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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Mémorial

Place Antonin Poncet (face Place Bellecour), au pied du clocher de la Charité - 69002 Lyon

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Inauguration le 24 avril 2006
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Le Mémorial --- Cliquer pour agrandir
Le Mémorial
Détail d'une des stèles --- Cliquer pour agrandir
Détail d'une des stèles


Article du quotidien "Le Figaro", 25 avril 2006

LYON, ville de Jean Moulin, capitale de la Résistance, se voulait exemplaire, hier, dans la reconnaissance du génocide arménien. Un dispositif de sécurité maximum avait été déployé aux abords du mémorial, place Antonin-Poncet, à quelques dizaines de mètres de la place Bellecour.
Plusieurs heures avant l'inauguration du monument commémorant le massacre de 1,5 million d'Arméniens par l'Etat turc entre 1915 et 1920, la préfecture avait sécurisé le site. Au total, 200 policiers en tenue, les officiers de la BAC, les RG et 25 policiers municipaux avaient été mobilisés. Le quartier était interdit aux véhicules dès le début de l'après-midi.

Une façon, peut-être, pour la préfecture de réparer l'erreur commise il y a un peu plus d'un mois. Le 18 mars, elle avait autorisé une manifestation de 3 000 représentants de la communauté turque, la plupart négationnistes, scandant «non au mémorial d'un prétendu génocide» ou encore «il n'y a jamais eu de génocide arménien». «Ce n'est pas une erreur, se justifie le préfet, Jean-Pierre Lacroix. Je n'avais pas d'élément pour l'interdire.»

La colère de Jules Mardirossian, le président de l'association pour le Mémorial lyonnais du génocide arménien (MLGA), dont les grands-parents ont été massacrés en 1915, n'est pas retombée. «C'était une véritable ingérence de l'Etat turc dans les affaires intérieures de la France», s'indigne-t-il.

La tension s'est encore accrue ces derniers jours avec la profanation du mémorial, retrouvé le 17 avril au matin sali par des graffitis niant le génocide. Depuis, les 36 «feuilles» de béton qui le composent ont été nettoyées. Le monument sera prochainement placé sous vidéosurveillance.

«Ni haine ni vengeance»

Choqué lui aussi par les cris négationnistes proférés au pied de sa mairie il y a un mois, le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, était de nouveau serein hier. Selon lui, si le mémorial n'avait pas été érigé en plein centre-ville, l'inauguration serait passée inaperçue. «Quand une cause vous semble juste, il faut s'y engager», a-t-il souligné dans son discours.

Comme tous les partisans de ce mémorial, le maire a été confronté à bien des difficultés politiques et techniques depuis cinq ans. D'un coût de 180 000 euros, financés pour les deux tiers par la communauté arménienne de la région (l'autre partie par la ville de Lyon), la construction a été retardée d'un an par une association de riverains et une conseillère municipale UMP qui contestaient son esthétique. Le maire a également reçu des milliers de lettres de protestation de Turcs venues de toute la France.

Ce 24 avril était donc un jour de soulagement et de recueillement pour les 45 000 Arméniens du Grand Lyon. Entre 2 000 et 4 000 personnes ont défilé en présence de l'ambassadeur d'Arménie en France. En tête du cortège, des jeunes filles scandaient : «Ni haine ni vengeance, justice pour le peuple arménien !» Mais d'autres, plus radicaux, se faisaient entendre au cri de : «L'Etat turc assassine, l'Etat turc nie ses crimes».

Le ministre des Transports et futur candidat UMP à la mairie de Lyon, Dominique Perben, représentait Jacques Chirac. Il n'a pas souhaité commenter la position d'Ankara, candidat à l'entrée dans l'Union européenne, qui ne reconnaît «que» 300 000 victimes...

Mise à jour : 2011

Image StreetView 

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