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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Serge MOURAVIEV

L'auteur

Serge MOURAVIEV --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 13 juin 1938 à Paris (France)
Photographie ci-contre : Ererouyk, 2010 (auteur Karen Komendaryan).

Serge Mouraviev réside en France de 1938 à 1957. De 1957 à 1989, il se trouve « coincé » en URSS. 1965, première visite en Arménie, suivie de 1976 à 2010 de fréquentes visites en Arménie et au Caucase. Réside en France depuis 1992
Cursus universitaire et activités : 1956, Sorbonne, Fac. de lettres, 1957-1963, Institut des langues étrangères (Kharkov-Moscou), 1957-2007 traducteur et interprète.
Recherches : 1996, docteur de Paris-IV. 1970-2010 : 182 publications scientifiques dont 15 livres.
Domaines d'intérêt principaux : philosophie des Présocratiques (Héraclite d'Éphèse) ; histoire des écritures paléochrétiennes du Caucase ; paléogéographie historique du Caucase (Antiquité, début du Moyen-âge) ; archéologie protochrétienne (Suaire de Turin) ; généalogie russe...


Russe né en France, Français coincé en URSS pendant plus de trente ans de sa vie, l'auteur de cette étude a plusieurs casquettes. Il n'est ni arménologue, ni caucasologue professionnel. Il a naturellement quelques notions d'arménien, de géorgien et d'oudi, mais ne parle, ni n'a étudié de façon approfondie, aucune de ces trois langues. De par les sujets auxquels il s'est principalement adonné, il est plutôt helléniste, son domaine de prédilection étant la philologie des textes philosophiques des présocratiques (Héraclite d'Éphèse, vers. 520 à ver. 460 a, n. è.). S'agissant de la Caucasie, son intérêt pour elle est né en même temps que son intérêt pour l'œuvre de Machtots. Il s'est passionné ensuite pour un sujet à cheval sur les études antiques et caucasiennes : la (paléo)géographie du Caucase du 1er millénaire avant notre ère, selon les sources écrites grecques et romaines — une paléogéographie marquée en particulier par une transgression catastrophique des eaux de la mer Caspienne au IV siècle avant notre ère , qui a provoqué une inondation des cours inférieurs du Cyrus (la Koura) et de l'Araxe et des déplacements de populations que ni les auteurs anciens (qui vivaient loin de là), ni les chercheurs modernes (qui n'ont pas analysé Ies sources pertinentes sous cet angle) n'ont remarquées, mais dont les textes antiques (et avant tout la Géographie de Claude Ptolémée) nous ont conservé de nombreuses traces indélébiles et éloquentes, confirmées d'ailleurs par l'archéologie.

La casquette que l'auteur porte tout au long de cet ouvrage-ci est donc essentiellement celle de linguiste généraliste avec un net penchant pour la phonologie et l'histoire de l'écriture, un intérêt marqué pour les études caucasiennes et une propension à faine appel, là où la philologie s'avère impuissante, à des méthodes relevant des sciences exacte. Ses connaissances en linguistique grecque ancienne lui ont aussi été, on le verra, d'une grande utilité. Et en tant qu'éternel débutant dans tous les domaines auxquels il se consacre, il s'est estimé obligé de présenter toute l'information dont il s'est servi de manière à ce que nul lecteur n'ait besoin, pour la comprendre, de recourir à des ouvrages spécialisés.


Serge Mouraviev
7 rue de la Paix
74240 Gaillard
France

Adresse courriel :

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Livre numéro 1550
Serge MOURAVIEV --- Cliquer pour agrandir Erkataguir
   
Titre : Erkataguir / auteur(s) : Serge MOURAVIEV - Ou comment naquit l'alphabet arménien
Editeur : academia (allemagne)
Année : 2010
Imprimeur/Fabricant : imprimé en Allemagne
Description : 254 pages, 17 x 23,50 cm, couv. en couleurs, ill. en NB et coul. photos en coul.
Collection :
Notes : Premier d'une série : Les trois secrets de Mesrop Machtots ; Le corps du volume est en français, avec des citations en : arméniens classique, oriental, occidental, grec ancien, russe, anglais, allemand, italien, géorgien
Autres auteurs : Dickran KOUYMJIAN [préfacier] -
Sujets : Langue arménienne, paléographie -- Mesrop Machtots
ISBN : 9783896655226
Prix : 29,80 euros

Commentaire :

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Extraits du sommaire
Prologue : Déclaration d'amour
A. Comment fut retrouvée la clé de l'alphabet
B. Des caractères daniéliens aux caractères mesropiens
C. La finition de l'ouvrage
Epilogue : Un miracle sans miracles.

ANNEXES:
I- Petite initiation à la phonologie théorique
II - Aperçu de grammatologie alphabétique
III - La « grammaire » des Anciens et Mesrop Machtots.
IV - L'origine de l'alphabet arménien : deux siècles de controverses
V - L'impossibilité mathématique du protosystème des caractères daniéliens
VI - Ébauche de paléographie arménienne des Ve-VIIe siècles
VII - Ébauche de corpus des principaux témoignages anciens sur la genèse de l'écriture arménienne.


Préface de Dickran Kouymjian
Le premier volume des Trois secrets de Mesrop Machtots, intitulé Erkataguir ou Comment naquit l’alphabet arménien, tente de déchiffrer le code qui a servi à créer l’alphabet arménien ou, plus précisément, explique dans ses moindres détails le remarquable processus d’« invention » ou de création des 36 lettres utilisées pour écrire dans une langue sophistiquée qui demeura totalement orale jusqu’à la première décennie du cinquième siècle. Bien que ce ne fût pas le premier alphabet créé par un lettré, ni le dernier, Serge Mouraviev montre en quoi celui-ci est unique à bien des égards dans l’histoire des alphabets. Sa présentation de l’histoire complexe de cette écriture et de la démarche suivie par Machtots pour créer les lettres arméniennes, permet à l’auteur de ressusciter un alphabet plus ancien : la série de signes que les sources contemporaines de l’inventeur appelaient « caractères daniéliens ». Ceux-ci, transmis par un évêque syrien du nom de Daniel, furent d’abord utilisés par Mesrop Machtots et ses élèves, puis abandonnés, selon Korioun, biographe et disciple de Machtots, faute de permettre d’écrire l’arménien de façon précise et correcte. C’est cette inadéquation des lettres daniéliennes qui contraignit Mesrop Machtots à élaborer un alphabet plus riche, à tel point conforme à la langue arménienne que, 1600 ans après sa création, il conserve encore, quasiment inchangé, le même ordre alphabétique et les mêmes valeurs phonétiques.

Tout comme les lettres daniéliennes avaient stimulé la mise au point de l’alphabet complet de saint Mesrop (il fut, en effet, très vite canonisé pour son immense contribution à la civilisation arménienne), de même ces lettres de Daniel, dont il ne restait plus la moindre trace ou la moindre description avant que Serge Mouraviev ne les ait reconstruites, ont servi de clé pour décoder le secret du remarquable ouvrage du saint. Une inspection visuelle des formes de l’erkat’agir, ces onciales appelées « caractères mesropiens », permit à notre auteur d’identifier une régularité dans la forme ou le ductus d’un nombre d’éléments suffisamment important de l’alphabet pour conclure qu’un tel système n’était le fruit ni du hasard, ni d’un concours de circonstances. Cette découverte de Mouraviev est totalement formelle, fondée sur l’observation et l’interpolation, d’autant qu’il n’est pas arménisant et que l’arménien ne figure pas parmi les nombreuses langues qu’il maîtrise. Néanmoins, il fut fasciné, lors de son premier voyage en Arménie il y a plus de trois décennies, par l’idée qu’un moine de la fin du quatrième et du début du cinquième siècle ait pu imaginer et mener à bien la création d’un alphabet aussi bien adapté aux nombreux et divers sons de sa langue natale. Grâce à ses connaissances et à son expérience de chercheur dans le domaine des langues et des lettres classiques, Serge Mouraviev comprit rapidement que le travail de Machtots n’avait pas simplement consisté à utiliser la plupart des 24 lettres de l’alphabet grec dans le même ordre et avec les mêmes valeurs. Effectivement, les formes de ces lettres arméniennes à équivalents grecs, quoique totalement différentes de leurs originaux, se sont prêtées à l’analyse et ont révélé la présence d’un certain nombre d’éléments primaires et secondaires récurrents. Au moins 20, voire 24, des 36 lettres avaient été essentiellement élaborées en combinant un nombre limité de formes, n’exigeant qu’un seul mouvement de plume, avec quelques droites horizontales ou verticales.

Serge Mouraviev conclut qu’un noyau de 20 lettres mesropiennes, désignant des sons suggérés par le grec, provenait de l’alphabet créé par l’évêque Daniel ou, en tout cas, avait été transmis par ce dernier à Mesrop Machtots. C’est cet alphabet de base, qui s’avéra insuffisant, que l’inventeur modifia et compléta pour créer les caractères dont des siècles d’utilisation ont démontré la perfection en tant qu’écriture arménienne. Notre auteur explique avec une abondance de détails le processus de création tant des caractères daniéliens que des mesropiens. Ce faisant, il pose lui-même les questions qu’un critique éclairé poserait au sujet de ce qui a tout l’air de n’être qu’une série d’hypothèses audacieuses. Le tout est illustré par un grand nombre de schémas convaincants et d’illustrations qui confortent visuellement les étapes de l’éprouvant voyage intellectuel dans lequel il entraîne le lecteur.

Le déroulement des deux aventures, celle de Mesrop Machtots et celle de Serge Mouraviev seize siècles plus tard, est narré dans un style très personnel, souvent à la première personne, ce qui confère un attrait certain à cet ouvrage de recherche. Non content de démontrer comment les caractères de Daniel furent transformés en lettres de l’alphabet de Mesrop, l’auteur tente d’établir comment furent créées les formes des lettres supplémentaires "non grecques", entièrement construites par Mesrop, correspondant à la douzaine de sons spécifiquement arméniens sans équivalents parmi les sons des langues classiques, et comment elles ont trouvé les positions exactes qu’elles occupent encore aujourd’hui par rapport à l’alphabet primitif. Toute cette enquête n’a été ni facile ni rapide, bien que la lecture de ce livre puisse suggérer qu’à l’instar de Machtots, seule une révélation aurait pu permettre à Mouraviev d’accéder à la secrète pensée du vénérable saint. Pour tous les Arméniens, Mesrop Machtots et l’alphabet arménien sont sacrés. Il y a probablement eu beaucoup plus d’études consacrées à Machtots et à l’histoire de ses saintes lettres qu’à tout autre domaine de la culture arménienne. Donc, qu’un chercheur, surtout s’il n’est pas arménien, ose proposer un système global destiné à expliquer la création, au début du cinquième siècle, et l’évolution première des lettres arméniennes, est une démarche fort dangereuse face au conservatisme académique. Mais Serge Mouraviev a étudié ce sujet depuis les années 1970. Il a publié en 1980 deux articles préliminaires, en français dans la Revue des Études arméniennes et en russe dans Patmabanasirakan handes, la revue de l’Académie des sciences d’Arménie. Depuis, il a précisé et parfois modifié son analyse afin de concevoir ce livre exceptionnel. Qui plus est, il a pris la peine d’y ajouter sept annexes sur les aspects fondamentaux de sa recherche. Ces annexes fournissent les connaissances de base indispensables au non-spécialiste (selon l’auteur), mais proposent en fait une excellente réévaluation de tous les acquis en la matière, sous forme de sections consacrées à la phonologie, à la grammaire, aux travaux des dix-neuvième et vingtième siècles sur Machtots et sur l’alphabet, une présentation et une analyse des monuments les plus anciens de la paléographie arménienne, et les textes originaux et les traductions d’une collection presque exhaustive des sources anciennes existantes sur la création de l’alphabet.

Les premiers articles de Serge Mouraviev n’ont guère suscité de réactions critiques. Nul doute que divers détails de sa profonde analyse soulèveront des objections, mais l’ensemble du système explicatif qu’il a mis sur pied est trop solide, trop convaincant pour être ébranlé par des éléments isolés. Les lecteurs les plus assidus de ce livre seront les chercheurs, et pas seulement le lectorat grand public auquel il professe de s’adresser en premier lieu. Il nous incombera d’établir si et comment les conceptions de Serge Mouraviev pourraient être affinées ou améliorées. Quelles que puissent être ses erreurs, si tant est qu’il en existe, ce volume a le grand mérite de fournir une explication universelle de la démarche de Mesrop Machtots et de son prédécesseur pour créer et perfectionner cet outil extraordinaire qui a permis d’écrire en arménien et a rendu possible l’épanouissement d’une littérature remarquable.

Dickran Kouymjian, Paris


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