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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Revue d Histoire arménienne contemporaine

L'auteur

 
Bibliothèque Nubar de l'UGAB

11 square Alboni - 75116 Paris

ISSN 1259-4873

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Livre numéro 1669
Revue d Histoire arménienne contemporaine --- Cliquer pour agrandir Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome VII : Les Arméniens d'Azerbaïdjan, Histoire locale et enjeux régionaux, 1928-1918
   
Titre : Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome VII : Les Arméniens d'Azerbaïdjan, Histoire locale et enjeux régionaux, 1928-1918 / auteur(s) : Magdalena GOLNAZARIAN-NICHANIAN - Revue d Histoire arménienne contemporaine -
Editeur : Centre d histoire arménienne contemporaine
Année : 2009
Imprimeur/Fabricant : Imprimerie Chirat - 42540 St-Just-la-Pendue
Description : 17 x 24 cm, 351 pages, Tableaux, index, reproduction de documents
Collection : ISSN 1259-4873
Notes : Préface de Yann Roichard ; ovrage tiré d'une thèse en Sorbonne nouvelle, Paris, 2002
Autres auteurs :
Sujets : Histoire contempoaine -- Azerbaïadjian -- Arméniens
ISBN :
Prix :

Commentaire :

Couvrant presque un siècle d'histoire des Arméniens d'Azerbaïdjan, cette étude se concentre plus particulièrement sur les événements survenus au cours de la Première Guerre mondiale, qui n'avaient jusqu'à présent fait l'objet d'aucun travail universitaire.
La première partie expose brièvement les liens anciens entre l'Arménie et la Perse, de même que la présence millénaire des premiers en Azerbaïdjan. Elle permet non seulement d'observer le long processus de disparition de cette communauté, mais aussi de dresser la typologie d'un groupe historique déterminée par un statut de minoritaire en terre d'Islam.
La seconde partie est consacrée à la période de la Première Guerre mondiale. L'étude des cycles «positifs » et « négatifs » de la politique du pouvoir montrent bien que la situation des minoritaires reste précaire et évidemment à la merci des bouleversements politiques régionaux, comme l'arrivée des Russes au sud Caucase ou les occupations ottomanes successives. Elle met en évidence les conséquences directes sur les Arméniens d'Azerbaïdjan des choix politiques faits par leurs congénères d'Arménie russe ou de l'Empire ottoman.
L'étude montre notamment que malgré la neutralité déclarée de la Perse, le sort de l'Azerbaïdjan et de ses populations est entièrement lié à l'évolution des opérations militaires qui opposent Russes et Ottomans. Les parties consacrées aux drames humanitaires engendrés par les deux invasions turques de la région, au cours de l'hiver 1914-1915 et de l'été 1918, sont sans doute les parties les plus novatrices de ce travail, s'appuyant notamment sur les archives des organisations humanitaires du Caucase qui ont travaillé à soulager les dizaines de milliers de réfugiés arméniens accourus au Caucase ou, en 1918, en Irak. L'auteur dresse un bilan humain exhaustif de ces événements et souligne combien des relations amicales, séculaires, entre les différents éléments établis en Azerbaïdjan se sont soudainement, sous la pression des événements et du fait d'un intense travail de propagande des puissances régionales, dégradées et ont abouti à des affrontements sanglants. Il y apparaît clairement que le génocide des Arméniens et des Assyro-chaldéens organisé par les Jeunes-Turcs dans l'Empire ottoman a eu son prolongement direct en Azerbaïdjan.
Rendu sans doute moins prudent par la situation inespérée créée par la retraite russe du front du Caucase, suite à la Révolution d'Octobre, le général Ali Ihsan pacha n'hésita pas, en occupant Tabriz, en 1918, à déclarer aux Arméniens, comme une promesse, qu'il avait déjà fait exterminer 500 000 Arméniens dans les régions allant de Van à Mossoul.

Livre numéro 421
Revue d Histoire arménienne contemporaine --- Cliquer pour agrandir Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome V : Le Liban. A la veille et au début de la guerre. Mémoire d'un Gouverneur, 1913-1915
 
Titre : Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome V : Le Liban. A la veille et au début de la guerre. Mémoire d'un Gouverneur, 1913-1915 / auteur(s) : Ohannès Pacha KOUYOUMDJIAN - Revue d Histoire arménienne contemporaine -
Editeur : Centre d histoire arménienne contemporaine
Année : 2003
Imprimeur/Fabricant : Mediaform, SAL (Mkalles, Liban)
Description : 192 pages, 16 x 24 cm, couverture illustrée en couleur, nombreuses illustrations
Collection :
Notes : Introduction, édition et notes Raymond H. Kévorkian, Vahé Tachjian et Michel Paboudjian ; ISSN 1259-4876
Autres auteurs : Raymond Haroutiun KEVORKIAN [introduction] - Vahé TACHJIAN [introduction] -
Sujets : Histoire -- Arménie -- Génocide -- Diaspora
ISBN :
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Prix : 30,00 euros

Commentaire :

Achat : Bibliothèque Nubar de l'UGAB, Paris

Les Mémoires du dernier gouverneur ottoman du Mont-Liban, Ohannès pacha Kouyoumdjian, achevées en 1921, à Rome, étaient restées jusqu’à présent inédites. Elles couvrent une période particulièrement importante de l’histoire du Liban contemporain, de janvier 1913 à septembre 1915, et mettent en lumière les dernières années de la présence ottomane au Mont-Liban et des questions encore peu explorées, mais essentielles, de l’histoire du Liban contemporain, notamment durant les premiers mois de la Première Guerre mondiale.
Haut fonctionnaire de la Sublime Porte, Hovhannès pacha témoigne notamment des premières manifestations de la famine organisée au Liban par le régime jeune-turc et, sur le chemin du retour vers Constantinople — il a souhaité quitter ses fonctions lorsqu’il a appris que le gouvernement qu’il servait exterminait sa nation —, l’arrivée des premiers déportés arméniens en Cilicie et en Syrie.
La présente édition des Mémoires d’Ohannès pacha a été préparée d’après le manuscrit original conservé dans les fonds de la Bibliothèque Nubar de l’UGAB, à Paris. Elle est précédée d’une introduction historique, annotée et illustrée par une trentaine de documents photographiques d’époque.

Tome V de la Revue d’Histoire Arménienne Contemporaine, volume de 192 pp, introduction, édition et notes : R. H. Kévorkian, V. Tachjian et M. Paboudjian.


Livre numéro 1123
  Revue Histoire arménienne contemporaine : Mardin 1915
 
Titre : Revue Histoire arménienne contemporaine : Mardin 1915 / auteur(s) : Revue d Histoire arménienne contemporaine - Yves TERNON -
Editeur : revue histoire arménienne contemporaine
Année : 2002
Imprimeur/Fabricant : ISSN 1259-4873
Description : 16,5 x 24 cm
Collection : Numéro spécial de la revue d'Histoire arménienne contemporaine
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien 1915
ISBN :
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Prix :

Commentaire :

Article Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 76b, juin2002
Soirée de présentation de l’ouvrage d’Yves ternon

La revue d'histoire arménienne contemporaine, dirigée par Raymond H. Kévorkian, édite en numéro spécial l'ouvrage d'Yves Ternon. Comme l'indique la suite du titre cette monographie marque une manière nouvelle d'aborder et étudier le génocide. Les Arméniens de Mardin étant à l'époque tous catholiques, les archives du Vatican, et notamment les documents très nombreux rassemblés pour le procès en béatification de Mgr Malo-yan, archevêque martyr de Mardin, furent une source précieuse de renseignements. Mgr Grégoire Ghabroyan, éparque des Arméniens catholiques de France, dont la famille est originaire de Mardin (son grand-père était dans le même convoi que Mgr Maloyan) a facilité au chercheur l'accès aux sources romaines et chrétiennes orientales et lui a remis des documents personnels. Il était donc normal qu'Yves Ternon choisisse la cathédrale arménienne catholique pour une première présentation de son œuvre au public parisien.

Signatures
La soirée comporta une présentation de l'œuvre d'Yves Ternon par R.H. Kévorkian qui précisa aussi son rôle dans la genèse de Mardin 1915. Yves Ternon expliqua ensuite avec sa fougue habituelle en quoi son travail pouvait donner une orientation nouvelle à l'étude du génocide arménien. Les deux conférenciers se partagèrent les réponses à apporter aux
questions du public. Enfin un cocktail dans la grande salle attenante permit la prolongation des discussions tandis que l'auteur se prêtait de bonne grâce à la cérémonie de signature de Mardin 1915 et de ses principales œuvres dont on proposait au public une rétrospective.

Intervention de Raymond H. Kévorkian
Le directeur de la Revue d'Histoire arménienne contemporaine insiste sur le fait que cette monographie est une grande première. C'est un travail très poussé, très précis sur le génocide dans une région précise. En cela, il marque un changement dans le cheminement intellectuel d'Yves Ternon, dans sa méthode. Il rappelle que ce dernier a proposé jusqu'ici de larges synthèses : l'histoire du génocide assortie d'une dimension éthique. Il a donné aussi des travaux comparatistes avec la Shoah, avec le Rwanda et nous a fait réfléchir sur le sort des victimes en démontrant la perversion du mécanisme victime, bourreau, victime dans l'Innocence des victimes. C'est un pourfendeur infatigable du négationnisme.
Actuellement la situation évolue pour les chercheurs, les historiens. Dans ces 20 dernières années on a dépouillé beaucoup d'archives, des matériaux abondants sont fournis par le Vatican, l'Italie et le travail de fond sur ces documents apporte de l'eau au moulin des historiens. Le travail effectué par Yves Ternon sur Mardin doit être le premier d'une série à réaliser dans les prochaines années. Une historiographie maniaque est à entreprendre pour toutes les régions en descendant jusqu'au nominal, c'est-à-dire pouvoir dire de manière irréfutable le nom et l'histoire du plus grand nombre de victimes. C'est une nécessité pour accomplir le travail de deuil, c'est une forme de thérapie pour les Arméniens.

Intervention d'Yves Ternon
A partir du livre du Père Rhétoré qui lui fut remis à Padoue ainsi qu'à R.H. Kévorkian, Fenêtre sur un massacre, il veut entreprendre des recherches à la bibliothèque du Saulchoir. Mgr Grégoire Ghabroyan, qui s'entremet pour lui faire ouvrir les portes de ce centre de documentation catholique, lui remet aussi des documents abondants, notamment ceux qui accompagnent le procès en béatification de Mgr Maloyan. Or une vieille idée taraude notre auteur : faire pour les Arméniens ce que Serge et Béate Klarsfeld ont fait pour les Juifs. Descendre jusqu'au nom et au prénom de la victime. C'est ainsi que de trois pages de notes on passe à un volume de 400 pages. Il faut reconstituer, en pénétrant dans le détail, 1915 à Mardin, dans le sandjak de Mardin et le vilayet de Diarbékir. On fait alors la démonstration que « l'événement » était programmé.

Pourquoi Mardin ?
Mardin a une double spécificité. Spécificité géographique : Dans une région montagneuse, à 1100 mètres d'altitude c'est un balcon sur la Mésopotamie, berceau des civilisations. Construite sur un versant montagneux, refuge contre les envahisseurs, Mardin fut construite comme une forteresse bien avant l'Empire romain. Spécificité religieuse : C'est une mosaïque de chrétientés en plein pays kurde. Avec le développement du christianisme elle a subi les contrecoups de l'opposition entre Antioche et Alexandrie. Deux chrétientés schismatiques aux yeux de Rome, les Nestoriens et les Monophysites antichalcédoniens s'y sont développées. L'Islam pénètre au XVIe siècle avec l'envahisseur ottoman. A partir du XVIIe siècle, des congrégations religieuses catholiques y œuvrent dans le désir de réunir à Rome. Syriens orientaux et Syriens catholiques, Arméniens apostoliques et catholiques, jacobites, nestoriens - 5 ou 6 catégories cohabitent. Les échanges se font en fonction de l'appartenance religieuse. A partir du XIXe siècle les Arméniens de Mardin sont pratiquement tous catholiques. Mardin est une ville kurde abritant les notables des grandes tribus kurdes. Dans le vilayet de Diarbékir, les Kurdes ont beaucoup massacré en 1895. A Mardin musulmans et chrétiens ont offert ensemble une bonne résistance aux agressions des Kurdes.

Première Guerre mondiale
Août 1914 : mobilisation générale dans l'Empire ottoman. C'est la chasse à l'homme. Ni les Turcs ni les Arméniens ne veulent subir la conscription. En mars 1915 la situation change à Mardin. Le Vali est remplacé par un circassien, le DR Rechid, chef des assassins, homme de confiance du gouvernement. Des réunions secrètes de notables, de militaires, de miliciens sont organisées par le secrétaire responsable. Les Kurdes mandatés par le Dr Rechid joueront un rôle essentiel. Les tribus ont été visitées ; chacune a son territoire de destruction. Souvent on leur amènera les victimes qui leur sont attribuées.
A Mardin dès la fin de 1914 on assiste à des perquisitions, des arrestations sur dénonciation. On délègue à Mardin trois personnages identifiés par les témoins et qui seront présents à chaque convoi, à chaque destruction puisqu'il y aura 95% de morts. Les Arméniens comprennent qu'ils sont menacés. Les notables sont arrêtés, torturés pour avouer des caches d'armes imaginaires. Le 10 juin 1915 la déportation commence.

Le génocide lui-même
10 juin : premier convoi d'hommes. On dispose de 30 témoignages avec des descriptions hallucinantes. Ils partent de nuit, encadrés, en direction de Diarbékir et sont exécutés par petits groupes, Mgr Maloyan le dernier. La proposition de conversion à l'islam est faite systématiquement mais il n'y a pas d'abjuration.
11 juin : arrestation des notables et deuxième convoi. Un tiers de l'effectif est déjà exécuté lorsque des cavaliers apportent aux non-arméniens le pardon du Sultan. Donc il s'agit bien du génocide des Arméniens. Les autres catégories sont protégées et les Arméniens séparés des autres Chrétiens. Des témoignages innombrables évoquent la corruption et l'avidité des assassins.
En juillet : convois de femmes, d'enfants, de vieillards. L'organisation est ignoble : on dit aux femmes que les maris, les pères sont bien arrivés, qu'elles vont partir les rejoindre. On leur conseille d'emmener leurs bijoux. Dès la sortie de la ville, ils sont confisqués. On assiste à des viols, des enlèvements. Beaucoup de femmes et d'enfants sont vendus dans les villages kurdes et soustraits ensuite aux recherches entreprises par les survivants. On a des récits détaillés de fins atroces avec des détails insoutenables.

Chroniqueurs
La seconde partie du livre est une anthologie de témoignages. Les récits individuels se recoupent de façon significative. On fait disparaître toutes les familles, en commençant par les plus riches. Sur 10 500 Arméniens catholiques du sandjak de Mardin, il n'y aura que 300 survivants.
Dans le village de Tell Armen, la population réfugiée dans l'église est donnée, livrée aux kurdes par la milice. Les caravanes qui pénètrent vers le nord ne ressortent pas vers le sud ; elles ont été détruites. La ville d'Alep se plaint du trop grand nombre de cadavres dans l'Euphrate. Beaucoup de corps sont jetés dans des puits profonds vers Nisibe ou Djeziré. Les camps sont des mouroirs. Les justes : ce sont les kurdes yezidis du Zinjar. On propose à Mgr Maloyan d'y fuir. Les Yezidis des montagnes du sud du Kurdistan accueillent les Arméniens.
Après Les pères « chroniqueurs » qui restent jusqu'en 1916 observent la "vengeance de Dieu" : les Turcs installés sur les dépouilles des Arméniens meurent en nombre de maladie. Il s'agit du choléra dont l'épidémie est sans doute une conséquence de la souillure des puits par les cadavres arméniens qu'on y a jetés en quantité. En fait ce sont les exécutants qui sont frappés par les responsables.
1916 : Une fois le génocide passé, les assassins cherchent à terminer le travail. Mgr Tapouni, qui recherche les survivants, manque d'être assassiné. Les kémalistes chassent les chrétiens.
De 1920 à 1929 : les kémalistes entreprennent l'élimination de la population arménienne survivante selon la technique suivante : les paysans sans terre sont regroupés dans des bourgs. En ville le travail leur est interdit. Ils émigrent en masse vers la Syrie sous mandat français. C'est ainsi que se bâtit Kamichlié avec une population mixte de Kurdes, d'Arméniens apostoliques et catholiques.

Les sept vilayets d'Anatolie orientale
Dans sa conclusion le Dr Ternon insiste sur le fait que fournir des noms, retracer des aventures individuelles précises est pour lui très important. Chaque souffrance individuelle est un lien entre l'histoire locale et l'histoire individuelle. Des récits individuels relatant le même processus montrent qu'il y a eu organisation criminelle. Les circonstances détaillées de cet événement terrible et complexe sont plus importantes que le nombre des morts. Le dénombrement est la porte ouverte aux négationnistes car on peut toujours contester des chiffres. Mais des témoignages irréfutables, précis et concordants prouvent l'intention criminelle.
Le Dr souhaite que le même travail soit entrepris pour les sept vilayets de l'Anatolie orientale, pour décourager enfin les turcologues qui dans le flou à la mode s'abritent derrière une approche générale de la « contextualisation » du génocide pour faire accepter l'inacceptable. Un grand merci à Yves Ternon pour cette soirée et pour l'ensemble d'une œuvre si généreusement consacrée à la catastrophe arménienne. Le talent du chirurgien et celui de l'historien s'unissent dans cette étude au scalpel de l'anatomie pathologique d'une destruction.

Françoise Couyoumdjian


Livre numéro 1354
Revue d Histoire arménienne contemporaine --- Cliquer pour agrandir Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome III : La Cilicie (1909-1921)
   
Titre : Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome III : La Cilicie (1909-1921) / auteur(s) : Revue d Histoire arménienne contemporaine - Des massacres d'Adana au mandat français
Editeur :
Année : 1999
Imprimeur/Fabricant : Imprimerie Chirat - 42540 St-Just-la-Pendue
Description : 16,5 x 24 cm, 384 pages
Collection : ISSN 1259-4873
Notes : Introdution de Raymond H. Kevorkian
Autres auteurs : Raymond Haroutiun KEVORKIAN [introduction] -
Sujets : Génocide arménien 1915
ISBN :
Prix :

Commentaire :

Voici quatre-vingt-dix ans, au cours du mois d'avril 1909, 25 000 Arméniens de Cilicie étaient massacrés dans des conditions d'une rare cruauté. Certains se sont demandé s'il s'agissait d'un dernier sursaut de l'Ancien régime ou d'une première manifestation des intentions du Comité Union et Progrès. La manière avec laquelle le gouvernement et les cercles du pouvoir gérèrent l'affaire en surprit plus d'un : ceux-ci ont en effet pratiqué les vieilles méthodes de désinformation, reposant sur des principes assez simples, comme l'inversion des rôles victimes-bourreaux, l'attribution de la responsabilité des crimes à la victime, « châtiée comme elle le méritait », la falsification systématique des statistiques du nombre de morts et l'échange de télégrammes entre autorités locales et centrales pour valider, « preuves à l'appui », la thèse d'État.
On sait combien, dans des pays comme l'Empire ottoman, il est difficile, faute de preuves, de démonter les mécanismes mis en place par l'État et ceux qui le contrôlent pour dissimuler la vérité. Dans la plupart des cas, les pistes ont été suffisamment brouillées pour que les affirmations des victimes apparaissent comme douteuses ou excessives et le discours du pouvoir plausible. Ainsi se développent, au fil du temps, des « thèses qui se discutent » et permettent un enfermement des faits dans le registre des énigmes de l'histoire.
C'est à une étude de ces pratiques que la première partie de ce numéro spécial est consacrée, avec pour objet d'observation les massacres de Cilicie d'avril 1909 qui, compte tenu du contexte et de la masse d'informations disponibles, restent l'un des dossiers les plus révélateurs. D'autant que les autorités ont, en l'occurrence, été contraintes de reconnaître les faits, c'est-à-dire à infirmer tout le discours qu'elles avaient tenu jusqu'alors, imputant notamment la responsabilité des violences aux victimes. Il ne faut pas minimiser l'importance de ces aveux — acte banal dans bien des pays —, même s'ils ne sont pas suivi d'une application concrète en terme de justice et de réparation, car pour la première et, sans doute, la dernière fois de sa longue histoire l'État ottoman reconnaît implicitement qu'il a travesti la réalité et que les accusations avancées pour justifier l'assassinat de 25 000 civils étaient mensongères, « le fait d'une mauvaise interprétation du comportement des Arméniens », dira le discours officiel.
La seconde partie du volume concerne également la Cilicie dans le cadre du mandat français (1919-1921), et plus particulièrement les conditions de création de la Légion d'Orient ou Légion Arménienne, la gestion de celle-ci par la force mandataire française, les accords franco-turcs d'Angora et les circonstances qui provoquèrent l'exode des Arméniens réfugiés en Cilicie, le contexte politique cilicien et l'évacuation de la Cilicie par les forces françaises, abandonnant les populations civiles arméniennes à leur sort.
La dernière partie de ce numéro spécial est consacrée à la politique kémaliste visant à expulser les derniers Arméniens et d'autres populations chrétiennes, présentes en Cilicie et dans les régions limitrophes, au cours des années 1921-1929.

Livre numéro 774
Revue d Histoire arménienne contemporaine --- Cliquer pour agrandir Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome I, Annales de la Bibliothèque Nubar de L’Union Générale Arménienne de Bienfaisance
 
Titre : Revue d Histoire arménienne contemporaine, Tome I, Annales de la Bibliothèque Nubar de L’Union Générale Arménienne de Bienfaisance / auteur(s) : Revue d Histoire arménienne contemporaine -
Editeur : Ed. Bibliothèque Nubar de l UGAB - 11 square Alboni, F-75016 PARIS
Année : 1995
Imprimeur/Fabricant : 81-Mazamet : Impr. Greffier
Description : format 15,50 x 24 cm
Collection : ISSN 1259-4873
Notes : Articles en français ou en anglais, et documents dans leur langue d'origine ou en traduction
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Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
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Abonnement : 160 Francs

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