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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

David VINSON

L'auteur

 
Universitaire.
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Livre numéro 1271
David VINSON --- Cliquer pour agrandir Trames d'Arménie : Tapis et broderies sur les chemins de l'exil (1900-1940)
Titre : Trames d'Arménie : Tapis et broderies sur les chemins de l'exil (1900-1940) / auteur(s) : Raymond Haroutiun KEVORKIAN - Dickran KOUYMJIAN - Armand TCHOUHADJIAN - David VINSON - Dominique Serena-Allier, Raymond-H Kévorkian, David Vinson, Dickran Kouymjian
Editeur : images en manoeuvres éditions
Année : 2007
Imprimeur/Fabricant : 13-Gémenos : Impr. Horizon
Description : 239 pages ; ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 23 cm
Collection :
Notes : Exposition Trames d'Arménie (1900-1940) Tapis et broderies sur le chemin de l'exil
du 16 juin 2007 au 6 janvier 2008 au Museon Arlaten de la ville d’Arles (Bouches-du-Rhône) ; Bibliogr. p. 239
Autres auteurs :
Sujets : Tapis arméniens
ISBN : 9782849950975
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 22,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Trames d'Arménie (1900-1940) Tapis et broderies sur le chemin de l'exil, exposition du 16 juin 2007 au 6 janvier 2008 au Museon Arlaten de la ville d’Arles (Bouches-du-Rhône)
Entre récit et histoire, l'exposition présente plus de quatre-vingt-dix images réalisées au Proche-Orient entre 1890 et 1935 par des photographes réputés comme les frères Abdullah ou par des amateurs, saisis par la nécessité de sauvegarder une mémoire. Ces photographies racontent le long itinéraire des savoir-faire textiles arméniens (tapis et broderies), souvent seul bagage d'une population contrainte à l'exil, entre les villes de l'Empire ottoman et Marseille
Cette exposition s'inscrit dans le programme des Rencontres d'Arles - Photographie.

Sous la direction de Dominique Séréna-Allier, conservateur en chef, directeur du Museon Arlaten


Cet ouvrage montre comment entre 1900 et 1940, sur les chemins de l'exil, de l'Empire ottoman à Marseille, se transmettent et se perpétuent les procédés traditionnels arméniens liés à la fabrication de tapis et aux travaux de broderie. Des photographies révèlent la place des Arméniens dans l'artisanat du tapis et de la broderie avant 1915, ainsi que la transmission de ces techniques qui s'est opérée dans les ouvroirs des orphelinats levantins ou dans les camps de réfugiés arméniens notamment de Syrie, du Liban... Le corpus photographique réalisé entre 1923 et 1938 illustre les activités de la société marseillaise Tapis France-Orient qui, offrant du travail aux réfugiées arméniennes, a su utiliser leurs compétences ancestrales en fabriquant des tapis traditionnels de type oriental ou européen, mais aussi des tapis modernes destinés aux paquebots des grandes compagnies. Ainsi, le Museon Arlaten, musée départemental d'Ethnographie, interroge les notions d'identité et d'appartenance communautaire, mais également de transmission des savoir-faire à travers l'histoire d'une population largement implantée en Provence.


Sommaire de l’ouvrage

Avant-propos par Dominique Séréna-Allier
Les réfugiés arméniens en France : déracinement et quête d'un refuge, par Raymond H. Kévorkian
1 - DANS L'EMPIRE OTTOMAN : LES ARTISANS ARMÉNIENS DU TEXTILE
Voyageurs et arts textiles arméniens : histoire d'une rencontre, par David Vinson
Textiles arméniens : une riche palette Dickran Kouymjian
Corpus
Le tapis Ananson : le choix de la liberté, par Jane Ananson-Waddell et David Ananson, traduction-adaptation de Chantal Pradines

2 - DANS LES ORPHELINATS ET LES CAMPS : TRANSMETTRE ET RÉINVENTER DES SAVOIR-FAIRE
Une reconstruction nationale : réinsertion des filles et des femmes arméniennes après 1918, par Vahé Tachjian
Une association philanthropique au service des Arméniens : l'Union générale arménienne de bienfaisance, par Raymond H. Kévorkian
Le Near East Relief, par Dominique Séréna-Allier
Corpus
Antoine Poidebard et les Arméniens, par Lévon Nordiguian
Documents d'art oriental. Anciennes broderies arméniennes Antoine Poidebard (1929)

3 - À MARSEILLE : TAPIS FRANCE-ORIENT
Les premières implantations arméniennes à Marseille, par Raymond H. Kévorkian
Zareh Tchouhadjian : un expert du tapis à la tête de France-Orient, par Armand Tchouhadjian et Raymond H. Kévorkian Lire ce texte
Tapis France-Orient : une entreprise marseillaise, par Dominique Séréna-Allier
Corpus
Le Normandie : « une exposition flottante Art Déco », par Dominique Séréna-Allier


Livre numéro 872
David VINSON --- Cliquer pour agrandir Les Arméniens dans les récits des voyageurs français du XIXe siècle (1796-1895)
   
Titre : Les Arméniens dans les récits des voyageurs français du XIXe siècle (1796-1895) / auteur(s) : David VINSON -
Editeur : Editions et Régions
Année : 2004
Imprimeur/Fabricant :
Description : 389 pages
Collection :
Notes : Diffusion labouquinerie.com, Valence 2004
Autres auteurs :
Sujets : Le Français, l’Orient et l’Arménien au XIXe siècle
ISBN : 284794026X
Prix : 50,00 euros

Commentaire :

Nouvelle édition de la thèse publiée sous les informations suivantes : Université de soutenance : Montpellier 3 - 924 pages - Prix : 82,00 € - ISBN : 2-284-04153-1

Comment Lamartine, Théophile Gautier ou Alexandre Dumas percevaient-ils les Arméniens ? Quels regards un modeste botaniste comme Rémy Aucher-Eloy, un éminent archéologue à l’instar de Georges Perrot ou un missionnaire jésuite tel le Révérend Père Amédée de Damas, jetaient-ils sur ce peuple éclaté entre les empires ottoman, perse et russe ? Quelles étaient les images des Arméniens véhiculées par les voyageurs français du XIX e siècle ?

Cette double aventure du voyage et de l’écriture, aux temps du romantisme, du positivisme et de l’orientalisme, a engendré un imaginaire à la fois pittoresque et colonialiste. Au sein de cet univers façonné par l’esprit et l’âme française de l’époque, " l’Arménien réel " et " l’Arménien rêvé ", se nourrissent l’un de l’autre, s’opposent et se contredisent parfois.
Des stéréotypes, des clichés des a priori se figent ; une société, des mystères, des scènes de vie se dévoilent.
L’Arménien du XIXe siècle se découvre ainsi au gré des périples, au gré des récits de voyage. Mais est-ce la réalité ? Est- ce l’imaginaire ?

Un livre capital pour l’histoire de l’Arménie (René Adjémian).


Autre commentaire

Le reporter-photographe ces temps modernes est à bien des égards le lointain successeur de ces voyageurs français qui parcouraient le monde au temps de Louis XIV. Calepin et crayon à la main. i!s partaient le plus souvent en quête ce cet Orient mythique qui — ils le savaient — leur avait transmis les fondements culturels de leur civilisation. Les moyens de transport du temps, bateaux et caravanes terrestres, permettaient à des Tavernier, Chardin et autres Tournefort de découvrir à leur rythme ce Levant aux allures de conservatoire de l'Antiquité, constellé de traces des civilisations qui s'y développèrent. Le regard de ces hommes portait déjà les acquis de cet Occident triomphant, assoiffé de connaissances, partant à la conquête du monde. désireux de comprendre. Par certains aspects, leur regard s'apparentait à celui des Grecs de l'Antiquité décrivant les moeurs des "peuples barbares", mais fascinés par le faste des cours orientales. L'Arménie ne manquait alors pas d'attirer leur curiosité, attisée par l'image biblique de ce pays, où l'arche de Noé aurait échoué, et par les descriptions du pays de l'Ararat laissées par les auteurs classiques dont ils s'étaient nourris en faisant leurs humanités.
Cet univers antique et rural a laissé place, au cours du XIXe siècle, à un monde arménien multiple, ouvert à l'universalité, avec notamment cette présence arménienne aux quatre coins de l'Empire ottoman, où précisément la plupart des cent trente-quatre récits de voyageurs français décortiqués par David Vinson ont pu observer ces réalités arméniennes. Si l'objet de ces récits est bien l'Arménie ou le monde arménien et si ces voyageurs fournissent à bien des égards des informations parfois originales, comme l'image fixe d'une réalité momentanée, il n'en demeure pas moins que leur regard est avant tout celui de Français. En d'autres termes, leurs récits procurent finalement plus d'indications sur les valeurs que portent les auteurs, sur leur manière d'observer l'autre, l'étranger, que sur les réalités arméniennes.

Or, ce regard occidental était largement partagé par la classe politique française qui a été amenée à intervenir dans les affaires ottomanes lorsque le traitement infligé par les sultans passait les limites du supportable. Il ne fait donc guère de doute que les images véhiculées par les voyageurs aient eu leur incidence sur le traitement politique de la Question arménienne, d'autant qu'elles ont aussi contribué à façonner une opinion publique qui a souvent, lorsqu'elle exprimait son indignation face aux violences subies par les Arméniens ottomans, fortement pesé sur l'attitude des hommes politiques.
Au vrai, parmi les nombreux "passeurs" traités dans l'ouvrage de David Vinson, le "modèle arménien" développé par les cercles missionnaires, qui travaillaient en Arménie, a sans doute été le plus déterminant. Il s'en dégage un type "idéal", que l'auteur fait remarquablement bien ressortir, celui de l'Arménien catholique et francophone, parfait pour constituer une "clientèle" toute dévouée à la France. Autrement dit, les Missions françaises ont, David Vinson le souligne fort bien, puissamment contribué à la politique coloniale de notre pays, s'occupant notamment d'éduquer ces "autochtones".
Mais à côté du monde rural arménien, patriarcal, émerge aussi l'image d'Arméniens urbains, éduqués, aisés, qui fascinent le voyageur, car ils sont en quelque sorte bâtis sur le même modèle qu'eux. L'importance de la présence arménienne dans des lieux aussi importants que les Lieux saints en déconcerte d'autres, car ils s'imaginent difficilement qu'une nation soumise puisse détenir un tiers de ces fameux Lieux saints aux côtés des catholiques et des orthodoxes. De fait, les questions religieuses, confessionnelles sont souvent au cœur de ces récits et l'un des éléments déterminant leurs discours. L'analyse diachronique de ces textes que nous présente David Vinson dans ce beau volume permet justement de dégager l'éventail des centres d'intérêts que ces voyageurs ont. Un peu ethnologue, un peu historien, parfois observateur perspicace, ils sont une illustration vivante de l'évolution des "mentalités" dans la France du XIXe siècle.

Raymond H. Kevorkian, Revue arménienne des questions contemporaines, numéro 1, septembre 2004


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