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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

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  • Site de la communauté arménienne de Suisse : www.armenian.ch

  • journal de la communauté arménienne de Suisse et de Genève en particulier :
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    publié par l'Association des Dames Arméniennes - Genève
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    Responsable de la publicaton : Maral Simsar-Tonbazian
    Téléphone : +41 22 700 65 85
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  • Université de Genève - Faculté des lettres - Langue et littérature arméniennes
    Site des Etudes arméniennes : www.unige.ch/lettres/meslo/armenien/index.html
    Responsable : Valentina Calzolari
    Téléphone : +41 22 379 72 10
    Courriel :

  • Article sur la création d'une chaire d'études arméniennes à Genève, décembre 2007

  • Article sur la communauté arménienne en Suisse, novembre 1980

Première chaire d’arménien en Suisse, dirigée par Valentina Calzolari
Article d’Elisabeth Baudourian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 136, Décembre 2007

Valentina Calzolari --- Cliquer pour agrandir Sa capacité de travail et sa ténacité ont permis à Valentina Calzolari de transformer des cours quasi confidentiels d’arménien en chaire d’études au sein de l’Université de Genève. Peu de spécialistes de son âge occupent autant de responsabilités scientifiques.

Reconnue par ses pairs
Parallèlement à ses activités pédagogiques à l'Université de Genève, Valentina Calzolari continue ses recherches sur la littérature arménienne ancienne et moderne.
Elle est l'auteur de nombreux articles et ouvrages ainsi que l'organisatrice de deux colloques internationaux. Responsable du Centre de recherches arménologiques et de la Bibliothèque d'arménien de l'Université de Genève, elle est la commissaire de l'exposition « Illuminations d'Arménie ».
Bien qu'il s'agisse d'une jeune femme, les spécialistes ne s'y sont pas trompés. En octobre 2005, elle a été élue présidente de L'Association Internationale des Etudes Arméniennes (AIEA). Lors de la dernière réunion du mois de septembre 2007, le Présidium de l'Académie nationale des Sciences d'Arménie a décidé d'octroyer à Valentina Calzolari un doctorat honoris causa.



Nouvelles d'Arménie Magazine : Comment une Italienne s'est-elle intéressée à l'arménien classique ?
Valentine Calzolari : J'ai une formation de base en lettres classiques. Au début de mes études universitaires, je croyais que le grec ancien était la passion de ma vie. En même temps, j'éprouvais un vif intérêt pour les autres langues indo-européennes. Avant de découvrir l'arménien, j'avais fait des études de sanscrit, la langue des textes sacrés anciens de l'Inde. Mais après avoir appris qu'il existait des textes grecs traduits en arménien ancien, j'ai été attirée par l'idée de pouvoir comparer ces textes et leurs traductions et j'ai commencé à suivre les cours d'arménien dispensés à l'Université de Bologne par la professeure Gabriella Uluhogian. Son enthousiasme a été contagieux. C'est la comparaison du grec et de l'arménien ancien qui m'a d'abord fascinée : c'était un moyen indirect peu pratiqué de comparer deux civilisations. Cela a été le début d'une vocation qui s'est renforcée en moi lorsque j'ai choisi d'apprendre également l'arménien moderne et que j'ai suivi, durant plusieurs années, les cours intensifs organisés durant l'été par le professeur Levon Zekiyan à l'Université de Venise.
L'atmosphère de ces cours est formidable. Beaucoup d'Arméniens y participent. C'est là que j'ai commencé à parler l'arménien de la diaspora et que j'ai découvert sa littérature. Je me souviens comment, après ces cours, je retournais à la maison et passais des heures et des heures à lire et à traduire, juste pour moi, les pages de Sarafian ou de Chahnour. Aujourd'hui je suis heureuse d'enseigner ce que j'ai appris à aimer. Un aspect qui me fascine est la force de la créativité de la culture arménienne depuis l'époque ancienne, ce qui lui a permis de garder une continuité en dépit d'une histoire tourmentée. Cela est aussi dû à sa capacité d'assimiler d'une façon originale les emprunts faits aux civilisations voisines.
NAM : Vous enseignez l'arménien depuis 1993 à l'Université de Genève. Expliquez-nous l'évolution de cet enseignement qui s'est concrétisé cette année par la création d'une chaire à part entière ?
V. C. : En créant la première chaire d'arménien de Suisse, l'Université de Genève a fait oeuvre de pionnière. Cela est le résultat du développement progressif de l'Unité d'arménien rendu possible par l'activité conjointe de mon collègue, Bernard Outtier, à la retraite depuis 2006, et de moi-même. Quand nous avons commencé notre activité d'enseignement en octobre 1993, l'arménien avait déjà une longue tradition depuis 1974, sous la direction compétente de Martiros Minassian, mais pas de statut officiel. Cela lui donnait un caractère pour ainsi dire « confidentiel ».
Je n'oublierai jamais les paroles de la conseillère aux études à laquelle, au début de mon engagement en 1993, j'avais fait remarquer que l'arménien avait été « oublié » de la liste des disciplines officielles de la Faculté des lettres. Elle m'avait répondu que l'arménien « existait sans exister» (!). Depuis ce jour-là, mon but, secondé par B. Outtier, a été de faire « exister l'arménien », d'en faire une branche au même titre que les autres branches de la Faculté. Les étapes ont été graduelles : le premier plan d'étude officiel remonte à 1994; l'arménien y figurait en tant que branche secondaire. Plus récemment, l'arménien est devenu une branche de licence [maîtrise] et actuellement il offre un cursus complet de Bachelor et de Master (dans la double filière ancienne et moderne), tout en offrant la possibilité de s'engager dans une activité de thèse. Les premières thèses sont en cours. Je suis heureuse qu'aujourd'hui il existe ainsi en Suisse une chaire d'arménien qui puisse offrir aux étudiants un cursus complet, du Bachelor jusqu'au doctorat. En France, ce n'est le cas qu'à l'INALCO.
NAM : Quel est le profil des étudiants ?
V. C. : Le panorama des étudiants qui fréquentent les cours d'arménien de cette année est assez diversifié. Le nouveau système des études genevoises (formation de Bachelor et de Master), entré en vigueur l'année passée, laisse aux étudiants la possibilité de suivre les études arméniennes comme cursus principal (dans ce cas, ils suivent une double formation ancienne et moderne), ou comme branche complémentaire. Le public de ce semestre compte au total une douzaine d'étudiants (arméniens et non arméniens), auxquels s'ajoutent, comme chaque armée, différents auditeurs. Certes, ce sont de petits effectifs, mais l'Université de Genève tient à l'arménien et elle vient de le prouver en renforçant le poste.
NAM : Quelles sont les perspectives pour ces jeunes diplômés ?
V. C. : Certains étudiants ont trouvé des places dans le monde de la culture et défendent la littérature et les arts arméniens. C'est le cas de l'un des premiers étudiants de notre section, Stefan Kristensen, qui s'est lancé dans l'édition de la littérature arménienne. Je suis heureuse aussi d'avoir contribué à créer le poste d'assistant de la chaire d'arménien. C'est un débouché provisoire, puisque le mandat est limité dans le temps, mais c'est un poste intéressant dont la première titulaire est Loucine Dessingy.
NAM : Pouvez-vous nous présenter l'Association Internationale des Etudes Arméniennes dont vous êtes la présidente depuis bientôt un an ?
V. C. : J'ai succédé à Jos Weitenberg - professeur à l'Université de Leiden et linguiste de réputation internationale-et à son prédécesseur, Michael Stone - professeur à la Hebrew University de Jérusalem et éminent spécialiste des traditions bibliques -, qui ont été, avec le professeur Chris Burchard de l'Université de Heidelberg, parmi les piliers de l'Association depuis sa fondation, en 1980. L'AIEA est une société savante qui compte aujourd'hui plus de 240 membres de par le monde. Elle a pour but de coordonner les activités dans le domaine des études arméniennes essentiellement en Europe. Nous comptons cependant de nombreux membres aux Etats-Unis, au Moyen-Orient et en Arménie. Tous les trois ans, nous organisons, dans des Universités différentes, une conférence générale. C'est l'occasion, pour les membres de l'Association, de faire part de leurs dernières recherches en cours dans les différents domaines des études arméniennes, anciennes et modernes. Périodiquement, des colloques sur des thèmes spécifiques sont également organisés. Actuellement, nous avons plusieurs sujets de discussion, au sein du Comité, qui portent sur des thèmes d'actualité qui vont de la question de la numérisation des documents arméniens, un sujet d'importance capitale en termes de préservation du patrimoine et de la mémoire, à la question de la coordination, au niveau européen, des études de Master.
NAM : Etes-vous en mesure de nous confirmer que la prochaine conférence générale se tiendra à Paris ?
V. C. : Effectivement, la prochaine conférence générale aura lieu à Paris du 11 au 13 septembre. C'est la professeure Anaïd Donabédian qui a accepté, sur invitation du comité de l'AIEA de l'organiser. En choisissant Paris comme ville hôte de ce congrès, nous souhaitions aussi rendre hommage à la longue tradition des études arméniennes en France. Ce sera un rendez-vous important.
NAM : Votre physique ainsi que votre parfaite connaissance de l'arménien moderne ont dû certainement provoquer des quiproquos ?
V. C. : En effet. Je me souviens d'une rencontre avec Arsiné Khandjian, qui était venue jouer à Lausanne en 1998. Chez moi, pendant des heures, nous avons longuement parlé de "choses arméniennes". A la fin, elle me demande d'où venaient mes parents. «De la région de Ferrara », je lui réponds. « Oui, mais d'où venaient-ils en Turquie ?» me demande-t-elle encore. Comme beaucoup d'autres, elle m'avait pris pour une Arménienne. On aurait dû recommencer toutes nos discussions car le point de vue était bien sûr différent. Très souvent, les Arméniens sont étonnés que l'on puisse s'intéresser autant à l'arménien si on ne l'est pas. Mais je ne suis pas une exception, beaucoup de professeurs d'arménien à travers le monde ne sont pas Arméniens
NAM : Une anecdote parmi toutes celles qui ont certainement jalonné vos nombreux séjours en Arménie.
V. C. : Oh, oui, plein! Difficile de trier! Un souvenir d'étudiante d'abord. Je suis allée en Arménie pour la première fois en 1992. J'avais 28 ans et j'étais boursière de l'Université d'État d'Erevan. J'habitais dans le foyer des étudiants à côté du Matenadaran. C'était un hiver extrêmement froid, le début de la grande crise due au blocus imposé à l'Arménie. Les magasins étaient vides. Je vois encore les habitants d'Erevan faire la queue pour le pain devant une boulangerie de l'avenue Machtots. Je m'étais jointe à la foule pour attendre avec elle. J'ai commencé à parler avec les gens et très vite je me suis retrouvée entourée de mamans qui ont demandé à leurs enfants de réciter une poésie pour cette « odar » [étrangère] qui travaillait sur les manuscrits du Matenadaran. Plusieurs autres personnes s'intéressaient à mon séjour à Erevan, jusqu'au moment où, après deux heures de queue, la camionnette qui apportait le pain est arrivée. Un monsieur à l'air très sévère, qui m'avait écoutée jusqu'à ce moment-là sans rien dire, me prend alors sous le bras pour me conduire devant la queue. « Artasahmanits ekel e» [elle est venue de l'étranger], dit-il, et tout le monde m'a laissé passer ! J'ai été obligée de me servir la première. C'était une merveilleuse leçon.
Elisabeth Baudourian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 136, Décembre 2007

Les Arméniens et la Suisse ou l'histoire d'une longue amitié
Article paru dans Objectif, Tribune de Genève du jeudi 27 novembre 1980, p.12

Tout a commencé par une pétition
Une profonde amitié lie les Suisses et les Arméniens. L'histoire de l'amitié helvético-arménienne commence en 1896 par une pétition que signent 433 080 Suisses. Un nombre considérable car, à l'époque, la Confédération ne comptait qu'environ 3 millions 300.000 habitants.

Cette pétition interpellait ainsi le Conseil fédéral : " Le peuple suisse est consterné de voir l'Europe assister inactive au meurtre et à l'outrage de milliers et de milliers d'êtres humains, alors qu'en d'autres temps les grandes puissances se sont constituées les protectrices des chrétiens d'Orient, se sont engagées par des traités solennels, à leur procurer un gouvernement équitable. (...) Vous êtes le gouvernement du pays et nous vous prions d'agir. Nous vous prions de demander, au nom du peuple suisse, aux gouvernements des grands Etats de l'Europe qu'ils s'entendent enfin pour faire cesser les massacres d'Orient. "

Donc, à l'époque déjà, maintes voix s'élevaient dans notre pays pour flétrir l'indifférence de l'Occident devant les massacres perpétrés en Arménie. Cette indifférence ne s'est hélas jamais démentie. Mais elle n'était pas le fait des Suisses.

Les orphelins d'Arménie
Pour quelle raison, les Confédérés se sont-ils intéressés à cette nation lointaine ?
"Depuis le milieu du siècle dernier, les riches Arméniens envoyaient souvent leurs enfants s'instruire en Suisse, dont les instituts étaient déjà fort réputés. Des échanges se sont donc tissés entre jeunes gens des deux communautés et ils expliquent l'émotion qui a saisi une grande partie de l'opinion suisse, lors des nombreux massacres perpétrés en Arménie ", souligne un membre fort connu par la communauté arménienne de Genève.

Les " Arménophiles " ne restent pas inactifs : le 15 septembre 1896, ils fondent la " Conférence des Comités suisses de secours aux Arméniens ", dont le siège central se trouve à Neuchâtel. En dix-huit mois, plus de 700.000 francs, de l'époque, sont récoltés en Suisse et répartis en Turquie par les missions américaines. Les efforts financiers prodigués par les Helvètes sont plus particulièrement concentrés sur les orphelinats. Ainsi, 500 orphelins sont réunis à Sivas et éduqués par des missionnaires suisses. Pendant une vingtaine d'années, jusqu'en 1914, les comités d'aide issus de notre pays ont élevé quelque 2000 petits Arméniens, sur territoire turc.

La "Saint Barthélemy" des Arméniens
Le 24 avril 1915, les autorités ottomanes arrêtent plus de 600 intellectuels et notables arméniens qui formaient une partie importante de l'élite, les déplacent en Anatolie et les tuent. Cette " Saint Barthélemy " préludera à un long massacre qui causera la mort d'un million et demi d'hommes, femmes et enfants.

Dans les années 1920, I'Arménie est dépecée par le nouveau régime turc de Kemal Ataturk et l'URSS. Celle-ci absorbe une petite partie de l'ancienne nation, qui deviendra la République soviétique d'Arménie.

Actuellement, l'église sise à Troinex est l'un des principaux lieux de rencontre de la communauté arménienne de Genève. En face de l'église, se dresse le mémorial destiné à conserver le souvenir des martyrs arméniens.

Eglise arménienne Saint-Jacques

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Eglise

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Eglise arménienne Saint-Jacques

Suisse - Centre culturel à Troineix --- Cliquer pour agrandir
Centre culturel à Troineix
Suisse - Suisse - Troineix --- Cliquer pour agrandir
Plan de Troineix

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