Bulletin de l'ACAM

Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée

Bulletin n° 34, Octobre - Décembre 1997
Activités annoncées
Bientôt l'ACAM aura 10 ans !
Réunions des anciens élèves des Ecoles Essayan et Guétronagan, de Contantinople
Conseil municipal des enfants au Raincy
47e Biennale de Venise
Communiqué officiel du Pavillon arménien
Le Pavillon arménien à la Biennale de Venise
Les Jardins du Prieuré Saint-Michel
Les responsabilités allemandes dans le Génocide arménien
CRaymond Kévorkian, Personnalité de l'année
Compte rendu de l'Assemblée générale
Karekine 1er au Raincy
Activités annoncées
  • Récital de pianoVéra Tsybakov - Élisabeth Chaverdian
  • Salon de musique du Château de Champs-sur-Marne
  • Samedi 11 octobre 1997, à 21 heures
  • Véra Tsybakov (14 ans), avec la participation d’Élisabeth Chaverdian. Œuvres de Bach (Suite anglaise numéro 2 en la mineur), Beethoven (Sonate numéro 22 op. 54), Chopin (Barcarolle), Debussy (L'Isle Joyeuse), Prokofiev (Suggestion diabolique), ainsi que de Khatchatourian (arrangements à quatre mains : Danse d'Egine, du ballet Spartacus, Danse du sabre, du ballet Gayaneh).
  • Réservations, Renseignements : él. 01.60.05.24.43, FNAC et Réseau France-Billet 01.42.31.31.31
  • Tarifs : 80 F et 60 F.
  • Château de Champs 29, rue de Paris - 77420 Champs-sur-Marne

  • 9e Forum des associations de Neuilly-Plaisance
  • Samedi 27 et Dimanche 28 septembre 1997
  • Troisième année de présence au Forum des associations de Neuilly-Plaisance.
  • Renseignements : Tél. 01.43.00.96.16
  • Ouverture au public (entrée gratuite) :;Samedi 27 septembre 1997, de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures ; Dimanche 28 septembre 1997, de 9 à 19 heures.
  • Salle des Fêtes ; 11, avenue Foch - 93330 Neuilly-Plaisance

  • Forum du Temps libre et de la Qualité de la vie, à Noisy-le-Grand
  • Samedi 11 et Dimanche 12 octobre 1997
  • Ouverture au public (entrée gratuite) : Samedi 11 octobre 1997, de 14 à 19 heures ; Dimanche 12 octobre 1997, de 10 à 19 heures.
  • Espace Michel Simon ; 36, rue de la République - 93160 Noisy-le-Grand

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Bientôt, l'ACAM aura 10 ans !
En 1989, nous étions une vingtaine. Après maintes réunions, nous avons pris la décision de donner naissance à l’Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée. Depuis, nous avons organisé plus d’une vingtaine de concerts, d’expositions, de conférences ...

Remémorons-nous les moments les plus forts : Quinzaine Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (Noisy-le-Grand, 1991), Conférences et projection de films à la Banque de France (Paris, 1992), Expositions des dessins de presse de Hoviv (Noisy-le-Grand, 1993), Concert du Quatuor Komitas d’Erevan (Champs-sur-Marne, 1994), Table ronde sur Les génocides du XXe siècle au Forum de la FNAC (Noisy-le-Grand, 1995), Récital de piano d’Élisabeth Chaverdian (Champs-sur-Marne, 1996), Spectacle d’enfants (Neuilly-Plaisance, 1996), Exposition de peintures-sculptures-gravures d’ASILVA (Noisy-le-Grand, 1996)...

Il ne faut pas négliger nos activités permanentes : édition et diffusion du Bulletin de l’ACAM, cours d’arménien, cours de danse traditionnelle arménienne et depuis 1994, en collaboration avec l’Arménoscope, attribution du prix Kazan à la personnalité qui s’est le plus distinguée dans le domaine de la culture arménienne.

Durant ces neuf années écoulées nous avons essayé de présenter à un public aussi large que varié en priorité la culture arménienne et des jeunes artistes arméniens de talent. Dans toutes nos actions nous avons adopté deux principaux concepts : essayer le plus possible de coopérer avec d’autres associations ou organismes locaux et mettre en oeuvre des activités originales ou d’un haut niveau. Nous tenons ici à remercier toutes les associations qui ont contribué à la réussite du travail en commun.

Beaucoup de personnes nous ont soutenu, non seulement en assistant à nos manifestations, mais aussi en apportant leur soutien actif. La presse locale et arménienne ont fait un large écho à nos activités.

Nous espérons pouvoir continuer nos activités encore au moins une décennie. Et pour le dixième anniversaire nous sommes en train de préparer plusieurs activités, la période prévue étant le mois d’octobre 1998 : nous préparons des concerts, des conférences, des expositions.

Mais dans l’immédiat, nous vous convions au concert du 11 octobre prochain au Château de Champs et à une exposition les 22 et 23 novembre à la Mairie de Croissy-Beaubourg.
Philippe Pilibossian
Président de l'ACAM

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Réunions des anciens élèves des Ecoles Essayan et Guétronagan, de Contantinople
Boire un petit coup c’est agréable

Et surtout si l’on trinque à la santé de ses condisciples des écoles arméniennes Narékian, Essayan et Guétronagan de Constantinople.

Ainsi fut fait une première fois le dimanche 19 janvier 1997, à l’invitation du bureau de l’Union des Anciens Élèves de Guétronagan au restaurant Les Alizés, à l’occasion du 110e anniversaire de la fondation de l’école dans le quartier de Galata, fief des originaires de Sivas, où fut fondée la première école par l’abbé Mékhithar en 1701, à la tête de dix élèves. Après quelques mots de bienvenue du président Tchilinguirian, prirent la parole MM. Ozinian, Ch. Mardirossian, S. Artarian, A. Ichkhanian, H. Terzian, Mme Chérik Altounian, Léon Hatchikian, S. Lyrédjian, H. Momdjian.

Une courte partie musicale fut précédée de la découpe de l’énorme gâteau, apprécié par tous les convives.

Outre leur directeur Kavafian, ancien de l’école Berbérian de Scutari, les assistants se sont rappelé de leurs professeurs d’arménien A. Hovanessian, G.ÊZarian, H. Ochagan, K. Fenerdjian, de français, Mlle Yerganian, d’anglais, E. Sahaguian, de turc, S. Gourdikian, de sciences, Kurkdjian, P. Sanasar, d’histoire et de géographie, H. Kouyoumdjian et L. Tachdjian, de musique, K. Suni, V. Sarxian.

Une deuxième fois, au restaurant Les Diamantaires avec les anciens d’Essayan et leurs amis.

Mme Cherik Altounian, au nom du Bureau, souhaite la bienvenue aux anciens élèves présents, et les invite à lever leur verre en souvenir des anciens disparus, le directeur Haïg Khodjassarian et ses collègues instituteurs, Mlles Coharik, Azarian, et MM. Kavafian, Deukmédjian, M. Bartévian et Mme Sarafian et Mlle H. Baghdassarian pour l’école Naréguian. Une partie musicale accompagna cette réunion amicale.

L’année 1919, charnière entre Essayan et Guétronagan, fut pleine de bonheur et de fierté pour moi :

  • c’était la fin de la guerre, et je retrouvais mon père, engagé volontaire dans l’armée française en Cilicie ;
  • ma cousine Marie Derdérian, déportée en Syrie, rentrait chez sa mère ;
  • l’Arménie indépendante envoyait des délégués auprès du gouvernement turc, ce qui m’a permis de voir de près l’écrivain Avédis Aharonian à l’église Yerortoutioun (Eglise de la Sainte-Trinité) ;
  • j’étais reçu en 2e de Guétronagan ;
  • je devenais boy-scout dans la section des quartiers Pera-Chichli ;
  • l’archevêque Y. Tourian me lavait les pieds alors que je participais à la messe du Jeudi Saint en l’église Sourp Loussavoritch (Eglise Saint-Grégoire-l’Illuminateur) près de l’école.
Léon Hatchikian
ACAM

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Conseil municipal des enfants au Raincy
Le mardi 15 octobre 1996 a vu l'installation officielle du Conseil Municipal des 33 jeunes élus la veille dans les écoles primaires (CM1-CM2) et les collèges (6e-5e). Ce Conseil donne ainsi la parole aux jeunes Raincéens et les éveille à la notion de citoyenneté. Il leur permet également de devenir des acteurs de la vie de la commune et d'étudier des projets destinés à aménager, embellir et faciliter la vie quotidienne au Raincy.

Tout a commencé avec le programme d’Éric Raoult, où il était écrit : « Un conseil Municipal des Enfantts ».Quand il fut élu, j’ai recherché ce que voulait dire un Conseil Municipal d'Enfants, et Guy Moureaux, un maire-adjoint, est venu à l’école Sainte-Clotilde pour nous expliquer et assister à la campagne d’affichage, de l’élection, dont les résultats furent annoncés par lui-même. Cette semaine de campagne électorale, avec de vrais isoloirs et une vraie urne nous ont beaucoup appris sur ce déroulement important, très vague pour nous, élèves.

J’ai mené une lutte acharnée avec les deux autres candidats. Enfin, j’ai été élu. J’ai réalisé tout de suite que nous, élèves, étions les responsables des enfants, et jouions un rôle très important qui avait sa part dans le débat du Conseil municipal des grands.

Nous nous sommes répartis en commissions :

  • Commissions Communication, où nous avons créé un journal, se nommant Le P’tit Raincéen, animé par Philippe Decébari :
  • Commission Loisirs, animée par Nathalie Clerc : ils travaillent encore sur une médiathèque C.M.E. dans la Bibliothèque :
  • Commission Sécurité, animée par Anne du Guerry ; elle a distribué des tracts et colle des affiches réalisés par des enfants contre le racket :
  • Commission Sport et Scolarité, animée par Véronique Lemaître-Dejieux ; ils ont demandé l’installation de matériels de sport et de jeux.


Nous sommes tous sur la présentation de la brocante ; nous avons débattu et voté l’endroit où elle se passera et le pourcentage des gains revenant au Conseil Municipal des Enfants.

Nous sommes 3 jeunes d'origine arménienne parmi les 33 élus du Conseil :
- Sevag Chenorhokian (Tebrotzassère, 6e)
- Guéram Minassian (Tebrotzassère, CM2)
- Sevan Minassian (Sainte-Clotilde, 5e européenne)
Sevan Minassian
Conseiller Municipal des Enfants

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47e Biennale de Venise
La 47e Biennale de Venise, ouverte le 15 juin dernier, offre - surtout à travers l’exposition centrale "Futur, présent, passé" - un panorama intéressant de l’art contemporain. Le pavillon de la France qui s’est vu couronner du Lion d’or, n’a pas pour autant convaincu les critiques. Le pavillon de l'Arménie est à nouveau présent.

Pour sa 47e édition, la Biennale de Venise ne renoue pas avec le faste qui a caractérisé son centième anniversaire en 1995. Si le centenaire semblait justifier la grande rétrospective organisée alors par Jean Clair, et qui ne tentait rien d’autre qu’une nouvelle lecture de l’art du siècle, l’actuelle Biennale revient à ses missions d’origine - donner la température d’une créativité artistique contemporaine, dans des conditions bien particulières.

Comme le fait remarquer Germano Celant, le commissaire de la manifestation, pour des raisons d’incertitudes budgétaires, l’ensemble de la Biennale 1997 a été organisé entre janvier et juin de cette année. Qui plus est, le système des pavillons nationaux semble offrir, à quelques exceptions près, un spectacle d’une affligeante banalité, à l’image des cartes de visite soigneusement alignées autour d’une grande salle du pavillon du Brésil, par Jac Leirner. Précisément, pour Germano Celant, l’art contemporain consiste en grande partie à franchir des barrières, de style certes, mais aussi les frontières nationales, pourtant si fermement inscrites dans les bâtiments des Giardini.

Le franchissement des limites visibles et invisibles demeure, malgré tout, l’un des leitmotivs de cette Biennale. C’est ainsi que Moriko Mori, une talentueuse artiste née à Tokyo en 1967, et qui vit à New-York, figure dans la représentation des Pays Nordiques. Un symbolisme lourd de commentaires accompagne le dépassement d’une autre barrière, dans le pavillon des États-Unis, avec pour la première fois le choix d’un artiste noir. Il faut admettre que Robert Colescott, né en 1925, et qui a vécu à Paris et au Caire, n’a que peu de points communs avec ses compatriotes "afro-américains". Son style bariolé et expressionniste est censé traiter avec ironies des mythes qui entourent la vie des Noirs américains, mais selon le New-York Times du 8 juin 1997, il a souvent réussi à mettre en colère ceux-là mêmes dont il a voulu montrer les sources d’oppression. N’est pas "politiquement correct" qui veut, dans le schéma complexe d’un art américain toujours volontiers donneur de leçons.

Le pavillon de la France, confié à Fabrice Hybert (né en 1961 à Luçon en Vendée) pose le problème de la nature éphémère d’une manifestation comme la Biennale, ainsi que celui de sa division artificielle par pays. Pendant deux semaines, Hybert et son équipe auront créé des programmes de télévision sur place et aux alentours. Le Cercle de minuit, de Laure Adler, mais aussi des programmes de recettes de cuisine, ou des séquences Déshabillages - trente secondes d’images de chair et de corps dénudés qui s’enchaînent sur des rythmes sonores pour nous rappeler qu’à tout habillage répond forcément un déshabillage - qu’Hybert aura tournés et fait diffuser sur de nombreuses télévisions à travers le monde, aussi bien que sur des moniteurs regroupés en cercle au centre du pavillon.

Le Lion d’or décerné au pavillon de la France salue son originalité, mais cette présence française en aura dérouté plus d’un, et aura donné une impression chaotique, voire incompréhensible, aux visiteurs qui n’auront pas saisi pourquoi ils ne pouvaient accéder à la majorité de l’espace du pavillon, réservé aux tournages. A la place de l’oeuvre sérieuse et réellement dédiée à une ouverture internationale que l’on aurait pu espérer ici (les tournages ont été réalisés uniquement en langue française), n’est-ce pas une sorte de jeu de rôles que l’on voit, où un petit groupe d’initiés s’offre enfin une place sur le petit écran ? A la monumentalité de l’oeuvre de César qui a occupé le pavillon de la France il y a deux ans, répond donc une anti-monumentalité aux limites de l’inconséquence.

On reprochera évidemment à cette Biennale son côté improvisé, mais dans ces circonstances, Germano Celant, qui fut longtemps conservateur au musée Guggenheim de New-York, offre néanmoins un aperçu de l’art contemporain à même de démentir le procès en nullité qui lui est intenté actuellement en France. La France, représentée au pavillon de l’Italie par Annette Messager, et par les rayures rouges et blanches de Buren habillant les arbres de l’allée qui y mènent, ainsi que par Bertrand Lavier à la Corderie, n’aura pas il est vrai, proposé les oeuvres marquantes de cette manifestation.

Faut-il y voir le résultat d’une politique artistique dirigiste et peu capable de juger des dernières tendances de l’art contemporain ? Ou faut-il plutôt dépasser le débat franco-français pour admettre que la création contemporaine ne peut plus être cantonnée dans des écoles par ville ou par pays, ni a fortiori dans des pavillons nationaux.

Ph. J
pour l'ACAM

La 47e Biennale se poursuit jusqu’au 9 novembre 1997. Parallèlement, se tiennent des expositions consacrées à Anselm Kiefer (musée Correr) ; aux Artistes pour Sarajevo (fondation Querini Stampalia) ; à Dennis Oppenheim (Marghera) ; ou à Robert Morris (Arsenal).

Germano Celant, un post-moderniste bien connu, est administrateur au Musée Guggenheim et éditeur aux revues ART FORUM et INTERVIEW à New-York. Reconnu au plan international pour ses théories de l’ARTE POVERA ( l’Art pauvre), il se fait l’avocat de la fusion des langages, et de la contextualisation de l’environnement dans l’art.
Il fut codirecteur en 1982 de Documenta 7, à Kassel, en Allemagne, et a maintenu de fort liens avec Venise depuis sa présentation de AMBIANTE ARTE, à la Biennale de 1976, et l’organisation de l’extraordinaire exposition intitulée FUTURISME, FUTURISMES au Palais Grazzi en 1986.

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Communiqué officiel du Pavillon arménien.
Le 13 juillet 1997, pour la 47e Exposition internationale d’art de Venise, a vu l’ouverture officielle du Pavillon arménienne sur l’île Saint-Lazare des Arméniens de la Congrégation Mekhitariste de Venise.. Une fois encore, le drapeau tricolore arménien flottait fièrement parmi la communauté internationale. Plus de 200 personnes, pour la plupart représentants de la presse internationale et des médias étaient présents pour rendre compte de l’événement. Un petit groupe d’arméniens étaient venus du monde entier pour participer à cette célébration. L’Arménie était officiellement représentée par Mme Anelka Grigorian, Ministre délégué à la Culture, également Commissaire de l’exposition.

Le Centre arménien pour l’art expérimental contemporain (ACCEA, Erevan-New York), qui, en 1995, avait organisé la toute première participation de l’Arménie à la Biennale de Venise, avait de nouveau était retenu par le Ministère de la Culture d’Arménie pour mettre en place le Pavillon en 1997. Cette année, l’Arménie est représentée par des artistes venus de la mère-patrie comme de la diaspora, symbolisant la présence de la nation arménienne par le onde entier. Les artistes participants, par des moyens variés, représentent un large spectre de techniques et de styles, de messages personnels ou collectifs, avec en commun l'Arménie.

Les organisateurs remercient le Ministère de la Culture, pour la confiance et l'honneur accordés, la Congrégation Mekhitariste (Très Révérend Frère Haroutioun Bezdikian, Vicaire), pour sa généreuse hospitalité, le Conseil pour le Pavillon arménien-1997, et sa responsable Ani Boyajian, tous les dévoués volontaires (Linda Ganjian et Meline Melkonian, en particulier), et près de cent donateurs, qui ont permis ce projet.
Sonia et Edward Balassanian
co-fondateurs, ACCEA

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Le pavillon arménien

Un nombre croissant de pays prend part à la Biennale. Les expositions ont débordé les limites des Jardins et s’étendent aux quatre coins de la cité. A leur recherche, il est impossible de ne pas redécouvrir les charmes de Venise. C’est un plaisir absent d’une ville comme Kassel, en Allemagne, où Documenta 10 se tient actuellement.

Le Pavillon arménien est tranquillement situé au coeur des merveilleux Monastère mekhitariste, que l’on joint par un petit voyage en bateau, à partir du Grand Canal. C’est la deuxième participation d’artistes arméniens à la Biennale. La première était organisée en 1995.

Le Centre arménien pour l’art expérimental contemporain (ACCEA) avait encore une fois été chargé par le Ministère de la Culture d’Arménie d’organiser la participation pour cette Biennale. Une présentation exemplaire de l’oeuvre de cinq artistes a été réalisée par Anelka Grigorian, commissaire pour cette année, Ministre délégué à la Culture, avec la participation remarquable de ses organisateurs et la direction énergique de Mme Balassanian, qui a créé l’ACCEA avec son mari Edward Balassanian.

Il y a donc Sonia Balassanian, Atom Egoyan, Arman Grigorian, Azat Sarkissian et Stepan Veranian. Les deux premiers artistes représentent la diaspora et les suivants viennent d’Arménie.

Atom EGOYAN
Nul besoin de présenter le dernier Grand Prix du Jury du Festival de Cannes.. Il est connu dans le monde du film international pour son oeuvre provocatrice. Fidèle à son médium, il présente deux courts-métrages ; l’un est un patchwork d’images corrélées, un collage de films familiaux présentant son jeune fils, entrelardé d’images d’une manifestation et de ralentis extraits du film d’Elia Kazan America, America. Les images d’Arméniens brûlés dans une église par des soldats turcs sont liées de façon troublante avec des photos d’un portrait de sa mère par Arshile Gorky. Dans son regard fixe, nous sommes confrontés avec la réalité de notre histoire.
Un autre film de 4 minutes explique pourquoi l’artiste a nommé son fils Arhsile, et non pas Vosdanik, le véritable prénom de Gorky avant son installation aux États-Unis. C’est la preuve du développement d’une identité arménienne dans l’art diasporique.

Arman GREGORIAN
Cet artiste expose trois tableaux. Il a été à l’avant-garde de l’art contemporain dès la période précédent l’indépendance. C’était une voix dissidente, quand la dissidence était rien moins que bienvenue. Ses toiles magnifiquement peintes sont déchirées par de larges mouvements de grattage. L’agressivité de ces images abstraites s’oppose au monde ordonné qui leur est sous-jacent, et crée une expression neuve.

Azat SARKISSIAN
Son installation, comme l’oeuvre de Grigorian, traite du sujet de l’identité. Il suggère que l’auto-représentation se détruit, face à des identités nationales inutiles. Il utilise des appareillages électriques, des postes télé hors d’état de fonctionner, des projecteurs diffusant au hasard dans toutes directions, consommant de l’énergie précieuse sans utilité. Il crée un état de confusion et d’angoisse où tout contrôle est perdu.

Stepan VERANIAN
Au contraire des matériaux et des dissonances créées par Sarkissian, son oeuvre est tactile et solennelle. De la terre, du sable, de la poussière, sont les médias qu’il utilise librement pour créer des surfaces extrêmement texturées, qui révèlent dans leurs fissures des zones peintes sur verre, portant le nom des nations participant à la Biennale. C’est une carte unifiée et disjointe par la terre, montrant l’attachement de Veranian au sol, à ses frontières anciennes et récentes, et leur importance pour notre identité.
Nairi Sahakian
Pour l'ACAM
Nairi Sahakian est un agent indépendant travaillant à Londres. Elle représente de jeunes artistes contemporains britanniques et sert la promotion d’artistes arméniens en Grande-Bretagne.

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Les Jardins du Prieuré Saint-Michel

Présentation

Les Jardins du Prieuré Saint-Michel sont situés dans le Pays d’Auge, où l’enchevêtrement des vallées étroites, les prés plantés de pommiers et bordés de haies dominent encore un paysage parsemé de fermes à pans de bois.

En 1984, les jardins dont il ne reste plus que quelques arbres bicentenaires, un pré et des pommiers à cidre sont créés en tenant compte de la forte présence des bâtiments médiévaux et de l’eau courante. Louis Bénech dessine la roseraie. Protégés par des haies, de part et d’autre d’une allée de tilleuls, s’organisent des enclos de charmilles abritant les jardins des simples, des plantes potagères, des vivaces et le verger. En contrebas de la grange dîmière, bassin aux lotus et nymphéas.

Renseignements pratiques :
Ouverture du 5 juin au 14 septembre 1997
Les jeudi, vendredi, samedi et dimanche, de 14 à 19 heures.

Prix d’entrée :
- individuels : 35 F
- scolaires, étudiants et membres de Société d’horticulture : 20 F
- gratuit pour les enfants de moins de 10 ans
- groupes de 10 à 30 personnes : 25 F/personne
- groupe de 31 à 50 personnes : 20 F/personne

Visite guidée en français et en anglais, de mai à novembre, sur rendez-vous.
Possibilité de restauration légère ( déjeuner, goûter).

Adresse :
Le Prieuré Saint-Michel
61120 Crouttes-Vimoutiers
Tél. 02 33 39 15 15
Fax : 02 33 36 15 16
184 km de Paris, 50 km de Deauville et Honfleur, 30 km de Lisieux.

Le Prieuré Saint-Michel
Monument historique XIIIe - XVIIIe siècle

Prieuré bénédictin fondé à la fin du Xe siècle par la puissante abbaye de Jumièges (située près de Rouen), il a conservé l’essentiel de ses bâtiments liés à la vie religieuse et agricole des moines. L’étonnante grange aux dîmes, la chapelle et le mur d’enceinte datent du XIIIe siècle.

Le pressoir à pans de bois, un des plus grands et des plus anciens de Normandie, a été construit au XVe siècle, il prolonge l’ancien cellier en pierre du XIVe siècle. Cet ensemble, tombé en déshérence dans les années 1980, a été racheté par la famille du peintre-graveur Edgar Chahine. Elle décide alors de restaurer et de mettre en valeur ce patrimoine remarquable par sa rareté, l’humanité de ses dimensions, la simplicité harmonieuse de ses bâtiments et de ses jardins.

Désormais des expositions de gravures, photographies, sculptures contemporaines, des animations musicales contribuent à faire de ce site un lieu vivant et chaleureux, entièrement voué à la culture pour le plaisir des amateurs.

En 1984, les jardins, dont il ne restait plus que quelques arbres bicentenaires, un pré et des pommiers à cidre, sont créés en tenant compte de la forte présence des bâtiments médiévaux et la source qui irrigue l’ensemble des 2 hectares. Protégés par des haies de part et d’autre d’une allée de tilleuls, s’organisent des enclos de charmilles, abritant le jardin des plantes médicinales et potagères entourées de roses anciennes, le jardin des iris, le verger, le jardin sauvage avec ses rosiers botaniques. Enfin, en contrebas de la grange aux dîmes, des nymphéas, des lotus et nombre de plantes aquatiques agrémentent un bassin ombragé de tilleuls et de saules. De grands mixed-borders complètent la palette des couleurs qui restent dans les tons pastels.

La roseraie, dont les plants ont été fournis par Henri Delbard, a été dessinées par Louis Bénech.

Le Centre Edgar Chahine
Musée-Ateliers

Edgar Chahine, artiste d’origine arménienne, né à Vienne (Autriche) en 1874, naturalisé français en 1925, affermit sa vocation artistique à Venise où il étudia quelques années avant de venir se fixer définitivement à Paris.

En 1900, ses gravures lui valurent une médaille d’or à l’Exposition Universelle de Paris, puis en 1903 une autre à la Biennale de Venise.

Décédé en 1947, il laisse un oeuvre important de plus de 800 gravures et quelques 300 peintures pastels et dessins. « La puissance de son trait et son sens aigu de l’observation en font un exceptionnel témoin de son temps » (Camille Mauclair). Parallèlement à sa carrière artistique, il a beaucoup milité avec son ami le poète Archag Tchobanian, tous deux « socialistes romantiques », pour la reconnaissance de l’Arménie, soutenus par des personnalités comme Anatole France, Jaurès ou Clemenceau.

Actuellement, le Prieuré abrite un Centre qui porte son nom, où ont été aménagés, outre une salle d’exposition et une bibliothèque auxquelles on accède par les jardins, des ateliers de typographie, de lithographie et de taille-douce ; ils permettent d’accueillir des artistes en résidence et des classes d’initiation artistique destinées aux scolaires du premier et deuxième cycle.

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Les responsabilités allemandes dans le Génocide arménien

Par son refus persistant de reconnaître le génocide arménien, la Turquie a jeté un voile épais sur le rôle joué par son alliée d’alors, l’Allemagne impériale.

Quatre-vingt-un ans après, le livre de Vahakn Dadrian (1) est la première étude importante ayant trait aux Ç preuves historiques sur la complicité allemande È. L’auteur de la monumentale Histoire du génocide arménien (2) utilise abondamment les archives allemandes et autrichiennes, ainsi que des documents ottomans, qu’on ne peut suspecter de sympathie pour la cause arménienne.
Cette étude révèle l’implication d’officiels militaires et civils allemands en service en Turquie pendant la première guerre mondiale. Ainsi le général Bronsart von Schellendorf, chef de l’état-major ottoman, a-t-il personnellement signé l’ordre de déportation des Arméniens et ordonné l’adoption de "mesures sévères de sécurité" contre les recrues arméniennes non armées servant dans les bataillons de travail forcé turcs. De même, le lieutenant-colonel Boettrich, chef du service des chemins de fer, a donné l’ordre de déporter les cheminots arméniens - très peu survécurent.

Vahakn Dadrian montre également que les généraux allemands avaient une connaissance préalable des objectifs et des conséquences de ces déportations. Les consuls en poste dans différentes villes d’Anatolie envoyaient régulièrement rapports à l’ambassade allemande, informant celle-ci que "le gouvernement turc voue les Arméniens à une politique d’anéantissement". En outre, les généraux allemands ont participé à la préparation et à la justification idéologiques de ces massacres. Proche collaborateur du général Bronsart et chef d’état-major de la IIIe armée ottomane, basée dans les six velayat de l’est du pays, où se concentrait la population arménienne, Félix Guse a activement encouragé la déportation des Arméniens, dénonçant ces derniers comme des" traîtres" et des"ennemis de l’intérieur".

D’autres officiers allemands ont participé encore plus directement au génocide. A Urfa, près de 25 000 Arméniens, craignant la déportation et le massacre, s’étaient barricadés, avaient réussi à repousser l’infanterie turque : le commandant Wolffskeel, officier de l’artillerie allemande, intervint et transforma leur quartier en un tas de décombres.
L’armée allemande espérait répandre la rébellion islamique dans les territoires sous contrôle russe, britannique ou français. C’est pourquoi, parallèlement à la déclaration du djihad (sur laquelle elle insista), elle participa à l’entraînement et financement d’une unité - l’Organisation spéciale - supposée mener une guerre de guérilla dans le Caucase et en Iran. Mais l’appel au djihad échoua et les défaites essuyées par les Turcs sur le front de l’est empêchèrent toute activité substantielle de sabotage. L’Organisation spéciale fut donc utilisée - contre l’ennemi intérieur - comme instrument de la déportation et de la destruction de la population arménienne.

L’Allemagne, à l’époque de la première guerre mondiale, avait les moyens de faire pression sur les autorités turques pour sauver le peuple arménien du génocide. Plusieurs de ses consuls conseillèrent à Berlin d’agir dans ce sens.
Mais la politique officielle allemande mit en avant la non-ingérence dans les affaires intérieures turques, tout en participant directement à l’annihilation des Arméniens.
Vicken Cheterian
Pour l'ACAM

(1) Vahakn N. Dadrian, German Responsability in the Armenian Genocide, Blue Crane Books, Watertown, Massachusetts, 1996, 304 pages, 25 dollars.
(2) Histoire du génocide arménien, Paris, Stock, 1996, 695 pages, 180 F.

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Raymond Kévorkian, Personnalité de l'année
Un jour, il vous sort un pavé éditorial, peu après la livraison d’une revue, tout en mijotant telle spectaculaire exposition et en se battant contre des textes en arménien qu’il faut mettre à la sauce du livre-catalogue.

Il y avait à Paris la plus riche bibliothèque arménologique de la diaspora, devenue au fil de temps un bunker auquel n’accédaient que de rares élus, réduits à constater l’archaïsme des lieux et l’impossibilité d’exploiter les riches archives. Un beau jour, c’est à lui qu’on eut l’heureuse idée d’en confier la direction. Où trouve-t-il le temps, entre sa bibliothèque, ses publications, ses recherches, son activité pédagogique et tutoriale... et sa si attachante famille ? Sans compter qu’il est toujours au courant de tout ce qui se passe, des tenants et des aboutissants, de tous les événements du monde arménien, passés, actuels et même futurs ! Très exigeant pour lui-même, il l’est également pour les autres, ce qui ne l’empêche pas de servir, avec la même diligence ceux dont il connaît bien les sentiments peu amènes à son égard. C’est là la touche du vrai professionnel de la culture.
Est-il nécessaire de dévoiler son identité ? Raymond Kévorkian pour l’état civil, Raymond H. Kevorkian ou RHK pour l’écrit, Haroutioun pour les amis.
Claude Mutafian
Pour l'ACAM

Raymond Kévorkian est élu personnalité de l’année 1996 pour cette troisième édition organisée par l’Arménoscope et l’ACAM. Il a été l’organisateur et le commissaire de l’exposition de la Bibliothèque Nationale.
Jacques Santrot est second pour son exposition au Musée Dobrée à Nantes. Nous vous rappelons les deux superbes ouvrages qui ont été édités à l’occasion de chacune de ces deux expositions, qui, si ce n’est déjà fait, méritent leur place dans votre bibliothèque arménienne.

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Compte rendu de l'Assemblée générale

L’an 1997, le samedi 7 juin, à 20 heures 30,
Les membres de l’Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée se sont réunis en Assemblée Générale Ordinaire dans les locaux de la Maison Pour Tous du Champy, 19, rue du Bataillon-Hildevert à Noisy-le-Grand, sur la convocation individuelle adressée à chacun d’eux par le conseil d’administration.
Il a été dressé une feuille de présence qui a été signée par chaque membre de l’association entrant en séance, tant en son nom personnel que comme mandataire.

Bureau de l’Assemblée
L’Assemblée désigne comme :
- Président de séance: M. Pilibosssian, président de l’association
- Assesseurs scrutateurs : 2 membres du bureau de l’association.

Le bureau ainsi constitué, le président constate d’après la feuille de présence que les membres présents ou représentés réunissent plus de 50 % des membres de l’association. Le quorum nécessaire étant atteint, le président constate alors que l’assemblée se trouve régulièrement constituée et ouvre la séance.
Il est déposé sur le bureau : la feuille de présence, les pouvoirs ; le texte de la lettre de convocation adressée à chaque membre de l’association ; les statuts de l’association et l’ordre du jour :
- rapport moral du conseil d’administration pour l’exercice 1996
- rapport financier et approbation des comptes de l’exercice 1996
- questions concernant les activités de l’exercice 1996
- questions diverses.

Rapport moral du conseil d’administration
Le président PILIBOSSIAN donne lecture à l’assemblée du rapport moral du conseil d’administration. Ce rapport a été publié dans le numéro 33 du Bulletin de l’ACAM (1er trimestre 1997).
Après discussion et toutes explications étant données, il est procédé au vote :
- contre : 0
- abstention : 0
- pour : 67
Le rapport moral est donc approuvé à l’unanimité.

Rapport financier et approbation des comptes de l’exercice 1996
M. Minassian, trésorier, présente les comptes de l’association, arrêtés au 31/12/96. Après discussion et toutes explications étant données, il est procédé au vote :
- contre : 0
- abstention : 0 Les comptes sont donc approuvés à l’unanimité et quitus est donné au trésorier.

Election au conseil d’administration
Il est rappelé que les fonctions de membre du conseil d’administration sont renouvelables par tiers tous les deux ans. Cette opération a eu lieu dans l’année 1996, et n’est donc pas à l’ordre du jour pour cette année.

Questions diverses
Les questions diverses concernant les activités de l’exercice 1997 ont également retenu l’attention de l’Assemblée et ont particulièrement porté sur les points suivants :
- relations avec d’autres associations
- insertion dans la vie culturelle locale
- préparation des prochaines expositions, concerts et du dixième anniversaire de l’ACAM en 1998.

L’ordre du jour de l’Assemblée générale étant épuisé, la séance est levée à 20 heures 45. La réunion s’est poursuivie par un repas convivial.
Jean-Pierre Hatchikian
Secrétaire de l'ACAM

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Le "Pape" des Arméniens au Raincy
Le 27 janvier 1997, à l’occasion de son passage à l’École Tebrotzassère du Raincy, le patriarche suprême arménien Karekine 1er a été accueilli par l’équipe enseignante de l’école et les élèves qui, des oeillets à la main, ont formé une véritable haie d’honneur.

Sa Sainteté Karekine 1er effectuait cette halte dans le cadre d’une visite pastorale de quinze jours, la première qu’il faisait dans notre pays. Il était entouré de Monseigneur Nacachian, archevêque de la cathédrale arménienne de Paris, et Viken Tchitetchian, ambassadeur d’Arménie en France.

Le Catholicos - comme l’appellent les Arméniens - a plaidé pour une école humaine et responsable. Le progrès passe par l’école, leur a-t-il précisé, avant d’ajouter : "Ce qu’est l’instituteur est plus important que ce qu’il enseigne. Il a également rappelé que l’école est cet endroit, cette atmosphère dans laquelle les grandes vertus sont développées au sein de l’être humain."

La visite s’est terminée autour d’un buffet de spécialités arméniennes réalisées par les membres de la communauté arménienne du Raincy.

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