Retour à l'Index des auteurs    Accueil
Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Général G. KORGANOFF

L'auteur

 
Général G. Korganoff, ancien sous-chef de l'état-major général du front du Caucase, à la guerre mondiale sur le front du Caucase (1914-1918).
ligne
Livre numéro 416
Général G. KORGANOFF --- Cliquer pour agrandir La Participation des Arméniens à la Guerre mondiale sur le Front du Caucase (1914-1918)
   
Titre : La Participation des Arméniens à la Guerre mondiale sur le Front du Caucase (1914-1918) / auteur(s) : Général G. KORGANOFF -
Editeur : Imprimerie Massis Editions, 208 bis, rue Lafayette, Paris
Année : 1927
Imprimeur/Fabricant :
Description : 14 cm x 25 cm, 212 pages
Collection :
Notes : Avec 19 schémas
Autres auteurs :
Sujets : Histoire, Caucase Première Guerre mondiale
ISBN :
Prix :

Commentaire :

Avant-propos
La guerre mondiale a prouvé une fois de plus que de quelque façon que n'évolue l'humanité, quelque grande que ne soit la diffusion des idées humanitaires dans le monde, le droit d'une existence indépendante des peuples ne peut être soutenu que par la lutte armée.
Ayant perdu son indépendance depuis des siècles, le peuple arménien, qui avait jalousement conservé sa physionomie raciale et sa culture nationale, ne pouvait ne pas prendre part à la grande conflagration, surtout sur le théâtre de guerre russo-turque qui comprenait entre autres le territoire de l'Arménie historique, et du côté des puissances de l'Entente, vers lesquelles le poussaient l'orientation de son histoire, ses intérêts nationaux et ses aspirations politiques.
Dès les premiers jours de la guerre, les Arméniens répondirent avec enthousiasme à l'appel de s'enrôler dans les armées de l'Entente et remplirent leur devoir jusqu'au bout.
Des volontaires affluèrent en grand nombre de tout côté pour se grouper sous les étendards des armées de l'Entente, ou pour former, quand les circonstances le permettaient, des éléments indépendants .
Survint la révolution russe, entraînant à sa suite la débâcle de l'armée russe et son abandon du front de la Transcaucasie. C'est aux seuls Arméniens qu'incombait maintenant la lourde tâche de sa défense, et l'Arménie, ayant levé ses propres troupes nationales, entra en lice du côté des Alliés comme Etat belligérant.
Privés de tout secours, même de liaison avec ses alliés, les Arméniens soutinrent bravement et avec opiniâtreté la lutte inégale, souvent dans des situations qui paraissaient sans issue, pendant sept mois, et ne succombèrent que deux mois avant la conclusion de l'armistice général, qui mit fin à la guerre mondiale. (Les Turcs entrèrent à Bakou le 15 septembre 1918.)
Cette lutte prolongée, obstinée, isolée, tout en forçant les Turcs à porter de ce côté une partie de leurs forces, retarda de sept mois la perte de la Transcaucasie, ce qui avait sa grande importance pour le théâtre de guerre asiatique.
La guerre, bien qu'elle imposât aux Arméniens des pertes en vies humaines inouïes, eut comme résultat la création d'un Etat arménien, si petit qu'il ne fut et si peu définie que n'ait été son organisation politique.
Les forces vitales du peuple arménien avaient héroïquement subi l'épreuve historique, et la première étape sur le chemin de la résurrection de l'Arménie avait été atteinte.

Pour bien pouvoir se rendre compte des conditions dans lesquelles les troupes arméniennes se sont trouvées durant les événements décrits dans ce livre, il est indispensable de jeter un coup d'oeil non seulement sur les opérations militaires, mais aussi sur la situation politique, comme elle se présentait à cette époque.
Toutes les parties de ce récit n'ont pu être traitées avec la même ampleur et documentation, par suite de l'absence en beaucoup de cas, de matériel des archives, en partie perdu et souvent inaccessible, comme se trouvant sur le territoire des Etats nouvellement formés en Transcaucasie.
Pour cette raison, le présent recueil n'a pas la prétention d'être une narration sans lacunes des événements qu'il traite, mais il n'y est pas mentionné un seul fait qui ne soit confirmé par des pièces officielles ou des dépositions de témoins oculaires.
Je n'ai pas parlé des opérations d'Andranik en Karabagh, car il les a décrites lui-même dans ses mémoires.
M'étant proposé comme seul but de donner une idée juste de l'importance de la participation de l'Arménie comme Etat belligérant du côté des puissances de l'Entente, je me suis abstenu de décrire des actions héroïques individuelles, considérant que, dans les moments historiques par lesquels passe une nation, c'est la manifestation de volonté, d'unité, de sacrifice de tout le peuple et non les exploits de certains de ses représentants qu'il importe d'étudier.
En outre, en décrivant les actions d'éclat de telles et telles personnes, et passant sous silence d'autres non moins glorieuses que je puis ignorer, j'aurais pu être taxé de partialité.
Je considère néanmoins de mon devoir de citer le fait que beaucoup d'officiers russes, de nationalité russe, nous ont aidé, avec une abnégation admirable, dans notre lutte inégale. II m'est impossible de ne pas faire mention des noms du général Vichinsky qui a accepté le poste de chef d'état-major du corps arménien, après avoir été chef d'état-major de l'armée du Caucase, du général Déeff, commandant de la forteresse de Kars, du colonel Morel, ancien attaché militaire à l'Ambassade russe à Tokyo, qui, lorsque les troupes russes se retiraient du Caucase, se trouvait à Erzindjan au moment de la crise fatale, du colonel Zinkévitch, ancien chef d'état-major des généraux Andranik et Silikoff, et enfin du colonel Efrémoff et de son détachement d'officiers, où des officiers de mérite servaient comme simples soldats. Je regrette de ne pouvoir énumérer, dans une courte préface, tous les noms, tous dignes de la plus grande gratitude de la part des Arméniens.

J'ai nommé mon livre: "La Participation des Arméniens à la guerre mondiale", mais mon récit n'a pas la prétention d'être une oeuvre historique complète ayant épuisé tout le sujet, et je serais heureux si les matériaux dont je me suis servi puissent être de quelque utilité aux historiens futurs pour l'étude de l'époque historique durant laquelle la nation arménienne a passé par de si cruelles épreuves et fait preuve de tant de vaillance et d'abnégation.

G. KORGANOFF, Paris, 1927


ligne

  Retour à l'Index des auteurs