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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Yervant DER GOUMCIAN
( 1894 - 1976 )

L'auteur

 
Naissance le 10 décembre 1894 à Medz Nor Kiugh, un bourg arménien situé au sud-est du lac d’Iznik, dans le vilayet de Bursa, décès le 2 mai 1976 à La Tronche (Isère, France).
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Livre numéro 1238
Yervant DER GOUMCIAN --- Cliquer pour agrandir Une mémoire arménienne
Titre : Une mémoire arménienne / auteur(s) : Yervant DER GOUMCIAN - de Medz Nor Kiugh (Bursa, Empire ottoman) à Saint-Martin-d’Hères, présentée et traduite de l’arménien par Raymond Kevorkian
Editeur : Direction du Patrimoine du Conseil général de l’Isère
Année : 2007
Imprimeur/Fabricant : 38-Eybens : Impr. Deux ponts
Description : 213 pages, couv. en couleurs, 24 x 17 cm, 2 cartes en couleurs, nombreuses photographies et documents d'archive
Collection :
Notes : Thème central de l'exposition du 25/04/2007 au 08/10/2007 au Musée de la résistance et de la déportation de l'Isère
Autres auteurs : Raymond Haroutiun KEVORKIAN [traducteur] -
Sujets :
ISBN : 9782905375940
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 25,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

L’ouvrage "Une mémoire arménienne", paru sur l’initiative de la Direction du Patrimoine du Conseil général de l’Isère et du Service du Patrimoine de la Ville de Saint-Martin d’Hères, est plus que le récit d’une vie. En écrivant, dans sa langue maternelle, quelque 1 500 pages, Yervant Der Goumcian contribue autant à la connaissance du génocide qu’à celle de l’exil des rescapés et de leur vie en diaspora. L’historien Raymond Kévorkian rend ce témoignage accessible par un remarquable travail d’édition, en sélectionnant et annotant les parties les plus significatives.

De son village natal de Medz Nor Kiugh (alors dans l’Empire ottoman) où il naît en 1894, jusqu’à son arrivée en France, et son installation en Isère, dans les années 1920, Yervant Der Goumcian conserve une mémoire étonnamment précise des faits dans lesquels se mêlent l’histoire familiale et celle de tous les Arméniens ottomans, confrontés aux massacres de masse organisé par le gouvernement Jeunes-Turcs, entre 1915 et 1916. En poursuivant son récit bien au-delà de l’exil, Yervant Der Goumcian livre également un témoignage d’un intérêt majeur sur les conditions d’existence de la diaspora arménienne de la première génération et la place qu’y occupe le lien communautaire. Un parcours de migrant qui fut celui de nombreux Arméniens réfugiés en France et atteste de la capacité d’intégration de cette population déracinée. Dans son oeuvre, qu’il qualifie lui-même de « Mémorial » (Hichadagaran), Yervant Der Goumcian a su également préserver de nombreuses archives, de photographies ou de documents officiels, composant pour la plupart l’illustration du livre Une mémoire arménienne.

Un ouvrage qui s’attache à respecter très fidèlement le travail de son auteur et sa volonté de le rendre "utile aux écrivains arméniens ou aux historiens"


La traduction et la publication des mémoires de Yervant Der Goumcian (né en 1894 à Medz Nor Kiugh dans l’Empire ottoman et mort en 1976 à Saint-Martin-d’Hères, en Isère) sont à l’origine de cette exposition. L’éclairage sensible de la saga d’une famille rescapée donne ainsi un nouvel éclairage aux données historiques du premier génocide du XXe siècle.

Contexte historique
L’exposition s’attache d’abord à mettre en lumière la situation de l’Empire ottoman au début du XXe siècle : perte des conquêtes européennes, déclin progressif, mise en place d’un islam de plus en plus intolérant, début des répressions envers les minorités. Le gouvernement Jeune-Turc arrive au pouvoir en 1908 avec l’ambition de réaliser une grande Turquie. Il fait preuve d’un nationalisme exacerbé, témoignant vite de positions xénophobes. Ce contexte idéologique est évidemment défavorable à toute forme de cohabitation avec d’autres populations et notamment celles qui ne sont pas de religion musulmane. Les Arméniens en sont les premières victimes.

La famille Der Goumcian
Par un jeu d’alternance, le parcours se poursuit avec la présentation de la famille Der Goumcian. Yervant Der Goumcian est né en 1894 à Medz Nor Kiugh, un bourg arménien du vilayet de Bursa. Sa famille, issue des communautés originaires d’Arménie et installée en Bythinie, fuit les guerres turco-persanes et s’installe en 1908 à Banderma, au bord de la mer de Marmara. Der Goumcian, initié par son père à la liturgie de l’Eglise arménienne, découvre son attrait pour la musique, les chants religieux dans un premier temps puis les chansons populaires grecques et turques, les mélodies européennes et la pratique de l’oud. En 1919, il épouse Nevart qui donne naissance à leur première fille. Mais les exactions commises par le gouvernement Jeune-Turc, envers les Grecs et les Arméniens, dont il est le témoin finissent par l’obliger à quitter la Turquie.

Le génocide des Arméniens
Les premiers massacres commis à la fin du XIXe siècle, puis en 1909, en Cilicie, ne sont que les prémisses du projet d’extermination des Arméniens que met à exécution le gouvernement Jeune- Turc à partir de 1915 et qui aboutit à la mort de plus d’un million de personnes. Sur les routes, en convois encadrés par des gendarmes, les Arméniens sont contraints à la déportation. Les maladies, l’épuisement ou la faim déciment les rangs ; les survivants sont conduits dans des camps de concentration où les Turcs les abandonnent sans soin, avant de les déplacer de nouveau pour parachever leur élimination. A la fin de la Première Guerre mondiale, les rescapés, surtout des femmes et des enfants, prendront le chemin de l’exil vers l’Europe et les Etats-Unis.

De Varna à Saint-Martin-d’Hères
Réfugiés dans un premier temps en Bulgarie, Yervant et sa famille parviennent à rejoindre la France en 1926 et s’installent à Saint-Martin-d’Hères où lui et son épouse sont embauchés à la Biscuiterie Brun. Il n’obtient la nationalité française qu’en 1947. Entre 1962 et 1964, alors qu’il est à la retraite, il rédige ses mémoires, réparties en trois volumes, sur 1500 pages. Très impliqué au sein de la communauté arménienne, il s’attache à maintenir sa culture d’origine en instaurant des cours de langue arménienne et en organisant des spectacles de danse et de théâtre et des rassemblements annuels. Il meurt en 1976 à l’âge de 82 ans. Ses deux filles conservent pieusement ses mémoires jusqu’à la mort de la dernière d’entre elles, en 2005, où elles rejoignent les archives de la Direction du patrimoine de la Ville de Saint-Martin-d’Hères.


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