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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Gérard BEDROSSIAN

L'auteur

 
Gérard Bedrossian, diplômé des Langues orientales, a collaboré à de nombreux périodiques, tant français qu’arméniens. Il est directeur littéraire de la revue Ani-Cahiers Arméniens, publiée par le Centre de recherches sur la diaspora arménienne.
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Livre numéro 84
Gérard BEDROSSIAN --- Cliquer pour agrandir Arménie, j'écris ton nom : histoires de France et d'Arménie
Titre : Arménie, j'écris ton nom : histoires de France et d'Arménie / auteur(s) : Gérard BEDROSSIAN - textes choisis et présentés par Gerard Bedrossian et Nicole Priollaud
Editeur : Liana Levi
Année : 1990
Imprimeur/Fabricant : 53-Mayenne : Impr. Floch
Description : 189 p. ill., couv. ill. en coul. 23 cm
Collection : Ecrivains reporters
Notes : Bibliogr. p. 179-184
Autres auteurs :
Sujets : Arméniens -- France -- Histoire * Voyageurs francais -- Armenie -- Histoire * France -- Relations -- Armenie * Armenie -- Relations -- France * Armenie -- Histoire
ISBN : 9782867460623
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 23,17 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

"Par delà les raisons d'Etat, un réseau affectif d'échanges et de correspondances remontant aux temps lointains des croisades" s'établit entre la France et l'Arménie. "Les écrivains au fil de l'histoire ont laissé le témoignage vivant de cette relation particulière".
Redécouvrir l'Arménie au travers de leurs récits, telle est l'ambition du fabuleux ouvrage de Gérard Bedrossian et Nicole Priollaud. Une histoire d'amour empreinte "de rapprochements et d'abandons", ou les illustrations égayent le texte; et les nécessaires éclaircissements, en marge des multiples et insoupçonnés documents d'époque, guident le lecteur. Une documentation impressionnante, concentrée sur quelques 160 pages, que l'on dévore tel un conte.

Telle une mise en scène théâtrale, le premier "acte" plante le décor: l'Ararat de la genèse, nom original donné a toute l'Arménie par Antoine Jean Saint Martin dans ses mémoires en 1818. Perses, Grecs et Romains vantent nos mérites et Rabelais nous évoque dans Pantagruel en 1532.
Ces témoignages de relations chrétiennes se retrouvent par exemple en l'Eglise de Germigny-des-Prés en Auvergne, construite par Odo le Messin, bâtisseur arménien, familier de Charlemagne. Dans la foulée les liens du sang s'officialisent avec les croisades de la foi, Léon de Lusignan, dernier roi d'Arménie, et Charles V qui lui rend hommage. A la "croisée des chemins" le génie du commerce arménien évoqué par Marco Polo au 13e siècle, Joseph Pitton de Tournefort en 1701 et Jean Baptiste Tavernier, grand voyageur, rayonna à tel point que les Arméniens organisaient et géraient le commerce international entre Orient et Occident. D'où leurs facilités d'implantation en France légalisées par le Cardinal de Richelieu et Colbert, ministre du roi. Leurs écrits témoignent sympathie et intérêt.

Nos coutumes, nos fastes, notre hospitalité, intriguaient et émerveillaient nombre de voyageurs et scientifiques français venus a notre rencontre. Lamartine lui-même, n'est pas avare de flatteries dans son récit "Voyage d'Orient" (1831-1832). L'envers du décor nous apparaît cependant sous la plume de Gérard de Nerval dans un écrit de 1851 où il témoigne de la brutalité des Turcs et de leur fanatisme religieux à l'encontre des Arméniens. Même si le yaourt fut introduit en France par Aram, les grands cafés tenus dès 1672 par des Arméniens, même si le bonnet phrygien de la Révolution française est suppos& provenir d'une origine lointaine et arménienne, même si Voltaire intitula un de ses plus célèbres ouvrage "Zadig", il n'en est pas moins vrai que cette amitié au quotidien trouva son écho dans les écrits de Montesquieu, Louis XIV et Colbert dès les premières persécutions turques qui au XVII siècle firent main basse sur l'Etat arménien. Dans les écrits seulement, car il n'en suffisait pas plus pour satisfaire la naïve confiance des Arméniens. Oh bien sûr, Lamartine autorisa la fondation du collège arménien Samuel Moorat avec Louis-Philippe, roi des Français; mais il n'en est pas moins vrai que nous intéressions encore la France pour valoriser son commerce avec l'Orient. Victor Hugo lui-même fut traduit en arménien...

Tout changea dès 1878; après l'écrasement des Turcs par la Russie, le traité de San Stefano obligea la Turquie à protéger les Arméniens. Mais le front turcophile grandit et Abdul Hamid II provoque les premiers massacres organisés de 1894-1896. Dès lors Georges Clemenceau, Jean Jaurès, Pierre Coti, Pierre Quillard, Anatole France adhèrent et créent Pro-Armenia; un journal, un simple journal en 1900, bien vite disparu avec l'affaire Dreyfus. La voix du silence s'organise, les paroles publiées des grands de la France ne deviennent qu'impuissance.

Malgré tout les Arméniens espèrent encore en la France, à l'image de Missak Manouchian arrivé en France en 1925, à l'image de cette France au secours de l'Arménie après le tremblement de terre de 1988.

Pascal Maguesyan, dans France-Arménie (1990)


Les auteurs
Gérard Bedrossian, diplômé des Langues orientales, a collaboré à de nombreux périodiques, tant français qu’arméniens. Il est directeur littéraire de la revue Ani-Cahiers Arméniens, publiée par le Centre de recherches sur la diaspora arménienne.
Nicolle Priollaud, diplômée de Sciences Politiques et licenciée ès Lettres, traductrice et attachée de presse, dirige aux Editions Liana Levi la collection "Ecrivains reporters".

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