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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Ayse Gül ALTINAY

L'auteur

Ayse Gül ALTINAY --- Cliquer pour agrandir
Ayse Gül Altinay est enseignante en anthropologie à l'université Sabanci à Istanbul. Elle a publié plusieurs études sociologiques de grande importance, en anglais et en turc, et a participé à l'aventure du livre intitulé Ebru (Actes Sud, 2009). En 2008, le prix Duygu Asena du Pen Club turc lui a été attribué pour son livre La Violence à l'égard des femmes en Turquie.
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Livre numéro 1636
Ayse Gül ALTINAY --- Cliquer pour agrandir Les petits-enfants
 
Titre : Les petits-enfants / auteur(s) : Ayse Gül ALTINAY - Fethiye ÇETIN -
Editeur : Actes Sud
Année : 2011
Imprimeur/Fabricant : Nord Copo, Roto-Page, Imprimerie : Floch, Mayenne
Description : 14,5 x 24 cm, 336 pages, couverture illustrée en couleurs
Collection : Mémoires
Notes : Traduit du turc par Célin Vuraler, titre original : Torunlar (2009)
Autres auteurs :
Sujets : Sociologie -- Mémoire -- Turquie moderne -- Génocide arménien
ISBN : 9782742796106
Prix : 23,80 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Le témoignage de vingt-quatre descendants d’Arméniens chassés ou massacrés au cours des années 1915-1918, qui présentent des profils bien différents et souvent inattendus : Kurdes, Turcs, Alevis ou sunnites, tous apprennent incidemment qu’ils appartiennent à une communauté honnie. Ce livre recueille le témoignage de vingt-quatre descendants d’Arméniens chassés ou massacrés entre 1915 et 1918, et qui présentent des profils bien différents et souvent inattendus : Kurdes, Turcs, Alevis ou sunnites, tous apprennent incidemment qu’ils appartiennent à une communauté honnie, que leurs aïeux étaient chrétiens, des chrétiens de Turquie…Le choc de cette révélation tardive provoque en eux des réactions diverses qui vont de la culpabilité à un étrange “flottement” entre deux mondes, brossant un tableau des sensibilités à l’œuvre dans la Turquie d’aujourd’hui. Après Le Livre de ma grand-mère publié aux éditions de l’Aube en 2008, ce texte offre un éclairage exceptionnel sur le grand tabou de l’histoire turque récente, sur l’un des débats intellectuels majeurs du début du XXIe siècle. Par ailleurs, ces micros-récits donnent la mesure de l’histoire non-officielle et laissent entrevoir ce que pourrait être une histoire complète du passage douloureux de l’Empire à la République, ainsi que de la mise en place d’une idéologie officielle.

Article de Philippe Villard, France-Arménie, numéro 375, Mai 2011

Présenté comme un recueil de témoignages de 24 descendants d'Arméniens chassés ou massacrés entre 1915 et 1918, ce texte est bien plus que cela car il soulève, pour ne pas dire bouleverse, de nombreuses questions sur le concept même d'identité. Cet ouvrage montre la fragilité des représentations, de la construction du sens de l'appartenance, mais il dévoile aussi la grande diversité de la façon de se définir soi-même. "Si jamais les Arméniens étaient de nouveau opprimés, je clamerais mon identité arménienne."Zerdüst, 35 ans.
24 témoignages : 24 histoires ébranlées par la vérité soudaine, par la découverte d'une histoire familiale inconnue ou à peine soupçonnée ; découverte souvent fortuite, d'ailleurs, qui prend racine dans le tabou silencieux des liens, des secrets et des histoires familiales.
"Un tel secret nourrit et creuse le manque de confiance en soi." rappelle Arif, 45 ans.
Ils sont Kurdes, Turcs, Alévis ou sunnites, ils retrouvent ou découvrent leurs racines arméniennes ou syriaques et tout s'en trouve chamboulé, dans cette société turque où la question d'identité occupe encore le devant de la scène, cette société qui catégorise, compartimente, où le sens de l'appartenance prime sur le reste, où il y a ceux qui se revendiquent Turcs pure souche... et les autres.
"Je viens du quartier... je suis le fils de Bedriye" Sur quoi, elle a tout de suite dit : "Tu veux dire Bedriye, la jeune infidèle ?" Ses paroles m'ont mis sens dessus dessous. raconte Bedrettin Aykin, 73 ans.
Et comme il ne reste souvent aucune trace du passé, que tout a été oublié, il faut du temps pour prendre conscience de cette réalité nouvelle et se construire à nouveau. Il faut remonter le fil du temps, rebâtir une généalogie et une histoire différente. Même si l'identité se construit et se transforme tout au long de l'existence, nous saisissons, grâce à cet ouvrage, que nous ne nous connaissons pas autant que nous le pensons. Cette dernière phrase, prononcée par l'un de ces «petits-enfants», illustre bien l'état d'esprit de tous ces témoins. Ce livre tend pourtant vers la vie, vers le présent, pas vers le passé. Il apporte, sur cette épineuse question de l'identité, un regard nouveau, plus vivant, plus réel, plus humain.

Philippe Villard, France-Arménie, numéro 375, Mai 2011


Livre numéro 1489
Ayse Gül ALTINAY --- Cliquer pour agrandir Ebru : reflets de la diversité culturelle en Turquie
Titre : Ebru : reflets de la diversité culturelle en Turquie / auteur(s) : Attila DURAK - Préface, John Berger ; directrice éditoriale, Ayşe Gül Altınay ; traduction des textes, Haldun Bayrı, Noémi Lévy
Editeur : Actes Sud
Année : 2009
Imprimeur/Fabricant : Metis Yainlari, Istanbul (Turquie)
Description : 1 vol. (356 p.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 32 cm, 1 disque compact (1 h 18 min 05 s)
Collection :
Notes : Edition originale turque en 2006. Bibliogr. p. 348 ; le livre est en français, les chansons sont en turc, kurde, laze, rom, géorgien, arménien, hébreu, grec
Autres auteurs : Ayse Gül ALTINAY [directeur] - Fethiye ÇETIN [contribution] -
Sujets : Turquie -- Civilisation -- Photographies
ISBN : 9782742784226
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 49,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Réalisé par l'artiste turc Attira Durak et fruit d'une quête de six ans sur le terrain, Ebru est un impressionnant voyage photographique chez les peuples de Turquie et d'Anatolie. Attila Durak, capturant leurs visages dans une complicité partagée, a mis en pleine lumière la richesse et la diversité culturelle de ce pays. Le mot "Ebru" signifie "papier marbré". Cette technique picturale millénaire, qui associe la peinture et l'eau sur le papier, évoque les combinaisons créatives infinies de ces trois éléments et symbolise autant les flux et flots historiques que la rémanence des couleurs dans toutes les nuances qui s'entremêlent. Les peuples de la Turquie; qui ont vécu ces mouvements innombrables dont les traces existent encore au présent, sont à cette image. Réfutant volontairement le concept de minorité, l'artiste n'a pas tenu compte du poids numérique des groupes, qui n'est parfois que le pâle reflet de leur réelle influence historique et culturelle. Il a souligné avant tout l'éclat du foisonnement et la portée sociologique de leur extraordinaire diversité Tous les visages, ouverts sur le présent et l'avenir, "déverrouillent" ainsi le passé de ces cultures mêlées et métissées. Ebru, au-delà de la métaphore poétique, est donc un manifeste humain pour repenser dans le respect un "vivre ensemble" dans la Turquie d'aujourd'hui et de demain, et dans le monde. Démarche sans précédent en Turquie, le projet Ebru est un beau livre préfacé par le poète anglais John Berger et enrichi d'une vingtaine de textes signés par des artistes, écrivains et intellectuels parmi les plus exigeants de Turquie: Elif Safak, Murat Belge, Fethiye Çetin, Ara Cüler, Sezen Aksu, Tosun Terzioglu...

Autre commentaire

Le précurseur de la fresque ethnographique est sans conteste Edward Curtis, l’homme qui a passé trente ans de son existante sur les traces des derniers indiens d’Amérique. Il a immortalisé les survivants d’une population en voie de disparition, en publiant une admirable encyclopédie en vingt volumes. Dans la même veine, le photographe allemand, August Sander, avec moins d’exotisme mais avec une passion similaire, a construit patiemment un monumental portrait de ses congénères intitulé « Hommes du XXe siècle »..

Attila Durak est l’héritier turc de ces grandes figures de la photographie documentaire. Avec humanité, patience, ténacité et tact, le photographe dresse un état des lieux des minorités turques. Ce travail lui aura demandé six années, un an de préparation et de recherche de financements et cinq années, au cours desquelles il a sillonné la Turquie dans des espaces les plus reculés..

A la différence de Curtis ou de Sander, Attila Durak, afin de respecter le droit à l’image et d’éviter tout procès, a du recueillir l’accord écrit de chaque personne photographiée. La liste des minorités photographiées est très longue, on citera notamment les : Sarikeçilis, Kurdes sunnites, Roms, Vakiflis, Lazes, Turques sunnites, Turques Alévies, Yésidis, Hemsinlis, Albanais, Amucas, Musulmans hellénophones, Syriaques, Kurdes Alévis, Ouzbeks, Juifs, Rums, Géorgiens, Circassiens, Pomaks, Arabes sunnites, Yésidis, Kirghizes, Arabes chrétiens, Allemands, Nusayris, Kazakhs, Sunnites zazas, Crétois, Ouïgours, Tadjiks, Arméniens, Cepnis, Bosniaques… Attila Durak n’a pas pris ses photos en fonction du poids démographique de chaque communauté. Il est parti à la rencontre des gens qu’il a photographié, il ne s’agit pas d’images volées. Il s’agit le plus souvent de portraits posés, de face, le regard de la personne photographiée rencontre celui du lecteur, lui sourit, l’interroge. Attila Durak a accepté leur hospitalité, il a parfois mangé avec ses sujets et s’est fait héberger chez eux. Beaucoup de personnes ont refusé d’être photographiées pour illustrer une minorité, soit elles se sentaient intégrées à une identité nationale, soit elles ne voulaient pas révéler leur origine pour éviter toute discrimination. Certains turcs ont déclaré ne pas reconnaitre la Turquie dans ce livre. Il y apparait des distinctions ethniques, raciales et religieuses, les personnes photographiées ont été les témoins de conflits violents dus à leur différence ou en sont leurs descendants. Attila Durak exprime très bien ce sentiment en déclarant « Les histoires qui se reflètent dans ces photographies expriment non seulement le lien commun et le vivre ensemble, mais aussi, très clairement, la rémanence de ce type de traumatisme. »..

Cet été (2099) on a pu voir ces images dans le cadre de la 40eme édition des rencontres d’Arles.Elles s’imposaient au visiteur dans leur grand format aux couleurs vives et lumineuses, présentées dans l’espace dépouillé des ateliers SNCF. L’exposition Ebru fait le tour du monde depuis 2007, elle est passée par les Etats unis, la Turquie, l’Allemagne, la Suisse, la France. On pourra la voir du 15 janvier au 21 février 2010 à l’Arsenal de Metz et du 1er mars au 31 mai 2010 à la Bibliothèque Municipale de Lyon Part-Dieu..

En guise de cadeau l’éditeur offre un CD audio qui contient 21 titres que l’on prend plaisir à écouter en regardant les images du livre.


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