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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Jean-Marie CARZOU
( n. 1938 )

L'auteur

Jean-Marie CARZOU --- Cliquer pour agrandir
Jean-Marie Carzou, ancien élève de l'École Normale Supérieure, est un professionnel de l'information. Ancien conseiller pour les programmes de l'ORTF, producteur et réalisateur d'émissions pour la télévision.

Fils du Peintre Jean Carzou - Karnig Zouloumian -, né à Alep (Syrie) le 1er janvier 1907 et décédé à Périgeux (France) le 12 août 2000.

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Livre numéro 1310
Jean-Marie CARZOU --- Cliquer pour agrandir Le Vanetsi, une enfance arménienne
Titre : Le Vanetsi, une enfance arménienne / auteur(s) : Victor GARDON -
Editeur : Stock
Année : 2008
Imprimeur/Fabricant : Aubin imprimeur, Ligugé, Poitiers (86)
Description : 1032 pages, 24 x 15 cm, 6 cartes, couv ill.
Collection :
Notes : Réunit : "Le vert soleil de la vie" ; "Le chevalier à l'émeraude" ; "L'apocalypse écarlate". Préface de Jean-Marie Carzou, et avec un avant-propos de Christine Gardon, petite-fille de l'auteur, Repères chronologiques pp 20-23
Autres auteurs : Jean-Marie CARZOU [préfacier] -
Sujets : Gardon, Victor (1903-1973 ) -- Biographies -- Roman historique - Arménie -- Massacres, Arméniens de Van
ISBN : 9782234061262
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 29,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

La trilogie de Victor Gardon : Le vert soleil de la vie, Le chevalier à l’émeraude et L’apocalypse écarlate qui a été publiée entre 1959 et 1970 est rééditée en un seul volume. Cette nouvelle édition, préfacée par Jean-Marie Carzou, et avec un avant-propos de la petite-fille de Gardon, réintègre des passages censurés à l’époque. Ces romans étaient en effet les premiers à évoquer, par le biais de l’histoire d’une famille arménienne de l’Empire ottoman, le sujet encore tabou du génocide perpétré en 1915 par le gouvernement Jeune-Turc. C’est une trilogie passionnante pour se plonger dans la vie d’un enfant du XXe siècle : ce jeune Arménien, ce Vanetsi (originaire de Van, Turquie) a traversé son temps, tour à tour victime de l’oppression turque et acteur de la résistance contre les Nazis.
Plus qu’un simple témoignage, cette biographie romancée, saluée en son temps par le Général de Gaulle, Raymond Aron et André Malraux, incite avant tout à la réflexion et se veut un appel à la conscience des hommes : « ceux qui ont vécu un génocide ne peuvent envisager d’être heureux » (Raymond Aron).


Le Vanetsi, une enfance arménienne comble un vide. Jusqu'à maintenant, la littérature consacrée à la "Catastrophe" du génocide de 1915 ne comptait, parmi ses chefs-d'oeuvre, que Les 40 Jours du Musa Dagh de Franz Werfel ou Le Conte de la pensée dernière d'Edgar Hilsenrath. Désormais, elle s'enrichit de cette trilogie signée Victor Gardon (1903-1973), de son vrai nom Vahram Gakavian, écrivain exilé proche des communistes, ancien prisonnier de guerre des nazis devenu résistant après son évasion, et dont l'oeuvre avait été publiée pour la première fois en 1959 à Paris.

Dans ce récit autobiographique réédité en un volume, Victor Gardon détaille, entre mémoire et imaginaire, toute l'histoire de sa famille installée à Van, ville montagneuse située au sud est de la Turquie actuelle, à la frontière de l'Iran et de l'ex-URSS. Dans cette ancienne capitale du royaume du Vaspourakan, comme dans d'autres villes reculées de l'Empire ottoman, les Arméniens vivent à l'écart des autres ethnies, à la veille de la Révolution "jeune-turque" de 1908. L'harmonie est fragile, la tension permanente : massacres et exactions sont le quotidien des Arméniens.

La peur enveloppe chaque scène de la fresque, qui retrace le destin d'une famille organisée autour de la grand-mère et de son petit-fils, Victor Gardon, alias Vahram. Des personnages dont le caractère tranche avec la naïveté collective.

La Grand-Mère incarne l'Arménie éternelle, la Terre des ancêtres. Elle sait ce qu'il ne faut pas faire, et ne pas dire, devant le Kurde ou l'officier turc. Leur position sociale range l'Arménien, le "giavour" ("l'infidèle"), dans la catégorie des "dhimmi", sujets de second rang du Sultan. Dans cette fresque cruelle et truculente, un enfant s'élève contre le poids des traditions et l'austérité du milieu rural, Vahram, garçon intrépide, et détenteur d'un mystère n'hésitant pas à casser les codes d'inhibitions du milieu paysan arménien.

Vahram crie sa colère quand on lui interdit de parler, d'imaginer l'amour ou encore de participer à des réunions de révolutionnaires du parti arménien, les Armenagans. Leur chef local est le père du Vanetsi, autrement l'habitant de Van. Un révolutionnaire effacé devant l'autorité de la grand- mère, un peu à l'image de ce mouvement national arménien, trop fragile pour renverser le cours de l'histoire mais trop engagé pour faire marche arrière. A cet instant du récit, Vahram Gakavian, comme le fera son contemporain Kourken Mahari en Union soviétique, lève pour la première fois un tabou : le mouvement a-t-il une part de responsabilité dans la "Catastrophe"?

Avenir sans issue
Pour Victor Gardon comme pour la spécialiste de littérature arménienne Krikor Beledian, ces hommes, "n'ont pas assumé leurs responsabilités de révolutionnaires au moment où il le fallait". Ils ont laissé passer leur chance en 1908, année de la Liberté, comme l'écrit le romancier, alors que les Jeunes-Turcs prenaient le pouvoir au nom d'une idée : sauver l'Empire en formant une seule nation turque. Lorsque les chefs arméniens prennent les armes au printemps 1915, lors du siège de Van, prélude à la machine génocidaire, ils résistent victorieusement jusqu'à l'arrivée des Russes, mais sont obligés de quitter leur terre.

Dans les mémoires de Victor Gardon, le héros n'est pas le combattant, mais d'autres protagonistes : la grand- mère et Vahram, le passé ou l'avenir sans issue, mais jamais le présent, toujours éphémère. La gestion du temps est d'ailleurs problématique pour l'auteur : aucun repère chronologique n'est donné, aucun paysage décrit, les lieux n'existent pas dans cette saga arménienne. Un tableau figé qui contraste avec l'abondance de paroles pouvant être échangées à Van ou ailleurs.

Après la libération de la ville, Victor Gardon prend le chemin du Caucase où il sympathise avec le futur dirigeant soviétique Anastase Mikoyan. Il gagne ensuite Constantinople jusqu'en 1923, avant de se rendre à Paris où il meurt en 1973, après avoir noué des liens amicaux avec Raymond Aron. Son Vanetsi, une enfance arménienne tombe à pic, à l'heure où la Turquie tente de revisiter son passé ottoman. Sans parvenir, jusqu'ici, à ouvrir cette boîte noire de l'Arménie turque à feu et à sang.

Gaïdz Minassian, « Le Monde » du 17 juillet 2008


Livre numéro 1168
Jean-Marie CARZOU --- Cliquer pour agrandir Un Génocide exemplaire, Arménie 1915
Titre : Un Génocide exemplaire, Arménie 1915 / auteur(s) : Jean-Marie CARZOU -
Editeur : Calmann-Lévy
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 27-Mesnil-sur-l'Estrée : Impr. Firmin-Didot
Description : 1 vol. (333 p.-[8] p. de pl.) : ill., couv. ill. ; 23 cm
Collection :
Notes : En appendice, choix de documents. - Précédemment paru chez Flammarion, Paris, 1975. -
Autres auteurs :
Sujets : Question arménienne -- Génocide arménien (1915-1916)
ISBN : 9782702137185
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 18,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

L'Arménie ? Au pied du Caucase, un peuple millénaire qui arrive à la guerre de 1914 sous la double oppression de la Russie tsariste et de l'Empire ottoman. Au début du XXe siècle, il n'est pas bon de constituer une minorité et de vouloir survivre. Profitant de la guerre mondiale, le gouvernement turc va organiser la déportation et le massacre de toutes les populations arméniennes de son territoire. Au bout d'un voyage hallucinant, c'est la mort qui attend tous ces convois de femmes, d'enfants, d'hommes, de vieillards. En 1917, le gros du travail est achevé ; en 1923, il n'y a plus d'Arménie sur le territoire turc.
Cette histoire incroyable est exemplaire et actuelle. Hitler s'y réfère en 1939, quand il ordonne d'envahir la Pologne : « Notre force doit résider dans notre rapidité et notre brutalité. J'ai donné l'ordre à des unités spéciales de SS de se rendre sur le front polonais et de tuer sans pitié hommes, femmes et enfants. Qui parle encore aujourd'hui de l'extermination des Arméniens ? »
Génocide exemplaire, on y retrouve tout ce que nous avons depuis partout découvert : application systématique à toute une population des procédés de destruction (assassinat, déportation, privation de nourriture…) enfants, vieillards, femmes, sans distinction ; organisation et encouragements officiels, participation des autorités, abandon des victimes à tous les pillards, refus des interventions extérieures, même charitables. Et puis, au moment où l'on tue ainsi un million et demi d'êtres humains, tout est nié. Et c'est cela un génocide réussi, oublié, mais dont ce livre fait revivre toutes les péripéties et donne toutes les preuves.

Livre numéro 132
Jean-Marie CARZOU --- Cliquer pour agrandir Un Génocide exemplaire : Arménie 1915
 
Titre : Un Génocide exemplaire : Arménie 1915 / auteur(s) : Jean-Marie CARZOU -
Editeur : Flammarion
Année : 1975
Imprimeur/Fabricant : 27-Mesnil-sur-l'Estree : impr. Firmin-Didot
Description : 252 p.-[8] p. de pl. ill., couv. ill. 23 cm
Collection :
Notes : Bibliogr. p. 247-249
Autres auteurs :
Sujets :
ISBN : 2080608142
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 78,30 FRF

Commentaire :

Il y a soixante ans, au pied du Caucase, un peuple millénaire arrive à la guerre de 1914 sous la double oppression de la Russie tsariste et de l'Empire ottoman. Dans ce XXe siècle naissant, il n'est pas bon de constituer une minorité et de vouloir survivre. Profitant de la guerre mondiale, le gouvernement turc va organiser la déportation et le massacre de toutes les populations arméniennes de son territoire. Au bout d'un voyage hallucinant, c'est la mort qui attend tous ces convois de femmes, d'enfants, d'hommes, de vieillards. En 1917, le gros du travail est achevé; en 1923, il n'y a plus d'Arménie sur le territoire turc.

Cette histoire incroyable est exemplaire et actuelle. Hitler s'y réfère en 1939, quand il ordonne d'envahir la Pologne : "Notre force doit résider dans notre rapidité et notre brutalité. J'ai donné l'ordre à des unités spéciales de SS de se rendre sur le front polonais et de tuer sans pitié hommes, femmes et enfants. Qui donc parle encore aujourd'hui de l'extermination des Arméniens ?" Aujourd'hui même, Yasser Arafat confie à un journaliste américain : "Nous refusons de subir le sort des Indiens d'Amérique ou des Arméniens. Nous refusons de suivre le destin des peuples engloutis dans l'indifférence générale."

Génocide exemplaire, on y retrouve tout ce que nous avons depuis partout découvert : application systématique à toute une population des procédés de destruction (assassinat, déportation, privation de nourriture-) enfants, vieillards, femmes, sans distinction; organisation et encouragements officiels, participation des autorités, abandon des victimes à tous les pillards, refus des interventions extérieures, même charitables. Et puis, au moment même où l'on tue ainsi un million et demi d'êtres humains, tout est nié. Et c'est cela un génocide réussi, oublié, mais dont ce livre fait revivre toutes les péripéties et donne toutes les preuves.


Table des matières

PREMIÈRE PARTIE
TOUT COMMENCE...
I. RETOUR EN ARRIÈRE 13
De l'arche de Noé à la chute de Constantinople 13
L'Empire ottoman et la coexistence 16
La Question d'Orient 22
II. LA VIE QUOTIDIENNE EN ARMÉNIE AU XIXe
SIÈCLE 28
L'organisation de la communauté 29
Chronique des provinces 34
Avec les montagnards de Zeitoun 39
Dans la capitale 40
DEUXIÈME PARTIE
LE TEMPS DES ILLUSIONS
L L'ESPÉRANCE ARMÉNIENNE 45
Berlin : la première pierre 45
Du rêve à la réalité 54
II. 1895 OU LA RÉPÉTITION GÉNÉRALE 61
III. VERS LA RÉVOLUTION 81
IV. AVEC LES JEUNES TURCS 91
TROISIÈME PARTIE
1915 : LA SOLUTION FINALE
I. UN GÉNOCIDE RÉUSSI 109
Le 24 avril 1915 : une rafle 109
« Événements insurrectionnels » 118
« Un remède héroïque » 119
« Avec la plus grande modération et équité » 124
La solitude des victimes 129
Jusqu'au bout 136
Qui est responsable? 144
Jusqu'au bout (suite) 154
II. « DE REGRETTABLES ABUS » 167
ET ALORS? 209
ANNEXES
1. Les projets de réformes 213
2. Les massacres de 1895-1896 227
3. Le Génocide 233
SOURCES 247
CARTES 1. L'Arménie historique (Atlas du Times) 9
2. Carte générale de la Turquie d'Asie 48-49
3. Le Génocide 112-113
4. Les trois Arménies du XXe siècle 159
REPÈRES CHRONOLOGIQUES
L'Empire ottoman 1839-1878 27
1871-1878 44
1881-1894 53
1897-1903 80


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