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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Rafaël LEMKIN
( 1900 - 1959 )

L'auteur

Rafaël LEMKIN --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 24 juin 1900 à Bezwodne (Russie), décès le 28 août 1959 à New-York (USA).

Issu d'une famille juive polonaise, Lemkin est né en 1900 dans un village aujourd'hui situé en Lituanie, mais qui à l'époque se trouvait dans une zone où la Russie impériale autorisait les Juifs à résider. Le jeune Lemkin manifeste rapidement les deux caractéristiques qui vont façonner ses futures contributions : un don pour les langues et un vif intérêt pour les détails relatifs aux cas historiques de massacres de masse. Il s'intéresse très tôt au sac de Carthage, aux invasions mongoles et à la persécution des Huguenots français. À l'âge de douze ans, Lemkin lit « Quo Vadis », un roman publié en 1895 par le lauréat du Prix Nobel Henryk Sienkiewicz, qui relate le massacre des premiers chrétiens par les Romains au 1e siècle. Il est déjà révolté par les descriptions de Romains se réjouissant du spectacle des chrétiens dévorés par les lions.
Fortement influencé par sa mère, une intellectuelle très instruite, il maîtrise neuf langues à l'âge de 14 ans. À l'université, il étudie la linguistique et la philosophie avant de devenir un homme de loi en qualité de procureur public en Pologne. En 1933, il prépare à l'intention d'une conférence organisée par la Société des Nations une proposition visant à qualifier la destruction de collectivités raciales, religieuses ou sociales de crime au regard du droit international. Sa proposition n'est pas adoptée.

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, en 1939, Lemkin rejoint les rangs de l'armée polonaise. Blessé dans la défense perdue de Varsovie, il fuit. Un collègue de la faculté de droit de l'université Duke, en Caroline du Nord, l'aide à obtenir la permission d'entrer aux États-Unis en avril 1941.
Lemkin a perdu 49 membres de sa famille dans l'Holocauste. La dévastation de sa famille est le reflet de la destruction de la vie juive en Pologne. Selon Yad Vashem, le mémorial israélien officiel des victimes de l'Holocauste, la Pologne comptait avant la guerre 3,3 millions de Juifs. Près de 300.000 seulement ont survécu à la guerre, parmi eux le frère, la belle-sœur et deux neveux de Lemkin, emprisonnés dans un camp de travail soviétique.

Les connaissances de Lemkin en matière de droit international l'aident beaucoup aux États-Unis. Il fait partie de la faculté de droit de l'université Duke et conseille diverses agences du gouvernement, notamment le ministère de la guerre. En même temps, il se consacre à une étude sur la façon dont le gouvernement nazi et ses alliés gouvernent les pays occupés durant la guerre. En novembre 1944, la Fondation Carnegie pour la paix internationale publie cette étude sous le titre « Axis Rule in Occupied Europe ».

C'est dans cet ouvrage que Lemkin introduit le mot « génocide ».« De nouveaux concepts nécessitent de nouveaux mots. Par génocide, nous entendons la destruction d'une nation ou d'un groupe ethnique. » Mot hybride composé de la racine grecque « geno » (qui signifie race ou tribu) et du suffixe latin « cide » (meurtre), le nouveau terme était court et facile à prononcer.
Durant le reste de sa vie, Lemkin œuvre sans faillir en faveur de l'interdiction universelle du « crime sans nom » qu'il a nommé. En 1945 et 1946, lors des procès des criminels nazis à Nüremberg, Lemkin conseille le principal juriste des États-Unis, le juge de la Cour suprême Robert Jackson.
Il consacre ensuite son énergie à la nouvelle Organisation des Nations unies. Il contribue à la rédaction d'une convention définissant et interdisant le génocide et milite inlassablement en faveur de son adoption. En décembre 1948, l'Assemblée générale adopte la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Entrée en vigueur en janvier 1951, elle interdit tout acte « commis avec l'intention de détruire, en totalité ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ».

Pour la première fois, les nations du monde affirment le rôle du droit international s'agissant de protéger les individus de la persécution pour des raisons d'identité.
Son œuvre achevée, Lemkin s'efface rapidement de la scène internationale, sombre dans l'oubli et décède le 28 août 1959 dans la pauvreté.

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Livre numéro 1297
Rafaël LEMKIN --- Cliquer pour agrandir Qu'est-ce qu'un génocide ?
Titre : Qu'est-ce qu'un génocide ? / auteur(s) : Rafaël LEMKIN - Préface de Jean-Louis Panné, Avant-propos par George A. Finch
Editeur : editions du rocher
Année : 2008
Imprimeur/Fabricant : Imprimerie Floch à Mayenne
Description : 315 pages, 22 x 14 cm
Collection : Démocratie ou totalitarisme
Notes : Trad. partielle de l'original. - Notes bibliogr.; Traduit de l'anglais ; Annexes : I Convention pour la préparation et la répression du crime de génocide ; II Miron Dolot, Rafaël Lemkin, Lectures croisées
Autres auteurs :
Sujets : Guerre mondiale (1939-1945) -- Réparations de guerre
ISBN : 9782268063980
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 22,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Juriste polonais d’origine juive, Rafaël Lemkin (1900-1959) a forgé le mot GÉNOCIDE, qui apparaît pour la première fois dans son ouvrage Axis Rule in Occupied Europe, publié en 1944, mot entré aujourd’hui dans le langage courant, phénomène assez rare.
A l’issue d’une longue et minutieuse enquête sur les persécutions nazies et au terme d’un extraordinaire parcours personnel, Lemkin répondait indirectement à Churchill qui avait parlé des « crimes sans nom » commis par les nazis. Surtout, il poursuivait, par là, un combat engagé dès les années 1930 pour l’adoption d’une législation internationale permettant de poursuivre les criminels de guerre, les exterminateurs en masse, les coupables de génocide. On lui doit la Convention sur le génocide adopté en 1948 par les Nations Unies au moment même où cette assemblée proclamait la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Dans sa préface, Jean-Louis Panné retrace la vie de cet homme exceptionnel trop méconnu en France, et restitue son cheminement intellectuel. Publier l’analyse qui a amené Lemkin à créer ce mot nouveau pour rendre compte d’une réalité tragique, est à la fois lui rendre justice mais aussi une invitation à poursuivre sa réflexion sur une question centrale de l’histoire du 20e siècle et les prolongements actuels qu’elle connaît.
Par l’ampleur des questions abordées, le livre de Lemkin pénètre le cœur de la politique nazie d’occupation durant la Seconde Guerre mondiale ; il fait figure de précurseur auprès de certains historiens tant son tableau des multiples formes du pouvoir nazi sur l’Europe est riche et complexe.

Ce livre contient :
• Introduction par Jean-Louis Panné : Le pouvoir d’un sans pouvoir.
• Rafaël Lemkin : Axis Rule in Occupied Europe (1944) : Le Pouvoir de l’Axe en Europe occupée, chapitres I à IX.
• Rafaël Lemkin : Le Crime de génocide (1946).
• Annexe I : Convention sur le génocide adoptée le 9 décembre 1948 par les Nations Unies.
• Annexe II : Jean-Louis Panné : Miron Dolot – Rafaël Lemkin, lectures croisées ; à propos de la grande famine en Ukraine 1932-1933.


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