Bulletin de l'ACAM

Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée

Bulletin n° 35-36, Janvier - Mars 1998
Activités annoncées
Le séisme du 7 décembre 1988
Exposition "Voir Jérusalem"
Critique du livre : Jonathan et le secret des vignes, de Tigrane
Nouvelle traduction de la Bible
Théâtre : Une Bête sur la Lune
Nouvelles brèves
Activités annoncées
  • Dîner-Conférence avec le Lions Club de Noisy-le-Grand
  • Samedi 7 mars 1998
  • avec la participation du Fonds Arménien de France
  • réservé aux membres de l'association

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Le séisme du 7 décembre 1988
Ce qui s'est passé
Le séisme du 7 décembre 1988 a été particulièrement violent et dévastateur. La terre a tremblé dans toute la région nord de l'Arménie, détruisant tout ou partie de 21 villes et 58 villages. 530 000 personnes se retrouvèrent sans abri dans une région où le thermomètre descend en hiver jusqu'à -15 °, - 20 °C en hiver.
Le séisme a fait 25 000 morts et 19 000 invalides et blessés.

La situation actuelle
Plus de 8 ans après, la zone sinistrée par le séisme offre au visiteur un spectacle de désolation et une impression de chantiers inachevés. Trente mille familles "vivent" encore dans des abris de misère (conteneurs, wagons, baraques de tôle). En moyenne, 40 à 45 % des habitations restent à reconstruire.
La situation est encore plus grave en matière d'équipements scolaires et hospitaliers. Exemple : à Gumri, la plus grande ville de la région, 72 % de l'équipement scolaire reste à reconstruire, comme 76 % de l'équipement hospitalier. Au rythme actuel des sommes qui y sont consacrées, soit 75/100 millions de F/an, toutes origines confondues, 20 à 25 années seraient encore nécessaires pour achever la reconstruction. Les enfants du séisme auront alors 35 ans !
Le Fonds arménien de France a donc décidé de faire de la reconstruction de cette zone d'Arménie une priorité.

Appel des Maires à la solidarité
Les Maires de France se mobilisent pour la reconstruction en Arménie. Quatre Maires appellent leurs collègues à la solidarité : Dominique Baudis, député-maire de Toulouse, Patrick Braouzec, député-maire de Saint-Denis, Michel Destot, député-maire de Grenoble, Michel Péricard, député-Maire de St-Germain-en-Laye.
L'ACAM pour sa part interviendra dans notre région. Un dîner-conférence est d'ores et déjà prévu pour le 7 mars 1998, en liaison avec le Lions Club.

Nous publierons un numéro spécial consacré à ce sujet.
Jean-Pierre Hatchikian
Secrétaire de l'ACAM

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Exposition "Voir Jérusalem"

Une exposition intéressante qui a pu passer inaperçue.

A Paris, dans les salles de la Mairie du Ve arrondissement, une exposition consacrée à Jérusalem s'est tenue du 17 septembre au 14 décembre 1998, organisée par le Centre Culturel Panthéon, en collaboration avec l'association "Cimaise, Art et Histoire" et l'INALCO. Parmi les quelque 300 Ïuvres exposées, manuscrits, antiquités, pièces d'orfèvrerie, statuettes, sculptures, vêtements, photographies et autres (par exemple l'épée de Godefroi de Bouillon), l'attention du visiteur a été particulièrement attirée par trois pièces arméniennes, "vêtements" liturgiques brodés du siècle dernier, prêtés par M. Berdj Achdjian, expert international en tissus.

Nous avons apprécié cette exposition tout en regrettant que la ville de Jérusalem n'apparaisse pas comme le haut-lieu du Christianisme. En tant qu'Arménien, on peut regretter l'absence de manuscrits arméniens, alors que le couvent arménien de Jérusalem en possède plus de 3 000 ; par ailleurs, il n'y avait pas de photographies, ni de mention de la cathédrale arménienne Saint-Jacques, datant du 4e siècle, construite sur le Mont Sion. Cette cathédrale, où est conservé le crâne de l'apôtre saint Jacques (le corps est à Compostelle), est, de l'avis de grands voyageurs, la plus belle église de l'Orient.

Pour ceux qui regretteront de n'avoir pas pu visiter cette exposition, il est possible de se procurer le catalogue, présenté en 2 volumes (190 F l'un, 290 F les deux).
Philippe Pilibossian
Président de l'ACAM

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Le livre "Jonathan et le secret des vignes"

Jonathan est un jeune garçon d'une dizaine d'années qui passe ses vacances chez son grand-père. Cet ancien vigneron est appelé "Papy-Mystères".
Utilisant les grandes capacités olfactives qu'il ne se connaissait pas, Jonathan découvre un monde peuplé d'odeurs. Ce don lui permettra de mener l'enquête et de résoudre les mystères qui planent autour du trésor.

Ce récit de Tigrane, " Jonathan et le secret des vignes", est publié chez Flammarion, en 1996, dans la collection Castor Poche Junior.
Analyse faite par
Sylvie Kalafatian, de Noisy-le-Grand

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Nouvelle traduction de la Bible

Le Père Augustin, né en Roumanie en 1921, et appartenant aux Mekhitaristes de Vienne, vient de terminer un travail de titan. Qu'on en juge : il vient d'achever la traduction en arménien occidental de l'ensemble des textes de la Bible, ce qui représente la masse colossale de 5 000 pages de texte.

Il existait déjà une traduction récente de la Bible, faite en arménien oriental ; cet ouvrage collectif, réalisé en Arménie a eu - pour l'anecdote - l'actuel président de la République d'Arménie, Levon Ter Pétrossian, parmi ses rédacteurs ; datant de 1993, cette traduction péchait par la faiblesse des connaissances théologiques.

Souhaitons que cette nouvelle traduction trouve un éditeur et que la presse et les intellectuels arméniens s'intéressent à ce monument qui fait la preuve que l'arménien occidental a été, est et restera vivant.
Philippe Pilibossian
Président de l'ACAM

Texte arménien

Texte arménien
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Théâtre : Une Bête sur la Lune
  • Une Bête sur la Lune
  • de Richard Kalinoski, Texte français : Daniel Loayza
  • Mise en scène : Irina Brook
  • Décor et costumes : No‘lle Ginefri, Lumière : Pascal Merat, Collaboration aux costumes : Jocelyne Lucas
  • avec :
    Simon Abkarian, Corinne Jaber, Guy Touraille, et les enfants Jonathan Haddad ou Kristen Josse
  • Coproduction : MC93 Bobigny / Théâtre Vidy-Lausanne E.T.E.
  • du 8 janvier au 8 février 1998
    du Mardi au Samedi à 21 h / Dimanche à 16 h
    Les Jeudis 29 janvier et 5 février à 19 h
  • RESERVATIONS 01 41 60 72 72
    du lundi au samedi de 10 h à 19 h
  • Tarif plein :140 F
    Tarifs réduits : 60 F / 90 F / 100 F
  • RENSEIGNEMENTS 01 41 60 72 60
    Valérie Dardenne, Fériel Bakouri
    Service des Relations publiques

Une Bête sur la Lune parle de la première génération d'Arméniens qui ont gommé leurs souvenirs pour pouvoir survivre. Il y a une icône centrale, la photo de famille. Les photos du peuple arménien ont été essentielles comme témoins de cet esprit de survie. La photo est au cÏur de ce spectacle.
C'est à partir d'une photo qu'Aram Tomasian, installé à Milwaukie (USA) où il travaille comme photographe, a choisi sa future épouse. Seta, 15 ans, une jeune fille arménienne pleine d'énergie, arrive d'un orphelinat d'Istanbul. Aram l'épouse tout de suite après son arrivée à Milwaukie. Deux personnalités, deux désirs différents se confrontent. Ensemble, vont-ils parvenir à donner un sens à cette nouvelle vie ?

Leur point commun est ce souci de survivre et de vivre. Vivre en reconstruisant avec la mémoire des leurs, ce Peuple arménien.
La première fois que j'ai vu Une Bête sur la Lune (Beast on the Moon) lors d'un festival de théâtre à Louisville, j'ai été bouleversée. J'ai senti qu'il y avait là la réponse à un besoin réel. Dans cette fin anarchique de vingtième siècle, alors que nous sommes confrontés à des choix ou des opportunités qui ne finissent jamais, il est courageux d'aller contre les tendances actuelles et d'écrire une pièce sur un sujet aussi vieux jeu que le caractère sacré du mariage. Il y a là quelque chose de gratifiant, une espèce de rédemption même, à partager le voyage d'Aram et de Seta Tomasian. A l'intérieur du cadre et de la rigidité apparents de leur situation, dont fait écho la belle écriture classique et précise de Kalinoski, on nous montre que paradoxalement, tous les développements ou transformations sont possibles. La grande qualité de cette pièce est qu'elle nous donne le sens de notre humanité commune.

L'autre aspect remarquable de Une Bête sur la Lune est que sans être une pièce politique ou polémique, elle réussit à nous ouvrir les yeux sur l'une des plus grandes injustices ignorées de notre siècle : le Génocide arménien.
Avant de connaître cette pièce, je ne savais rien à ce sujet, et même pratiquement rien des Arméniens. J'ignorais qu'au début de ce siècle, sous couvert de la Première Guerre mondiale, une "épuration ethnique" d'immense envergure menée par les Turcs avait eu lieu dans l'Empire Ottoman, pendant laquelle près de deux millions d'Arméniens furent massacrés. Il est important qu'au travers de cette histoire d'amour exceptionnelle, nous soyons capables aussi de faire la lumière, si faible soit-elle, sur cette tragédie irrésolue.
Irina Brook
Mise en scène

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Nouvelles brèves

Charles Aznavour a été élu meilleur chanteur de l'année 1997 au cours des douzièmes Lauréats de la Musique.

Le Docteur Serge Kazandjian, qui était le rédacteur en chef du journal de l'UMAF, a été élu président de l'Union des Médecins Arméniens de France.

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