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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Onnik JAMGOCYAN
( n. 1955 )

L'auteur

 
Naissance le 11 juin 1955

Docteur en histoire économique et sociale (Paris 1, 1988)
Thèse de doctorat : Histoire économique et sociale : Paris 1 : 1988. Titre de soutenance : Les finances de l'Empire ottoman et les financiers de Constantinople, 1732-1853

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Livre numéro 2144
Onnik JAMGOCYAN --- Cliquer pour agrandir Le Temps des Réformes, l’Arménie ottomane, Mahmoud II, le Tanzimat, Constantinople 1780-1860
   
Titre : Le Temps des Réformes, l’Arménie ottomane, Mahmoud II, le Tanzimat, Constantinople 1780-1860 / auteur(s) : Onnik JAMGOCYAN -
Editeur : editions du bosphore
Année : 2015
Imprimeur/Fabricant :
Description : couverture illustrée en coulleurs
Collection :
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Empire ottoman -- Histoire contemporaine
ISBN :
Prix : 26,00 euros

Commentaire :

Venu à la suite des BANQUIERS DES SULTANS, cet ouvrage de 305 pp. propose une histoire inconnue de LA TURQUIE OTTOMANE des années 1780-1860. Il passionnera les spécialistes des NATIONS JUIVE, GRECQUE ET ARMENIENNE de Constantinople. - C'est l'histoire de MAHMOUD II et de KAZAZ AMIRA ARTINE, l'exécution des DUZIAN, la pendaison du Patriarche Grec GREGOIRE V, la fin des Janissaires et de leurs sarafs juifs, le passage de l'Arménie sous contrôle russe avec PASKIEWITCH D'ERIVAN, l'histoire du Catholicisme et du Protestantisme chez les Arméniens de Constantinople, le TANZIMAT d'ABD-UL-MEDJID I, et la lutte de deux sultans réformateurs contre un Islam intégriste.

Livre numéro 2015
Onnik JAMGOCYAN --- Cliquer pour agrandir Les banquiers des sultans
Titre : Les banquiers des sultans / auteur(s) : Onnik JAMGOCYAN - Juifs, Francs, Grecs et Arméniens de la haute finance : Constantinople, 1650-1850
Editeur : editions du bosphore
Année : 2013
Imprimeur/Fabricant : 94 - Champigny-sur-Marne : Impr. Moreau
Description : 1 vol. (328 p.) : graph. en coul., ill., couv. ill. en coul. ; 23 cm
Collection :
Notes : En appendice, choix de documents. - Bibliogr. p. 258-270. Glossaire. Index. - 2013 d'après la déclaration de dépôt légal ; Texte remanié de : Thèse de doctorat : Histoire économique et sociale : Paris 1 : 1988. Titre de soutenance : Les finances de l'Empire ottoman et les financiers de Constantinople, 1732-1853
Autres auteurs :
Sujets : Banquiers -- Empire ottoman -- Histoire -- Biographies
ISBN : 9782954436104
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 30,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Deux siècles d'histoire inexplorés de l'État ottoman concernant la mission, la fortune et la vie chaotique des sarafs (banquiers juifs, grecs et arméniens) ainsi que les finances de l'Empire : dépenses somptuaires, crises, abus de la conscience collective, etc.
Un ouvrage qui ne peut être ignoré par les spécialistes d'histoire du Moyen Orient, mais aussi par les défenseurs de la Cause arménienne et par ceux qui veulent comprendre certains aspects sociaux, sociétaux et économiques de l'État turc de 1650 à 1850, en corrélation avec la classe des Grands sarafs.
Même si l'on peut parfois être en désaccord avec certaines interprétations des faits et regretter quelques aspects répétitifs ou peu chronologiques, nous découvrons une histoire étrange, passionnante, symptomatique et fantasque où les turpitudes ottomanes sont révélatrices de l'insécurité des nations minoritaires. Les sultans et les vizirs cohabitent avec trois forces : les Oulémas, religieux écoutés par le peuple, souvent conservateurs et attachés à leurs intérêts ; les Janissaires «bras armés» du malaise populaire et contrepouvoir ; enfin le peuple de la capitale, Turcs, Juifs, Grecs, Arméniens, balloté entre la Cour et les Janissaires car manipulable. Les sarafs connaissent bien les mécanismes du grand négoce international et deviennent de riches hommes d'affaires des princes ottomans. Les Grands sarafs, Chefs des banquiers et Chef des fournisseurs, du Grand Vizir ou du Sultan, entretiennent le Palais et la Sublime Porte, sont responsables du "commerce d'État", assurent les besoins et la modernisation des fabriques et de l'arsenal, préservent le train de vie des Princes ottomans, font face aux crises, soutiennent l'État par des liquidités et garantissent la survie du trône. Si les Sarafs juifs dominent, après leur arrivée d'Espagne, entre 1500 et 1650, les Grands Sarafs Chefs arméniens sont en place dès le 17e s. Au XVIIIe siècle un seul Grec et un seul Juif sont banquiers et fournisseurs en chef de la Sublime Porte pour une quinzaine d'Arméniens. L'habillement des Janissaires et la monnaie sont assurés par les Juifs. Les Arméniens «fidèles» sont plus sûrs que les Grecs "espions des Russes" et ne se compromettent pas avec les Janissaires. Le déclin des sarafs juifs se fait au profit des Grecs catholiques et le massacre des Janissaires en 1826 est suivi par celui de leurs sarafs. Les sarafs arméniens feront vivre la couronne ottomane de 1650 à 1850. Tel Serpos Erevanents, illustre Grand Saraf de légende et fournisseur de sept Grands Vizirs : "riche comme Serpos" disait-on ; mécène pour les églises arméniennes, le Patriarcat, Saint-Jacques à Jérusalem... Yacoub saraf Hovhanessian, contemporain de Serpos l'éclipsa. Ils périront tous les deux assassinés. Karaz Artine, directeur de la Monnaie impériale, à qui Mahmoud II porte toute son estime : il paie les dédommagements de guerre et fait face aux Russes pour évacuer les provinces occupées ; "Il a été applaudi comme le sauveur de l'empire". Les 14 Chefs des sarafs entre 1731 et 1856 sont arméniens. En 1870 il y a 161 sarafs arméniens à Constantinople. 50% des 34 banquiers de Stamboul et 21% des banquiers de Galata sont arméniens en 1891. En Occident, on prêtait entre 12 et 24%, alors que les Arméniens se situaient au bas de cette fourchette. Les sarafs arméniens qui commerçaient avec l'Empire de l'Inde, l'Empire perse, la Cour de Versailles... sont très appréciés. Au contact des fastes des Sultans et des Vizirs, ils perdent de leur sobriété et affichent le luxe de leurs somptueuses demeures, donnent de splendides réceptions égayées de feux d'artifices, etc. Ces sarafs contrôlent la vie spirituelle de leur nation, nomment et destituent les patriarches, affirment leur prééminence, créent des écoles, construisent des églises, des hôpitaux, des orphelinats, ... Par contre, la mort violente ou la confiscation de leur fortune frappent indistinctement les sarafs des trois Millets, via des accusations calomnieuses. De plus, contraints de recouvrer certains impôts pour compenser des prêts à un pacha ne pouvant rembourser, ils sont considérés complices du pouvoir : boucs émissaires de l'État ottoman. Sarafs exécutés à Constantinople de 1716 à 1826: 26 Arméniens, 11 Grecs et 4 Juifs. Sarafs victimes de confiscation : 29 Arméniens, 3 Juifs et 1 Grec. Si les sarafs arméniens ont été longtemps les plus nombreux et les plus riches des minoritaires, "le XIXe siècle sonne leur déclin".
La création d'une administration à l'européenne a lieu en 1839: "le Sultan règne mais ne gouverne plus' C'est en fait "l'inachèvement des structures administratives " et "l'imperméabilité à toute transformation" qui ont permis aux sarafs de compenser en partie ces manques et de connaitre une grande prospérité. Une grave crise monétaire se déclare en Turquie dans les années 1840. "Les Européens en profitent pour briser le monopole des sarafs, car ils savent que pour dépecer l'Empire ottoman, il leur faut éliminer la puissance des amiras ". Une douzaine de sarafs réagissent en essayant de fonder la «Banque ottomane», en passant un contrat avec la Sublime Porte, afin que les Ottomans gardent la maitrise de leur économie ; Londres fomente alors un sabotage. L'Empire n'a pas d'endettement étranger mais cherche des profits à court terme et se jette dans les bras des capitalistes européens qui engendrent la dette étrangère et amorcent ainsi la ruine du pays. Pour les Arméniens de l'Empire une «constitution nationale» est rédigée en 1863 ; c'est aussi l'élection des patriarches et la fin de l'influence tant décriée des amiras/sarafs ; c'est enfin une nouvelle bourgeoisie qui transfère une partie des pouvoirs communautaires aux laïcs. "Les Arméniens ont écrit l'histoire de la banque et des finances de cet empire. Fidèles à un pays qu'ils n'ont jamais trahi, opposés à la dette étrangère, il fallait qu'ils quittent la scène pour que l'Europe prête à la Turquie et la porte dans la voie de la dépendance financière".

Jules Mardirossian, France-Arménien, numéro 404, Janvier 2014


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