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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Jean-Blaise DJIAN
( n. 1953 )

L'auteur

Jean-Blaise DJIAN --- Cliquer pour agrandir
Naisance le 10 aout 1953 à Courbevoie (Hauts-de-Seine, France)

Pseudonyme de Jean-Blaise Mitildjian

Scénariste de bandes dessinées

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Livre numéro 2048
Jean-Blaise DJIAN --- Cliquer pour agrandir Mission spéciale : Némésis : Hadoug Kordz
Titre : Mission spéciale : Némésis : Hadoug Kordz / auteur(s) : Jean-Blaise DJIAN - Jean Varoujan SIRAPIAN -
Editeur : SIGEST
Année : 2014
Imprimeur/Fabricant : 37-Monts : Impr. Présence graphique
Description : 1 vol. (63 p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm
Collection :
Notes : Bibliogr., webliogr., 1 p.
Autres auteurs : Paolo COSSI [illustrateur] -
Sujets : Tehlirian, Soghomon (1896-1960 ) -- Bandes dessinées -- Génocide arménien (1915-1916)
ISBN : 9782917329665
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 14,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

L'histoire officielle de l'exécution de Talaat Pacha est connue à travers le procès qui s'est déroulé les 2 et 3 juin 1921 à Berlin. À la lecture des premières minutes du procès, on apprend qu'un jeune homme de 24 ans, Soghomon Tehlirian, ayant des crises d'épilepsie et des hallucinations, voit un jour de mars 1921 Talaat Pacha sortir de sa maison située sur la rue Hardenberg, à Berlin. Tehlirian prend son pistolet, descend dans la rue, suit Talaat et l'abat, à bout portant, avec une balle dans la tête. Pendant tout le procès, il prétend avoir agi seul, pour venger sa famille en exécutant celui qu'il considère comme le responsable des massacres de ses parents, mais aussi de tout un peuple. Or les archives de l'Institut Zoryan et celles du parti FRA-achnagtsoutioun révèlent une toute autre histoire. On saura plus tard que Tehlirian était à Berlin, chargé d'une mission spéciale Némésis...

A l'occasion de la 99e commémoration du Génocide arménien, sort aux éditions Sigest une bande dessinée relatant la formidable histoire de Soghomon Tehlirian qui en mars 1919, à Berlin, exécuta Talaat Pacha d'une balle dans la tête. Quelques questions à Jean Sirapian, directeur des éditions Sigest.

Propos recueillis par Mickaël Jimenez Mathéossian, France-Arménie, numéro 407, Avril 2014

France Arménie Près d'un siècle plus tard, l'opération II Némésis suscite toujours autant de curiosité et de fascination. Pourquoi ?
Jean Sirapian : Il s'agit d'une véritable histoire policière et d'espionnage qui évoque le thème du Génocide autrement et qui n'avait pas été traitée en bande dessinée. L'opération est assez extraordinaire pour cette époque où il n'y avait pas de mail, pas de fax, pas de téléphone. Comment ces gens-là ont-ils pu mener cette entreprise sur trois continents avec seulement des messagers et des lettres ? Contrairement à certaines opérations de l'Asala, par exemple, où des gens innocents ont été tués, ici il existe une liste de personnes déjà condamnées à mort par contumace, mais qui ont échappé à la justice turque. Je ne suis pas partisan de l'action violente, mais dans ce cas précis, il s'agit vraiment d'une action «exemplaire» en terme de méthodologie et de conviction pour aller jusqu'au bout de la chose.
France ArménieQuelles sources avez-vous utilisées pour rédiger le scénario ?
Jean Sirapian : Pour m'approcher le plus de la vérité, j'ai voulu commencer par le procès de Telhirian. J'ai trouvé dans une bibliothèque d'Erevan sa retranscription en arménien qui fait 220 pages et que j'ai traduites afin de m'imprégner de ce qu'il s'était passé. Ce qui m'a étonné c'est qu'à aucun moment dans le procès - qui dure une journée et demie - l'opération Némésis n'est citée. La ligne de défense de Telhirian est simple : j'étais seul, ma famille a été massacrée, quand j'ai vu Talaat dans la rue, je n'ai pas pu résister et je l'ai tué... Ça c'est la partie «officielle». Toute la difficulté pour la bande dessinée a été de coller celle-ci à la partie officieuse, secrète... la partie invisible de l'opération Némésis.
France ArménieComment expliquez-vous que cette incroyable histoire ne soit pas plus connue, notamment chez les non Arméniens ?
Jean Sirapian : Jusqu'en 1986-87, l'histoire n'était pas connue, y compris chez les Arméniens - qui pourtant connaissaient Soghomon Telhirian - puisque le parti Dachnag l'avait gardée comme une opération secrète, ne serait-ce que pour protéger les protagonistes. Nous avons réalisé cette BD d'abord pour les non-Arméniens. C'est l'idée centrale.
Elle sera traduite en anglais très prochainement, puis en russe et éventuellement en arménien. Une traduction en allemand et en turc est en chantier, mais reste encore en suspens.

Propos recueillis par Mickaël Jimenez Mathéossian, France-Arménie, numéro 407, Avril 2014


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