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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Sergueï PARADJANOV
( 1924 - 1990 )

L'auteur

Sergueï PARADJANOV --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 9 janvier 1924 à Tbilissi (Géorgie), décès le 21 juillet 1990 à Erevan (Arménie).

Serguei Paradjanov, de son vrai nom Sarkis Paradjanian, est né à Tbilissi, en Géorgie, le 9 janvier 1924, de parents arméniens. De 1942 à 1945, il étudie le chant au conservatoire de musique de sa ville natale. Il s'initie également à la peinture. En 1946, il entre à l'Institut cinématographique d'État, le V.G.I.K., à la section de mise en scène. Élève du réalisateur ukrainien Igor Savtchenko, il est également son assistant pour certains de ses films. Il achève ses études sous la direction de Mikhail Romm en 1952. Cette année-là, il obtint son diplôme de réalisateur, que paraphe Dovjenko.


Un an plus tard, il est assistant de Vladimir Braun sur le film MAXIMKA; puis, dès 1954, il entre aux studios Dovjenko, à Kiev, et réalise plusieurs courts-métrages et trois longs-métrages en langue ukrainienne.


Avec LES CHEVAUX DE FEU (1965), dont son film de fin d'études était déjà l'esquisse, Paradjanov adapte la nouvelle "Les Ombres des ancêtres oubliés", d'un écrivain ukrainien du début du siècle, Mikhail Kotzubinsky. Le film, perçu comme un signe de renouveau dans le classicisme du cinéma soviétique, remporte de nombreuses récompenses internationales, notamment le 1er Prix du Festival de Mar del Plata. Paradoxalement, c'est à cette époque que commencent pour lui les difficultés avec les autorités... peut-être liées avec ses prises de position en faveur d'intellectuels ukrainiens dissidents.


En 1968, Serguei Paradjanov s'installe à Erevan et travaille avec la communauté arménienne à la réalisation de SAYAT NOVA, COULEUR DE LA GRENADE. Le film, récit à la fois historique, poétique et baroque, sur la vie du poète arménien du XVIIIe siècle Sayat Nova, est très vite retiré de l'affiche en raison de son anticonformisme, esthétique, loin du réalisme socialiste de rigueur, et idéologique, les allusions au nationalisme arménien étant par trop évidentes. Dès la sortie de son œuvre en 1969, Paradjanov est pratiquement condamné au chômage; ses différents projets sont, soit refusés, soit interdits.


Remontée par Youtkevitch, une nouvelle version, censurée, est présentée à Moscou en 1971... pour être retirée après deux semaines d'exploitation ! De graves ennuis attendent alors le cinéaste.


En décembre 1973, il est arrêté et accusé de "trafic d'icônes et de devises", d'"incitation au suicide", d'"homosexualité"... ce dernier délit le condamnant, en avril 1974, à cinq ans de camp de travail, malgré des troubles de la vue et une maladie cardiaque. On annonce son suicide en 1976 alors que son état de santé est alarmant. L'opinion internationale s'émeut et entreprend de nombreuses démarches auprès des autorités soviétiques pour obtenir la libération immédiate de Paradjanov. La rumeur de sa mort persiste et en août de l'année 1977, les milieux arméniens parlent du suicide du détenu dans sa cellule... Les nouvelles les plus contradictoires circulent; on apprend bientôt, pourtant, que Serguei Paradjanov a été libéré le 30 décembre 1977, par suite d'une remise de peine.


"Libre", il s'installe en Géorgie, dans sa maison natale et tourne clandestinement un court-métrage où il décrit sa vie quotidienne et celle de ses amis. De par l'interdiction d'exercer son activité de cinéaste, il ne survit que grâce à l'aide d'amis; ("En prison, déclare-t-il, ma vie avait un sens, il y avait une réalité à surmonter. Ma vie présente n'a aucune valeur. Je ne crains pas la mort, mais cette vie-là est pire que la mort") Il souhaite obtenir un visa pour la France... qui lui est refusé malgré les pressions de nombreuses personnalités artistiques françaises.


Paradjanov est de nouveau arrêté le 11 février 1982, avec l'accusation de corruption. Jugé par le tribunal de Tbilissi en octobre, il aurait été acquitté et serait même en train de tourner un film... tandis que d'autres rumeurs font état d'une nouvelle condamnation à cinq ans de camp !
"Je ne suis pas un dissident, explique-t-il. Tout simplement un cinéaste maudit. Je ne plais pas. Je dérange. Je ne suis pas conforme."

Serguei Paradjanov est décédé le 21 juillet 1990 des suites d'un cancer.

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Livre numéro 530
Sergueï PARADJANOV --- Cliquer pour agrandir Sept visions
Titre : Sept visions / auteur(s) : Sergueï PARADJANOV - trad. du russe par Galia Ackerman et Pierre Lorrain ; pref., notes et commentaires de Galia Ackerman
Editeur : Le Seuil
Année : 1992
Imprimeur/Fabricant : 27-Evreux : Impr. Herissey
Description : 217 p.-[8] p. de pl. en coul. couv. ill. en coul. 21 cm
Collection : Fiction et Cie
Notes : Recueil de scenarii de films de l'auteur
Autres auteurs :
Sujets :
ISBN : 9782020129541
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 22,11 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

C'est en 1990, quelques mois avant sa mort que Paradjanov décide de réunir dans un recueil les six scénarios des films auxquels il tenait le plus. Il y ajoute un septième, le scénario original de "Sayat Nova". Parmi ces six textes, seul "Le Lac des cygnes, la zone" a été porté à l'écran, avec l'accord de Paradjanov, par son élève et ami Iouri Ilienko. Les cinq autres scénarios ne seront jamais portés à l'écran. Cet ouvrage devait normalement être publié en Russie en langue russe en 1991. Mais pour cause économique, sa parution a été retardée et c'est donc la France qui accueille la première son oeuvre posthume.

Ces textes sont de véritables visions littéraires. Personnages, objets sont reliés les uns aux autres au fil des mots, (comme au fil des images) par une trame imaginaire que seul le créateur, semblable à un marionnettiste, anime. Loin de l'outil technique habituel du cinéaste, ils nous donnent la véritable mesure du talent de Paradjanov!

Nathalie Maghakian, France-Arménie, numéro 114, Juillet-Août 1992


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