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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Farid BOUDJELLAL
( n. 1953 )

L'auteur

Farid BOUDJELLAL --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 12 mars 1953 à Toulon (Var, France).

Comptable de formation, Farid renonce vite à cette profession pour se lancer dans la bande dessinée. Après quelques essais dans la SF et l'humour, il crée en 1978, le personnage d'"ABDULAH" dans lequel il retrouve ses origines algériennes. La parution de "L'Oud" chez Futuropolis en 1982 marque un tournant important dans sa carrière. Cet album, qui paraît au moment du grand boum médiatique des beurs, connaît un grand succès. En 1990, sort chez Soleil Productions, le premier tome de la série "Juif-Arabe". Cette série remportera elle aussi un vif succès auprès du public et de la presse : Prix Actualité 91 pour le tome 3 "Conférence Internationale" au festival BD des villes de Hyères et de Brignais.
Farid, malheureusement visionnaire, est au coeur de l'actualité française et internationale : parution des "Intégristes" avant les événements de Carpentras et celle de "Conférence Internationale" avant la Conférence de Paix de Madrid. Ayant aussi des origines arméniennes, l'auteur partage dans ses albums le malheur de tous ceux qui ont subi un génocide. Outre sa production BD, Farid est également affichiste et illustrateur publicitaire, participant à tous les mouvements anti-raciste en France (Campagne France + : "Demain je serai Président").

Farid Boudjellal a écrit, avec "Mémé d’Arménie", une autobiographie à peine déguisée. Sa grand-mère Marie Bedros-Caramanian, (son vrai nom,) rescapée de justesse du génocide arménien, après avoir vu sa famille massacrée, avait réussi à fuir. Sauvée par un algérien, elle a vécuen Algérie, avec lui, de nombreuses années, avant de venir en France, près de son fils. En mettant ses pas dans ceux de cette mystérieuse grand-mère, en lui dédiant cet album, Farid Boudjellal a voulu rompre le silence sur un drame, devenu imperceptiblement, au fil des années, quelque chose, de l’ordre du secret de famille.

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Livre numéro 1499
Farid BOUDJELLAL --- Cliquer pour agrandir Hayasdantsi Medz-man - Mémé d'Arménie (en arménien occidental)
Titre : Hayasdantsi Medz-man - Mémé d'Arménie (en arménien occidental) / auteur(s) : Farid BOUDJELLAL - Traduction de N. Topalian et Varoujan Sirapian)
Editeur : SIGEST
Année : 2010
Imprimeur/Fabricant : impr. en Espagne
Description : 16 x 28 cm, 72 pages, couverture cartonnée
Collection :
Notes : - En annexe de l'album la vie de Marie Bedros Caramanian, "Mémé d'Arménie",
Autres auteurs : Jean Varoujan SIRAPIAN [traducteur] - Nazareth TOPALIAN [traducteur] -
Sujets : Bande dessinée -- Génocide arménien -- Histoire personnelle
ISBN : 9782917329139
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 16,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

L’album est inspiré d’une histoire vraie, celui de Petit Polio, français d’origine algérienne, qui, à 9 ans, découvre que sa grand-mère paternelle est en fait une arménienne rescapée du génocide arménien de 1915.
Elle s’appelle Marie Bedros Caramanian.
L’histoire est émouvante puisque Marie pourrait être la grand-mère de beaucoup d’entre nous sans parler de ceux, millions de Turcs, en réalité des Arméniennes converties à l’Islam durant et après le génocide. A l’instar de la grande- mère de Fethiye Cetin dont le livre «Ma grand-mère» (titre original "Anneannem") a connu un grand succès en Turquie.

1959. Un événement inattendu va changer le cours de la vie de Petit Polio.
L’arrivée inopinée de mémé d’Arménie, une grand-mère chrétienne porteuse d’un douloureux secret. Blessures pour blessures, peur pour peur, ils vont tenter d’effacer les cicatrices d’un génocide...
Mais le pourront-ils ?
Une chose est sûre, chrétien, musulman, Mahmoud se mélange les racines !


Livre numéro 1500
Farid BOUDJELLAL --- Cliquer pour agrandir Mémé d'Arménie
Titre : Mémé d'Arménie / auteur(s) : Farid BOUDJELLAL -
Editeur : futuropolis
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 45-Malesherbes : Impr. Partenaires book
Description : 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 28 cm
Collection :
Notes : La couv. porte en plus : "petit Polio trébuche sur le passé de sa grand-mère arménienne et se heurte à l'indicible douleur"
Autres auteurs :
Sujets : Bande dessinée -- Génocide arménien -- Histoire personnelle
ISBN : 9782754800532
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 15,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

2006. Futuropolis continue la réédition des ouvrages de Farid Boudjellal avec Mémé d'Arménie (le troisième volume des aventures de Petit Polio) alors que débute en France l'année de l'Arménie...
Cette réédition est complétée d'un dossier de 16 pages sur la tragédie arménienne.
1960. L'existence de Mahmoud est rythmée par la guerre d'Algérie, sa vie toulonnaise, sa famille et son amitié avec Rémy, jusqu'au jour où son père revient d'un séjour en Algérie en compagnie d'une inconnue:Mémé d'Arménie, sa grand-mère. Premier changement et non des moindres ,la famille Slimani fête Noël. Il faut dire que Mémé d'Arménie est chrétienne. Cette même année, Mamoud doit se faire circoncire. Chrétien, musulman... il y a de quoi se mélanger les racines!
Mamoud, qui ne connaît rien de la vieille dame auréolée d'un douloureux mystère, va découvrir, jour après jour, la tragédie d'un peuple et de sa famille arménienne. La série Petit Polio a reçu la «Mention spéciale» 2002 du jury oecuménique de la bande dessinée.

Livre numéro 117
Farid BOUDJELLAL --- Cliquer pour agrandir Mémé d'Arménie
Titre : Mémé d'Arménie / auteur(s) : Farid BOUDJELLAL -
Editeur : Soleil Productions - Le Grand Hôtel, Place de la Liberté - 83000 TOULON
Année : 2002
Imprimeur/Fabricant : 45-Malesherbes : Impr. Partenaires livres
Description : 62 p. : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm
Collection : Petit Polio ; 3
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Bande dessinée -- Génocide arménien -- Histoire personnelle
ISBN : 9782845652040
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 10,55 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Farid Boudjellal est connu des amateurs de bandes dessinées depuis la création du personnage d'Abdulah, en 1978. Ses origines algériennes ainsi que son intérêt pour la diversité des peuples l'ont conduit à réaliser la série Juif-Arabe, le Beurgeois ainsi que Jambon-Beur où il évoque le métissage des couples modernes. Dans le même sillage il a écrit Petit Polio, un récit autobiographique où il prête ses traits au petit Mahmoud, fils ainé d'une famille d'émigrés. Dans le tome 3 de cette série (sorti en avril 2002), Farid Boudjellal nous fait découvrir un personnage des plus inattendus : Marie, une adorable mémé d'Arménie derrière laquelle se cache la véritable grand-mère de l'auteur...
Marie a le prénom de la Vierge et elle vient d'Arménie. Marie n'est pas musulmane et elle "prie pas pareil". Marie a surtout un cœur d'or et une grande blessure qu'elle dissimule au fond de sa mémoire depuis sa jeunesse, vers 1915... A la mort de son époux, en 1960, son fils Abdel Slimani la fait venir en France car en Algérie il ne lui reste plus personne. Abdel n'a qu'un modeste logement où se pressent déjà sa femme et ses cinq enfants mais chez les Slimani, l'hospitalité et le respect sont de règle malgré les différences de religion. Dès son arrivée, cette douce grand-mère n'a de cesse d'intriguer le petit Mahmoud : il ne comprend pas trop pourquoi sa "djidda" ("grand-mère" en arabe) porte une croix autour du cou et s'empresse d'aller le demander à sa maîtresse. Avec l'innocence et la justesse des enfants Mahmoud commence à questionner sa mémé d'Arménie dont il ne connaît rien. Peu à peu, elle lui enseigne d'autres croyances et lui fait deviner un autre langage. Pour lui faire plaisir Mahmoud veut apprendre l'arménien et il essaye même de faire la prière sous le regard moqueur de ses sœurs ("Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Ahmed"). La venue de cette dame ronde comme une pomme a semé le désordre au niveau des traditions : la famille Slimani se met à fêter Noël tout en continuant de pratiquer le Ramadan ! Malgré l'ambiance bon enfant qui règne à la maison, Mahmoud a pourtant remarqué que sa djidda d'Arménie a toujours les yeux recouverts d'une immense tristesse. "Un jour" lui a-t-elle dit "j'ai perdu toute ma famille...". A travers des mots simples et douloureux le petit Mahmoud va découvrir le mystère de sa grand-mère et la tragédie du peuple arménien.

Grâce à sa plume douce-amère, Farid Boudjellal souligne l'incompréhension des enfants face aux querelles religieuses. Il met aussi en avant l'un des paradoxes existant entre la première et la deuxième génération des Arméniens du post-génocide : la première veut oublier ce qu'elle a vécu et la seconde ne demande qu'à savoir. Avec un dessin simple mais marquant, cet auteur à l'humour tendre fait passer le lecteur du rire aux larmes tout en lui donnant une belle leçon de tolérance. Chrétien ou musulman, victime ou rescapé, avec Boudjellal il y a de quoi se mélanger les racines !


Farid Boudjellal parle de sa mémé
France-Arménie : Votre album est dédié à Marie Bedros Caramanian. Serait-elle la véritable mémé d'Arménie ?
Farid Boudjellal : En effet. M.B.Caramanian était ma grand-mère paternelle. C'est naturellement elle qui m'a inspiré cet album car elle fut hélas, la seule représentante de ma souche arménienne. Je l'ai très bien connue. Mieux que ma famille algérienne qui vit en Algérie. Elle résidait chez nous, à Toulon où elle est décédée.
F.A : Les mariages entre chrétiens et musulmans sont plutôt inhabituels à cette époque. Dans quel contexte se sont connus vos grands-parents ?
F.B : Mon grand-père algérien, avait entrepris un long périple qui l'a conduit à la Mecque pour son pèlerinage. C'était vers 1915. Il s'est rendu ensuite en Turquie pour rencontrer son neveu qui était militaire dans l'armée française, armée qui combattait l'Empire ottoman. C'est ainsi qu'il a rencontré la famille de sa future femme, persécutée par les Turcs. Il leur a apporté son aide et a épousé leur fille, Marie. Ils ont eu un enfant, mon père, né en Turquie.
Peu de temps après ils ont été expulsés de Turquie. C'est ainsi que Marie Caramanian est allée vivre en Algérie, après avoir transité par Alexandrie. Elle est arrivée en France en 1945, dans le sillage de l'immigration algérienne. Elle a vécu la fin de sa vie à Toulon dans la famille musulmane de son mari, tout en continuant à pratiquer sa religion (elle fréquentait d'ailleurs l'église arménienne de Toulon qui n'existe plus aujourd'hui).
F.A : Quels sont vos rapports avec la communauté arménienne ?
F.B : Ce que j'ai connu dans mon enfance de la communauté arménienne, est étroitement lié à ma grand-mère et à sa pratique religieuse. Dans ma famille, on fêtait à la fois les fêtes chrétiennes et musulmanes. J'ai donc su très jeune que cela était possible. Aujourd’hui, lorsque je rencontre des membres de la communauté arménienne, descendants des rescapés, je sens que je fais aussi partie de cette histoire.
F.A : Votre grand-mère vous a t-elle appris l'arménien ?
F.B : Non, je ne parle pas l'arménien. Je communiquais avec ma grand-mère en arabe dialectal et en français. Les textes arméniens qui ont été transcrits dans le tome 3 du Petit Polio m'ont été communiqués par des amis arméniens. Si je ne les ai pas traduits en français, c'est entièrement volontaire. Je souhaitais ainsi montrer que ma grand-mère n'a à aucun moment oublié d'où elle venait car la seule chose qui lui restait de l'Arménie était sa foi. En conservant les mots véritables de ses prières j'évoque d'une certaine façon le mystère qu’elle représentait pour l’enfant que j’étais et je lui rends hommage sans la trahir.

Florence Gopikian-Yérémian, France-Arménie, numéro 223, Juin 2002


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