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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Arménie - Religion
Histoire de l'Eglise d'Arménie

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Eglise chrétienne
L'Eglise d'Arménie est une des branches de l'Eglise chrétienne. Elle a été fondée et s'est formée en Arménie.
L'Arménie est un pays montagneux entre le 37-19' de longitude est et le 37 1/2- 11' 34" de longitude nord. Ce sont ses limites historiques qui furent élargies ou resserrées selon la bravoure et la puissance de ses dominateurs.

L'Arménie historique HAYK, était divisée en deux parties principales : la grande Arménie à l'Est et la petite Arménie à l'Ouest. Le Taurus, la Mésopotamie, le Caucase, la Mer Caspienne, la Géorgie formaient ses limites.
Les montagnes et les plateaux sont les caractéristiques de l'Arménie. La plus grande montagne est l'Ararat, mentionné dans la Bible (Quatrième livre des Rois XIX-37, Isaïe XXXVII-38, Jérémie LI27.) Le plus grand fleuve de l'Arménie est l'Araxe ( eraskh) qui, avant de se jeter dans la mer Caspienne, s'unit au fleuve Kour (Cyrus), qui sépare l'Arménie de la Géorgie; l'Euphrate et le Tigre prennent leurs sources en Arménie, traversent la Mésopotamie et se jette dans le Golfe Persique.
La Grande Arménie a toujours été exposée à l'influence de la civilisation iranienne et la Petite Arménie à celle de Byzance; de sorte que l'Arménie fut empêchée, à cause de sa situation géographique qui la plaçait entre les grands empires de l'est et de l'ouest, de développer une civilisation tout à fait indépendante. Elle a eu plusieurs dynasties nationales et à un moment donné, montée au fait de sa gloire, elle a pu dicter, sous le règne de Tigran le Grand, le sort de l'Asie antérieure.
Le christianisme pénétra en Arménie lorsqu'elle jouissait d'une indépendance relative, sous le règne de ses rois nationaux de la race Arsacide.
Les études phrénologiques et surtout linguistiques ont prouvé que les Arméniens appartiennent à la race indo-européenne. L'Arménien occupe une place à part parmi les langues indo-européennes. D'après l'avis généralement adopté, les Arméniens sont une colonie phrygienne qui est venue s'installer en Arménie.

Les Arméniens appellent leur peuple HAY et leur pays HAYK, d'où une légende nationale conservée chez Moïse de Khoréne, a formé l'éponyme Hayk.
La religion pré-chrétienne de l'Arménie était le paganisme. L'Arménie avait sept principaux sanctuaires païens, dont les plus célèbres étaient à Erez ( actuellement Erzingan ou Erzindjan) dans le canton d'Akilisséne, sur les bords de l'Euphrate et en Taron, la région de Moush.
Les divinités Aramazd, Anahit, Astghik, Vahagn étaient fameuses par leurs temples somptueux, et leur culte étaient très populaires dans tout le pays.

L'Aurore du Christianisme en Arménie
Les Arméniens ont de belles traditions expliquant la propagation du christianisme parmi eux.

  1. Parmi les païens qui voulurent se présenter à jésus par l'intermédiaire de Philippe, il y en avaient qui étaient des Arméniens. (5 Jean XII- 20-23). Ces versets de jean se trouvent en rapport avec la légende d'Abgar. Les rois d'Osroéne ayant possédé une partie de l'Arménie du Sud, les Arméniens les considèrent comme ayant été également leurs rois et prétendent par ce fait, avoir connu le Christ, même avant la dispersion des apôtres.
  2. Le fameux père de l'Eglise latine Tertullien, dans ses commentaires sur le passage bien connu des Actes des Apôtres ( X -811) , croit pouvoir insérer parmi les noms des premiers prosélytes celui des Arméniens.
    Cette conjecture nous semble très vraisemblable : car en Arménie, comme dans tous les pays du Proche Orient, il y eut de tous les pays du Proche Orient, il y eut de tout temps des colonies juives qui furent dissoutes parmi les natifs du pays.
    De toute façon, les légendes pré-évangéliques et les traditions pré-apostoliques prouvent que l'Arménie, grâce à sa position géographique et politique, était bien au courant des grands événements qui se passaient dans les pays voisins.
    Si l'Asie Mineure et la Mésopotamie avaient envoyé des pèlerins juifs ou des Arméniens curieux n'auraient -ils pu partir pour la ville de David afin d'assister à la fête universellement connue ?
  3. La prédication apostolique
    Presque toutes les églises chrétiennes prétendent, par tradition, être fondées par un ou plusieurs apôtres. L'Eglise Arménienne a également ses traditions, qui font remonter ses origines aux apôtres Thaddée et Barthélemy.
    L'apôtre Thaddée a été identifié avec l'un des personnages de la légende d'Abgar, notamment Addeus. La critique contemporaine a discuté la véracité de cette légende.
    La philologie a sans doute ses droits. Mais sa critique, à vrai dire, touche moins la valeur de la tradition que la forme littéraire dont elle est revêtue. Un document tel que la légende d'Abgar, peut être dénué de précisions chronologiques ou historiques, ou composé à l'imitation des légendes du même genre, avec emprunt des formes et des procédés littéraires : tout cela n'est pas de nature à nous faire renoncer au noyau de la légende qui est véridique. Aussi H. Gelzer, une autorité incontestable en la matière, a raison de déclarer que les traditions relatives à Thaddée sont de toute évidence, beaucoup plus anciennes que la légende.
    La prédication de Thaddée est attestée par l'historien Fauste de Byzance, qui a écrit l'histoire de l'Arménie du IVe siècle.
    La légende de Barthélemy en Arménie est aussi vieille et aussi populaire que celle de Thaddée. Selon une tradition, le couvent d'Artaz est fondé sur le tombeau de Thaddée : il s'appelle "le Siège de Thaddée" tandis qu'on attache au nom de Barthélemy la fondation du couvent de "Hogiatz". Nous ne parlerons pas des autres apôtres qui ont été en Arménie et qui sont mentionnés par les écrivains arméniens du Moyen Age.
  4. Des témoignages latins nous apprennent l'existence des martyrs appelés " "Martyrs d'Ararat". Alishan, " ARSHALOUYS" pp. 70-71)
  5. Eusèbe fait mention de Méhroujan, évêque des Arméniens vers 260, auquel Saint Denis d'Alexandrie a adressé une lettre sur la pénitence.
Toutes ces données légendaires et historiques prouvent que l'évangile du Christ a été prêché en Arménie dés le temps des apôtres, alors que Notre Seigneur les instruisait : "Allez donc enseignez toutes les nations au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, leur apprenant tout ce que j'ai commandé."

La Reconnaissance Officielle du Christianisme en Arménie
L'histoire nous apprend que le christianisme fut sévèrement persécuté dans son berceau, la Palestine, aussi bien que dans tout l'empire romain.
Les premières victimes furent Jésus Christ lui-même, saint Etienne et beaucoup d'autres, comme l'attestent les Actes des Apôtres.
L'Arménie connut aussi les persécutions et eut ses martyrs. La princesse Sandoukht, la fille du roi Sanatrouk, conquit la première la couronne des martyrs, avec l'apôtre Thaddée qui l'avait convertie. Dés cette époque, jusqu'au IIIe siècle, en Arménie comme partout, le christianisme continue son existence clandestine, toujours exposé à la persécution.
Quand Constantin le Grand reconnut officiellement la nouvelle foi et proclama la liberté de conscience, la lumière de l'évangile rayonna partout. La religion, sortie des coins obscurs et des catacombes resplendit de tout son éclat, et le soleil brillant de la foi chrétienne suivit à l'aurore.

A cette époque, Tiridate II, de la race Arsacide, régnait en Arménie. Il avait reçu une éducation païenne et romaine, mais plus tard il abandonna la foi de ses ancêtres pour embrasser celle de jésus Christ.
A lui revient l'honneur d'avoir été le premier roi chrétien. Saint Grégoire l'Illuminateur qui était également de la race arsacide, après avoir converti le roi Tiridate, mit à profit la faveur de son disciple royal pour continuer sa mission apostolique. L'organisation de l'Eglise Arménienne est l'oeuvre de saint Grégoire l'Illuminateur.
Par sa conversion, l'Arménie entra dans une nouvelle phase de civilisation. L'Eglise Arménienne a le grand mérite d'avoir gardé l'intégrité nationale, lorsqu'après la perte de son indépendance politique, l'Arménie fut partagée entre les grands empires qui l'entouraient.

C'est l'Eglise qui procura au peuple arménien l'alphabet et ses armes civilisatrices les plus efficaces, qui permirent de cultiver la langue et de créer une littérature originale.
Saint Sahak le grand catholicos, Saint Mesrob, l'éminent docteur, et Vramchapouh, le roi d'Arménie, voilà une triade admirable dont l'unanimité et la prévoyance dotèrent les arméniens de cet instrument impérissable, la culture, que représentent les lettres.
De quelle façon et sous quelles formes avait été pratiqué le culte chrétien en Arménie depuis les apôtres Thaddée et Barthélemy jusqu'à saint Grégoire l'Illuminateur? On n'en sait rien. Peut être qu'on enseignait des prières par coeur, ainsi que des psaumes. Mais de saint Grégoire l'Illuminateur jusqu'à l'invention de l'alphabet arménien, on employait, au dire des historiens, le grec et le syriaque.

Après l'invention de l'alphabet, les principales oeuvres des Pères Syriens et Grecs furent traduites en Arménien. La Bible est le chef d'oeuvre de ces traductions. En peu de temps une riche littérature fleurit.
La langue de cette littérature est l'arménien classique, dite grabar, c'est-à-dire "langue écrite" pour la distinguer de l'arménien usuel vulgaire ou "ashkhrarabar," la langue du peuple. L'ancien arménien a été la langue littéraire jusqu'au XIXe siècle; actuellement il n'est plus employé que dans les services et la correspondance du Patriarcat Arménien. Au XIXe siècle, de la langue usuelle qui possède plusieurs dialectes et une multitude de parlers, on a tiré une nouvelle langue littéraire qui, basée sur l'ancienne, est arrivée présentement à la perfection d'un instrument de la pensée moderne. Malheureusement, les conditions politiques dans lesquelles se trouve l'Arménie, partagée entre deux empires, ont produit une fâcheuse bifurcation dans l'Arménien moderne littéraire, et lui ont fait suivre deux chemins de développement, l'un à Constantinople, l'autre au Caucase. De la sorte nous possédons deux langues littéraires.
La langue de nos livres scolaires, de nos journaux et revues, des relations de la vie courante est l'arménien moderne.
L'alphabet arménien a trente-six lettres. Toutes les lettres écrites sont prononcées.


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