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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Asli ERDOGAN
( n. 1967 )

L'auteur

Asli ERDOGAN --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 8 mars 1967 à Istanbul (Turquie)

Romancière turque, journaliste, militante pour les droits de l'homme

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Livre numéro 2249
Asli ERDOGAN --- Cliquer pour agrandir Le silence même n'est plus à toi - Chroniques
 
Titre : Le silence même n'est plus à toi - Chroniques / auteur(s) : Asli ERDOGAN - Traduit du turc par : Julien LAPEYRE DE CABANES
Editeur : Actes Sud
Année : 2017
Imprimeur/Fabricant :
Description : 10 x 19 cm, 176 pages, couverture illustrée en couleurs
Collection : Actes Sud Littérature - Lettres turques
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Turquie moderne -- Essais, documents
ISBN : 9782330073886
Prix : 16,50 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Dans l’un de ses derniers livres parus en France, Aslı Erdoğan évoquait déjà ce lieu effrayant entre tous, le “Bâtiment de pierre” – autrement dit la prison de Bakırköy à Istanbul. Or voici qu’en août 2016, à la suite de la tentative de coup d’État de juillet, la romancière turque est arrêtée et s’y trouve incarcérée. Son délit : avoir écrit dans un journal pro-kurde (Özgür Gündem) pour clamer son indignation et dénoncer toutes les atteintes à la liberté d’opinion. Depuis lors, la situation en Turquie s’aggrave et Aslı Erdoğan – entre autres intellectuels, journalistes et universitaires – encourt une condamnation aussi infondée qu’inacceptable.
Ce volume rassemble quelques-unes des chroniques qui lui ont valu cette accusation. Le lecteur y retrouvera l’exigence poétique d’Aslı Erdoğan, son amour de la liberté, sa lucidité et la beauté de sa langue.
Que ce livre puisse briser l’étau du silence : tel est désormais le vœu de ses éditeurs, en France et à l’étranger, partout où son œuvre a droit de cité.

Article de Claire Barbuti, Nouvelles d’Arménie Magazine numéro 237, février 2017

Après avoir passé plus de quatre mois en détention suite au mouvement de répression qui a suivi la tentative de coup d'État en juillet 2016, Asli Erdogan bénéficie d'une liberté provisoire depuis le 29 décembre. « Une partie (d'elle-même) reste en prison », dit-elle toutefois. Cette « partie » s'y trouvait peut-être déjà même avant son incarcération au centre de détention pour femmes de Bakirkoÿ, à Istanbul. Dans ses romans enflammés publiés depuis une trentaine d'années, la prison tient une grande place mais c'est pour ses articles incantatoires et engagés, publiés notamment pour le journal pro-kurde Ozgür Günden, qu'elle a été incarcérée. Ils ont été rassemblés et publiés par Actes Sud sous le titre de Le silence même n'est plus à toi. Dans ses chroniques, elle clame son indignation, dénonce toutes les atteintes à la liberté d'opinion en Turquie et s'engage pour la défense des droits de l'homme en général, portant le deuil de tous ces morts, proches ou anonymes, qui ont perdu la vie en menant un combat qui est aussi celui de la femme de lettres portant à la boutonnière un portrait de Hrant Dink. « Nuit d'écriture, silencieuse d'un deuil personnel ne voulant pas s'encombrer de mots... », écrit-elle en commentant deux photographies du journaliste d' Agos, deux images qui l'ont « accompagnée durant le plus long hiver de sa vie, durant ce voyage d'hiver qui n'est toujours pas terminé ».

« Nous sommes coupables » envers les Arméniens
Un même désir de réconciliation entre les peuples turc et arménien anime Asli Erdogan: « Nous sommes coupables. Nous avons commis, dans ce pays, un crime si atroce que ceux qui en ont été les victimes ont trouvé ces mots pour le nommer, « Grande Catastrophe », nous avons éradiqué un peuple (...) En niant nos agissements, nous avons commis un crime plus grand encore, en refusant de regarder cette femme qui nous appelait à l'aide, cette pauvre femme prise dans l'un des cortèges qu'on envoyait à la mort, cette femme qui depuis 99 ans nous fait désespérément signe... Voilà le pire crime, car c'est voler à un être humain jusqu'à ses traumatismes ». C'est avec les mots qu'Asli Erdogan tente de combler l'absence laissée par le rapt orchestré par l'État turc de tout ce qui fait qu'un homme est un homme : l'égalité, la justice, la dignité, la liberté - « Le silence même n'est plus à toi », comme le dit le titre du recueil dans un emprunt assumé au prix Nobel de littérature grec, Georges Séféris.

Claire Barbuti


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