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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Gorune APRIKIAN

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Livre numéro 2119
Gorune APRIKIAN --- Cliquer pour agrandir Varto
Titre : Varto / auteur(s) : Gorune APRIKIAN - 1915, deux enfants dans la tourmente du génocide des Arméniens
Editeur : steinkis
Année : 2015
Imprimeur/Fabricant :
Description : 20 x 28 cm, 128 pages en NB, et supplément de 16 pages sur le génocide arménien
Collection : Roman graphique
Notes : Roman graphique par Gorune Aprikian, Jean-Blaise Djian et Stéphane Torossian, dirigé par Laurent Mélikian
Autres auteurs :
Sujets : Roman -- Génocide arménien
ISBN : 9791090090583
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 20,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Pourquoi on est là ? Chez ces gens ?
Je ne sais pas. Papa a dit de ne pas s inquiéter...
Évitons de parler en arménien ici, Varto.

Avril 1915. La Première Guerre mondiale fait rage.
Un adolescent turc, Hassan, se voit confier par son père une périlleuse mission : accompagner en lieu sûr deux enfants arméniens, Maryam et Varto.


Article d’Hélène Terzian, France-Arménie, numéro 419, mai 2015

Connaitre l'histoire sans la raconter." A l'aide du coscénariste Jean-Blaise Djian et du dessinateur Stéphane Torossian, Gorune Aprikian s'est posé le défi de faire comprendre le Génocide arménien par tous, "sans pour autant faire un livre d'Histoire". Car l'objectif principal de la bande dessinée Varto est d'émouvoir. Plus précisément, il a cherché à "faire ressentir le fait que les Arméniens sont aujourd'hui encore animés par la tragédie du siècle dernier. "
En avril 1915, Hassan se voit confier par son père deux enfants arméniens, Varto et Maryam. Le jeune homme turc doit ramener ce frère et sa grande sœur en lieu sûr, auprès de leur oncle. Mais dans une Anatolie où les déportations de chrétiens ont déjà commencé, le voyage est périlleux et le danger grandissant. Au fil de leurs rencontres, les enfants réalisent que leur avenir est menacé.
Si Gorune Aprikian choisit de raconter le Génocide à travers le prisme des enfants, ce n'est pas un hasard. "Les enfants sont dans l'ignorance", précise-t-il. Une façon, pour les lecteurs profanes, d'utiliser leurs yeux pour comprendre à leur tour la souffrance vécue par les Arméniens. Surtout, ne pas tout dire, tout montrer, tout décrire. Il veut "faire partager une émotion." Celle de l'intimité familiale. C'est ainsi délibérément qu'il choisit la fiction.

Résonances actuelles
Au-delà de la tourmente de 1915, le roman graphique raconte "les images vivantes du Génocide", confie l'auteur. Sur leur route, Maryam et Varto sont séparés. Un siècle plus tard, leurs descendants se retrouvent après la séparation géographique des générations précédentes. "L'Histoire moderne est la conclusion de l'Histoire passée", indique l'auteur. Et le roman graphique a aussi vocation à "reconstruire ce qui a été détruit". La naissance de ce projet est le fruit d'un malheureux hasard. Il y a plus de dix ans, Gorune Aprikian discute avec un député turc nationaliste qui lui confie que sa grand-mère" n'a pas d'origine." Il comprend que son aïeule est en fait arménienne. Gorune "n'a pas pu en dormir de la nuit", estimant alors que "pour les Arméniens, cette femme était morte en 1915 et pour les Turcs, elle était née à l'âge de 16 ans en 1915 ". Abasourdi, l'auteur découvre à cette époque un phénomène encore tabou.
Pendant les déportations, des centaines de milliers de jeunes femmes arméniennes sont enlevées et adoptées par des familles turques. Elles doivent alors se murer dans le silence.
Il faudra attendre Le Livre de ma grand-mère de l'avocate turque Féthiyé Cetin pour que les langues commencent à se délier en Turquie à ce sujet.
En soulevant cette question, "qui est véritablement le sujet du Centenaire", et en ancrant son histoire dans le présent, Gorune Aprikian se tourne résolument vers l'avenir. Et veut délivrer un message positif : celui de la réconciliation. "J'aimerais que cette bande dessinée soit éditée en Turquie pour qu'un lecteur turc, lui aussi, soit ému. Pour qu'il comprenne qu'on est pareil", insiste le scénariste. Mais avant tout, "si l'histoire plaît", il souhaiterait faire de Varto un film, comme c'était initialement prévu. Une adaptation cinématographique qui serait elle aussi, résolument intime.

Hélène Terzian, France-Arménie, numéro 419, mai 2015


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