Retour à l'Index des auteurs    Accueil
Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Bernard BRUNETEAU
( n. 19.. )

L'auteur

 
Maître de conférences en Histoire contemporaine à l'Université Pierre Mendès France-Grenoble II, membre du Centre de recherches administratives et politiques (URA CNRS 984), intervenant lors des sessions de l'Institut de formation des cadres paysans (en 1994)
Maître de Conférences Sc. Eco, HDR, UPMF (2004).
ligne
Livre numéro 1300
Bernard BRUNETEAU --- Cliquer pour agrandir Comprendre les génocides du XXe siècle, Comparer-enseigner
Titre : Comprendre les génocides du XXe siècle, Comparer-enseigner / auteur(s) : Barbara LEFEBVRE - sous la direction de Barbara Lefebvre et Sophie Ferhadjian
Editeur : breal
Année : 2007
Imprimeur/Fabricant : 58-Clamecy : Impr. Laballery
Description : 319 pages ; couv. ill. ; 21 cm
Collection : COLLECTIONS DIV
Notes : Bibliogr. p. 316-319. Bibliogr. en fin de chapitres. Notes bibliogr.
Autres auteurs : Annick ASSO [contribution] - Bernard BRUNETEAU [contribution] - Claire MOURADIAN [contribution] - Yves TERNON [contribution] -
Sujets : Génocide -- 20e siècle -- Historiographie -- Enseignement
ISBN : 9782749507224
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 28,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Composé sous la direction de Barbara Lefebvre et Sophie Ferhadjian, Comprendre les génocides du XXe siècle a été écrit par 9 « contributeurs », excusez du peu. Que voilà un ouvrage bien utile pour celui qui s’intéresse au problème des crimes de guerre, des holocaustes, des génocides, et qui essaie de s’y retrouver dans tout cela ! Et, grâce à ce livre, on s’y retrouve !
La première partie fait le point sur le problème vu par les historiens. Il remet vraiment les pendules à l’heure, non seulement sur la notion de génocide en général, mais plus particulièrement sur le problème des Juifs, des Arméniens, sur les crimes soviétiques et les massacres du Cambodge et du Rwanda.
La deuxième partie traite le sujet du point de vue de l’enseignement et passe en revue programmes et pratiques avec des commentaires fouillés, précis, pertinents. Tout cela est abondamment documenté, avec un tas de références et une riche bibliographie.
Bref, un ouvrage qui intéressera l’honnête homme du 21e siècle, mais aussi tous ceux qui par leur travail, leur rôle social, leur enseignement - ou tout simplement le contact que la vie leur offre avec des adolescents - sont amenés à se poser des questions sur les génocides du 20e siècle et à y trouver des réponses.
Un livre indispensable.

Claude Raucy


Livre numéro 881
Bernard BRUNETEAU --- Cliquer pour agrandir Le siècle des génocides
Titre : Le siècle des génocides / auteur(s) : Bernard BRUNETEAU - Violences, massacres et processus génocidaires de l'Arménie au Rwanda
Editeur : Armand Colin
Année : 2004
Imprimeur/Fabricant : 46-Cahors : Impr. France Quercy
Description : 253 p. : couv. ill. ; 21 cm
Collection : L'histoire au présent
Notes : Bibliogr. p. 234-242
Autres auteurs :
Sujets : Génocide -- 20e siècle
ISBN : 9782200264031
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 20,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

L'horreur d'Auschwitz n'est pas d'essence extra-terrestre mais constitue une synthèse paroxystique de différents éléments que l'on retrouve tout au long du XXe siècle.
Dans Le siècle des génocides, Bernard Bruneteau montre la continuité et la parenté entre tous les génocides et crimes contre l'humanité qui ont débuté à l'époque coloniale et se sont poursuivis jusqu'à nous, au Rwanda.
Une lecture douloureuse qui nous éclaire sur ce siècle de fer et de sang.

Le concept de génocide
L'Histoire récente et les textes anciens, dont la Bible, abondent de récits d'extermination. Faut-il pour autant tout mettre dans le même sac, génocides, massacres de masse, exterminations de populations entières, crimes de guerre,... ?
Pour prévenir toute confusion, Bernard Bruneteau rappelle l'importance d'une définition rigoureuse du concept de génocide (*).
Le Tribunal militaire international de Nuremberg, qui a jugé les criminels nazis, a invoqué à leur propos l'incrimination de «crime contre l'humanité». C'était la première utilisation de ce concept depuis... Robespierre.
L'accord de Londres du 8 août 1945, qui établit les statuts du Tribunal, le définit de façon évasive comme «l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout autre acte inhumain commis contre toutes les populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux».
C'est seulement un peu plus tard, lors de la première session de l'Assemblée générale des Nations Unies, le 11 décembre 1946, qu'est défini le concept de «génocide». Il est défini par la résolution 96 comme «un déni du droit à la vie des groupes humains», que ces «groupes raciaux, religieux, politiques et autres, aient été détruits entièrement ou en partie».
L'allusion au fait politique déplaît à l'URSS qui a beaucoup à se reprocher en ce domaine. Aussi la définition est-elle édulcorée dans l'article II de la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948 qui définit comme génocide «des actes commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel».
L'exclusion du fait politique fait encore débat parmi les spécialistes, ainsi que le souligne Bernard Bruneteau, car elle conduit à exclure par exemple le massacre des Hutus modérés du génocide des Tutsis en 1994 et elle fait fi d'un constat évident : «les génocides commis contre des groupes raciaux, ethniques ou religieux le sont toujours à la suite de conflits et à partir de considérations idéologico-politiques».

L'auteur met en garde contre une double dérive :
– la première, ultra-restrictive, voit dans l'Holocauste (l'extermination des Juifs) le seul véritable génocide ; elle établit par exemple une différence entre la prétendue «rationalité» des crimes staliniens, commis au nom d'un idéal honorable, et l'absolue «irrationalité» des crimes nazis,
la seconde, extensive, conduit à qualifier de génocide tous les méfaits commis par les Occidentaux et les autres, au risque d'enlever toute pertinence au concept.

Aux origines de la violence du XXe siècle
«À titre rétrospectif, le XXe siècle peut s'assimiler au règne de la violence paroxystique», rappelle Bernard Bruneteau.
Mais le surgissement de cette violence a été préparé par des éléments du siècle précédent : «L'ère impérialiste qui voit la nouvelle pensée raciste justifier un expansionnisme colonial sanglant inaugure en effet les massacres administratifs ; la guerre de 1914 qui combine animalisation de l'ennemi, violence extrême et mort de masse débouche par ailleurs sur la brutalisation des sociétés européennes».

L'auteur revient bien évidemment sur les massacres liés aux conquêtes coloniales, en Algérie, en Afrique noire, en Australie,... sans parler des guerres indiennes livrées par les Étasuniens aux premiers habitants de leur pays.
«Si la majorité des massacres de l'ère coloniale ne relèvent pas de la stricte catégorie du génocide», note Bernard Bruneteau, «l'indifférence dans laquelle ils se déroulèrent ne se sépare pas toutefois d'une forme d'idéologie, et qui plus est à visée universaliste»... C'est au nom du «peuple souverain» que des États comme la France ont entrepris de soumettre les peuples non européens.
Les guerres coloniales ont été justifiées en invoquant le darwinisme social, excroissance monstrueuse de la théorie de la sélection naturelle de Charles Darwin, et la vocation des «races supérieures» à dominer les autres.
Le succès de ce genre de théorie a été rendu possible par la sécularisation des sociétés européennes et l'affaiblissement de la morale chrétienne, avec pour conséquences le rejet de la compassion en politique et la désacralisation de l'être humain.
La Grande Guerre de 1914-1918, en atteignant un seuil de violence sans précédent, a également contribué à chambouler les consciences. «Lieu de l'hécatombe et de la terreur la plus insupportable, la bataille des années 1914-1918 a rendu banale la disparition de millions d'hommes, faisant accepter par exemple que la moitié des morts de la guerre n'aient pas de sépulture. Le consentement à la mort de masse est indissociable de la désacralisation subite de la vie humaine», note Bernard Bruneteau.
Ces préambules permettent à l'auteur de dérouler le fil des événements tragiques qui ont jalonné le XXe siècle, du massacre des Arméniens à celui des Tutsis, en passant par les liquidations de masse en URSS, la Shoah et le génocide cambodgien.

André Larané


ligne

  Retour à l'Index des auteurs