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La communauté arménienne de Roumanie est la plus ancienne de la diaspora européenne. Une affirmation aussi "sensationnelle" se doit d'être confirmée par des données historiques. Avant de rentrer dans les détails relatives aux églises arméniennes, il faut vous dire deux mots aux sujet de la création de cette communauté.
Les plus anciens témoignages sur la présence des Arméniens en Roumanie que nous connaissons, sont une pierre tombale datée de 967, avec une inscription en arménien, et des monnaies de l'Arménie cilicenne su Xlle siècle, trouvée à Akkermann (aujourd'hui Belgorod-Dnestrovsk ou en roumain Cetatea Alba - Citadelle Blanche), ville de Bessarabie, région orientale de la Roumanie; et, dans la région de l'ouest, Transylvanie, les chroniqueurs du Xe siècle, Simon de Kezö et Thurecsi, mentionnent l'existence d'Arméniens, dotés de privilèges et titres nobiliaires. La présence des Arméniens en Roumanie a pour origine l'émigration en Bassarabie et Moldavie des commerçants, artisans et nobles arméniens après la chute de la capitale arménienne Ani, en 1064, et aussi les invasions turco-mongoles de 1342. Le célèbre historien roumain Nicolas Iorga nous apprend que les Arméniens ont peuplé la Moldavie avant même la fondation de la principauté et qu'ils ont contribué à la création du nouvel État, qu'ils ont parrainé. Du reste, le plus ancien document mentionnant la présence des Arméniens est le parchemin du prince moldave Alexandru Cel Bun (Alexandre le Bon), daté du 30 juillet 1401, lequel autorise les Arméniens à avoir leur Évêché, ce qu'atteste l'existence d'une ancienne et forte colonie arménienne, déjà dotée d'églises. Néanmoins, les principaux témoignages matériels caractéristiques du développement de la communauté arménienne de Roumanie sont ces foyers religieux, qui en tant que monuments historiques et architectoniques, constituent aujourd'hui une part importante du patrimoine roumain. La plus ancienne église de la communauté arménienne de Roumanie est l'église de la ville de Botosani (Botochan), en Moldavie, fondée en 1350, donc neuf ans avant la création de la principauté, par des émigrants arméniens fixés dans la ville. Après l'adjonction d'un narthex, en 1783,1'église a été rénovée en 1826 et une sacristie a été ajoutée. Une deuxième église, fondée dans la même rue, à proximité de la première, atteste de l'étendue et de la puissance de la colonie. Elle fut édifiée en 1560 sous le vocable de Sourp Oxen (Saint Oxen), puis a été reconstruite sous le nom de Sainte Trinité en 1795, puis élargie par une sacristie en 1832. Malheureusement, il y a deux ans, la coupole centrale s'est effondrée. Une autre église, presque aussi ancienne que l'assomption de Botosani, se trouve à Iasi (Yach), ancienne capitale de la Moldavie. Il s'agit de Sourp Astvadzadzine (Sainte Vierge), fondée en 1935 et qui est considérée comme le "certificat de naissance" de la ville, car les documents roumains attestant de l'existence de Iasi sont postérieurs. Reconstruite en 1803,1'église est à présent en assez mauvais état. On y trouve encore dans la cour des pierres tombales médiévales arméniennes, avec de précieuses inscriptions conservées. On trouvait une autre église arménienne à Iasi, fondée en 1616, incendiée en, 1828 et restée en ruines jusqu'en 1899, date à laquelle elle fut démolie. On suppose que les Arméniens possédaient encore une église, voire même la première, près de Sainte-Vierge, et qui fut cédée aux orthodoxes roumains, en échange d'une parcelle de terre' sur laquelle ils construisirent une nouvelle église. Cependant, la ville la plus intéressante de Moldavie, eu égard à la présence des églises arméniennes, est sans conteste Suceava (Soutchava), une autre ancienne capitale de b Principauté. Les Arméniens y ont eu sept églises et monastères (et d'après certaines autre sources, douze). Aujourd'hui, quatre sont conservés :
Dans les cimetières arméniens de ces trois villes, on trouve des chapelles construites dans un style architectonique spécifiquement arménien (nous verrons plus loin pourquoi je b mentionne), avec des monuments funéraires de valeur historique et artistique, dédiée aux personnalités arméniennes réputées, enterrées là-bas. L'Évêché arménien de Roumanie administre à présent, en Moldavie, les églises de cinq autres villes :
Dans le sud de la Roumanie, en Muntenia (ou Valakia), les Arméniens se sont établis plus tard qu'en Moldavie, au commencement du XIVe siècle, venant toujours de l'Arménie occidentale, à travers la Crimée. Les communautés organisées pendant le Moyen-âge se sont graduellement assimilées ou ont disparu, et les colonies de Bucarest ou de Constantza, les centres les plus importants de la communauté actuelle, ont été revigorés et ont augmentés pratiquement après 1915, grâce aux familles arméniennes rescapées du génocide et qui se sont réfugiées en Roumanie, un des premiers pays qui acceptait de recevoir les Arméniens exilés. Aujourd'hui, en Muntenia (Mountennya) et Dobrogea (Debrodja), la région limitrophe de l'est, sur les bords de la Mer Noire, fonctionnent à peine quatre églises arméniennes. La plus importante est la Cathédrale des Saints Archanges de Bucarest (Boukourecht - Bucarest), construite entre 1911 et 1915, sur l'emplacement d'une église bâtie en 1638.11 nous faut ajouter que les Arméniens de Bucarest, apostoliques et catholiques ont édifiés ensemble une église en 1581-1629, et lorsque celle ci est passée sous juridiction du Pape, les apostoliques se sont séparés et ont construit une nouvelle église, d'abord en bois, puis en briques, qui a fonctionné jusqu'en 1911, date à laquelle ils fondèrent;t l'actuelle cathédrale (sacrée le 6 septembre 1915). On suppose que les Arméniens de Bucarest ont eu quelques autres églises. Quoi qu'il en soit, exceptée les Saints Archanges, il ne reste plus qu'une église - la chapelle catholique - édifiée en 1933 et aujourd'hui appartenant à l'Église Romano-catholique. La colonie arménienne de Constanta (Constantza), au bord de la Mer Noire, la seconde après celle de Bucarest, n'a plus d'église à proprement parlé, car l'église de la Sainte Vierge, bâtie en bois en 1880, a brûlé en 1940 et depuis lors la salle de l'ancienne école arménienne est utilisée comme église. En 1990, un clocher fut cependant ajouté à l'édifice. L'église arménienne de la ville de Pitesti (Pitecht) a été fondée en 1693 et appelée Saint Garabed, reconstruite en 1852 et rénovée en 1882. L'église Saint Grégoire l'Illuminateur de Tuicea (Toultcha), ville située sur les rives du Danube, a été bâtie en 1882, sur l'emplacement d'une chapelle en bois datant de 1830, et rénovée en 1904. Les églises arméniennes des XVI-XVIIIe siècles de Babadag, Sulina, Tirgoviste n'existent plus. Les Arméniens de Transylvanie, province occidentale de Roumanie, sont catholiques. Ils sont les descendants d'Arméniens émigrés au XVlIle siècle de Moldavie, qui - se fixant dans de nombreuses villes et villages de Transylvanie - ont été graduellement "hongroisisés" et "catholicisés". Aujourd'hui, on conserve néanmoins des églises arméniennes dans quatre localités :
Serge Selian, Bucarest, Extrait de "Travaux du deuxième congrès mondial scientifique arménien", Unesco, Paris, 1993, AISA | ||
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Carte de Roumanie, avec indication des communautés arménienne
Photos 2 à 28 : Philippe Pilibossian, 1988-1989 Pour savoir plus : Hovhannès Kalpakian, "La Colonie arménienne de Roumanie" (en arménien), Jérusalem, Imprimerie du Couvent Saint-Jacques, 1979, 314 pages, 24 x17 cm |
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Bucarest, Cathédrale apostolique (carte postale),Strada Armeneasca N° 3, 70228 Bucarest, Tel. +(40)13 14 02 08, Fax +(40)13 12 10 83 |
Bucarest, Bâtiment de la Bibliothèque et le Musée arméniens, face à la Cathédrale, même adresse |
Bucarest, Monument Buste d’Antranig, Avenue de la République, près de la Cathédrale |
Bucarest, Chapelle du Cimetière arménien |
Stèles funéraires du Moyen-Age, recueillies de différents sites de Roumanie et rassemblées au Cimetière arménien de Bucarest |
Stèle funéraire du Moyen-Age |
Stèle funéraire du Moyen-Age |
Stèle funéraire du Moyen-Age |
Stèle funéraire du Moyen-Age |
Gherla : La grande église (apostolique arménienne) |
Gherla : La petite église (catholique arménienne) |
Gherla : Ancien évêché arménien catholique |
Gherla : Bâtiments construits par les Arméniens |
VALACHIE, Focsani, Eglise Sourp Asdvadzadzine (Mère de Dieu) 1780, aujourd'hui fermée. Il y une seconde église dans la ville Sourp Kévork (Saint Georges), en 1987 elle était en ruines |
VALACHIE, Église Sourp Mariam Asdvadzadzine (Mère de Dieu) du couvent arménien Tîrgu Ocna, 1825 |
VALACHIE, Retable de l’église Sourp Asdvadzadzine du monastère Tîrgu Ocna |
MOLDAVIE, Roman, Église Sourp Mariam Asdvadzadzine (Sainte Marie Mère de Dieu) 1609 |
MOLDAVIE, Sucaeva, Bâtiment de l’ancienne école arménienne, face à l’église Sourp Khatch (Sainte Croix), cette église est de 1521, pas de photo de l’extérieur |
MOLDAVIE, Sucaeva, Église Saint Siméon (connue sous le nom de "La Tour rouge", construite en 1513 et agrandie en 1606 |
MOLDAVIE, Sucaeva, Église Sourp Asdvadzadzine, miraculeuse, du monastère arménien Hatchgadar (1512), où tous les ans au jour de la Sainte Vierge en août il y un pèlerinage |
MOLDAVIE, Sucaeva, Monastère arménien Zamka (début XVe s.), au milieu l’église Saint Auxente, à droite la tour imposante est de 1606 |
MOLDAVIE, Sucaeva, Icône arménienne : Saint Grégoire l’Illuminateur bénit le Roi Tiridate II (église Saint Auxente) |
MOLDAVIE, Sucaeva, Chapelle Sourp Haroutioun du cimetière arménien 1902 (il est très intéressant de visiter ce cimetière) |
MOLDAVIE, Botosani, Baptistère de l’église Sourp Asdvadzadzine (Mère de Dieu) 1350 |
MOLDAVIE, Botosani, Groupe d’Arménien avec leur drapeau arménien, devant leur église Sourp Asdvadzadzine |
MOLDAVIE, Iasi, Église Sourp Asdvadzadzine, 1395 Site de cette église |
MOLDAVIE, Iasi, Salle des fêtes |