées, d’où viendra le surnom de « Monsieur 5 % ».

Le 20 juillet 1955, Calouste Gulbenkian lègue une partie de ses biens à la Fondation qui porte son nom, et dont le siège est à Lisbonne. Le Domaine des Enclos, pratiquement à l'abandon depuis la dernière guerre, est remis à la Ville de Deauville par donation le 3 juillet 1973.

L'effort important de la Ville de Deauville nous permet de retrouver le charme et la beauté de ce lieu privilégié.

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Livres parus
L’Arménie et Byzance

Le voisinage étroit et ancien du monde arménien et de l’Empire byzantin a multiplié entre eux les liens et il y a longtemps que les divers domaines où se sont manifestés ces contacts font l’objet d’études.

Si les Arméniens étaient attentifs à leur indépendance religieuse, ils n’en furent pas moins séduits par le prestige diplomatique et culturel de l’Empire.

Quant aux Byzantins, ils appréciaient les guerriers en quête de fortune qui, longtemps, les protégèrent de l’avance musulmane.

Ces sentiments complexes ont perduré, en se transformant, à travers tous les bouleversements du Proche Orient : expansion arabe des VIIe-VIIIe siècles, impérialisme byzantin des Xe-XIe siècles, et avance turque des XIe-XIIe siècles.

A l’heure où l’attention se porte aussi sur les différences et antagonismes entre Arméniens et Byzantins, le moment était venu pour des historiens d’Arménie, de Russie, des États-Unis et de France, de se rencontrer et de poser les bases d’un bilan sur ces relations contrastées.

L’ouvrage comprend 22 contributions provenant d’un colloque organisé par le Centre d’études byzantines de l’Université de Paris-I (Panthéon-Sorbonne).

224 pages, 16 x 24 cm, illustré
Publications de la Sorbonne, 150 F
ISBN 2-85944-300-2
Publié avec le concours de la Fondation Calouste Gulbenkian, du Conseil scientifique de l’Université de Paris-I et du Legs Malandrino.


100 Recettes de cuisine traditionnelle arménienne

La cuisine arménienne ne vise pas seulement à nourrir les estomacs : elle crée un climat de retrouvailles, de joies partagées. A travers ses recettes, Gérard Markarian reconstitue un passé et perpétue un amour de la vie. Depuis 1969, il prolonge cet héritage au Yan’s Club.

Éditions Jacques Granger, 98, rue de Vaugirard, 75006 Paris
Collection Ma Bibliothèque de Cuisine, 179 F. ISBN 273390-532

Librairie Samuelian, 51 rue Monsieur le Prince, 75006 Paris
Yan’s Club, 5, avenue Reille, 75014 Paris

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