Bulletin de l'ACAM

Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée

Bulletin n° 37, Avril - Septembre 1998
Compte rendu du Conseil d'administration
Des Arméniens sur le Titanic
Décès du Patriarche d'Istanbul Karékine Kazandjian
Soirée conviviale avec le LIONS CLUB - (photos)
Allocution de M. Georges JOLLITON, à la soirée conviviale
Echecs : Les Arméniens raflent la mise
L'Union Médicale Arménienne de France
Arméniens et Grecs, 3 000 ans de coexistence
Fracture morale au gouvernement sur le génocide arménien
Le Sénat belge reconnaît le génocide arménien

Compte rendu du Conseil d'administration
Voila, l’ACAM a dix ans. Notre bilan est très encourageant, en bref : 11 concerts, 19 expositions, 13 conférences ou débats, 5 autres spectacles, 9 projection de films ou photos, 15 participation aux forums ou réunions d’associations, 24 dîners conviviaux ou sorties amicales, 3 animations d’enfants, 3 messes, et bien d'autres manifestations.

Collaboration avec les collectivités et associations

La MPT du Champy , la MPT-E. Pottier, Orgues et Musique sur Marne, Association d’Art Plastique de Marne-la-Vallée, le Club Photos de NLG, la Municipalité de NLG, La Médiathèque de l’Espace Michel Simon, l’École Clos de l’Arche de NLG, Lions Club de Noisy-le-Grand-Marne-la Vallée, l’École Tebrotzassère du Raincy, l’Union Culturelle Arménienne de Montreuil, la Paroisse catholique de NLG, la Paroisse catholique de Bry-sur-Marne (Val-de- Marne), le Centre culturel de Chelles (Seine-et-Marne), le Château de Champs, Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), A.D.CJ. Champs-sur-Marne (Seine-et- Marne), le Centre culturel de la Municipalité de Croissy-Beaubourg (Seine-et-Marne), l’A.M.I. et Jardin de Musique de Courbevoie (Haut-de-Seine), la Maison de la Culture Arménienne d’Alfortville (Val-de-Marne), Centre de Recherche et de Documentation Arménienne Paris, Diaspora Communication Paris, Association Audio-visuelle Arménienne Paris, Association des Plasticiens Arméniens de France Paris, Association Culturelle de la Banque de France Paris, Société Générale Paris, CAES du CNRS Paris.

Manifestations dans les villes de notre région

Noisy-le-Grand, Neuilly-Plaisance, Champs-sur-Marne, Chelles, Croissy-Beaubourg ; Alfortville, Bry-sur-Marne, Champigny, Joinville-le-Pont, Le Perreux ; et Paris.

Sans oublier

36 numéros du Bulletin, 4 années d'attribution du Prix de la personnalité arménienne de l'année, création du site ACAM sur l’Internet.

Effectifs

En 1997 nos effectifs ont chuté : 103 cotisants contre 130 l’année précédente avec un record de 140 en 1993. C’est pourquoi nous demandons à tous les membres de faire une campagne de sensibilisation auprès de leurs voisins et connaissances.

Bulletin de l’ACAM

Le Bulletin continue à être édité et diffusé à 600 exemplaires, quatre numéros en 1997. Depuis la création du site sur Internet, on peut y trouver l’essentiel de son contenu.

Le site sur Internet

Il est réalisé par Jean-Pierre Hatchikian, et est fonctionnel ; nous effectuons périodiquement la mise à jour. Voici les rubriques qu’on peut consulter, concernant la communauté arménienne de France :
- activités de l’ACAM et en général ;
- Bulletin de l’ACAM, y compris récemment un article en arménien (pour les spécialistes, en image et non en texte ASCII) ;
- les églises apostoliques et catholiques arméniennes et les temples protestants ;
- les écoles ;
- les journaux et bulletins ;
- des pages sur l’Arménie, l’Église arménienne, la langue arménienne ;
- les livres, classés par auteur et par titre;
- les éditeurs arméniens :
- les disques, grâce à la coopération de JAPEL ;
- les lieux à visiter
- une messagerie.
Récemment : les cours d’arménien et les centres culturels,

Pour récolter les informations ou renseignements il nous faut des investigations qui prennent beaucoup de temps, communications téléphoniques, courriers qui ne sont pas financés par notre Association. Chaque renseignement est confirmé par les intéressés eux-mêmes et confronté à une autre source. À ce jour, plus de 1 400 visiteurs sur notre site. Des appréciations élogieuses sont reçues, des questions posées. Nous fournissons également des informations à la liste de diffusion électronique arménienne Groong.

Fêtes municipales

Nous avons participé au 9e Forum des associations de Neuilly-Plaisance, le samedi 27 et dimanche 28 septembre 1997. L’ACAM a été très bien accueillie et nous tenons à remercier le service technique municipal qui a mis à notre disposition toutes les facilités. Nous tenons aussi à remercier le traiteur Anouche de nous avoir offert des pâtisseries arméniennes pour les visiteurs de notre stand.
Mais, pour la première fois depuis son existence, l’ACAM n’a pas été invitée à participer au Forum des associations de Noisy-le-Grand. En plus, depuis le début du grand remaniement de l’ensemble des associations noiséennes et leur mise sous tutelle directe de la Mairie, le Maire nous a classé parmi les non amies. Par conséquent, la modeste subvention de 5 000 F que nous recevions pour la qualité de nos manifestations culturelles nous a été supprimée, sans raison officielle. Nos deux lettres adressées à M. Pajon sont restées sans réponse. M. Ramos (nommé monsieur association) a bien voulu nous recevoir Daniel Ter Sakarian, notre vice-président, et moi-même, il nous a promis de répondre mais nous n’avons pas de nouvelles de lui non plus.

Par principe nous refusons toute manipulation politicienne des associations à caractère culturel car c’est contraire à nos statuts. J’aurais bien voulu éviter de mentionner tous ces détails, mais vous voyez ça devient presque impossible (il paraît qu'on appelle cela La méthode Lang).

Sorties, réunions amicales

Nous avons organisé le dimanche 25 mai un pique-nique pour les membres de l’association et leurs amis dans le Domaine du parc à Pontcarré, propriété de Madame Kasparian. Après l’AG annuelle du 7 juin nous avions également organisé un dîner convivial typiquement arménien à la MPT du Champy. Une trentaine de personnes ont pris part à cette soirée, parmi les invités il y avait Mmes ASILVA et Elisabeth CHAVERDIAN.
Un autre buffet arménien a été offert par l’ACAM le samedi 22 novembre à l’occasion de l’exposition de Miniatures arméniennes à la Salle des Fêtes de la Mairie de Croissy-Beaubourg. Nous avons eu le plaisir et l’honneur d’accueillir à cette soirée MM. GERÈS et CHAMPION, respectivement maires de Croissy-Beaubourg et de Gournay-sur-Marne.

Concerts

Notre habituel concert au Château de Champs a eu lieu le 11 octobre, avec les pianistes Véra SYBAKOV, premier prix du Concours international Steinway de Paris -section seniors, et sa mère Elisabeth Chaverdian, Premier prix du Tournoi International de Rome 1995 dont nous avons eu le plaisir d’apprécier les talents les deux années précédentes.

Expositions

C’est la première fois que nous allions aussi loin à l’Est. En collaboration avec le service culturel de la Municipalité de Croissy-Beaubourg et sur l’initiative de notre ami Jean-Marc TOKATLIAN, une exposition de Miniatures arméniennes et de dessins d’enfants d’Arméniens (première fois) de contes arméniens a été présenté à la Salle des fêtes de Croissy-Beaubourg le samedi 22 et dimanche 23 novembre. Le samedi à 18 heures un vin d’honneur à été offert à tous les présents par la Municipalité et à 20 heures c’est l’ACAM qui offrait à ses amis, aux élus et au personnel de la municipalité un buffet arménien préparé et servi par le traiteur Anouche (28, bd Alsace-Lorraine au Perreux). Le lendemain, nous avions invité le Fonds Arménien de France pour présenter ses actions en faveur de la reconstruction de l’Arménie et parler de l’Appel de quatre maires de France.
Deux vidéo-films ont été présentés. M. Bedros TERZIAN, Président du Fonds a présenté les travaux déjà réalisés en Arménie (routes, écoles, canalisation pour distribuer l’eau dans des localités isolées, bourses aux orphelins de guerre), ensuite il nous a parlé de l’appel destiné aux municipalités. Il y a eu des échanges de divers avis pour et contre : l’argent qui est donné à l’Arménie doit arriver à la population et non enrichir la fortune des dirigeants d’Arménie ou des responsables des associations caritatives de France (l’exemple du Groupement Interprofessionnel Arménien qui s’est occupé de la construction de l’école française de Gumri a été clairement cité). La soirée s’est terminée par un pot amical.

Personnalité 1997

Toujours en collaboration avec l’Arménoscope, la Troisième version de l’élection de la personnalité de l’année 1997 dans le domaine de la culture arménienne en France a été décerné à Raymond H. Kévorkian, pour l’organisation de l’exposition à la Bibliothèque Nationale et son travail d’historien. Dans le vote des associations, il a été talonné par M. Jacques SANTROT, conservateur en chef du Musée Dorée à Nantes.
Le trophée KAZAN conçu par notre membre du CA Khatchig, sera bientôt réalisé, nous espérons remettre les quatre récompenses 1995, 1996, 1997 et 1998 au courant de cette année.

Philippe PILIBOSSIAN
Président de l'ACAM

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Des Arméniens sur le Titanic
Titanic, paquebot transatlantique de la White Star Line britannique, remarquable par ses dimensions (longueur 271 m, déplacement 60 000 tonneaux) et par le luxe de ses installations, coula dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, après avoir heurté un iceberg au sud de Terre-Neuve, coula pendant que l’orchestre et les passagers entonnaient l’hymne religieux « Plus près de toi, Mon Dieu ».
Cet épisode tragique vient d'être l'objet d'un film à grand spectacle, qui bat tous les records en matière de spectateurs en France (produit par la Paramount, réalisé par James Cameron en 1997, le film a raflé 11 Oscar).

Au moins mille cinq cents personnes périssent dans ce naufrage. C’était le premier voyage du navire, et sa tragique disparition provoque une émotion universelle. Ce drame de la mer est à la base de conférences internationales de 1929 à 1948 sur la sécurité de la vie humaine en mer.

Il y avait 15 émigrants arméniens, venant de Kéghi et de Kharperte, à bord. Ceux-ci n’ayant pu comprendre les ordres donnés pour évacuer les femmes et les enfants d'abord, se précipitent dans les canots de sauvetage. Un officier les fait sortir, mais quelques temps après les arméniens reprennent place dans des canots.
Alors l’officier en tue quatre parmi eux. Deux d’entre eux se blottissent dans un coin, l’un couché contre les pieds des femmes, l’autre se cache dans un coin.
A l'époque, un journal arménien aux Etats-Unis, Asbarez (*), nous apprenait qu’il y en a un qui devait son salut au fait qu’il s’était déguisé en femme. Les autres malheureux ont péri noyés dans l'épave. L’homme porté vivant s’appelait David Vartanian, était de Khégi, âgé de 18 à 20 ans.

Léon HATCHIKIAN
pour l'ACAM

(*) Le journal Asbarez a commencé ses publications en Août 1908 à Fresno comme hebdomadaire ; après plusieurs décennies de réussite, les bureaux et la rédaction sont transférés à Los Angeles au début des années 1970.
Asbarez est l'organe officiel du comité Ouest des Etats-Unis de la FRA. C'est maintenant un quotidien bilingue, anglais-arménien, de 20 à 28 pages du Mardi au Vendredi, et de 40 à 48 pages le Samedi.

Adresse419 West Colorado Street
Glendale, CA 91204, USA
Téléphone(818) 500-9363
Site Internethttp://www.asbarez.com
E-maileditor@asbarez.com

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Décès du Patriarche d'Istanbul Karékine Kazandjian
Le Patriarche Karékine II, récemment décédé, fut pendant près de huit années le chef spirituel de la communauté bien réduite des Arméniens de Turquie. Au nombre de 60 000 fidèles, c’est encore la plus importante minorité chrétienne du pays. Bien que le Patriarcat arménien ait été fondé en 1461, la région d’Istanbul est le dernier endroit où se trouvent encore des Arméniens de toute la Turquie. Le legs terrible du génocide frappe encore le Patriarcat dans le quartier Kumkapi d’Istanbul, d’où Karékine conduisait ses ouailles.
Le gouvernement imposa de sévères restrictions à l’activité du Patriarcat, comme à toutes les églises chrétiennes. Il fit fermer le Séminaire Sainte-Croix en 1971 et refusa la reconstruction des abords de l’église. En 1995 il interdit l’envoi de délégués laïcs à l’élection du nouveau Catholicos en Arménie. En Décembre 1997 dernier il ordonna la dissolution du conseil de laïcs auprès de l’église. Pendant ce temps, des extrémistes islamistes attaquaient le Patriarcat et un certain nombre d’églises dans les années passées. De telles épreuves nécessitent fermeté et diplomatie

Né Bedros Kazanjian à Istanbul en 1927, il reçut son éducation primaire dans des écoles arméniennes de la ville avant d’aller à Jérusalem séminaire Saint-Jacques. Il devint diacre en 1945 et fut ordonné prêtre en 1950. Il enseigna dans de nombreuses écoles pendant sa préparation à l’ordination.

A l’invitation du Patriarche d’alors, Karékine Khachadourian, il revint à Istanbul en Décembre 1951 pour préparer la création d’un séminaire. Pendant l’élaboration des plans, il enseigna dans deux écoles secondaires arméniennes. Le Séminaire Sainte-Croix ouvrit finalement ses portes à Uskudar (quartier d’Istanbul) en janvier 1954 et Karékine devint son premier doyen. De 1957 à 1959 il servit comme aumônier dans les forces armées turques avant d’être envoyé comme prêtre d’une paroisse aux Etats-Unis, près de Washington.

Il fut consacré évêque en Novembre 1966 par le chef de l’Eglise apostolique arménienne, le Catholicos Vasken 1er, et fut nommé Légat Patriarcal pour l’Extrême-Orient. Plus tard, il devint Primat du Diocèse d’Australie et de Nouvelle-Zélande. En 1980, il retourna à Jérusalem et servit comme Grand Sacristain du Patriarcat (responsable en second), et fut également administrateur du Séminaire Saint-Jacques. Karékine fut élu 83e Patriarche d’Istanbul en Septembre 1990 à la mort du Patriarche Shnork Kaloustian.
Karékine connut ses plus grandes difficultés en devenant Patriarche là où il était né. Mais il réussit dans l’administration des affaires du Patriarcat d’Istanbul dans des circonstances très difficiles. Il parvint à développer des relations de travail avec le gouvernement turc et défendit, dans la mesure du possible, les droits de la communauté arménienne en Turquie. Bien que n’étant pas doté d’une aura charismatique, il était aimé et respecté de la communauté arménienne.

Jean-Pierre HATCHIKIAN
Secrétaire de l'ACAM

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Soirée conviviale avec le LIONS CLUB

De gauche à droite : MM. R.H.Kévorkian, Secrétaire Général du Fonds Arménien de France, Georges Jolliton, Gouverneur du LIONS Club, Mme Grigorian, Attachée Culturelle de l'Ambassade d'Arménie en France, M. Pierre Aubry, Député-Maire de Joinville.

Le 7 mars 1998 a eu lieu un dîner convivial organisé par le LIONS CLUB de Marne-la-Vallée-Noisy, district Ile-de-France-Est, et l’Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (ACAM). Ce dîner avait été prévu de longue date à la suite d’une initiative de M. René CORNAND, secrétaire du Lions Club et nouveau membre de l’ACAM, dans le but de réunir les membres et les amis des deux organismes dont la vocation culturelle est un dénominateur commun.


De gauche à droite : M. Alain Dewaele, Président du LIONS Club de Marne-la-Vallée,
M. et Mme Philippe Pilibossian

De par la volonté de MM. Alain DEWAELE et Philippe PILIBOSSIAN, présidents respectifs des deux associations qui ont tout de suite été parties prenantes, cette rencontre s’est voulue - et a été - l’occasion de permettre à tous les participants de faire plus ample connaissance.

Le dîner a été organisé dans les salons du restaurant « La Goulue», au bord de la Marne, à Joinville, autour d’un repas typiquement arménien agrémenté d’animations musicales et vocales également arméniennes, sous le haut patronage de plusieurs personnalités, dont MM. Georges JOLLITON, Gouverneur du Lions Club IDF, Pierre AUBRY, député-maire de Joinville, Mme GRIGORIAN, attachée culturelle, représentant Son Excellence M. Vahan PAPAZIAN, ambassadeur de la République d’Arménie en France, le docteur Serge KAZANDJIAN, président de l’Union Médicale Arménienne de France (UMAF), Mme ALEXANIAN, présidente de l’association Diaspora-Arménie, MM. SCHMIDT et MIKNER, anciens présidents du Lions Club de Noisy-le-Gd-IDF-Est, M. BOGDANOWSKY, fondateur du Club, M. Khatchig KAZANDJIAN, sculpteur, président de l’association Artistes Plasticiens Arméniens de France (APAF), et notre amie ASILVA, peintre renommé.

Plus de cent convives avaient répondu à l’appel des organisateurs et se sont répartis autour des tables de façon à favoriser le contact entre les deux associations.
Après les mots de bienvenue de Mme PILIBOSSIAN et de M. DEWAELE, qui ont souligné leur volonté de rapprochement des deux associations, M. Raymond KEVORKIAN, secrétaire général du Fonds Arménien de France, fit un exposé sur l’état actuel de l’Arménie, ses réalisations, ses besoins, et les projets en cours. Il rappela notamment les conséquences encore sensibles du terrible tremblement de terre de 1988, les travaux effectués avec les fonds recueillis, dont une école de 1 080 élèves avec salles polyvalentes.
Rappelons que M. KEVORKIAN a été l’élu de la troisième édition de la « Personnalité arménienne de l’année », organisée à l’initiative de l’ACAM en coopération avec l’ARMENOSCOPE.

Le Gouverneur du Lions Club reprit ensuite la parole pour un court exposé sur le Lionisme (voir texte plus loin dans ce même Bulletin).
Entre autres prises de parole, citons Mme ALEXANIAN, qui exposa les activités de coopération scolaire de son association avec l’Arménie, où elle fait parvenir, entre autres choses, des tonnes de livres de classe français.

Au cours du repas, qui comportait un apéritif, raki ou kir avec variantes de hors d’oeuvres arméniens, un sauté d’agneau aux gombos et riz pilaf, un plateau de fromages et un dessert (kadaïf et baklava) suiv d’un café, trois musiciens arméniens ont apporté une touche artistique.

Tout d’abord un violoniste a joué des airs médiévaux arméniens traditionnels et quelques airs de sa composition (peut-être dans l’ensemble un peu trop langoureux, voire pleureurs pour notre temps !) sur un instrument d’époque, un kémantcha à quatre cordes, à caisse de résonance en bois d’abricotier. Puis le chanteur VICKEN, qui avait aussi conçu l’affiche annonçant la soirée, a interprété quelques airs arméniens, avec accompagnement au piano, dont une chanson à boire très vive et fort appréciée !

Enfin, à la fin du repas, la piste de danse a été mise à la disposition des danseurs qui en ont bien profité, jusque vers deux heures du matin.

Pour conclure, une soirée très réussie : contacts fructueux pour envisager éventuellement des actions en faveur de l’Arménie, et si réellement conviviale que tous les participants ont exprimé le souhait de la voir se renouveler.

Daniel TER-SAKARIAN
Vice-Président de l'ACAM

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Allocution de M. Georges JOLLITON, à la soirée conviviale
Madame l’Attaché Culturel, représentant Son Excellence l’Ambassadeur de la République d’Arménie, Monsieur le Député-Maire, chers Président, chers officiels de notre mouvement, chers Lions, chers Amis,

C’est un grand plaisir pour moi d’être parmi vous ce soir et de remercier également M. Raymond Kevorkian, secrétaire général du Fonds Arménien de France, pour le brillant exposé qu’il a fait sur son pays, qui a beaucoup souffert et qui malheureusement souffre encore. En quelques mots, je vais vous parler du Lions International.

Triomphe d’une idée, le Lions International est la plus grande organisation de club service du monde. Née du rêve d’un jeune assureur de Chicago, Melvin Jones, en 1917, elle compte actuellement 1 400 000 membres répartis en 44 000 clubs dans 144 pays ou états.

La France compte actuellement 35 000 Lions.

Humanisme des temps modernes, le Lionisme, qui a pour devise Nous servons », est une manière d’être et de se comporter, une ouverture du cœur et de l’esprit, un intérêt porté à l’homme sans considération de race, de nationalité, de religion ou de philosophie.

Le Club, qui est la base essentielle, œuvre sur le plan local, national et international, pour venir en aide aux déshérités du monde entier. On doit aux Lions la création de la canne blanche, la création des écoles de chiens-guides d’aveugle, le financement des recherches médicales combattant la cécité et celles concernant les maladies génétiques, avec notamment le Téléthon.

Appliquant notre slogan Lions, « Liberté et compréhension des autres sont la sauvegarde de nos nations », nombreux sont les clubs français jumelés avec des clubs étrangers, créant ainsi des liens d’amitié dan l’intéret des générations futures.

Défendant à la fois notre culture et la francophonie, les centres culturels que nous avons créés il y a 40 ans réunissent chaque année des jeunes du monde entier dans un merveilleux climat de compréhension mutuelle et d’amitié.

Depuis 20 ans, les Lions du Club de Marne-la-Vallée-Noisy-le-Grand œuvrent dans ce sens avec toute leur foi et tout leur désintéressement.
Ils savent ce que veut dire
«FAIRE QUELQUE CHOSE POUR QUELQU’UN D’AUTRE ».

Georges JOLLITON
Gouverneur du LIONS CLUB

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Echecs : Les Arméniens raflent la mise
Les Arméniens ont raflé la mise au Tournoi Open de New-York.

Artashes Minassian, un grand-maître arménien âgé de 30 ans, a remporté le prestigieux Tournoi Open de New-York, qui s’est terminé le 22 mars 1998 à l’Hôtel New-Yorker. Il reçut le premier prix de 14 000 dollars pour son score exceptionnel de 8/1. Avec un score de 7,5 / 1,5, le grand-maître Smbat Lputian, compatriote de Minassian, reçut le second prix de 7 000 dollars à la neuvième ronde.
La troisième place fut partagée par les grands-maîtres Vladimir Akopian, également d’Arménie, et le Russe Vladimir Epishin, qui reçurent chacun 2 625 dollars pour un jeu de 7/2. Le sponsor et organisateur du tournoi, José Cuchi, avait fait la preuve de sa recherche de qualité en invitant 65 grand-maîtres sur 194 compétiteurs.

Les échecs prirent une place importante en Arménie après que Tigran Petrosian eut remporté le championnat du monde dans les années 1960 et devint héros national.

Après quelques décennies d’une stagnation relative, les joueurs arméniens reviennent en force.

En octobre dernier, l’équipe arménienne ravit la médaille de bronze à l’équipe britannique au dernier tour du Championnat du monde par équipe, à Lucerne, en Suisse. Lputian en fut le meilleur atout, avec le meilleur score général. A New-York Lputian a remporté une brillante victoire contre un ancien champion du monde junior, le grand-maître Max Dlugy, avec une novation importante dans le Gambit de la reine accepté.

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L'Union Médicale Arménienne de France
L’Union Médicale Arménienne de France a été fondée en 1975, par le Docteur Serge Simonian. Elle faisait suite à l’Union des Médecins Arméniens (UMA), laquelle avait été créée en 1922 par le Dr Cololian, et qui avait eu pour vocation de réunir les médecins d’origine arménienne de France.
Avec sa création, l’UMAF œuvrait pour rassembler tous les membres des professions de santé d’origine arménienne de France : médecins, dentistes, pharmaciens, infirmières et kinésithérapeutes.

Trois fédérations sont regroupées au sein de l’UMAF-FRANCE : l’UMAF-PARIS, l’UMAF-LYON et l’UMAF-MARSEILLE, réunissant près de 400 cotisants.

Après la fondations en Avril 1975, les choses iront très vite. Une réunion mensuelle des membres cotisants auront lieu chaque troisième Vendredi du mois au Yan’s Club, 5 avenue Reille à Paris. Une conférence médicale ou sur la culture arménienne, toujours suivie d’un repas, permettra, dès les premières années de l’UMAF, d’écouter alternativement de brillants universitaires français et des membres illustres de la communauté arménienne.
Ces réunions mensuelles permettront, au fil des années, de créer un esprit UMAF fait de respect et d’estime professionnelle, d’amitié et de fraternité.

Chaque année, des bourses sont attribuées à des étudiants méritants ou nécessiteux. Huit présidents se succéderont à la tête de l’UMAF-PARIS : les Docteurs Simonian, Dervichian, Der Agopian, Kasparian, Djololian, Apkarian, Yervant et Kazandjian.

Après celui de Beyrouth en 1974, les congrès médicaux mondiaux arméniens auxquels l’UMAF prendra une part active se succèderont : Venise en 1980, Montréal en 1984, Los Angeles en 1988, Paris en 1992 et Boston en 1995. Le prochain se tiendra à Lyon en Juillet 1998.Ces congrès permettent aux professionnels de la santé arméniens de se rencontrer, de faire des communications scientifiques et de concerter les projets de coopération avec l’Arménie.

Le nombre de participants ira en croissant, d’année en année, pour culminer à l’occasion du 5e Congrès Médical Mondial Arménien de Paris, puisque 500 médecins, dentistes, pharmaciens, y participeront, venant de 25 pays différents.
Un Comité médical International arménien (AMIC) regroupe depuis plusieurs années les différentes associations médicales de la diaspora pour coordonner leurs efforts d’échanges entre elles et l’Arménie. L’AMIC a un bureau à Montréal et à Erevan.

L’UMAF va connaître avec le terrible séisme de 1988 une mobilisation sans précédent : près de 60 médecins de l’UMAF partiront avec les secours d’urgence en Arménie et près de 100 tonnes de matériel et de médicaments seront acheminées venant de France.
A partir de l’année 1988, c’est l’entrée en masse de la diaspora médicale qui sera autorisée en Arménie. Très rapidement, la nécessité de mettre à niveau certains des domaines médicaux en Arménie sera vécue comme une priorité pour l’UMAF.

L’Arménie était devenue indépendante, ce qui permettait des échanges plus rapides, sans passer par Moscou. Le blocus imposé par les Azeris rendait obligatoire une intervention massive de la diaspora.

C’est dans ce contexte que de nombreuses réalisations médicales seront entreprises en Arménie par l’UMAF et réussies, notamment à l’Hôpital Erebouni d’Erevan, sous la présidence des Docteurs Apkarian puis Yervant : pour les 8 dernières années, c’est l’équivalent de 30 millions de francs en matériel médico-chirurgical qui a été installé et rendu opérationnel en Arménie grâce à l’UMAF, dans le seul Hôpital Erebouni.
La formation est à présent privilégiée : plusieurs médecins de l’UMAF partent pour l’Arménie tous les ans, pour au moins une semaine pour ces actions. En retour, l’UMAF accueille et forme en France tous les ans plusieurs médecins d’Arménie.
Plusieurs membres de l’UMAF en sont à plus de leur 40e voyage de coopération médicale en Arménie.

Toutes ces actions en Arménie, au début financées grâce aux importants apports faits dans les suites du séisme (SOS-Arménie, CBAF, Aznavour pour l’Arménie), seront ensuite pour l’essentiel relayées par les dons recueillis à l’occasion des bals annuels de l’UMAF.
Le Bal de Novembre 1997, qui a recueilli 402 000 F de dons, servira à l’installation à Stepanakert d’une centrale d’oxygène médical.

En mai 1998 se tiendront à Erevan les 2e Journées Médicales et Dentaires Franco-Arméniennes, organisées par l’UMAF. Elles avaient, l’an dernier, emporté 180 personnes en Arménie, dont plus de 50 professionnels de l’UMAF. Elles avaient connu un immense succès qui se renouvellera certainement cette année.

L’UMAF fait paraître un périodique bimestriel, de 28 pages, format tabloïd, en quadrichromie, véritable organe de liaison diffusé à tous ses membres.

Une « UMAF Jeunes confrères » réunissant tous les étudiants, internes et spécialistes en formation des disciplines médicales dentaires et pharmaceutiques, vient d’être créée par le Docteur Serge Kazandjian au sein de l’UMAF. Son jeune président, le Docteur Loshkajian, sera soutenu dasn son action grâce au mécénat d’un grand laboratoire pharmaceutique français (bourses, frais de thèses, séjours de recherche à l’étranger).

Dr Serge Kazandjian
Président de l’UMAF-PARIS

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Arméniens et Grecs, 3 000 ans de coexistence
Sur l'initiative personnelle du Président de l'Union Arménienne de Suisse, M. Gabrache, ont eu lieu du Jeudi 5 février au Dimanche 8 février 1998, les Journées gréco-arméniennes.
Les principaux organisateurs étaient l'Association Hellénique de Suisse (qui peut compter virtuellement sur plus de 5 000 membres d'origine grecque) et l'Union Arménienne de Suisse. Ces manifestations se plaçaient sous le haut patronage des Gouvernements d'Arménie et de Grèce ; un comité d'honneur se composait des personnalités suivantes :
S.E. le Métropolite Damaskinos de Suisse,
S.E. Mgr. Norvan Zakarian, Évêque de Lyon,
M. A. Sempatian, Ministre de la Culture de la République d'Arménie,
M. E. Venizelos, Ministre grec,
M. G . Ramseyer, Président du conseil d'Etat du Canton de Genève,
et autres représentants de la Fédération helvétique et des villes suisses.

La première soirée était consacrée à un Gala philanthropique dans les salons de l'Hôtel Président-Wilson à Genève. La soirée fut une réussite, du côté faste, et également on a récolté (dîner + tombola + dons) des sommes assez élevées dont le produit servira au financement d'orphelinats arméniens et grecs.

Nous avons assisté à la table ronde le Vendredi soir qui a eu lieu à l'Université II de Genève. Près de 200 personnes étaient présentes à ces débats, surtout des Grecs, les Arméniens s'ils ont brillé au dîner la veille (par leurs dons en particulier) n'étaient pas venus en grand nombre. Cinq orateurs, jusqu'à 11 heures du soir se sont exprimés sur des questions diverses, le modérateur des débats était M. Edouard Brunner, né à Constantinople de père suisse et de mère grecque, ancien Ambassadeur de Suisse en France et occupant de hautes fonctions en Suisse.
Tout d'abord, SE le Métropolite Damaskinos a développé des problèmes théologiques, liant ou différenciant les Églises orthodoxe grecque et arménienne.
Ensuite, Mgr. Zakarian a parle des événements importants concernant les deux Églises sans oublier certains détails deux nations, que beaucoup de présents ignoraient.

Après l'aspect cultuel, place à l'histoire. M. Bernard Outier, arménologue bien connu et professeur-chercheur à la Faculté des Lettres de Genève, mit en parallèle très rapidement, l'histoire des peuples grecs et arméniens jusqu'au temps modernes. Anahide Ter-Minassian pris la suite, en mettant en évidence les malheurs des Arméniens et Grecs au XX siècle : l'indépendance de la Grèce, la guerre contre la Turquie, la tragédie de Smyrne, le sort des Grecs de la mer Noire, la guerre civile grecque, d'un côté et ,le sort des Arméniens dans l'Empire ottoman, le Génocide, l'indépendence la première République d'Arménie, la question du Kharabagh, etc.

Enfin, la parole fut donnéeacute; à M. Dusan Sidjanski, professeur à l'Institut européen de Genève. Il développa les questions d'actualité concernant les relations des deux pays avec la Communauté européenne, y compris les questions de l'ex-Yougoslavie, et donna ses opinions personnelles degéopolitique sur l'avenir. M. Bruner voulut faire une petite synthèse et surtout il a voulu mettre en évidence le côté bénéfique de l'Alliance atlantique dans les rapports entre la Grèce et la Turquie.

IL était déjà trop tard pour les débats ; quelques questions furent posées. Notons en particulier les interventions de deux jeunes militants grecs qui ont interpellé les orateurs en témoignant leur désaccord, sur les relations entre Moscou et les résistants grecs et sur l'occupation d'une partie de Chypre par la Turquie. Un autre intervenant de la salle a voulu souligner le rôle des Grandes puissances et du Pétrole dans les conflit du Caucase, aspect que les orateurs du jour, sciemment ou non, semblaient avoir oublié !
M. Sempatian a prononcé une allocution en arménien de remerciements et d'encouragement, simultanément traduite en anglais.

Après les débats, une trentaine des présents et des orateurs se sont retrouvés dans un restaurant proche, à la fin du repas, nous avons su que nous étions tous invités par M. Gabrache.
Le Samedi après-midi, au Centre arménien de Genève (route de Troinex 64, 1256 Troinex), il était prévu diverses animations : défilés, expositions, musique et danses folkloriques, stands d'artisanat et de livres sans oublier le culinaire (repas et boissons de Grèce et d'Arménie).
Le Dimanche, Jour du Seigneur, à l'église orthodoxe grecque, messe officielle avec homélie de Mgr Zakarian. Suivie d'un apéritif.
L'après-midi, les mêmes animations de la veille étaient prévues à la Salle communale de Chambesy du Centre Orthodoxe de Patriarcat Oecuménique.

Nous félicitons les organisateurs, grecs et arméniens, de ces journées, en particulier les présidents des deux communautés. Ainsi, les deux peuples dont le sort a suivi des chemins parallèle peuvent se sentir plus proches et plus solidaires.
Ce genre de manifestations doit se répéter et avoir lieu plus souvent et dans toutes les capitales où vivent les Grecs et Arméniens en Diaspora.

Ph. P.

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Fracture morale au gouvernement sur le génocide arménien
C’EST UN PROCEDE INEDIT au sein du gouvernement. Une sorte de tour de bancs express un jour de questions d’actualité à l’Assemblée nationale. Le sujet ? L’Arménie. A quatre jours de l’anniversaire du début des massacres perpétrés en Turquie, le 24 avril 1915, le gouvernement Jospin va-t-il parler, ou non, du “génocide” des Arméniens ? Au Palais-Bourbon, les questions, en cette semaine du souvenir pour les Arméniens de France, sont rituelles.

Mardi 21 avril, Janine Jambu (PCF, Hauts-de-Seine) est la première à prendre la parole sur le sujet. Poliment. « Ne croyez-vous pas, monsieur le ministre, qu’il est temps, grand temps que la France reconnaisse officiellement le génocide arménien de 1915 ? », demande-t-elle. Le ministre délégué aux affaires européennes, Pierre Moscovici, répond, en lisant une note préparée par le Quai d’Orsay. Forcément diplomatique. « Le gouvernement français a déjà évoqué à de nombreuses occasions la question des massacres des Arméniens commis dans les dernières années de l’Empire ottoman. Il l’a fait dans des termes clairs, que le gouvernement arménien connaît bien. »

« Appelez génocide un génocide ! », râle Patrick Devedjian (RPR, Hauts-de-Seine). Sur les bancs du gouvernement, nombre de ministres semblent d’accord avec le député RPR. Bernard Kouchner glisse un mot à son collègue des affaires européennes. « J'ai utilisé le mot "génocide" à plusieurs reprises dans cette enceinte, et Mitterrand l’a fait aussi.» Exact : le 6 janvier 1984, à Bourgoin-Jallieu, dans l’Isère, mais il s’était par la suite refusé à officialiser l’emploi de ce terme, refusé par le gouvernement turc.
Une petite feuille se met à circuler sur les bancs des ministres à l’initiative de Dominique Voynet. Elle a écrit « C’est un génocide” » et signé. La feuille passe au premier rang. Claude Allègre, Martine Aubry, Bernard Kouchner, Elisabeth Guigou, Claude Bartolone, Charles Josselin, Marie-George Buffet, Catherine Trautmann apposent leur paraphe. Christian Pierret et Alain Richard refusent. A Daniel Vaillant et Lionel Jospin, on évite de présenter l’objet du délit. M. Moscovici interroge alors le premier ministre sur la conduite à tenir. « Cela ne me gêne pas que tu le dises », lui glisse M. Jospin.
Une dernière fois, M. Moscovici tente de rappeler les « liens d’amitié » de la France avec le peuple arménien « victime d’un véritable massacre...». « D'un génocide ! », crie Michèle Rivasi (Verts, Drôme). Le ministre ose alors l’affront diplomatique au gouvernement turc : « Il est vrai que certaines organisations internationales ont pris position sur cette question, diplomatiquement très sensible. A titre personnel, je n’hésite pas à le dire : pourquoi ne pas reconnaître que ces massacres ont revêtu le caractère d’un génocide ? »

Les Arméniens retiendront donc que, « à titre personnel »,un ministre délégué a reconnu le génocide arménien devant l’Assemblée. Puis on annonce une déclaration de Matignon.
Vendredi 24 avril, un communiqué « solennel » a été rendu public. « En ce jour anniversaire, le gouvernement adresse une pensée à nos compatriotes d’origine arménienne, recueillis dans le souvenir de la tragédie qui a endeuillé tout un peuple, victime de déportations et de massacres il y a quatre-vingt-trois ans », écrit M. Jospin…

Ariane CHEMIN
Le Monde, du 26 avril 1998

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Le Sénat belge reconnaît le génocide arménien
Bruxelles, 26 mars 1998
Le Sénat belge a voté aujourd’hui une résolution appelant le Gouvernement turc « à reconnaître la réalité du GÉNOCIDE perpétré en 1915 par le dernier gouvernement de l’Empire Ottoman ». La résolution appelle également à la réconciliation entre les peuples arménien et turc.
Le Sénat belge devient ainsi la première chambre parlementaire d’un pays allié à la Turquie dans l’OTAN (à l’exception de la Grèce) à avoir reconnu le génocide arménien de 1915. Jusqu’à présent, tous les efforts visant à cette reconnaissance avaient étéréduits à néant par les soins de la diplomatie turque.

La décision a été accueillie avec joie par le Comité des Arméniens de Belgique. Il déclare dans un communiqué de presse que « La Belgique devient ainsi un pionnier en matière des Droits de l’Homme et des Nations ». Le communiqué continue : « La reconnaissance par la Belgique du génocide sera reçue avec beaucoup de joie par toutes les communautés arméniennes du monde. C’est un pas significatif vers un dialogue et une réconciliation turco-arménienne, qu’appelle également la résolution ».

Nos félicitations au président du Comité des Arméniens de Belgique, Michel MAHMOURIAN, qui voit ainsi aboutir deux années de travail, et pour qui c’est un premier pas vers la reconnaissance du génocide par le Gouvernement belge.

Jean-Pierre HATCHIKIAN
Secrétaire de l'ACAM

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