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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

École bilingue Hrant Dink

40-42 rue Saint-Just - 95400 Arnouville-lès-Gonesse

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Date de fondation : samedi 30 juin 2007
Fondateurs : Dr Kevork APKARYAN
Direction : Mme Tanya YAPAR
Organisme de tutelle : Association École Bilingue Sainte Croix de Varak, même adresse
Nombre d'élèves : 44
Nombre d'enseignants : 2
Classes par niveau : 4 classes de maternelle, de la toute petite section (dès 2 ans) à la grande section (jusqu'à 6 ans) ; 1 classe de CP depuis 2008/2009, 1 classe de CE1 prévue en octobre 2009/2010
Horaires : du lundi au vendredi de 8h 30 à 15 h 45, sauf le mercredi, sortie à 11 h 45. Demi-pension pour tous les élèves
Frais de scolarité : 200 euros par mois comprenant repas, collation et fournitures. Possibilité de ramassage scolaire par mini-bus
Contrat Education nationale : non
Contact pour un don : Mme Tanya YAPAR, 06 22 07 01 92
Adresse pour un don : 40-42 rue Saint-Juste, 95400 Arnouville-lès-Gonesse
Téléphone : 01 39 87 22 29 et 06 22 07 01 92
Fax :
Site internet :
E-mail :

Lors de l'inauguration, le 30 juin 2007 --- Cliquer pour agrandir
Lors de l'inauguration, le 30 juin 2007
La directrice Tania Yapar et le président Kevork Apkaryan (Photo JeanJacques Avédissian) --- Cliquer pour agrandir
La directrice Tania Yapar et le président Kevork Apkaryan (Photo JeanJacques Avédissian)


La ville d'Arnouville-lès-Gonesse, dans le Nord de la région parisienne, abrite une importante communauté arménienne, mais en comparaison de celles de la banlieue sud (Issy-les-Moulineaux et Alfortville), elle se situe en retrait et fait moins parler d'elle. La vie associative et culturelle y est moins active. Mais Arnouville ne manque ni de charme, ni de vitalité et le cours des choses est en train de changer...
Depuis les années 80, la communauté d'Arnouville s'est enrichie grâce à un flot d'immigration venue principalement de Turquie. Hasard ou destin croisé, c'est dans la commune voisine de Sarcelles que la jeune et prospère communauté assyro-chaldéenne venue principalement de Turquie a bâti récemment une église aux allures de cathédrale.

Mais revenons à Arnouville. Les hauts-lieux de l'arménité se situent dans les deux églises qui se font face dans deux rues parallèles. La rue Saint-Just abrite l'église Sainte-Croix de Varak (en référence à celle de la région de Van) qui appartient à l'église apostolique arménienne. Construite en briques, érigée sur un terrain à la large façade, elle dispose d'une grande cour arborée, et même d'une maison de curé, ce qui lui donne un charme sans pareil. Henri Verneuil ne s'y est pas trompé. A la fin du film Mayrig, quand son héros retourne aux sources et emmène ses jeunes enfants à l'école arménienne du jeudi, c'est à l'église de la rue Saint-Just qu'est tournée la scène. La rue Henri-Barbusse accueille l'église catholique arménienne Saint-Grégoire l'Illuminateur.
De taille plus modeste, elle dispose, à l'arrière, d'une salle polyvalente assez grande. Le couvent adjacent où s'activait jusqu'à la fin des années 70 la congrégation des soeurs catholiques arméniennes de l'Immaculée conception (elles se sont installées ensuite à Lyon) a été vendu à la mairie qui l'a transformé en un service pour la petite enfance. Mais les lieux restent encore habités par deux âmes, celle du père mekhitariste Athanase Kessedjian, débordant de foi, de bonté et de patriotisme, et celle de Jean-Étienne Akian (Stépan) qui, après avoir officié à la messe au clavier, est devenu le leader du premier groupe de rock-folk arménien Zartong (renaissance). La communauté qui pouvait sembler en déclin a démontré sa capacité à rebondir en 2007. Mors qu'elle avait perdu une partie de son patrimoine, le couvent, la résurrection a eu lieu en septembre, avec l'ouverture de l'école arménienne Hrant Dink et de ses trois classes de maternelle dans des locaux flambants neufs (situés dans la même rue que l'église apostolique), propriété de l'association école bilingue Sainte Croix de Varak. Tout cela a commencé « bizarrement» concède d'emblée le président de l'association Kevork Apkaryan. Je faisais partie de l'éphorie de l'église quand, un jour, nous avons reçu un appel téléphonique du maire. Un bâtiment, celui d'une ancienne imprimerie, était à vendre tout près de l'église. L'éphorie cherchait justement une salle polyvalente. Après la visite des lieux et réflexion, le projet a été abandonné. Mais plusieurs personnes voulaient fonder une école arménienne. C'était l'occasion ou jamais. Une association est créée qui rachète l'ancienne imprimerie d'une surface de 1200 mètres carrés sur deux étages, sans compter un vaste sous-sol et une grande cour, pour la somme de 500 000 euros en novembre 2005.
L'acquisition, faute de subventions – les demandes n'ayant pas abouti malgré la qualité du dossier -, est financée par un crédit à 100 %. Pour reconvertir les locaux aux normes, il en coûte 600 000 euros, ce qui nécessite de recourir à un nouvel emprunt de 200 000 euros, quatre membres de l'association se portant caution personnelle. Le solde de 400 000 euros est payé par des dons. Le 30 juin 2007, l'école est inaugurée en grande pompe.

La mémoire d'un homme remarquable
Je suis reçu, avec une grande gentillesse, dans les locaux par la directrice. Je suis persuadé que Tania Yapar que j'ai eu l'occasion de joindre plusieurs fois au téléphone dans la journée, est une permanente. Il n'en est rien. Cette psychologue pour enfant est bénévole, tout comme le président de l'association, le docteur Kevork Apkaryan qui ne compte pas ses heures de présence sur place ni ses sous, puisqu'avec plusieurs autres bienfaiteurs, il boucle les fins de mois. Pour faire fonctionner l'établissement, il faut en effet assurer un budget annuel de
250 000 euros - frais généraux, salaires de trois professeurs, deux auxiliaires et un chauffeur -, mais il manque régulièrement 20 % de la somme à l'appel... En principe, les frais de scolarité qui incluent les repas, collations et fournitures, s'élèvent à 200 euros par enfant mais une faible fraction des 23 familles inscrites paye à taux plein. Or le coût de revient par élève s'élève à 428 euros.
Mais au fait pourquoi avoir appelé l'école, Hrant Dink ? Kevork Apkaryan rappelle qu'après le 19 janvier 2007, date de l'assassinat du journaliste, cette décision avait été prise naturellement, pour honorer la mémoire de cet homme remarquable dont le buste orne l'entrée de l'école. Il est déjà 16 heures passées. Alors que nous discutons de l'école en présence du conseil pédagogique, l'inlassable serviteur de l'enseignement et de la langue arménienne, Garabed Dakesyan, les cloches sonnent. Des bruits, des voix rompent la quiétude des lieux. Les enfants que j'avais aperçus dans la cour à mon arrivée sortent. Comme ils sont au nombre de 34, répartis en cinq classes, cela se remarque. Lors de la première rentrée scolaire (2007/2008), les trois de maternelle étaient assuré, petite, moyenne et grande. En 2008/2009, il s'y est ajouté une classe de CP (cours préparatoire) et aussi une toute petite section de maternelle pour les enfants de deux ans.

Bilinguisme et effectifs réduits
Ici, les sureffectifs, on ne connaît pas. Les enfants sont trois dans la toute petite section, deux dans la petite, dix dans la moyenne, cinq dans la grande et huit au cours préparatoire. Le projet pédagogique se conforme au programme de l'Education nationale, la particularité étant le bilinguisme et des effectifs réduits par classe, pour être attentif aux besoins de chaque élève. La langue française et l'arménien sont employés à parité. Certaines disciplines sont enseignées spécifiquement dans une langue, c'est le cas des mathématiques, qui le sont en français avec quelques exceptions, pour intégrer le vocabulaire.
En revanche, la découverte du monde se fait en arménien. Près de 90 % des enfants ne savent pas l'arménien en arrivant. Mais au bout de trois mois, ils le comprennent et ils l'intègrent d'autant plus vite qu'ils sont petits. Le président et la directrice souhaitent que l'école soit sous contrat avec l'Etat. Elle est déjà en conformité (sur les programmes, les effectifs, la qualité de l'enseignement, les locaux...) mais il faut avoir fait ses preuves durant au moins cinq ans, ce qui situe l'échéance à la rentrée 2011/2012. Garabed Dakesian, qui parle avec expérience, est très confiant mais il a conscience que la phase la plus difficile de se joue durant ces cinq années probatoires. Et il ne sous-estime pas la difficulté. Mais il note aussi que l'école est l'unique institution arménienne qui s'est développée en France. Alors qu'il n'en existait qu'une seule en France en 1975, on en dénombre sept à présent.

Un don de 10 000 euros de Rakel Dink
En attendant le contrat, l'association s'active. Quatre fois par an, elle organise, en plus de toute une série de manifestations, une grande fête dans la salle polyvalente, ce qui laisse des profits appréciables, en moyenne 10 000 euros à chaque fois. De nombreuses petites associations locales sont comme les petits ruisseaux. Quelques grandes institutions se sont distinguées, en particulier le Fonds arménien de France (don de 20 000 euros) et la fondation Bullukian (don de 10 000 euros). Et puis, il y a des gestes qui réchauffent le cœur. Ainsi, la veuve de Hrant Dink, Rakel, a fait un don de 10 000 euros. Elle a reversé le prix des droits de l'homme décerné en décembre 2007 à Vienne par PaN Autriche (Partner of all nations) à son mari. Et puis, il y a la satisfaction de voir arriver chaque matin tous ces enfants débordant de vie, du lundi au vendredi, gagner leur classe de 8h30 à 16h45 (sauf le mercredi la sortie ayant lieu à 11H30) et de partager tous ensemble le repas de midi. L'école ouvre aussi ses portes pour des cours d'arménien tous les mercredis après-midi et aussi, pour des cours de soutien scolaires en mathématiques, français et anglais pour les collégiens et les lycéens, tous les samedis après-midi.
Jean-Jacques Avédissian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 152, mai 2009


Le samedi 31 juin 2007 a eu l'inauguration d'une nouvelle école franco-arménienne, École Hrant Dink, à Arnouville-les-Gonesse (Val-d'Oise).Une assistance nombreuse : des Arnouvillais, représentants des associations arméniennes, était rassemblée devant les bâtiments de l'école et de la salle de fêtes polyvalente attenante, aux 40-42 rue Saint-Just, face à l'église apostolique arménienne. La cérémonie débuta par la coupure des rubans, dévoilement des plaques et un lâcher de pigeons. Mgr Kude Nacachian, assisté par le Père Haroutioun Tachejian, de la paroisse d'Arnouville, ont béni les lieux. Suivirent des prises de parole par Kevork Apkarian, Président de l'Association Sainte Croix de Varak, Michel Aumas, le Maire de la Ville, Edwart Nalbandian, Ambassadeur de la République d'Arménie en France, Alexis Govciyan, Président du CCAF, et la nièce de Hrant Dink. Ensuite, bénédiction des 8 salles de classes de l'école par les donateurs. La soirée se termina avec un cocktail dans la salle polyvalente.
L'école ouvrira ses portes en septembre prochain (2007) avec 3 classes de maternelle et 16 élèves.

[L'école porte le nom de Hrant Dink, fondateur et directeur de publication de l'hebdomadaire Agos, un journal édité en arménien et en turc, assassiné à Istanbul le 19 janvier 2007 par un jeune ultra-nationaliste turc.]

Mise à jour : 2011

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