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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

André Nicolayévitch MANDELSTAM
( 1869 - 1949 )

L'auteur

 
Juriste, universitaire et diplomate, grand connaisseur de la Question d'Orient et de la Question arménienne, champion des Droits de l'homme.
Très nombreux articles juridiques, politiques.

D'origine russe (déchu de sa nationalité après la Révolution russe).

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Livre numéro 463
André Nicolayévitch MANDELSTAM --- Cliquer pour agrandir La Société des nations et les puissances devant le problème arménien
 
Titre : La Société des nations et les puissances devant le problème arménien / auteur(s) : André Nicolayévitch MANDELSTAM - Préface de Edmond Wadih Haïm, Doyen de la Faculté de Droit de l’Université libanaise
Editeur : Association Libanaise des Universitaires Arméniens
Année : 1970
Imprimeur/Fabricant : Imp. Hamaskaïne, Beyrouth (Liban)
Description : 520 p. 220x175 mm, 2 cartes
Collection : Documents
Notes : Première édition : Paris, Pédone, 1926
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ISBN :
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
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Préface (de la seconde édition de Beyrouth)
C'est au début de ce siècle que le principe des nationalités a été adopté dans les relations internationales et, avec hésitation, transposé dans le Droit International Public. D'après ce principe, a droit à l'autonomie« tout groupe social dont les membres ont, d'une façon générale, des affinités communes ».
On y est arrivé après que de grands penseurs aient analysé les structures de l'État et discuté de sa légitimité: l'homme naissant libre, il en résulte que l'État n'est légitime que si tous les groupes qui le composent l'acceptent ; il peut, aussi, être modifié par le même processus. C'est en effet aux citoyens d'une société de déterminer le sort politique de l'unité territoriale sur laquelle ils vivent. L'élan du groupement pour tracer les frontières de son pays ressemble, a-t-on dit, à « une âme à la recherche d'un corps ».
Par l'application de ce principe on peut arriver à l'érection d'un État nouveau ou à la constitution, à l'intérieur d'un même État, de plusieurs pays fédérés. Mais toujours est-il que toute nation, dans le sens que nous employons, a droit à se constituer en État. S'il n'y a pas correspondance entre la nation et l'État, la sécession et le remembrement sont légitimes. Ceci se réalisera par la constitution d'un État nouveau ou la fusion des branches du groupement dans un État préexistant.
Quand l'idée de nationalité s'implante dans la conscience du groupement, la tâche qui s'impose à la diplomatie sera de déterminer dans quelle mesure le principe des nationalités peut être concilié avec d'autres principes considérés jusqu'aujourd'hui comme légitimes. C'est à cet effet que les solutions seront envisagées : sécession, remembrement, protection des minorités, etc... Il y a lieu alors de départager les valeurs.
Souvent, I'existence de l'État dans lequel vit le groupement est un obstacle à l'application intégrale du principe. C'est alors entre l'État et le groupement une lutte dont l'Histoire nous rappelle les épisodes tragiques. Les U.S.A., la Confédération Suisse, l'Angleterre, l'Empire ottoman, l'Autriche-Hongrie ont étouffé, par le feu et le sang, à différentes périodes de leur histoire, les mouvements nationalistes sécessionnistes.

Ce livre retrace les épisodes des années terribles de l'histoire du peuple arménien qui a subi, autant que les Arabes, le joug des sultans ottomans. Ces jours sombres dont se rappellent toujours les survivants arméniens de ce temps y sont rapportés et puisés dans des enquêtes et des documents authentiques.
On a bien dit que les souvenirs sont une puissance qui, souvent, unit. Peu importe qu'ils évoquent des jours heureux~ ou des jours sombres. Les malheurs subis ensemble cimentent la solidarité beaucoup plus que le bonheur; et dans l'histoire des nations il est des défaites qui, plus que des victoires, ont ressuscité les énergies. Quand les Arméniens se rappellent les souffrances décrites dans ce livre, ils réalisent qu'ils ont une même destinée et sont solidaires les uns des autres.
Mais—et c'est là tout le problème—la diplomatie pourra-t-elle aujourd'hui opérer les sécessions et remembrements nécessaires à l'effet de constituer l'État d'Arménie que les Alliés avaient projeté d'édifier après la fin de la guerre de 1914-1918 ?
Les leçons de l'histoire nous rendent sceptiques. Seules les guerres—avec la désolation et l'amertume qu'elles entraînent—ont fait redresser les torts que d'autres violences, d'autres guerres, avaient causés. Mais les relations internationales évoluent—quoique lentement —dans le sens de l'incorporation des principes de droit naturel au Droit International Public positif. Un jour viendra peut-être—que nous ne verrons pas nous-mêmes —où, en faisant application de ces principes, on redressera ce qui sera resté des situations qui, quoique consolidées par le temps, étaient nées de la violence.

Edmond Wadih Naïm, Doyen de la Faculté de droit de l’Université libanaise


Livre numéro 919
  La Protection internationale des minorités
 
Titre : La Protection internationale des minorités / auteur(s) : André Nicolayévitch MANDELSTAM - Première partie. La Protection des minorités en droit international positif
Editeur :
Année : 1931
Imprimeur/Fabricant : Bordeaux, impr. J. Bière ; Paris, Libr. du ″Recueil Sirey″, 22, rue Soufflot
Description : In-8, XX-223 p
Collection :
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ISBN :
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
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Livre numéro 923
  Confiscation des biens des réfugiés arméniens par le Gouvernement turc
 
Titre : Confiscation des biens des réfugiés arméniens par le Gouvernement turc / auteur(s) : André Nicolayévitch MANDELSTAM - Consultation de... Gilbert Gidel, Albert de Lapradelle, Louis Le Fur,... et André N. Mandelstam,... [Préface de Léon Pachalian.]
Editeur :
Année : 1929
Imprimeur/Fabricant : Paris, impr. de Massis
Description : In-8, 95 p.
Collection :
Notes :
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ISBN :
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix :

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Livre numéro 920
André Nicolayévitch MANDELSTAM --- Cliquer pour agrandir La Société des nations et les puissances devant le problème arménien
 
Titre : La Société des nations et les puissances devant le problème arménien / auteur(s) : André Nicolayévitch MANDELSTAM -
Editeur : A. Pedone
Année : 1926
Imprimeur/Fabricant : Henri Dupuis, Paris
Description : Gr. in-8, VIII-355 p
Collection :
Notes : Édition spéciale de la Revue générale de droit international public
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ISBN :
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix :

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Livre numéro 925
  Mémoire sur la délimitation des droits de l'Etat et de la Nation, d'après la doctrine du Président Wilson
 
Titre : Mémoire sur la délimitation des droits de l'Etat et de la Nation, d'après la doctrine du Président Wilson / auteur(s) : André Nicolayévitch MANDELSTAM -
Editeur : Paris
Année : 1919
Imprimeur/Fabricant :
Description :
Collection :
Notes :
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ISBN :
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix :

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Livre numéro 924
  La Turquie, conférence de M. André Mandelstam
 
Titre : La Turquie, conférence de M. André Mandelstam / auteur(s) : André Nicolayévitch MANDELSTAM -
Editeur :
Année : 1918
Imprimeur/Fabricant : Paris : impr. de M. Flinikowski
Description : In-8, 38 p.
Collection :
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ISBN :
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
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Livre numéro 921
André Nicolayévitch MANDELSTAM --- Cliquer pour agrandir Le Sort de l'Empire ottoman
 
Titre : Le Sort de l'Empire ottoman / auteur(s) : André Nicolayévitch MANDELSTAM -
Editeur : Payot
Année : 1917
Imprimeur/Fabricant : Lausanne - Imprimeries réunies
Description : In-8, XII-631 p.
Collection :
Notes : Annexes pp. 588-608, Index pp. 609-631
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ISBN :
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix :

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PRÉFACE

Ce livre est l'œuvre d'un libéral russe, d'un juriste qui aime le droit, et qui a passé seize ans dans un Empire qui a déclaré à l'idée du droit une guerre éternelle. Dès lors, tout homme de cœur comprendra pourquoi l'auteur s'attaque aujourd'hui à l'Empire Ottoman.
Dès notre arrivée en Turquie, en 1898, nous avons ressenti la haine que conçoit naturellement tout esprit libéral pour le Sultan Rouge, et cette haine n'a fait que croître durant les dix années au cours desquelles nous avons dû être le témoin indigné et impuissant de ses crimes. Mais cette haine ne s'étendait aucunement au peuple turc. Bien au contraire. Arrivé à Constantinople après les massacres arméniens de 1895-1896, et voyant les libéraux turcs souffrir non moins, peut-être, sous la griffe sanglante d'ABD-UL-HAMID, que les chrétiens, nous avons cru sans peine ce que nous avaient dit nos collègues turcs à l'École des sciences politiques de Paris : que le peuple turc était foncièrement bon et noble, et que son gouvernement seul le déshonorait, en commettant en son nom des crimes dont l'horreur faisait frémir ses sujets turcs non moins que l'Europe.
C'est donc avec une joie sincère que nous avons accueilli, nous, libéral russe, le soleil levant de la révolution jeune-turque de 1908, dont les premiers rayons promettaient des temps meilleurs pour tous les peuples installés sur le vaste territoire de l'Empire Ottoman. D'autant plus — on pouvait l’espérer, du moins, — que le rapprochement entre la Russie, la France et l'Angleterre, d'un côté, et la nouvelle Turquie de l'autre, permettrait d'opposer un digue aux plans pangermanistes qui se dessinaient avec une clarté chaque jour plus inquiétante.
Ces illusions, on le sait, étaient celles de la majeure partie de libéraux de l'Europe. Malheureusement, elles ne furent pas de longue durée. Les Jeunes-Turcs, qui se flattaient au début de suivre l'idéal girondin, finirent par devenir de sinistres jacobins, chez lesquels un chauvinisme aigu et un panislamisme combatif, d'au tant plus révoltant qu'il ne reposait sur aucune conviction religieuse, remplacèrent les grands principes de la Révolution.
Non pas que nous nous joignions à ceux qui proclament que les Jeunes-Turcs n'ont jamais été sincères. Les ayant beaucoup fréquentés pendant les premiers mois de leur révolution, nous avons conservé de nos entretiens amicaux de ce temps l'impression qu'ils caressaient, en effet, le rêve d'un Etat Ottoman où tous les citoyens seraient libres et égaux ; ils ne comprenaient cependant pas, même alors, qu'aucune des vieilles races non-turques de l'Empire ne consentirait à se laisser fondre dans un ottomanisme incolore, et que dans la reconnaissance des droits de l'homme, il faudrait comprendre celui au libre développement du génie de sa nationalité. Mais, du moins, les Jeunes-Turcs restèrent fidèles à cet « ottomanisme libéral » jusqu'au coup d'Etat réactionnaire du 31 mars /13 avril 1909, à leur exode à Salonique et à leur retour triomphal à Constantinople avec l'armée de MAHMOUD CHEFKET PACHA.
C'est à partir de ce retour que se révéla toute la petitesse, toute la pusillanimité de ces hommes qui, s'ils avaient eu une attitude virile et conforme aux idéals proclamés par eux, auraient certainement donné une autre face à plusieurs des événements qui ont préludé à la guerre mondiale. En face de l'ignorance crasse et du fanatisme borné du peuple turc, qui avait éclaté à leurs yeux dans la journée du 31 mars, et qui avait coûté la vie à certains d'entre eux, et mis en péril celle des autres, les « réformateurs » turcs sentirent leur rêve se dissiper. Au lieu de profiter de la victoire de MAHMOUD CHEFKET PACHA pour imposer, par la force, le respect du droit, ils abdiquèrent tous leurs idéals ; et au lieu de tirer le peuple turc de l'ignorance où il croupissait, ils résolurent de flatter dorénavant ses plus vils instincts pour pouvoir l'exploiter à leur aise. Tout ce que ce peuple gagna au change, ce fut d'avoir plusieurs ABD-UL-HAMID au lieu d'un. Les révolutionnaires d'hier devinrent des aventuriers.
C'est en vain que les Représentants des pays de l'Entente, et, parmi eux, en première ligne les ambassadeurs TCHARYKOW et BOMPARD, tâchèrent d'arrêter les nouveaux tyranneaux dans leur course à l'abîme. Les conseils de sagesse et de tolérance prodigués par ces diplomates étaient attribués aux visées égoïstes de leurs pays. Les voix amicales françaises, comme celle de RENÉ MOULIN, indiquant à côté de la force la faiblesse de la Jeune-Turquie, ou criant casse-cou, comme celle de RENÉ PINON, dès le premier réveil du fanatisme, ne furent pas écoutées . Les avertissements d'un MILIOUKOFF, ami éprouvé de la liberté, ne provoquèrent que la suspicion, les remontrances du Times que la haine. Les services des dévoués collaborateurs européens de la première heure, des CHARLES LAURENT, des OSTROROG, furent dédaignés, leurs efforts contrecarrés. En un mot, les Jeunes-Turcs oublièrent complètement que si l'Europe civilisée avait fait crédit à leur révolution, c'était à la condition qu'ils fissent de la Turquie un Etat civilisé.
Il n'est que juste, cependant, de dire dès à présent que la rapidité vertigineuse avec laquelle les meneurs jeunes-turcs déclinaient dans l'estime de tous les éléments honnêtes du monde, n'était pas seulement la conséquence de leur faillite morale depuis la catastrophe du 31 mars. La grande adoratrice de la Force, le grand apôtre du matérialisme, la grande initiatrice du Mal, l'Allemagne moderne, se dressait à côté de ces renégats de la liberté. Elle flattait leurs ambitions secrètes, encourageait leurs instincts ataviques, les poussait aux excès irréparables, et, ce faisant, elle couvrait tout le pays d'un filet d'acier dont l'indolence orientale ne pouvait le dégager. Jamais encore un peuple n'en a subjugué un autre par de si vilains moyens. Et jamais encore l'élève n'a mis tant de zèle à surpasser le maître dans sa vilenie.
Ta'limi allemân (leçon allemande), voilà, de l'aveu des Allemands eux-mêmes, les paroles que murmurent déjà les lèvres turques qui osent exprimer les pensées que la guerre a fini par faire naître dans les âmes les plus simples. Ta'limi allemân, chuchotent les Turcs, quand on leur demande pourquoi la Turquie est entrée en guerre contre les puissances qui lui garantissaient son intégrité. Ta'limi allemân ! répètent-ils quand on leur demande pourquoi ils font, eux musulmans, de concert avec des chrétiens, la « guerre sainte » à d'autres chrétiens, alliés ceux-ci au descendant du Prophète, le Chérif de la Mecque. Ta'limi allemân ! répondent-ils quand on leur reproche le massacre des Arméniens et des Nestoriens, la mise à mort par la famine des habitants de la Syrie et du Liban, la pendaison des patriotes arabes. Ta'limi allemân ! Ta'limi allemân! Ce cri, aujourd'hui encore sourd murmure d'esclaves craintifs, grossira à chaque coup que les victoires de l'Entente porteront aux armures de leurs maîtres, et le jour où, enfin, la grande prêtresse de la Force tombera vaincue auprès de son autel, le peuple turc, conscient de ses abominables crimes, éclaboussé de honte et de sang, se voyant livré aux bras des peuples vengeurs du Droit, poussera une immense clameur : Ta'limi allemân ! Tali'mi allemân !
Gardons-nous alors d'une trop grande rigueur. Considérons que le peuple turc est un peuple ignorant et primitif, qui a été livré par des aventuriers à l'Allemagne. Mettons-le au bénéfice du Ta'limi allemân ! Accordons-lui les circonstances atténuantes que nous ne refusons pas aux grands criminels. Mais n'oublions pas ses crimes. Nous n'en avons pas le droit. Comme l'ont proclamé les chefs des gouvernements de l'Entente, il doit réparer, il doit restituer, et surtout donner des garanties contre la répétition de semblables méfaits...
Dans le grand procès de l'Empire Ottoman, qui se déroule devant le Tribunal de l'humanité, procès que le Comité Union et Progrès appelle lui-même dans ses récentes déclarations, personne n'a le droit de se taire, car le silence serait la complicité. Qui tacuit ubi loqui potuit ac debuit consentire videtur. Or, nous ne consentons point. Notre conscience rejette les horribles théories allemandes et se refuse à proclamer le triomphe de la force sur le droit. Notre conception de la justice n'admet pas la souveraineté absolue, illimitée, de l'Etat, ce moloch moderne piétinant les droits des nations et des hommes. Nous croyons à une seule souveraineté, à celle qu'a proclamée MIRABEAU, la souveraineté du droit. Nous croyons qu'au-dessus du droit de l'Etat s'élève le droit international, et au-dessus de tous les deux, le droit humain.
Dès lors ç'a été pour nous un devoir impérieux d'écrire ce livre. Devoir d'homme qui a consacré une grande partie de son activité à l'étude du droit, devoir d'homme qui a passé une partie de sa vie à l'étude de l'Empire Ottoman, où il est resté pendant seize ans, à un poste d'où il pouvait observer et juger . Comme juriste russe, comme Associé de l'Institut de Droit international, comme Secrétaire de la seconde Conférence de la Paix, comme fils enfin de la grande Russie libre, nous avons voulu dire notre opinion intime sur le cas : Civilisation contre Empire Ottoman, engagé pour la dernière fois devant le Tribunal de l'histoire.
Dès lors, le plan du livre s'est imposé de lui-même. Dans la première partie, nous présentons une histoire succincte du régime jeune-turc, tel que nous l'avons vu en témoin oculaire. Quant à nos appréciations, nous déclarons n'avoir voulu blesser intentionnellement qui que ce soit. Nous n'avons dit que ce que nous croyions indispensable à l'intelligence des événements. Nous n'avons aucune animosité personnelle contre aucun des chefs jeunes-turcs, si ce n'est celle d'avoir à porter un jugement sévère sur des hommes en la sincérité, la loyauté et la générosité desquels nous avons cru trop longtemps, et que nous devons flétrir aujourd'hui comme des renégats. Mais nous ne regrettons pas notre confiance d'alors. D'ailleurs, l'Europe entière n'a pas à se repentir d'avoir donné aux Jeunes-Turcs un délai pour faire la preuve de leur droit à l'Empire. C'est mieux ainsi. Car l'histoire ne pourra pas dire que les crimes de ses sultans ont empêché le peuple turc de montrer à l'univers son âme véritable.
La seconde partie de ce livre analyse la neutralité turque et réfute les arguments par lesquels la Turquie tâche d'expliquer son entrée en guerre.
La troisième partie décrit, aussi exactement que nos moyens d'information nous le permettaient, la Turquie sous l'Allemagne, la Turquie sous le Califat de Berlin, selon le mot de M. SAZONOW.
La quatrième partie établit le droit à l'intervention d'humanité, en théorie d'abord, dans les consciences juridiques des peuples de l'Entente, ensuite. Et le livre finit par l'application du principe de l'intervention au criminel convaincu de lèse-humanité — à l'Empire Ottoman, — déclaré déchu de sa tutelle sur les peuples non-turcs, au nom du Droit humain.
Nous nous défendons d'avoir écrit un livre politique. Ce livre poursuit un but juridique, celui de l'avènement du Droit humain dans les contrées qui gémissent encore sous le joug turc. Nous n'envisageons pas ici la libération des peuples de l'Empire Ottoman en connexité avec tel ou tel état momentané de la carte de guerre, ou en relation avec telle ou telle combinaison politique. Nous avons voulu exposer le droit intuitif, la conscience juridique des peuples de l'Entente. Nous présentons la disparition de l'Empire Ottoman comme le corollaire logique et inévitable du but général permanent proclamé par l'Entente, l'établissement de la Paix par le Droit. Nous voulons prouver que ce but magnifique est inconciliable avec le maintien de la domination turque sur une autre race quelconque.
Dès lors, qu'on ne nous accuse pas d'un orgueil démesuré, pour avoir entrepris de faire le procès d'un grand et ancien Empire. Nous n'avons voulu qu'accomplir un devoir, contribuer dans la mesure de nos forces à l'établissement de la vérité. Si nous avons failli à notre tâche, qu'on nous excuse en faveur de la sincérité de notre effort. Mais si nous avons réussi à faire pénétrer un peu de lumière dans cette grande et grave question, qu'on ne nous en fasse pas un mérite. Car, dans ces temps inouïs, plus que jamais, l'individu agit sous la seule impulsion de l'histoire et des grandes idées qui se choquent sur son théâtre. Et nous, nous ne sommes qu'un simple soldat russe de l'Entente, baignant son âme dans les rayons du grand idéal de la Paix par le Droit, le seul pour lequel aujourd'hui il vaille la peine de vivre et de mourir. Plus grand que la haine pour le vampire qu'est l'Empire Ottoman, est notre amour pour les races qu'il opprime. C'est l'amour pour les faibles, amour éternel, sans limites, qui a guidé notre plume. Et en écrivant les pages qu'on va lire, nous avons senti notre cœur battre à l'unisson avec les messages admirables d'un WILSON ; notre âme s'est réconfortée à l'énergie superbe d'un BRIAND ; elle a été inondée par la clarté lumineuse d'un TITTONI et d'un SONNINO ; elle a été pénétrée par la fermeté d'acier d'un LLOYD GEORGE, d'un BALFOUR, d'un ASQUITH ; elle a frémi de l'enthousiasme sacré d'un KERENSKI, elle a traversé les angoisses patriotiques d'un GOUTCHKOFF et elle a vibré aux paroles justicières et libératrices d'un MILIOUKOFF.
C'est le souffle de ces hommes généreux et de leurs peuples, ce sont les visions du martyre des Arméniens, des Belges, des Roumains, des Serbes qui ont animé cet ouvrage ; nous le présentons aux amis du Droit avec le vœu ardent que toutes les races habitant la Turquie d'aujourd'hui, que le peuple turc lui-même, soient enfin libérés de ce cauchemar qu'est l'Empire Ottoman.
Genève, 23 septembre 1917.
ANDRÉ MANDELSTAM.


Livre numéro 926
  Le sort de l'Empire ottoman
 
Titre : Le sort de l'Empire ottoman / auteur(s) : André Nicolayévitch MANDELSTAM -
Editeur : Payot
Année : 1911
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Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
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Livre numéro 922
  La Justice ottomane dans ses relations avec les Puissances étrangères
 
Titre : La Justice ottomane dans ses relations avec les Puissances étrangères / auteur(s) : André Nicolayévitch MANDELSTAM -
Editeur : Paris
Année : 1910
Imprimeur/Fabricant :
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Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
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