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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Tateos MINASSIAN
( 1882 - 1959 )

L'auteur

Tateos MINASSIAN --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 10 septembre 1882 à Gürün (Turquie), décès le 29 septembre 1959 à Lyon (Rhône, France).

Ci-dessous, biographie transmise à l’ACAM par J-J. KARAGUEUZIAN

Tatéos MINASSIAN est né en 1882 à Gürün, ville située au sud du vilayet de Sebastia/Sivas en "Arménie mineure", selon la dénomination de l'historien grec Ptolémée. Gürun, à la veille de 1914 comptait 11 850 personnes (source R.H. Kevorkian), pour plus des trois quarts des arméniens. La ville était réputée dans tout l'empire ottoman et même en Europe pour ses productions de tapis, de cotonnades et surtout de ses châles en laine.
Tatéos a treize ans en 1895, quand la ville subit les massacres hamidiens qui font 250 à 300.000 victimes arméniennes dans toute la Turquie de l'est. Il voit ses parents massacrés sous ses yeux et son frère aîné Kirkor, blessé de onze coups de couteau, laissé pour mort. Tatéos échappe par miracle au pogrom, en se cachant, nul ne saura jamais comment, car il ne s'en ouvrit jamais à quiconque. Irracontable.
Orphelin, il est alors recueilli et adopté par sa tante Vartouhi, qui n'a pas d'enfant, mariée et vivant à Keskin Maden, à 110 km au sud-est d'Angora/Ankara. Il l'appellera désormais sa mère.
Keskin appartient au sandjak de Kirchehir. Les arméniens y sont au nombre de 2.650 (440 familles –source R.H.Kevorkian – les Arméniens dans l'empire ottoman à la veille de 1914). Beaucoup sont originaires de Gürun.

Doté d'une petite instruction, Tatéos s'oriente vers le commerce de tissus, de mohair et de blé, ses clients le payant en ces deux dernières matières.
En 1907, il est marié à Makrouhi Bardzakian, troisième fille d'un notable de Keskin, Ohannes Bardzakian, lui-même originaire de Gürun. Un fils, Manouk, nait en 1908, puis une fille, Berdjouhi, en 1912.
Fin juillet 1915, au dixième mois de la guerre, alors que les arméniens, depuis mars, n'ont plus le droit de se déplacer au delà de 5 km de leur demeure, et qu'aucune information ni journal ne circule plus depuis des mois, sentant monter l'insécurité et prétextant à un intendant de l'armée turque venu s'approvisionner en blé à Keskin, qu'il pourra livrer plus de blé, s'il va à Ankara, il obtient un sauf-conduit pour Ankara, d'où il pense pouvoir gagner Constantinople.
Mais il arrive la veille de la rafle des arméniens apostoliques d'Ankara (300 familles sur 1.600 familles, la communauté arménienne d'Ankara étant essentiellement constituée de catholiques sous protection du Vatican et de l'Autriche alliée de la Turquie).
Il réussit à se cacher pendant trois semaines chez un ami arménien catholique Onnik Potoukian.
Trois semaines après, les arméniens catholiques sont également emprisonnés et la déportation commence vers Césarée, Alep puis Der Zor.
Son livre Houcher-Souvenirs raconte comment il arrive à travers beaucoup d'arcanes à se sauver de la déportation et à survivre sous une fausse identité jusqu'à la fin de la guerre.
En 1918, à la victoire des Alliés, il retrouve sa famille à Keskin. Il essaie tant bien que mal de reprendre ses affaires, mais devant l'inimitié et la jalousie ambiantes, il s'enfuit de Keskin, une nuit de 1920, en pleine guerre gréco-turque, pour sauver sa vie et rejoindre Constantinople après bien des vicissitudes via Samsun.
Après la victoire de Mustafa Kemal sur l'armée grecque en 1922 et l'incendie de Smyrne le 6 septembre 1922, Tatéos MINASSIAN comprend qu'il n'y a pas et n'y aura jamais de sécurité pour les Arméniens en Turquie, et prépare son départ qui aura lieu en 1924. Il arrive à Marseille en Août 1924, puis après un court séjour, à Lyon en 1926, où il s'établit définitivement.
En 1950, retiré des affaires, il commence la rédaction de ses "Souvenirs" qu'il ne publie qu'en 1957, subissant un coup sévère après le décès brutal de son épouse en 1953.
Il décède le 29 septembre 1959, à l'âge de 77 ans. Son livre de souvenirs est traduit par son fils Manouk en 1976.

La publication est effectuée en édition bilingue (traduction française vis à vis du fac-similé de chaque page en arménien) par BKF Editions en 2010. BKF Editions est une émanation du Fonds de dotation Berdjouhi et Kevork Karagueuzian.

Cet ouvrage offre donc un témoignage authentique, historique et documenté de la "déportation" et des massacres des arméniens d’Ankara, de Keskin, de Boghazlian et Sivas. On trouvera des recoupements à ce récit dans le récit de Mgr Grégoire BAHABANIAN, évêque catholique des arméniens d'Ankara, publié en 1976 par la congrégation des Pères Mekhitaristes de Venise sous le titre : Une page sur mille du témoignage chrétien d'un peuple".

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Livre numéro 1526
Tateos MINASSIAN --- Cliquer pour agrandir Houcher - Souvenirs
 
Titre : Houcher - Souvenirs / auteur(s) : Tateos MINASSIAN - traduit de l'arménien par Marc-Manouk Minassian (1907-2007)
Editeur : BKF
Année : 2010
Imprimeur/Fabricant : 42-Saint-Just-la-Pendue : Impr. Chirat
Description : 1 vol. (111 [i.e. 256] p.) : ill., cartes, couv. ill. ; 23 cm
Collection :
Notes : Fac-sim. de l'éd. de 1957 - Fac-sim. de l'original arménien et trad. française en regard. - Seul le texte arménien est paginé
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien (1915-1916 ) -- Récits personnels arméniens
ISBN : 9782953660104
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 18,00 euros

Commentaire :

Achat possible :
  • BKF Editions : tel 04 78 17 46 83 ; e-mail:
  • Librairies FNAC (à partir fin oct 2010)
  • Librairies à Lyon :
    • Librairie du Tramway - 92 rue Moncey - 69003 LYON
    • Librairie Classique - 42 Avenue Maréchal de Saxe - 69006 LYON
    • Librairie Le Rameau d'Or - 32 cours Franklin Roosevelt -69006 LYON
    • Librairie Rêves de mots - 66 rue Duguesclin - 69006 LYON

»HOUCHER – SOUVENIRS »
Nombreux furent les rescapés de l'extermination des Arméniens de Turquie entre 1915 et 1917 à se demander, comment dire l'indicible.
Occupé à assurer sa survie et celle de sa famille dans un nouveau pays comme tous les survivants, Tatéos Minassian préféra garder le silence. Ce n'est que dans les années 1950, qu'il décide de raconter son histoire pour son entourage.
Après une extermination systématique de 1,5 million de personnes sur une population estimée à un peu plus de 2 millions d'habitants, soit les trois quarts de la population selon l'historien Arnold J. Toynbee - le terme de génocide ne sera employé qu'en 1946 au procès de Nuremberg par le juriste polonais réfugié aux USA Rafaêl LEMKIN, puis devant l'ONU en 1948 à propos du génocide juif -, les quelques centaines de milliers de survivants comptaient essentiellement des femmes, des enfants et des hordes d'orphelins, très peu d'hommes adultes, qui furent massacrés en priorité.
C'est pourquoi le témoignage des chefs de famille ayant pu se sauver lors de la déportation revêt une importance particulière.
Souvenirs - « Houcher » en arménien - est le récit d'un survivant, assez lettré pour l'époque, qui, arrivé au terme de sa vie, revoit défiler son existence remise plusieurs fois en question, et écrit son histoire.
Dans la petite ville de Keskin-Maden où il résidait (110 km à l'Est d'Ankara), ils ne furent que quatre hommes adultes sur cinq cent à sauver leur tête.
Ce sauvetage eut lieu miraculeusement, à la fois par le fait d'intuitions judicieuses et grâce à la complicité d'un ami turc, qui se comporta avec conscience, au péril de sa propre vie.
Le contenu est historique à maints égards : d'une part parce qu'il émane d'un témoin oculaire qui désigne avec précision les lieux et les noms des auteurs des exactions subies, le nombre des victimes, mais aussi car il est une peinture concrète et vivante du mode de vie des Arméniens et des Turcs en Anatolie au début du vingtième siècle, et qui a peu varié de nos jours dans le pays profond.
La Turquie d'aujourd'hui continue à nier le génocide. Ce témoignage prend une nouvelle signification dans l'actualité du protocole arméno-turc signé à Zurich le 10 octobre 2009.
En effet, le protocole prévoit deux choses : que la Turquie lève le blocus de sa frontière avec l'Arménie instauré en 1993 en solidarité avec l'Azerbaïdjan, suite au conflit dans le Haut-Karabagh, pour étouffer économiquement l'Arménie, et que soit instituée une commission mixte d'historiens turcs et arméniens, pour dire s'il y a vraiment eu génocide...
Un nouvel élément de réponse figure, si besoin était, dans le présent récit.

Livre numéro 494
  Mémoires : le calvaire des Arméniens d'Ankara et de Keskin, voyage d'Ankara jusqu'à Sivas
 
Titre : Mémoires : le calvaire des Arméniens d'Ankara et de Keskin, voyage d'Ankara jusqu'à Sivas / auteur(s) : Tateos MINASSIAN - trad. de l'arménien par Eugenie Kostikian
Editeur : cosmogone
Année : 1996
Imprimeur/Fabricant : 69-Lyon : Impr. Sup'copy
Description : 103 p. ill., couv. ill. 23 cm
Collection :
Notes : Traduction de : "Yušer : Angarayi ew K??k?ini Hayoc? ga?got?an"
Autres auteurs :
Sujets : Armeniens Massacres des 1915-1923 -- Recits personnels * Armeniens -- Turquie -- Histoire -- 1900-1945 * Minassian Tateos 1882-196.? -- Biographie
ISBN : 2909781283
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 120,00 FRF

Commentaire :

Récit biographique de Tatéos Minassian.

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