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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Diasporas - Bangladesh

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Eglise
Eglise arménienne de Dakha

Intérieur eglise
Intérieur de l'église de Dakha

Article de par Jean-Marc Bernard
France-Arménie numéro 203 - Septembre 2000

Histoire
Le Bangladesh est associé, dans l'opinion publique, aux images de pauvreté et de catastrophes naturelles (en particulier les inondations). Ce pays d'une superficie de 143 998 km2 pour une population estimée à 122,7 millions d'habitants, c'est-à-dire l'une des plus importantes densités dans le monde - 824 habitants au km2 - cumule toutes les caractéristiques d'un pays pauvre, dit "pays en voie de développement" :
- Espérance de vie à la naissance : 58,6 ans (pour comparaison, Arménie 70,7, France 78,2)
- Taux d'alphabétisation des adultes : 40,1 %(pour comparaison, Arménie 98,2 %, France 99 /a)
- Taux brut de scolarisation combiné du primaire au supérieur: 36 % (pour comparaison, Arménie 72 %, France 93 %)
- PIB (Produit Intérieur Brut)/habitant : US$ 1 361 (pour comparaison, Arménie 2 072, France 21 175)
- Indicateur du Développement Humain 146e position (pour comparaison, Arménie 93, France 12).

Cependant, le Bangladesh peut être également synonyme d'arménité. Alors que la présence arménienne dans le sous-continent indien (couvrant actuellement l'Inde, le Pakistan et le Bangladesh) remonterait à l'Antiquité, il est établi historiquement qu'au début du XVe siècle, des négociants arméniens s'implantèrent dans les principaux centres commerciaux de l'Inde, ceci bien avant l'arrivée des Européens (Français, Portugais et Anglais). Ces Arméniens furent les pionniers du commerce extérieur de l'Inde avec Venise, Amsterdam, l'Empire ottoman et la Russie.
Au XVIe siècle, l'empereur Akbar de descendance mongole (dont l'épouse était arménienne) ainsi que son successeur, encouragèrent la formation de colonies arméniennes afin d'assurer le développement du commerce. Des communautés sont alors présentes à Agra, Delhi, Surat, Bombai, Calcutta, Dhaka, Chinsurah, Saidabad et Madras. Au début du XVIIe siècle, la communauté arménienne devient un acteur dynamique dans le domaine commercial et social de Dhaka, un des principaux centres commerciaux du Bengale (correspondant actuellement au Bangladesh dont la capitale est Dhaka).
Les Arméniens sont également reconnus comme découvreurs de la fibre de jute, secteur dans lequel ils auront une position dominante dans tout le pays. Ils exerceront, par ailleurs, leurs talents dans le commerce de l'indigo, du sel et des peaux.

Affaiblissement progressif
La communauté arménienne s'affaiblit progressivement au XXe siècle lors des luttes d'indépendance du Pakistan se séparant de l'Inde en 1947 et du Bangladesh se détachant du Pakistan en 1972. La plupart des familles arméniennes ont émigré en Australie, aux Etats-Unis d'Amérique, en Angleterre, etc... Aujourd'hui l'on dénombre 9 familles arméniennes à Dhaka et 2 familles dans le Chittagong Hill Tracts. La plupart d'entre elles pratique la langue arménienne notamment en raison du placement des enfants dans des institutions scolaires arméniennes à l'étranger (par exemple, à Calcutta en Inde).

Cette communauté arménienne est unie autour de l'église apostolique arménienne du Bangladesh, dépendant d'Etchmiadzine et relevant de l'archevêché d'Australie. En raison du faible nombre de fidèles, l'église ne dispose pas de clergé sur place. Cependant, selon les besoins de la communauté, des visites de l'archevêque de Sydney ont lieu, la dernière datant de 1997. De plus, un laïc natif du Bangladesh, Michaël J. Martin (traduction anglaise du nom de famille Mardirossian) assure sur place la fonction de président du Conseil de l'Eglise depuis juillet 1986.
Michaël J. Martin s'occupe de la gestion et de l'entretien de l'unique église arménienne du Bangladesh, l'église de la Sainte Résurrection, située au numéro 4 de la rue des Arméniens, dans le quartier "Armanitola" c'est-à-dire "Lieu des Arméniens" (zone d'implantation traditionnelle des Arméniens), dans le vieux Dhaka. Cette très belle église, au style architectural propre au continent asiatique, fut bâtie en 1781 sur les fondements d'une petite chapelle et fut consacrée par l'évêque Ephreim (qui devint le 26 décembre 1809 catholicos de tous les Arméniens). En 1909, un presbytère fut ajouté. En 1910, en mémoire de son grand-père le révérend Harapiet Gregory Bashkhoomintz qui officiait à l'église de Dhaka entre 1828 et 1843, Aratoon Stephen, propriétaire du grand hôtel de Calcutta, finança la pose de marbre sur le sol de l'église et l'installation électrique d'éclairage et de ventilation. Ajoutons que l'église acquit en 1834 deux peintures, l'une représentant la Cène et l'autre la Crucifixion, d'un peintre européen, C. Pote. L'église est entourée d'un grand jardin et de tombes notamment d'un archevêque, de prêtres, d'un Arménien de Tiflis et d'un Irlandais, époux d'une arménienne.

Signalons que la plus ancienne école privée du Bangladesh, l'école Pogosc à Dhaka comprenant plus de 2 000 étudiants, fut créée par un marchand et grand propriétaire. terrien arménien, Nicholas Pogose (dont la tombe se trouve dans l'enceinte de l'église arménienne). L'église catholique "Our Lady of Rosary" de Dhaka comporte sept tombes d'Arméniens décédés entre 1714 et 1795. Très bel édifice, d'ailleurs répertorié et recommandé dans les cartes touristiques de Dhaka, l'église de la Sainte Résurrection est, avant tout, le symbole de la présence arménienne au Bangladesh. Fidèle aux traditions d'hospitalité, son responsable, Michaël J. Martin saura vous faire partager autour d'une tasse de thé, l'arménité du Bangladesh
(Michaël J. Martin Tél. 0088 017561497 Dhaka, Bangladesh)

Jean-Marc Bernard

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