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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Union Médicale Arménienne de France (UMAF)

11, avenue de Verdun - 94410 Saint-Maurice

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Téléphone : 0143684204
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Site internet : www.umaf.fr
E-mail :

Bureau 2006-2008 --- Cliquer pour agrandir
Bureau 2006-2008
Bureau actuel --- Cliquer pour agrandir
Bureau actuel

Commentaire : L'UMAF a pour vocation de créer des liens d'amitié entre ses membres.
Pour cela, plusieurs actions sont effectives:
Le 3ème vendredi de chaque mois, excepté au mois d'août, les membres sont conviés à une soirée qui se déroule dans les locaux du Yan's Club au 5 avenue Reille à PARIS dans le 14ème arrondissement.
Il y est abordé un thème différent à chaque fois, en alternant sujet médical et communautaire. Un intervenant prend la parole sur un sujet précis qui est ensuite débattu entre les participants. La soirée se poursuit par le repas que nous prenons en commun et qui permet de poursuivre le débat si nécessaire.
A la fin du mois de novembre, généralement le dernier samedi, l'UMAF organise un grand bal dans des salles prestigieuses, telles l' Hôtel Méridien, le Musée des Arts Forains ou le Pavillon Dauphine. Les recettes de cette soirée permettent à l'UMAF de financer ses actions à caractère humanitaire.
Nous recevons et hébergeons régulièrement à Alfortville des jeunes médecins venus d'Arménie et qui souhaitent participer à un stage dans différents hôpitaux parisiens, notamment dans le programme FFI (Faisant Fonction d'Interne)
L'UMAF a également formé de nombreux médecins d'Arménie dans de diverses spécialités comme l'urologie, la chirurgie, l'anesthésiologie, l'ORL, la biologie, l'orthopédie, etc…
Elle fait paraître 4 fois par an un Journal qui est adressé à tous les membres et sympathisants. Avec la participation des Laboratoires Lafon, l'UMAF a édité une : " Histoire de la Médecine en Arménie" de l'Antiquité à nos jours.
Enfin, elle participe régulièrement aux réunions de l'AMIC dont elle est l'un des principaux fondateurs et membres. L' UMAF a régulièrement participé à des congrès scientifiques internationaux arméniens à Beyrouth, Venise, Montréal, Los Angeles, Paris, Boston, Lyon ou en Arménie.
L'UMAF (dans un premier temps, Union des Médecins Arméniens de France, puis Union Médicale Arménienne de France depuis 1982) est une association créée en 1975 et regroupant les médecins, chirurgiens-dentistes, pharmaciens, vétérinaires, biologistes d'origine arménienne, ainsi que les étudiants de ces différentes spécialités.
Le but de l'association est de développer des relations amicales entre ses membres. L'UMAF a également un caractère culturel, scientifique et communautaire.

A la suite de la cessation des activités de l'U.M.A. (Union Médicale Arménienne de Paris) en 1974, association qui avait été créée en 1921 par le Docteur Paul COLOLIAN, l'UMAF est née de la volonté de quelques amis, médecins d'origine arménienne, qui ont souhaité se regrouper en association loi de 1901.
Le Docteur Serge SIMONIAN, chirurgien, ainsi que le Docteur Michel DERVICHIAN, gastro-entérologue, ont été à l'origine de ce projet.

L'UMAF est également un des principaux fondateurs de l' AMIC (Armenian Medical International Comitee) dont elle est l'un des membres les plus importants


2002 :
Jacques Balian, président de l’UMAF-Paris dresse le bilan des activités de bienfaisance de son association, qui regroupe 500 médecins arméniens. (Article 2002)

Depuis le tremblement de terre, les actions de bienfaisance de l'UMAF-Paris en Arménie et au Karabakh se poursuivent inlassablement. La plus grande partie de notre budget est encore consacrée à cette aide pour des raisons évidentes de solidarité et par devoir envers la mère patrie. Cependant, il est grand temps que s'instaure dès à présent entre le gouvernement arménien et la diaspora une réflexion générale sur les nouvelles manières d'envisager la poursuite de cette assistance médicale et humanitaire.

Bref rappel historique
Créée en 1975 sous la houlette du docteur Serge Simonian et du docteur Michel Dervichian son cofondateur, l'UMAF représente la plus importante et la plus représentative des associations médicales et dentaires de France. Elle a fêté en novembre 2000, son 25e anniversaire. A Paris, l'association est forte de 500 membres dont 250 cotisants à jour. Une branche marseillaise a vu le jour presque en même temps qu'elle, en 1975, avec le professeur Robert Assadourian et le Dr Serge Ekmekdjian puis peu après en 1983, s'est greffée la branche lyonnaise avec à sa tête le Dr Georges Kepenekian, le Dr Pierre Amedjian, le Dr Robert Donikian.

Dans les hôpitaux d'Erevan
Nous évoquerons les actions entreprises au cours de ces dernières années à l'Institut chirurgical Mikaelian . Les actions survenues antérieurement dans les hôpitaux d'Arménie concernaient essentiellement l'aide de l'UMAF-Paris à l'hôpital Erebouni d'Erevan. Dans ce centre, les œuvres majeures de l'UMAF ont été la modernisation de plusieurs services dont l'ORL avec l'appui du professeur Eria Garabedian de l'hôpital Trousseau de Paris et l’odontostomatologie avec création d'une unité de prothèse dentaire. Cet hôpital a bénéficié pendant plusieurs années d'une aide massive grâce au concours de plusieurs circonstances favorisantes de l'époque. Parmi elles, soulignons l'indépendance avec son corollaire l'ouverture des frontières et les suites du tremblement de terre sensibilisant un public ému, cherchant à aider pour la première fois de manière notoire le pays de ses origines. Nous devons retenir également l'apport massif des associations ayant fait confiance à l'UMAF : SOS-Arménie et Aznavour pour l'Arménie (1 millions d'euros) sans lesquelles le financement de ses actions n'aurait jamais pu atteindre un niveau aussi important, malgré toutes les bonnes volontés de ses adhérents. Cette aide n'a jamais pu être égalée par la suite. Nous en analyserons les raisons plus loin. Le centre hospitalier auquel l'UMAF consacre actuellement une grande partie de ses activités est l'Institut chirurgical Mikaelian d'Erevan.

Beaujon et Mikaelian
Un accord de coopération entre deux grands hôpitaux (l'hôpital Beaujon de l'Assistance Publique des hôpitaux de Paris et l'institut chirurgical Mikaelian d'Erevan) signé en mai 1998 a permis le développement de la chirurgie hépatique en Arménie. Dans ce cadre, un chirurgien hépatique, une anesthésiste, un hépatologue, une anatomo-pathologiste, un technicien biomédical une panseuse de bloc opératoire ont suivi un stage de formation à Paris. Le programme d'hépatologie a conduit à l'amélioration des techniques chirurgicales permettant le traitement de pathologies inabordables jusqu'alors telles que le traitement chirurgical complexe des voies biliaires, le traitement chirurgical des métastases hépatiques, les hépatectomies partielles.

Nouveau partenariat
Une convention de partenariat entre l'hôpital Beaujon représenté par son Directeur, Monsieur Dominique Noire et l'Institut Mikaelian, représenté par son Directeur le Professeur Hamlet Tamazyan, a été renouvelé pour une durée de 3 ans.

Cinq objectifs spécifiques sont également poursuivis : l'organisation des locaux et la gestion des ressources humaines ;l’instauration d'une politique de maintenance des équipements ; le renforcement de la fonction logistique ; la mise en place d'une gestion des risques ; le renforcement des techniques et pratiques infirmières et médicales. Ce partenariat se traduira par des missions courtes à l'Institut Mikaëlian, des stages à l'hôpital Beaujon ainsi que des envois d'équipements.

Dispensaire à Spitak
Le dispensaire pédiatrique de l'UMAF-Paris en partenariat avec l'association « Espoir Pour l'Arménie » a été créée dans la ville de Spitak, la plus sinistrée du tremblement de terre du 7 décembre 1988. L'objectif est de soigner gratuitement les enfants les plus démunis de la ville et des environs. La mairie a mis à disposition les locaux. EPA, les a aménagés et en assurera le suivi administratif. L'UMAF prendra en charge le salaire de deux pédiatres et deux dentistes, d'une secrétaire, d'une assistante et la thérapeutique des enfants.

Achat de médicaments
En raison des difficultés de leur acheminement en Arménie et de nombreuses réglementations douanières récentes, les médicaments pour le dispensaire sont achetés à Erevan par l'UMAF. Une demande nous est parvenue pour le traitement médical de la grave maladie de Monsieur Varoujan Garabédian, ancien prisonnier politique. L'UMAF-Paris a fait le nécessaire pour assurer gratuitement ses soins pendant un an.

Douleurs sans frontières
L'UMAF s'est solidarisée avec l'ONG DSF, pour la préparation d'une aide médico-psychologique aux enfants orphelins arméniens en souffrance qui nécessitent un traitement ou une prise en charge. L'action entreprise par le Dr Alain Serrie, membre de l'UMAF-Paris, président de l'ONG DSF, est prévue pour les villes de Gumri, Spitak et Erevan. La prise en charge de la douleur et de la souffrance est devenue une des priorités pour l'OMS. Les données recueillies en Arménie montrent que le seuil de pauvreté est de 30 % dans la capitale et atteint 70 % dans les provinces. En Arménie la prise en charge des problèmes psychiatriques de l'enfant, malgré l'existence de pathologies lourdes, est reléguée en dernière position. Le programme, financé par des fonds recueillis par DSF, a pour visée de mettre en place un centre de référence pour les enfants orphelins qui souffrent, créer un hôpital de jour, créer un centre de formation de psychologie clinique, mettre en place une unité de soins mobile, développer l'éducation sanitaire et sociale et le soutien psychologique des enfants en partenariat avec les institutions existantes. Le programme est prévu pour une durée de 4 ans avec des médecins de l'UMAF qui se rendront en mission et participeront à une formation. Au cours de leur première mission plusieurs cas de becs de lièvre non opérés ont été recensés dans les orphelinats visités par nos confrères. Deux enfants atteints de cette affection ont été opérés à l'Institut Mikaelian, à la charge de l'UMAF-Paris qui s'est dit prête à financer quelques autres interventions de ce type.

Dispensaire de Yeghnadjour
L'UMAF-Paris a aidé l'association CHENE en participant à l'équipement d'un dispensaire à Yeghnadjour, dans la province de Chirak, par l'achat d'un électrocardiographe, d'un appareil de stérilisation et d'un compresseur pour le cabinet dentaire.

Stagiaires en France
Plusieurs médecins ou étudiants d'Arménie ont fait auprès de l'U\L\F-Paris une demande de prise en charge de leur hébergement pendant la durée de leur stage. La plupart ont également sollicité l'attribution d'une bourse pendant leur séjour pour leur permettre de subvenir à leurs besoins financiers minimaux dans les cas où ils n'avaient pas pu obtenir de poste rémunéré. Le montant de cette bourse s'élève à 600 euros par mois. Une vingtaine de stagiaires ont été pris en charge par l'UMAF au cours de ces trois dernières années, ramenant à une centaine le nombre total de stagiaires ayant bénéficié de cette aide de l'UMAF-Paris.

Matériel médical
Comme les années précédentes, nous avons procédé à la récupération de matériel médico-chirurgical auprès de différents organismes privés ou publics. La liste n'est pas des moindres. L'UMAF-Paris est habilitée à récupérer le matériel déclassé auprès de l'AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris), par la « Commission d'agrément des associations humanitaires pour le don de matériel déclassé de l'AP-HP ». Du matériel médical et dentaire récupéré auprès de la mairie d'Antony a été remis à l'association Espoir pour l'Arménie avec lequel l'UMAF-Paris a réalisé le programme du dispensaire de Spitak. Deux containers de 60 m3 de matériel ont été expédiés aux frais de l'UMAF-Paris, en 2001 à destination d'Arménie et du Karabagh. Deux autres containers seront expédiés prochai-nementen Arménie et au Karabagh : ils contiennent 2 ambulances qui ont été récupérées auprès de l'AP-HP (une ambulance de marque RENAULT TRAFIC et une ambulance de marque RENAULT MASTER ) ; elles ont été révisées et rénovées gratuitement par notre ami Monsieur Grégoire Izikian, concessionnaire Volvo du Val d'Oise.

Parodontologie
L'UMAF-Paris se propose de participer à la création d'un service de parodontologie à l'institut chirurgical Mikaëlian avec possibilité dans le futur de développer une structure chirurgicale d'implantologie. Plusieurs fauteuils dentaires et un appareil de radiologie panoramique dentaire vont être expédiés. Deux stagiaires ont déjà commencé leur formation auprès de dentistes de notre association, sous la conduite de plusieurs dentistes de l'UMAF.

Projet de formation
A la suite d'une mission en Arménie de trois directeurs d'hôpitaux dirigée par Madame Marie Madeleine Dautel du ministère de la Santé de France, une nouvelle forme de collaboration entre l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et les hôpitaux d'Arménie avec le soutien des ministères de la Santé respectifs et de l'Ambassade de France va pouvoir se mettre en place. Dans ce programme sont prévues la formation de gestionnaires de la santé en Arménie ainsi que la formation en France de médecins et du personnel non-médecin arméniens avec activité rémunérée et délivrance d'un certificat validant la spécialité enseignée. Le contrat des stagiaires ne pourra dépasser une ou deux années au maximum.

Projet avec l'OPC
L'UMAF a rencontré en février dernier le Pr Yves Pouliquen, Président de l'OPC (Organisation pour la Prévention de la Cécité) et Mr Philippe Duez, Vice-Président de l'OPC. L'association qui a déjà aidé l'hôpital de Goris en Arménie, souhaite faire de nouvelles actions dans les régions d'Arménie. Des pourparlers sont en cours.

Projet pour le Karabagh
Lors d'une visite à Paris en mai 2001, le Président du Karabagh a souhaité qu'une nouvelle aide soit apportée par l'UMAF-Paris pour son pays. Du matériel médico-chirurgical lui a été promis. Le projet de construction d'un hôpital neuf à Stépanakert a été évoqué. Il sera construit en coopération avec le Fonds Arménien des USA. Les travaux devaient commencer en août 2002. A l'issue de la construction du bâtiment, l'UMAF a fait part de son intention de participer à l'équipement en matériel médico-chirurgical d'une des ailes de l'hôpital. Sa préférence s'est portée sur la mise en place d'un service médico-chirurgical d'urgences. A l'image de cette unité d'urgences, une vingtaine de services hospitaliers à équiper, aussi bien dans le domaine médical que chirurgical sont à prévoir. Il est évident que ce grand projet nécessitera les efforts de plusieurs associations caritatives. Ces associations pourraient soit prendre en charge entièrement l'un des projets, soit se regrouper pour apporter leur aide, chacune selon ses moyens.

Comment continuer ?
Un projet de protection sociale à la française a déjà été présenté en Arménie par le Dr Georges Kepenekian. Ce projet est resté en attente et mérite sans doute d'être réactivé. Que ce soit à Erevan ou dans les provinces, l'organisation profonde du système de santé ne peut revenir qu'au gouvernement. Ce dernier doit dire ce qu'il attend des organisations médicales humanitaires à titre d'appoint. Il devrait s'impliquer davantage dans la coordination et l'enregistrement de leurs programmes. Il devrait même y participer financièrement au même titre que les responsables des centres qui recevront un financement de toute association de la diaspora. La période de l'aide humanitaire à tout va nous semble révolue. Une planification de l'aide extérieure éviterait l'aide anarchique et les doublons. En engageant financièrement chacun des auteurs d'un partenariat à trois (gouvernement, structure médicalisée, association de la diaspora), la responsabilité et la volonté de faire fructifier l'investissement ou la réalisation projetée en sera bien plus importante, et les chances de servir efficacement le pays bien plus grandes. La centralisation et la coordination de cette aide, qui ont fait l'objet des deux conférences Arménie-Diaspora à Erevan, ont elles permis d'avancer dans ce domaine ? Les solutions à long terme doivent être trouvées dès à présent pour les dix années à venir, période minimale pour faire aboutir une économie planifiée. Actuellement le budget de la santé serait de 35 millions de dollars par an (chiffre à confirmer). Il contribuerait au final, frais de fonctionnement hospitaliers ou autres déduits, à attribuer pour les soins seulement 8 dollars par malade et par an. A titre comparatif, les dépenses consacrées pour le tabac représenteraient 150 millions de dollars, soit environ 4 fois plus. Le nombre de médecins en Arménie est de 1 pour 250 personnes ; en Espagne il est de 1 pour 1 000 soit environ 4 fois moins. En Arménie, il y a plus de 200 hôpitaux dont une quinzaine viennent d'être privatisés. Cette privatisation est loin de régler le problème de la prise en charge des soins ; il permet seulement de désengager une partie de la dette de l'Etat envers les structures hospitalières.

Autres difficultés rencontrées : Parmi les autres difficultés rencontrées signalons celles en rapport avec la législation sur l'entrée des médicaments en Arménie et le problème de la taxation douanière du matériel offert à titre de don humanitaire. D'autres thèmes de discussion qui ont déjà été évoqués à Boston et à Lyon au cours de workshops comme la réforme des études médicales en Arménie ou les problèmes de gestion hospitalière et de Santé publique, la fermeture de certains hôpitaux, n'ont jamais abouti.

Et en France ?
Au sein de la diaspora les difficultés rencontrées pour l'organisation de l'aide en Arménie ne peuvent pas être ignorées. Bien entendu, elles ne peuvent être placées sur le même plan que celles citées au chapitre précédent. Pour nous, les difficultés sont de plusieurs types. Tout d'abord, toutes les actions de l'UMAF reposent sur le bénévolat. Cela implique pour les professions libérales un sacrifice nécessaire, mais de plus en plus important et de plus en plus pesant avec les années. Le contraste entre les efforts fournis et les résultats obtenus malgré une aide massive et plurielle depuis dix années nous conduit à de nombreuses réflexions et interrogations. Nous espérions que cette aide, qui nous paraissait très importante, servirait mieux le pays que ce que nous constatons, et permettrait une plus grande facilité de l'accès aux soins en Arménie. Malheureusement ce système de soins n'est pas toujours gratuit. Les résultats obtenus en ce sens par l'action des différentes composantes de la diaspora sont loin d'être négligeables. Cette aide permet une faible partie de la gratuité des soins mais reste malgré tout importante pour les populations les plus défavorisées. Les résultats obtenus, si modestes qu'ils puissent paraître à certains, ne doivent pas conduire au désenchantement et à l'amertume. En réalité, nous devons souligner la valeur essentiellement symbolique de l'action des associations caritatives, même parmi les plus actives dans le domaine médical comme l'UMAF. Elle permet d'apporter à notre sens un soutien psychologique et d'entretenir l'espoir auprès de la population et des professionnels de la santé. Pour la population, c'est une sécurité de savoir que la diaspora est derrière elle et qu'elle n'est pas abandonnée. Quant aux médecins, ils gardent l'espoir qu'une revalorisation de leur savoir et l'apport technologique leur permettront d'être performants et de faire face à la demande au moment du redémarrage économique. Notre aide, même si elle peut paraître minime par rapport aux besoins du pays, reste néanmoins nécessaire et très appréciée. Elle permet d'améliorer quelques situations, et d'aider une marge de la population. Elle ne pourra évidemment jamais remplacer le financement d'un Etat. L'UMAF n'a plus à démontrer que l'aide qu'elle apporte en Arménie est une des plus constantes et des plus importantes des associations médicales et humanitaires de France. Nous sommes fiers d'avoir pu contribuer à la modernisation de certaines structures hospitalières ainsi qu'au perfectionnement de la formation d'une centaine de médecins. Cependant de nombreux progrès restent à faire. Si l'aide aux hôpitaux d'Erevan a été aussi dominante, c'est la plupart du temps pour des raisons de commodité pour les médecins missionnaires. Toutefois une action dans les régions a commencé. Il en est ainsi à Spitak, et il en sera de même prochainement au Karabagh. L'aide des régions est tout aussi importante et vitale pour le pays. La régionalisation de nos efforts reste à l'ordre du jour des futures missions en préparation.

Conclusions
Les actions médicales et humanitaires d'une association telle que l'UMAF-Paris représentent un travail considérable tant sur la quantité, la qualité que la durée du travail fourni. Cependant c'est un fait que les actions de notre association ne peuvent se résumer ni se réduire au travail effectué en Arménie ou au Karabagh, même si elles paraissent principales. Elles s'évaluent par rapport à ses activités générales incluant l'organisation d'activités scientifiques, communautaires et culturelles en diaspora. L'aide humanitaire tous azimuts telle qu'elle est entreprise depuis le tremblement de terre en Arménie ne peut constituer une finalité. Des actions concertées seraient plus profitables pour le pays. Cette aide permet de donner un peu d'espoir et fait preuve de soutien moral. Nous sommes conscients qu'il s'agit d'actions modestes à l'échelon d'un pays. Nous considérons que nos associations ne peuvent se rendre utiles dans le futur qu'à travers leur rôle de collaboration médicale pour améliorer des structures existantes et les amener aux normes européennes. C'est un pari pour un avenir meilleur. Ça ou là nous entendons dire que l'ère de l'humanitaire est révolue. Comment faire payer les soins à des malades dont la plupart sont sans emploi ? De plus, comment concilier la carence du système de protection sociale et l'accès aux soins de qualité pour tous ? Le problème reste difficile à résoudre. En réalité, le système de protection sociale est tributaire de l'économie du pays. Lorsque l'économie sera en meilleure santé, le système de protection sociale ira beaucoup mieux. L'investissement dans différents domaines de l'économie avec création d'emplois sur place nous paraît être une des voies d'avenir pour l'amélioration du pays. L'engagement et l'effort des donateurs devraient être au moins aussi importants que ceux des structures parrainées pour aider la population la plus défavorisée, tout en cherchant à dynamiser l'économie du pays. La coordination des actions au sein de structures telles que le CCAF pour l'aide à l'Arménie et au Karabagh et les conclusions émanant des deux premières conférences Arménie Diaspora devraient permettre de tirer des leçons urgentes pour faire fructifier au mieux et sans esprit partisan les efforts de chacun.

Jacques Balian, président de l'UMAF-Paris
Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 80, novembre 2002


Présentation, Octobre 2008

Nouvelles d’Arménie Magazine : Présentez-nous l'UMAF en quelques mots...
Frédéric Manoukian : L'UMAF est une association créée en 1975 qui regroupe tous les membres du corps médical d'origine arménienne, et les étudiants de ses différentes spécialités. L'UMAF a un caractère culturel, scientifique et communautaire. Ses activités d'abord parisiennes se sont étendues à l'Arménie après le tremblement de terre de 1988 pour continuer jusqu'à nos jours, ce qui représente plus de 20 ans de travail sur place.
NAM: Quelles sont vos activités parisiennes ?
F.M: Nous organisons, chaque 3, vendredi du mois, une soirée au Yan's Club avec alternance de thèmes scientifiques et arméniens. Nous y recevons des professeurs de médecine aussi bien français qu'arméniens pour des exposés à la pointe des connaissances actuelles. Les soirées à thème communautaire donnent lieu à des rencontres très diverses. Toutes ces activités se terminent par un dîner pris en commun resserrant les liens d'amitié entre les participants. Notre journal trimestriel est adressé à plus de 1000 exemplaires à nos membres et sympathisants. Enfin, notre site Internet www.umaf.fr crée un lien entre nous tous, fait connaître notre association de par le monde, et aide à recruter de nouveaux membres.
NAM: D'autres activités sur Paris ?
F.M. : Nous avons reçu plus de 150 médecins d'Arménie exerçant comme FFI (faisant fonction d'interne) hébergés gratuitement dans l'appartement mis à notre disposition par la mairie d'Alfortville. Dans un local prêté par la mairie, nous regroupons le matériel destiné à l'Arménie qui est expédié une à deux fois par an depuis 1990.
NAM: Quelle est votre activité au Karabagh ?
F.M. : Nous intervenons dans le petit village de Norachen. L'UMAF y a installé en 2005 un dispensaire avec notre ami Ara Aharonian. Nous y assurons les salaires du médecin et de l'infirmière et fournissons également les médicaments nécessaires. Nous sommes régulièrement informés de l'activité du centre.
NAM: Et à Spitak ?
F.M. : A Spitak, nous gérons le dispensaire médico-pédiatrique ouvert en 2000 avec « Espoir pour l'Arménie ». Les enfants y reçoivent des soins médicaux et dentaires gratuits. Nous y assurons le salaire du personnel soignant et fournissons les médicaments et le matériel nécessaire. Le livre de consultations est contrôlé tous les six mois et nous recevons par mail le compte-rendu de leur activité et de la consommation de médicaments.
NAM: Parlez-nous des « Lunettes pour l'Arménie »...
EM. : Depuis 2004, nous effectuons un dépistage des troubles de la vue par nos ophtalmologistes, avec fabrication et distribution de lunettes par nos opticiens, directement et sans intermédiaire pour les populations nécessiteuses des campagnes sous-médicalisées, le tout étant bien évidemment totalement gratuit. Nous apportons tout le matériel directement de France et cette opération mobilise 8 à 10 personnes. Après Alaverdi, Achtarak, Stepanakert, Chambarak, nous avons choisi cette année Stepanavan et sa région. A titre d'exemple, à Chambarak, 2 500 consultations ont été pratiquées dont 650 par nos ophtalmologistes, 320 paires de lunettes correctrices ont été fabriquées et distribuées, ainsi que 1850 paires de lunettes-loupes. Vingt-huit cas de cataracte ont été dépistés et confiés à une ONG américaine.
NAM: Quelles sont vos activités sur Erevan ?
EM. : Notre collaboration avec l'Institut Mikaelian date de 1995. Nous y avons formé des chirurgiens à la pratique de la laparoscopie et initié les médecins à la technique d'endoscopie digestive en fournissant tout le matériel nécessaire. Nous y avons installé un scanner de 3ème génération et mis en place l'unité d'urgence en chirurgie de la main : « S.O.S. Mains ». Enfin, nous avons installé une centrale d'oxygène. Lors de notre dernière mission, des consultations et des interventions chirurgicales y ont été pratiquées. Nous avons fourni à l'hôpital militaire, le Gospital, deux fauteuils dentaires et neufs achetés sur place. Ces équipements ont remplacé un matériel plus ancien transféré dans des casernes de province, Sissian et Kelbadjar en territoire azéri. Nous équipons également des centres de soins militaires, les « pouj-gueds » en matériel dentaire neuf. Les actions en cours seront intégralement reconduites. Nos projets concernent essentiellement le domaine de la dentisterie avec la création d'un bus dentaire qui circulerait dans les zones éloignées de la capitale. Ses actions seraient d’ordre thérapeutique, mais aussi préventif, en prodiguant des conseils d'hygiène bucco-dentaire à la population.
NAM: Quelles sont aujourd'hui les ressources de l'UMAF ?
EM. : Elles sont de plusieurs origines : les cotisations de nos membres, qui sont plus de 220 réguliers, l'aide des laboratoires, et les donations diverses. L’UMAF, reconnue comme association de bienfaisance, est habilitée à recevoir des dons et legs. Notre principale ressource provient du grand bal que nous organisons à la fin du mois de novembre. A cette occasion, la générosité de nos membres et amis nous permet de financer nos diverses actions humanitaires.
NAM: En conclusion ?
F.M. : L’UMAF apporte une petite pierre à l'édifice de reconstruction que représente l'Arménie mais je pense que cette aide est utile autant matériellement que moralement. Il est important que l'Arménie sache que la diaspora est derrière elle, et pas uniquement dans le domaine médical. Rien que pour cela, notre action ainsi que celles des autres associations doit durer dans le temps, aussi longtemps qu'il le faudra.

Propos recueillis par Paul Nazarian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 145, octobre 2008
 

Déclaration :
Numéro R.N.A. :
Objet :
Le but de l'association est de développer des relations amicales entre ses membres. L'UMAF a également un caractère culturel, scientifique et communautaire.
Bureau : Docteur Edouard MURATYAN, Médecin généraliste, 92-Issy les Moulineaux, Président.
Docteur Georges MOSDITCHIAN, Chirurgien-dentiste, 92-Issy les Moulineaux, Vice-président.
Docteur Frédéric MANOUKIAN, Chirurgien-dentiste, 92-Boulogne-Billancourt, Secrétaire.
Docteur Pierre OHANIAN, Médecin généraliste, 78-Montigny-le-Bretonneux, Trésorier.
Docteur Léon ARTINIAN, Médecin généraliste, 75-Paris, Conseiller.
Docteur Emmanuel BOYADJIAN, Chirurgien-dentiste, 92-Issy les Moulineaux, Conseiller.
Docteur Kégham DER-SARKISSIAN, Chirurgien-dentiste, 94-Champigny-sur-Marne, Conseiller

Docteur Serge SIMONIAN, Président d’honneur
Docteur Michel DERVICHIAN, Membre d’honneur

Publications :
Membres :
Cotisation :
Historique Journal Officiel :
Mise à jour : 2012

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