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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Grigor HAMPARTZOUMIAN
( n. 1924 )

L'auteur

 
Né en 1924 à Istanbul. Après le collège Saint-Michel, fréquente la faculté des Sciences. Etudie les mathématiques, la chimie et la musique. Diplôme d'ingénieur chimiste (1950). Part pour l'Europe. Stages en Allemagne et en France. Se fixe définitivement à Paris, et travaille comme ingénieur de recherche sur les tensio-actifs chez l'Oréal (1953-1959). Amateur d'art. Direction de la Galerie Framond (1960). Et depuis défend la peinture française, principalement post-cubiste. Amateur de musique. Fondateur (1972) de l'Association d'Action Artistique Arménienne «Quatra». Collaborateur du quotidien Haratch. Membre du comité professionnel des Galeries d'Art. Marié, deux fils. "Œuvres : textes, chroniques, écrits sur l'art parus en 1958, 1970, 1986. Ce livre est le quatrième des «Kaléidoscope, journal d'un amateur d'art», dédié à ses petits-enfants.
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Livre numéro 1974
Grigor HAMPARTZOUMIAN --- Cliquer pour agrandir Kaléidoscope IV
 
Titre : Kaléidoscope IV / auteur(s) : Grigor HAMPARTZOUMIAN - Entretiens et notes d'un collectionneur
Editeur : Editions de la Galerie Framond
Année : 1998
Imprimeur/Fabricant :
Description : 20 x 21 cm, 360 p., ill. en noir et en coul., cart. ill et disque
Collection :
Notes : Ouvrage dédié à ses petits-enfants. Texte arménien. Suivi d'un texte en français intitulé: Galerie Framond, 1949-1969, vingt ans de peinture. 3 pl. en coul. et disque joints
Autres auteurs :
Sujets : Textes, entretiens, tableaux
ISBN :
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Prix :

Commentaire :

NOTE LIMINAIRE

Pourquoi ce Kaléidoscope 98 ? Livre de plaisirs. Croyez-vous au hasard qui provoque ? Eh bien, moi oui ! Voici l'histoire.
A force d'entendre jour et nuit à la Galerie, que mon bureau et ses tiroirs étaient dans un désordre indescriptible, j'ai fini par faire semblant d'y croire !
Je me suis mis au rangement. Hélas, c'était vrai !
Cela a pris trois jours. Mais j'ai eu droit à une récompense. Au troisième jour, vers midi, au fond du dernier tiroir, à droite, sous des catalogues empilés, j'ai retrouvé la cassette d'une émission radio que je croyais perdue.
L'idée de faire un livre amusant pour Ani et Aris, mes petits-enfants, m'est venue ce jour-là !
Livre témoin, avec des papiers anciens, des entretiens, des notes et un disque. La photographie en quelque sorte d'une galerie d'art et d'un galeriste de grand-père collectionneur.
J'avais des doutes pourtant sur la véracité du contenu de cette bande ancienne vite expédiée sur le moment. Mais à les réécouter, ces réflexions, parallélisme entre l'œuvre des musiciens et des peintres, ne me parurent pas trop absurdes.
Finalement, on pourrait faire un livre !
Dédié à ces très jeunes enfants, pourrait-il les intéresser à l'art ?
Qui sait ? C'est ce désir qui m'a conduit à ce travail.
Qu'ils puissent l'ouvrir à n'importe quelle page, y rester quelques instants, sans s'ennuyer. Et qu'ils découvrent aussi dans les œuvres des artistes ce qui est visible.
Plutôt ce que l'artiste voit et qu'ils ne peuvent voir. Une réalité exprimable. Qu'ils s'amusent à apprendre. A regarder. Car je me suis moi-même beaucoup amusé à confectionner ce livre bloc-notes, en me remémorant mes expériences et mes souvenirs de ces soixante-dix dernières années !
Juste le temps de m'apercevoir que si rien n'est à regretter, tout reste à reconstruire.
Locarno, 19 juillet 1997
G. H.


LETTRE A ANI ET ARIS
Locarno, Août 1997
C'est troublant, croyez-moi, de s'adresser à vous, petits-enfants âgés d'un an et quelques mois. Emouvant aussi, car c'est le respect et la confiance que je vous dois qui m'ont conduit à ce travail.
L'amour pour aujourd'hui ; respect pour demain. Travail amusant, ce pot-pourri d'entretiens, de réflexions diverses sur les peintres, la peinture, la musique et l'art en général - plutôt autour - vous feront me mieux connaître. Dans quinze ans ! Et j'y tiens. Il s'agit d'émotions. C'est justement vers mes quinze ans que j'avais définitivement manifesté mon inépuisable curiosité à la musique ainsi qu'à la peinture.
J'étais doué pour la musique. Comme instrument, ce fut le piano de la maison.
En revanche, j'ai appris à regarder la peinture comme en prenant des coups. Les premiers très durs, je vous avertis. C'est un cheminement lent. On devient lentement le voyageur des toiles.
Quant à la musique, ce fut dès le départ un enchantement. Malgré ma paresse. Heureusement, j'ai eu la chance d'avoir un merveilleux professeur. Dame pédagogue, c'est elle qui m'initia à la bonne musique, m'a appris les bases d'un jeu naturel.
Pour mieux comprendre cet amour, il faudra aussi apprendre l'arménien. La seconde partie de ce livre est écrite en arménien. On y parle surtout musique.
Vous aurez du mal à l'apprendre. C'est une langue difficile, mais belle. Quand vous apprécierez l'immense richesse de sa communicabilité immédiate, l'extraordinaire faculté de combinaison des mots, ses possibilités rythmiques, et les variations multiples de ses interlocutions qui illuminent la pensée, j'espère que vous ne reculerez pas devant la difficulté. Un vrai bijou ancien. D'ailleurs, attention aux langues ; en apprendre au moins quatre !
Cette seconde partie réunit les chroniques parues dans le quotidien "Haratch", que vous devriez continuer de lire après moi, et constitue le quatrième volet des "Kaléidoscopes", dont les trois premiers parurent en 1959, 1970 et 1987.
N'ayez aucune crainte, ils ne sont point épuisés ; si vous désirez les lire, vous en trouverez plusieurs paquets bien ficelés dans les bibliothèques de la maison grand-parentale.
Grand-maman sera contente de s'en débarrasser ! Aussi dans les placards de la Galerie.
Et c'est dans l'atmosphère de la Galerie Framond, au 3, rue des Saints-Pères, que la première partie de ce livre s'est cristallisée, tout au long de ces trente-sept années, suivant l'acheminement et le goût d'un collectionneur sceptique, amateur d'art invétéré, devenu galeriste, en conversation à bâtons rompus avec des amis, peintres et critiques. Vous trouverez là une plaque radiographique du trajet accompli.
Sinon, comment vous expliquer la formation scientifique, l'attrait de la chimie, les années de laboratoires, l'ingénieur de recherche, et la fin du trajet dans une galerie d'art.
Sans ambition littéraire, car le désir d'écrire ne fut point une nécessité quotidienne, mais plutôt une exigence passagère. Ces lignes, quoique sincères - autant que l'objectivité soit possible - ne peuvent intéresser que mes amis, mélomanes eux-mêmes ou amateurs d'art.
Pourtant ce livre - l'élaboration de ce quatrième volet d'un même Kaléidoscope s'adresse directement à vous. Il vous est dédié.
C'est pendant les semaines de vacances, en Août 1997 à Locarno, qu'il fut construit.
Nous y étions d'ailleurs tous réunis. Cherchez les photos ! Vous n'aviez pas encore deux ans, moi j'en avais déjà accumulé soixante-treize !
Le hasard n'est point aveugle. Juste avant les vacances, retrouvant une bande radiophonique perdue, enregistrée pour France-Culture avec le critique d'art Georges Léon, l'idée de composer ce livre m'a séduit. Un livre-jouet bilingue pour vous, que vous trouveriez d'abord encombrant et bizarre, mais plus tard, beaucoup plus tard, pourrait devenir un témoin. Si c'était le cas, je serais un grand-père heureux.
Un dernier mot, ne croyez pas les Cassandre qui chanteront la mort de l'art. Il est éternel. A vous de choisir.
Au contraire, n'oubliez jamais qu'aux moments les plus difficiles et douloureux, vous pourrez compter sur lui. C'est l'ami le plus fidèle. Et vigoureux.
Aimez l'art physiquement. Faites en sorte qu'il devienne un besoin biologique. Quotidien. C'est fortifiant. Mais croyez-moi, rester amateur est plus salutaire que de se croire artiste trop tôt si on n'est pas vraiment doué. Trop doué ! Prédestiné !
Celui-là il faut le chercher dans le million, et j'ignore si vous êtes du nombre des élus. Mes chers candidats à l'amateurisme éclairé, sans tarder dites bonjour à l'art !
Affectueusement Grand-père
PS. Ne vous détrompez pas, mes chers petits !
Ce fut un plaisir pour moi de confectionner ce livre, mais n'essayez surtout pas de le lire maintenant.
Regardez, choisissez, amusez-vous, réfléchissez !
Il vous appartient.
Peut-être voudriez-vous un jour le lire en entier ?
Merci. Grand-père
G. H.


REMERCIEMENTS

Mes remerciements vont d'abord à Marie Grèzes qui a su me faire avouer des épisodes presque oubliés et bien cachés de mon enfance, pendant notre entretien ininterrompu, en pleine préparation de sa thèse de sociologie sur les galeries d'art. Enrichissant également pour moi-même, car j'ai découvert là, certains coins de mon inconscient.
Aussi mes remerciements chaleureux à Georges Léon, critique d'art avisé, qui dans son émission hebdomadaire "LA CLÉ DE SOI", a su choisir les interprétations idéales - sauf les miennes certes - pour illustrer nos propos sur la peinture, en trouvant des correspondances dans la musique des compositeurs choisis. Je lui dois ce disque multicolore.
Ainsi qu'à André Parinaud, pour ses questions si pertinentes dans notre entretien concernant les galeries d'art dans son "COMMENT VA LA PEINTURE M'SIEUR LE DIRECTEUR?".
Merci encore à Emmanuel Guillot qui m'a infiniment aidé dans le choix des caractères typographiques et la composition de ce livre bilingue difficile à façonner.
Merci à M.-J. Compard et aussi à Siranouche Demirdjian, car toutes ces frappes successives des épreuves, ainsi que la recherche concernant les reproductions ont réclamé beaucoup d'énergie.
Merci encore à Arpi Totoyan pour tout le soin qu'elle a bien voulu apporter aux corrections des épreuves de la seconde partie du livre, et sa bienveillante collaboration à notre entretien, avec ses questions vives et impromptues.
Merci surtout à mes quinze compagnons de la Quatra. Quelle belle aventure ! Voyez-vous, il y avait deux tendances. Les inconditionnels, ayant à leur tête Carzou, le généreux, et les exigeants. L'intransigeant Verneuil m'a fait souvent pleurer de rage. Rage d'impuissance.
"...et pourquoi tu n'inviterais pas Karajan" me disait-il ? En douce, Arno Babadjanian me confiait à l'oreille, "tu sais il a raison, mais surtout ne l'écoute pas"! C'est le moment de les remercier tous chaleureusement, autant que les inconditionnels, Rouben Mélik, Daria Gamsaragan, Aïda et Zadig Mouradian, Arto Katchaturian, Raffi Pétrossian, Kevork Bakerdjian, Kégham Kérestedjian et Jansem, car au bout du compte Quatra trouvait son équilibre, en temps gris, par la rigueur. Dans son comportement. Dans ses actions. Dans l'élaboration de ses choix de programmes. Avec un budget si modeste ! Aucun mot amer, aucun ressentiment entre nous, pendant ces années-là, ou rien n'est venu empoisonner le climat d'entente cordiale. Disons un grand merci à tous les artistes qui ont pris part à nos rencontres éphémères.
Merci enfin à toutes celles et à tous ceux, qui sont vraiment allergiques aux remerciements ; ils se reconnaîtront.
Je sais que ce livre leur doit beaucoup, sans oublier les collectionneurs et les peintres qui m'ont permis généreusement de reproduire des œuvres que j'aime et qui ont été toutes exposées à la Galerie Framond. Sans eux, aurais-je eu le courage de composer ce livre que je voulais amusant pour mes petits-enfants et mes amis ?
Locarno, juillet 1997
G.H.


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