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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Jean-Jacques AVEDISSIAN

L'auteur

Jean-Jacques AVEDISSIAN --- Cliquer pour agrandir
Journaliste économique
Petit-fils d'Onnig Avedissian, auteur de "Du gamin d'Istanbul au fédaï d'Ourmia"
Président-fondateur des Editions Thaddée, créées le 19 février 2010
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Livre numéro 1546
Jean-Jacques AVEDISSIAN --- Cliquer pour agrandir Samuel
Titre : Samuel / auteur(s) : RAFFI -
Editeur : Thaddee
Année : 2010
Imprimeur/Fabricant : Corlet Imprimeur, à Condet-sur-Noireau (14110)
Description : 480 pages, 15 x 20 cm, couv. ill. en coul., carte
Collection :
Notes : Traduit de l'arménien moderne par Altiar et Haïg-Aram Kibarian en 1924, et Jean-Jacques Avédissian
Préface par Raffi
Histoire et géographie de l'Arménie par Raffi, traduit par J.-J. Avédissian (qui ne figure pas dans le livre - traduit en français - édité par Vraie France, 1924) ;
Bibliographie ; Le roman à l'épreuve des faits historiques ; Les principaux personnages, par J.-J. Avédissia
Autres auteurs : Jean-Jacques AVEDISSIAN [traducteur] -
Sujets : Roman historique
ISBN : 9782919131013
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Prix : 29,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Les éditions Thaddée ajoutent cet automne un opus de taille à leur collection : traduite en français, l'épopée de "Samuel" brille toujours par le talent de conteur et le panache qu'y avait mis l'auteur arménien le plus lu de son temps. Plongeant au cœur d'une période charnière, Raffi raconte avec Samuel un peuple aux multiples visages à l'aube de la création de l'alphabet, et qui paie cher sa conversion au christianisme. Coincés entre les empires grec et perse, sujets à de violentes luttes intestines, et quasi-menacés d'extinction, les Arméniens y montrent toute la palette de leurs valeurs héroïques, mêlées de paganisme, mais aussi de leurs violentes contradictions (Samuel se bat contre des Arméniens ayant trahi dans sa famille même).
Ce roman historique n'était pas innocent à sa parution en 1888 (Raffi était alors "la bête noire de la censure ottomane"). La réédition enrichie de la traduction française est tout aussi pertinente, alors que le livre arménien, et avec lui toute la culture qu'il véhicule, voit disparaître son public. Or, comme le précise l'éclairante biographie élaborée par Jean-Jacques Avédissian, fondateur des éditions Thaddée (1), par son talent de romancier, Raffi avait su rendre "captivants et accessibles à tous [...1 les travaux austères des illustres historiens dont il tire ses sources, mais qui ne sont connus que d'une poignée de lettrés". En effet l'intrigue de Samuel tient le lecteur en haleine et se lit facilement, tout en étant une mine d'informations sur ce qui a façonné l'Arménien.
Après le coup d'envoi remarqué ce printemps du Gamin d'Istanbul au fédaï d'Ourmia (en lice pour le prix Henri Verneuil 2010, qui sera décerné en décembre), la maison Thaddée poursuit avec son credo, "instruire sans lasser", et les riches images que Raffi nous lègue

Zmrouthe Aubozian,France-Arménie, numéro 360, Novembre 2010


Autre commentaire

Nouvelles d'Arménie Magazine : Comment et pourquoi avoir édité Samuel ?
Jean-Jacques Avédissian : C'était une opportunité exceptionnelle pour un éditeur et un devoir envers l'un des plus grands écrivains arméniens. Comment a-t-on pu abandonner ce chef-d’œuvre aussi longtemps ? Car il existait une traduction française de Samuel dès 1924. J'en ai eu connaissance en 2002 en feuilletant un livre en arménien consacré à Raffi, publié à l'occasion des cérémonies de son centenaire à Paris en 1937, à la Mutualité. On a peine à imaginer l'équivalent aujourd'hui. Raffi explique dans la préface pourquoi il a écrit Samuel : « Je caressais depuis très longtemps ce projet. La principale raison en est que j'avais pleinement conscience de l'immense portée qu'aurait un roman historique sur les lecteurs après que ceux-ci auraient découvert les vertus de leurs ancêtres à travers leurs grandes réalisations. Il aurait pour eux valeur d'exemple et de fierté. Tout aussi utilement, instruits de leurs mauvais penchants et de leur fanatisme, nos contemporains seraient tentés d'éviter de tomber dans les mêmes erreurs. » En clair Raffi révèle l'origine des Arméniens, leur valeur et les moyens de durer.
NAM : Vous avez le sentiment d'avoir réalisé une découverte...
Jean-Jacques Avédissian : Oui ! J'ai eu la chance de trouver un exemplaire de Samuel à la bibliothèque de l'UGAB car l'édition de 1924 est introuvable sur le marché.
NAM : En quoi a consisté votre travail de réédition ?
Jean-Jacques Avédissian : Très belle, la traduction de 1924 d'Altiar et Kibarian n'en présentait pas moins une faiblesse car le texte, condensé, était privé de passages et de précisions indispensables. Par ailleurs, il manquait la préface de Raffi, pourtant courte, et le copieux et passionnant chapitre « Histoire et Géographie de l'Arménie au IVe siècle ». Cette véritable lanterne magique révèle et éclaire l'histoire de l'Arménie en battant en brèche de nombreux dogmes et schémas établis. En rajoutant tous les extraits manquants et les deux chapitres précités sans compter une carte géographique et une large biographie de Raffi, une première, cette réédition devient complète.

Propos recueillis par Paul Nazarian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 1669, Décembre 2010


Livre numéro 1503
Jean-Jacques AVEDISSIAN --- Cliquer pour agrandir Du gamin d'Istanbul au fédaï d'Ourmia
Titre : Du gamin d'Istanbul au fédaï d'Ourmia / auteur(s) : Onnig AVEDISSIAN - Mémoires d'un révolutionnaire arménien , traduit et annoté par son petit-fils Jean-Jacques Avédissian
Editeur : Thaddee
Année : 2010
Imprimeur/Fabricant : Grapho, 12 Villefranche-du-Rouergue
Description : 460 pages (384 + XVI pages photographies et cartes en couleurs, couverture en couleurs, et annexes),
Collection :
Notes : Épilogue par Jean-Jacques Avédissian, p. 213-225, Annexe : Almanach des Galeries Lafayette 1925 d'Onnig, Texte intégral, agrémenté de quelques événements historiques p. 227-271
Autres auteurs : Jean-Jacques AVEDISSIAN [traducteur] -
Sujets : Génocide arménien (1915-1916 ) -- Récits personnels
ISBN : 9782919131006
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 24,90 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Achat ici : http://www.editionsthaddee.com/livres_1_du_gamin.html

Ce témoignage rare, qui fait revivre une époque et un espace géographique méconnus, les confins orientaux de l’Empire ottoman au début du xxe siècle, se lit comme un roman. Il fait étrangement penser à un anti-western à l’orientale, dans la veine du Little Big Man d’Arthur Penn, immortalisé par Dustin Hoffman, avec tous les ingrédients de ce genre : chevauchées, loi des armes, guerres tribales, choc de civilisations, paysages enchanteurs, passions... Un spectre surgit dans cette mêlée, qui dicte, au prix de sacrifices humains inouïs, le destin des hommes et des peuples : l’émergence de l’ère industrielle et des Etats-nations.
L’Histoire accouche d’un monstre, le premier génocide du xxe siècle dont les Arméniens sont victimes. Sur leurs cadavres, Mustafa Kemal érige la Turquie moderne qui oppose à l’Empire ottoman multiethnique le modèle d’un Etat-nation dont les minorités sont exclues, quand elles ne sont pas passées au fil de l’épée.
Au terme de ses incroyables tribulations, Onnig Avédissian, combattant de la Fédération révolutionnaire arménienne, trouve refuge en France. Il parvient à écrire, quelques années avant de mourir, en 1933, l’itinéraire de sa vie, de sa jeunesse à Istanbul jusqu’à son exil en France, en passant par ses années de combat, principalement en Persarménie, aux côtés des réfugiés de Van et des Assyriens.


Crtiique

Retrouvé en 2001, le manuscrit d’un militant révolutionnaire arménien fait revivre la Turquie du temps des pogroms et du génocide. Première publication des jeunes éditions Thaddée.

Depuis la mort d’Onnig Avédissian, en 1933, à l’âge de 51 ans, le manuscrit de ses mémoires se trouvait chez un de ses fils qui, sans l’avoir lu, le conservait en secret. On le croyait perdu. Il réapparut tardivement un jour de 2001. Le petit-fils d’Onnig, Jean-Jacques Avédissian – journaliste économique –, entreprit donc sa traduction, plongeant dans le passé de la famille, qui se confond avec les années les plus brillantes et les plus sombres des Arméniens de Turquie. Ainsi naquit une maison d’édition: Thaddée, dont le texte d’Onnig Avédissian est maintenant le premier livre. Thaddée passe pour avoir été l’un des évangélisateurs de l’Arménie.

Né en 1882 à « Bolis » (ainsi les Arméniens nommaient-ils Istanbul), Onnig grandit dans une famille d’artisans et de petits commerçants: son père était à la fois dessinateur et coiffeur. Les premières pages plongent le lecteur dans l’ambiance turbulente du vieux quartier de Guédig-Pacha dont les derniers habitants arméniens ont disparu à la fin des années 1980. Tout de suite s’impose le ton propre au narrateur: un récit net, abrupt, expressif, évocateur. Homme d’action, Onnig Avédissian ne s’encombre pas de formules ou d’effets lettrés, ce qui donne encore plus de force à son témoignage, aux antipodes de l’introspection. «Je ne suis pas écrivain mais ce n’est pas une raison pour me taire », prévient-il.
Très jeune, il est sensible au militantisme de la Fédération révolutionnaire arménienne (FRA), d’inspiration socialiste. Il s’engage, rêvant comme tant d’autres d’aller combattre dans les zones où les partisans arméniens (« fédaïs ») résistent à la fois aux Russes et surtout aux Turcs. Si la société arménienne est prospère, d’un grand dynamisme et d’une riche culture, elle n’en doit pas moins affronter la persécution. De 1894 à 1896, le « sultan rouge » Abdul-Hamid II procède à des massacres et des pogroms qui annoncent l’effroyable année 1915.
De Bolis à Jérusalem, de la Persaménie jusqu’au dramatique exode final à Bagdad, il n’y a dans ce récit que « quelques années de bonheur » lorsqu’une sorte d’œil du cyclone instaure un faux calme entre les ultimes soubresauts de l’Empire ottoman et le jeu des puissances (Angleterre, France, Russie). Onnig Avédissian traite sa propre histoire, celle de sa famille et de ses compagnons, comme « un anti-western à l’orientale », pour reprendre l’expression du traducteur. C’est un précieux document pour prendre la mesure du génocide et comprendre les crises qui secouent toujours, aujourd’hui, la région.

Le manuscrit est signé «France, région parisienne, village de Sarcelles ». La future ville-dortoir était encore, en 1930, un coin de campagne... Onnig Avédissian s’y était fixé, loin de tout, pour un exil difficile et sans retour. Un almanach des Galeries Lafayette de 1925 – joint à cette édition – permet de suivre au jour le jour la vie du combattant, maintenant perdu entre Paris, Sarcelles et Saint-Denis, en quête de travail et hanté par les souvenirs. Les mémoires et l’almanach font l’objet d’excellentes et utiles annotations, enrichies par une chronologie précise. Une véritable découverte.

Jean-Maurice de Montremy, Avant-critiques, Livres Hebdo n° 815 - Vendredi 2 avril 2010


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