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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Mihran MAVIAN
( 1900 - 1983 )

L'auteur

 
Naissance en juillet 1900 à Ada-Bazar (Asie Mineure), décès en septembre 1983.

De parents arméniens, il fait ses études jusqu'en Terminale au Lycée d'Ada-Bazar et veut entreprendre des études de médecine lorsque le gouvernement ottoman déporte toute sa famille vers la Syrie en 1915. Ses parents et l'une de ses sœurs trouvent, la mort dans le désert.
Mihran Mavian s'emploie à toutes sortes de travaux et pérégrine, comme beaucoup de ses compatriotes, à travers la Grèce et la Bulgarie après être resté quelque temps en Egypte.
Il arrive à Marseille en 1923, cherche du travail et se décide très vite à suivre des cours du soir de bottier-modéliste, il obtient le diplôme, une médaille d'argent et commence à travailler dans l'industrie de la chaussure.
Très vite, il entre au Parti Communiste et devient l'un des membres actifs du Syndicat des métiers de la chaussure. Il épouse en 1930 Béatrice Ovsépian, ils ont deux enfants, Alice et Gérard.
En résistance dès le début de la guerre, il rencontre Manouchian, l'apprécie et le fait entrer au M.O.I. Agent de liaison sur Paris et sa région, il est arrêté par la Gestapo le 23 février 1944, sur son lieu de travail dans le XVIIIe Arrondissement de Paris.
Emprisonné à Fresnes jusqu'au 18 mars 1944 il y est odieusement torturé, il est envoyé au camp de Compiègne-Royallieu puis déporté à Auschwitz où le convoi du 27 avril 1944 devait être gazé. In extremis, le convoi composé essentiellement de Français, est orienté sur Buchenwald fin mai 1944 où Mavian, fidèle à ses idées, sabote ce qu'il fabrique à l'Usine Messerschmitt du camp et est expédié fin juin, début juillet 1944 vers le camp d'extermination de Flossenbürg, près de la frontière tchèque dans les montagnes de Bohême. L'armée américaine libère le camp le 23 avril 1945, mais les SS ont fait évacuer le camp et il affronte avec ses compagnons d'infortune, 'les marches de la mort' sur des dizaines de kilomètres où les plus faibles meurent, assassinés au moindre faux pas.
Il retrouve sa famille à Paris en mai 1945, il pèse 40 kg, a le cœur d'un vieillard de 75 ans et recouvre en partie très lentement la santé.
Il est invité à DACHAU en juillet 1946 pour témoigner au procès des tortionnaires du camp d'extermination de Flossenbürg.
Mavian a reçu en 1976 la médaille de Vermeil de la ville de Paris des mains de Monsieur Jacques Chirac, pour faits de résistance.
Jusqu'à la fin de sa vie en septembre 1983, Mihran a développé les relations amicales et culturelles entre la France et l'Arménie, travaillé pour le renforcement de la paix et de l'amitié entre les peuples, pour éviter une nouvelle guerre, lui qui en avait déjà subi deux, c'est peut-être pour cette raison qu'il apprenait l'esperanto.

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Livre numéro 1552
Mihran MAVIAN --- Cliquer pour agrandir Par-delà les ténèbres
Titre : Par-delà les ténèbres / auteur(s) : Mihran MAVIAN - traduit de l'arménien par traduit de l'arménien par sa fille Alice Marietan-Mavian
Editeur : Mémorial de l internement et de la déportation
Année : 2010
Imprimeur/Fabricant : 60-Compiègne : Impr. Telliez communication
Description : 1 vol. (163 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. ; 24 cm
Collection :
Notes : Titre original : Vodjiri antachkharèn, Editions Hayasdan -Yerevan 1976
Autres auteurs :
Sujets : Guerre mondiale (1939-1945) -- Camps de concentration -- Récits personnels arméniens
ISBN : 9782953432824
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 18,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Témoignage bouleversant de Mihran Mavian, communiste arménien de France, déporté en 1944 dans les camps d'Auschwitz, de Buchenwald, et de Flossenbürg. Ce résistant, rescapé du génocide arménien de 1915 et compagnon de Missak Manouchian, décrit l’horreur, les sévices de toutes sortes, la cruauté physique et mentale qui règnent dans les camps nazis, et montre dans le même temps la diversité d’hommes, de groupes sociaux, de nationalités, d’idées politiques et de confessions qu'il y rencontre. Un récit bouleversant qui parvient jusqu'à nous.

Autre commentaire
Cet ouvrage est le témoignage de la détention dans les camps de la mort du résistant communiste arménien, Mihran Mavian, né en 1900 à Ada-Bazar et rescapé du Génocide arménien. Agent actif de liaison de la MOI et frère d'armes de Missak Manouchian, Mavian sera arrêté sur son lieu de travail à Paris par la Gestapo le 23 février 1944. Emprisonné à Fresnes jusqu'au 18 mars 1944, il sera odieusement torturé avant d'être envoyé au camp de Compiègne-Royallieu puis déporté à Auschwitz afin d'être gazé, pour être finalement orienté successivement sur Buchenwald et le camp d'extermination de Flossenburg en Bohême. Miraculeusement rescapé, il retrouve à Paris sa famille en mai 1945, ne pesant plus que 40 kg. Très rare récit d'un déporté arménien dans les camps nazis, la force de ce livre bouleversant est le véritable message de fraternité humaine que l'auteur partagera dans les camps de concentrations au travers de la diversité des nationalités, des opinions politiques ou philosophiques, des confessions. Ils resteront unis par une même communion de pensée dans l'espérance d'un monde futur libéré des méfaits du fascisme hitlérien : la "solidarité des ébranlés" comme l'aura si bien décrit Jan Patochka. Edité initialement en 1976, en Arménie, sous le titre Vodjiri antachkharèn, ce livre de souvenirs a été traduit par la propre fille de l'auteur, Alice Mavian, notre consoeur du journal Achkhar. Lors de la publication de cette traduction, Alice Mavian déclarait dans l'introduction du livre : "J'espère ne pas décevoir mon père, lui qui, au seuil de sa mort, m'a révélé qu'il avait enterré sa mère en grattant les sables du désert en 1915."

Ara Babanian, France-Arménie, numéro 378, Septembre 2011


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