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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Croix Bleue des Arméniens de France (CBAF)

17, rue Bleue - 75009 Paris

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Association caritative418

Téléphone : 01 53 34 18 18
Fax :
Site internet : croixbleue-france.com/
E-mail :
Commentaire :
La Croix Bleue des Arméniens de France, créée en 1919 est une association à vocation humanitaire et sociale. Elle a également pour priorité la préservation et la diffusion de la culture arménienne par l’intermédiaire de ses écoles hebdomadaires et de manifestations dédiées et gère un centre de vacances.
Composée de 18 sections, (8 en Ile de France, 6 en région Rhône Alpes et 4 en région Provence Alpes Cote d’Azur), elle compte près de 700 membres, tous bénévoles, qui travaillent sous la tutelle d’un Conseil d’Administration élu tous les 2 ans.

Ses ressources reposent entièrement sur la générosité de la communauté arménienne. Reconnue d’Utilité Publique depuis 1986, la CBAF est, à titre, habilitée à recevoir des particuliers, comme des entreprises, une partie ou la totalité de leurs biens, sous forme de dons, donations et legs.

Croix Bleue des Arméniens de France
Association philanthropique
Utilité Publique, décret 23.4.86 : J.O. 29.04.86


Article paru dans France-Arménie, numéro 314, du 16 au 31 mars 2008

France-Arménie: pouvez-vous revenir brièvement sur la fondation de la CBAF ?
Hélène Merdjanian : Ce sont cinq femmes qui ont fondé en 1928 à Marseille la Croix Rouge arménienne d'Europe occidentale, sous l'impulsion d'Archag Djamalian. Cinq sections sont alors formées, partant de Marseille pour progressivement remonter la vallée rhodanienne et rejoindre plus tard Paris. En 1935, l'association devient officiellement la Croix Bleue des Arméniens de France, régie par la loi de 1901 (un changement de nom effectué notamment afin d'éviter une affiliation avec l'Union soviétique, ndlr). En 1986, elle est reconnue d'utilité publique. Une décision prise par François Mitterrand et signée par Jacques Chirac. Nous sommes l'une des deux seules associations arméniennes à être reconnues comme telles avec l'Association Arménienne d'Aide Sociale (A.A.A.S.)
F.A.: Quels ont été les faits marquants de l'association depuis sa création ?
H.M. : Nous étions des pionnières dans la création de centres de vacances et le premier fait marquant pour nous est sans conteste le tout premier départ de nos enfants en août 1935. C'est-à-dire la première colonie à Nice où quelques dizaines d'enfants nécessiteux ont pu passer des vacances. Parmi eux certains sont devenus de grands intellectuels et des personnes importantes au niveau national. Tous venaient de milieux très modestes, il n'y avait pas d'Arméniens riches à cette époque. De même, un fait quia laissé quelques traces est cet épisode du camp de Saint-Georges de Didonne, près de Royan, où après la déclaration de guerre, en 1939, des enfants sont restés près d'un an coincés là-bas, la ligne de démarcation leur interdisant les déplacements.
F.A. : Un autre événement phare dans l'histoire de l'association ?
H.M. : Après la guerre, l'action sociale de l'association est repartie de plus belle surtout avec le développement du centre de vacances et des écoles hebdomadaires et bihebdomadaires.
Jusqu'en 1955, nous organisions tous les ans des colonies dans les quatre coins de la France. Puis, nous avons acheté une ferme dans le Jura et c'est ainsi que la colonie de Bellefontaine a été créée. Rien à voir avec la colonie de luxe avec plus d'une vingtaine de moniteurs d'aujourd'hui ! Tout le monde était bénévole, des animateurs jusqu'au directeur. Cette colonie a une signification très importante car ce n'est pas un centre comme les autres. C'est avant tout un lieu de rendez-vous pour les Arméniens de tous les horizons. Nous n'y faisons pas de prosélytisme, nous acceptons tout le monde. Beaucoup d'enfants du Liban, des pays de l'Amérique du nord s'y sont rendus. Ces derniers temps, nous avons accueilli des enfants d'Europe du Nord et de l'Ouest. Ainsi, pendant la guerre en Serbie et même après, des groupes d'enfants arméniens de la région sont venus à Bellefontaine.

F.A.: Des changements depuis les débuts de la colonie?
H.M. : Malheureusement, la vie est devenue plus mercantile et petit à petit, les jeunes, tous étudiants en général, n'ont plus accepté de travailler gratuitement. C'est ainsi que progressivement, nous avons essayé de rémunérer nos moniteurs et de nous séparer des bénévoles. À cela s'ajoutent quelques contraintes au niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports qui nous ont obligées à partir des années 80 à disposer d'un personnel d'encadrement formé. Aussi, pendant un certain temps, entre 1985 et 1990, nous avons payé le stage aux moniteurs, mais nous avons été quelque peu déçus par certains qui, une fois leur stage effectué, ne sont pas revenus à la colonie. Payer sa formation et sacrifier du temps de vacances demande certes des concessions pour les jeunes qui ne sont pas tellement encouragés pour cela, ce qui se comprend. Ainsi, actuellement, nous réfléchissons à une solution de partage pour que les moniteurs se sentent attachés à Bellefontaine.
F.A. : Quelle a été la première grande opération humanitaire de la CBAF?
H.M. : Après la chute de l'Union soviétique, nombre d’Arméniens de pays russophones ont demandé de l'aide pour des questions diverses de santé, d'hébergement, d'aide administrative, etc. Il faut mentionner aussi la situation très précaire et incertaine des pays du Moyen-Orient. La guerre du Liban et la chute du royaume d'Iran, notamment, ont créé des bouleversements et des déplacements de familles arméniennes. Ainsi, la campagne pour les élèves libanais arméniens mise en place dans les années 86 et 87, au plus vif du conflit et dans les moments les plus difficiles, a rencontré un écho extraordinaire. Cette première opération d'envergure a été la première collecte de fonds au bénéfice d'une communauté arménienne en dehors de la France. Il n'y avait pas de livres, pas de nourriture, le pays était en pleine guerre. En une semaine, nous avons récolté un million de francs !
F.A. : Finalement, qu'avez-vous appris pendant toutes ces années ?
H.M. : L'action au Liban nous avait permis de nous faire une idée assez vague de ce qu'était l'humanitaire. Nous étions encore très naïves et inexpérimentées. En 1988 avec les événements au Karabagh et le séisme quia frappé l'Arménie, nous avons mené une action humanitaire avec un grand H. Car même si nous étions des novices, nous avons œuvré d'une manière très courageuse, très sûres de nos forces malgré le peu d'expérience, en particulier avec les pays de l'Union soviétique. Et je dois dire que le bilan est honorable car des millions de francs, des tonnes de vivres et de médicaments ont été acheminés au Karabagh et aux réfugiés arméniens. Pour travailler en Arménie il fallait avoir une vision différente des choses, je dirais, une vision a l’échelle mondiale. Travailler avec des ONG, et ce, parfois très étroitement, nous a permis de mieux cerner les problèmes et ainsi éviter certaines défaillances. Aussi, très régulièrement depuis 1992, nous participons à des rencontres entre ONG de l'ONU. Cela nous a ouvert les yeux ainsi que des portes vers un autre genre de relations, nous avons mûri et énormément appris.
F.A. : Et aujourd'hui ? Quels types d'actions menez-vous ?
H.M. : Depuis l'indépendance de l'Arménie en 1991, la CBAF, mène sur le terrain, avec son homologue local, le HOM-Arménie, des actions en faveur du développement social, économique et culturel.
Aujourd'hui, nous travaillons sur des projets plus permanents et restons fidèles à l'axe famille/enfant/ femme/éducation avec, entre autres, depuis 15 ans, le parrainage d'orphelins dans le cadre des actions du HOM ; le financement depuis septembre 2004 des repas protéinés pour 140 enfants de l'école des sourds-muets de Erevan ainsi que la prise en charge de la rénovation, de l'équipement et du fonctionnement de la maternelle Sossé de Khentsorisdan au Karabagh. Aussi, depuis 2000, la CBAF participe à l'opération de distribution de fournitures scolaires «Quand vient septembre» parrainée par le ministère de l'Education et le ministère des Affaires sociales. Certains de nos projets sont encouragés et parfois financés par des commissions de l'ONU. L'humanitaire a changé de dimension. Oui dit autre temps dit également autres exigences. Aujourd'hui, notre mode d'action est différent. Nous nous basons sur des études sociales politiques et démographiques effectuées par des ONG qui nous servent de projets pilotes afin de mettre en place une logistique et mieux organiser notre action.
F.A. : Parlez-nous de l'action de la CBAF dans le domaine de l'éducation.
H.M.: L'éducation a une place à part dans l'association car dès sa création, une des priorités fut de mettre en place des écoles hebdomadaires pour les enfants arméniens. Faute de n'avoir pas pu créer d'école quotidienne, nous nous sommes entêtées et aujourd'hui il existe onze écoles hebdomadaires de la CBAF, gérées par les différentes sections. Aussi, depuis ces vingt dernières années, on assiste à un essor formidable concernant les écoles hebdomadaires ainsi qu'un engouement pour la préparation de l'arménien au baccalauréat qui était chose insignifiante auparavant. En effet, pendant très longtemps, l'arménien était considéré comme une langue morte ou rare et il y a encore une quinzaine d'années, il était en danger. La Croix Bleue s'est mobilisée de toutes ses forces et avec d'autres défenseurs de langues minoritaires, elle a réussi à donner la place qui revenait à la langue de Machtots au sein de l'examen du baccalauréat français. Ainsi, la CBAF prépare une cinquantaine de bacheliers qui présentent l'arménien en LV1, LV2 et en option. Aujourd'hui c'est une langue vivante ! Et il est enseigné dans des écoles quotidiennes et hebdomadaires en France.
F.A. : Qu'est-ce qui a évolué au sein de l'association ?
H.M. : Il y a quelques années encore l'association souffrait d'une image assez vieillissante. On imaginait que seules les femmes qui ont la cinquantaine ou qui ont fini leur vie professionnelle entraient dans l'association. Mais c'est avec beaucoup de fierté que l'on constate depuis ces dernières années un rajeunissement dans nos rangs. Aujourd'hui, dans notre conseil d'administration, un certain nombre de jeunes femmes apportent leur contribution d'une manière enthousiaste. Ce phénomène flagrant se reflète dans l'évolution des projets et dans une certaine différence de conception. Par exemple, l'année dernière, une équipe de jeunes femmes dynamiques, aux statuts professionnels très différents et exerçant des postes à responsabilités, a mis en place une semaine consacrée à la femme arménienne au musée de la mode de Marseille. Une première qui a permis une mise en valeur que l'on n'a pas l'habitude de voir. En ce sens, l'action locale ce n'est plus seulement la visite aux maisons de retraite ou aux malades. Cela continue bien sûr, mais il s'agit également de rehausser l'image de la femme arménienne qui peut être directrice d'école, présidente d'association, artiste, éditrice, compositeur... Le registre a changé.

Propos recueillis par Mickaël Jimenez Mathéossian,France-Arménie, numéro 314, du 16 au 31 mars 2008
 

Déclaration :
Numéro R.N.A. :
Objet :
Bureau : Présidente : Liliane PEKMEZIAN, Vice-Présidente : Brigitte BARAVIAN, Secrétaire : Madeleine MELKONIAN , Secrétaire arménien : Aida ARAKELIAN, Trésorière : Yolande AREVIAN
Publications :
Membres :
Cotisation :
Historique Journal Officiel :
Mise à jour : 2011

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