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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Léon KETCHEYAN
( n. 1952 )

L'auteur

Léon KETCHEYAN --- Cliquer pour agrandir
Historien, traducteur

Docteur en sciences historiques et philologiques (École Pratique des Hautes Études - Paris)

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Livre numéro 2110
Léon KETCHEYAN --- Cliquer pour agrandir Le pays d'Ararat le sait
   
Titre : Le pays d'Ararat le sait / auteur(s) : Barsegh CHAHBAZ - Léon KETCHEYAN - Textes réunis, présentés et traduits par Léon Ketcheyan
Editeur : centre du patrimoine arménien
Année : 2015
Imprimeur/Fabricant :
Description : 72 pages
Collection :
Notes : Ouvrage en vente au Centre du Patrimoine Arménien de Valence au tarif de 12 €.
Commande possible par courrier en adressant le chèque à l'ordre du Trésor public en ajoutant 2€ de frais d'envoi : CPA Valence Roman Sud Rhône-Alpes
Rovaltain - Avenue de la gare
BP 10388 - 26958 Valence Cedex 09.
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien -- Récits personnels
ISBN :
Prix :

Commentaire :

À l'occasion de la commémoration du centenaire du génocide des Arméniens, le Centre du Patrimoine Arménien édite un nouvel opus, réunissant trois textes publiés pour la première fois en français, autour de la figure de Barsegh Chahbaz.

La publication
Barsegh Chahbaz est l'un des intellectuels raflés le 24 avril 1915. En juillet 1915, depuis ses geôles d'Aïntab, il adresse à sa sœur et son épouse une lettre les enjoignant à plaider sa cause auprès des autorités turques. Ce document exceptionnel, reçu en donation par le CPA, a été traduit en français et présenté pour la première fois par Léon Ketcheyan, historien et érudit. Il a bien voulu traduire et joindre à ce document deux autres textes passionnants.
Le premier, un long article publié aux États-Unis en 1965 par Minas Katchatourian, permet de découvrir à travers de larges extraits de correspondance, l'étudiant engagé, le combattant politique et le défenseur des droits du peuple Arménien. Il plonge le lecteur au cœur des débats qui agitent les élites arméniennes au début du XXe siècle, laisse deviner le désabusement qui le gagne et l'intellectuel qui l'emporte sur le militant.
Le second se déroule à Ayas, dans la prison devenue « le cimetière des intellectuels arméniens », où le destin fait se croiser Barsegh Chahbaz et Avétis Nakashian, médecin, un des rares prisonniers ayant survécu. Son récit, La prison d'Ayas, publié à Alep en 1930, éclaire les conditions de leur détention, l'angoisse qui les étreint mais également l'incompréhension et l'indignation face au traitement qui leur est réservé.


Article de Bérénice Delaye Aubozian, France-Arménie, numéro 421, Juillet-Aout 2015

Ce bel ouvrage a vu le jour grâce à la donation exceptionnelle au Centre du Patrimoine Arménien (CPA) de Valence, en 2013, de la lettre de Barsegh Chabaz écrite à sa sœur, Zarouhi, et à sa femme, Hranouch, le 6 juillet 1915 de la prison d'Aïntab. Il leur demande de plaider sa cause auprès du directeur général de la police, Bedri Bey, "pour obtenir (sa) libération ou, du moins, un exil en liberté dans un endroit convenable". Ce document a été traduit en français et présenté pour la première fois par Léon Ketcheyan, docteur en sciences historiques et philologiques et chargé de cours à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO).

Il est accompagné de deux autres textes passionnants. Le premier, publié en 1965 par Minas Katchatourian, commente la correspondance qu'il échange avec Barsegh Chabaz entre le 12 février 1907, date où ce dernier doit fuir Constantinople pour l'Égypte, suite à sa prise de position en faveur de deux révolutionnaires russes, et sa dernière carte datant du 18 mars 1915. Barsegh Chabaz apparait comme un intellectuel engagé, militant du parti dachnak, un combattant politique défendant l'idée d'une nation arménienne. Le lecteur le suit à Genève puis à Lausanne au travers de ses rencontres et en particulier celle avec sa future épouse. Elle l'encourage à quitter son travail dans le commerce pour qu'il exerce le métier correspondant à ses aspirations : avocat. Le couple s'installe à Paris où le brillant orateur suit avec succès des études de droit tout en continuant son activité militante en faveur de sa patrie.

Le second texte, édité pour la première fois à New-York en 1925, se déroule dans la prison d'Ayas, devenue le "cimetière des intellectuels arméniens". Il est rédigé par le médecin Avétis Nakashian, un des rares prisonniers ayant survécu, dont le destin croise celui de Barsegh Chabaz. Il est très touchant d'y (re)lire la grandeur d'âme et l'amour de la patrie que ces intellectuels arméniens montrent en se dirigeant vers la mort : "C'était des héros prêts à être sacrifiés pour la nation."

Bérénice Delaye Aubozian, France-Arménie, numéro 421, Juillet-Aout 2015


Livre numéro 1792
Léon KETCHEYAN --- Cliquer pour agrandir Contes arméniens : l'oiseau d'émeraude
Titre : Contes arméniens : l'oiseau d'émeraude / auteur(s) : Tigrane A. NAVASSARDIAN - collectés par Tigrane A. Navassardian ; choisis et traduits par Léon Ketcheyan ; illustrations de Philippe Dumas
Editeur : ecole des loisirs
Année : 2012
Imprimeur/Fabricant : 27-Évreux : Hérissey impr
Description : 1 vol. (125 p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 19 cm
Collection : Contes du monde entier
Notes :
Autres auteurs : Léon KETCHEYAN [traducteur] -
Sujets : Contes arméniens
ISBN : 9782211204422
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 8,20 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Longtemps l’Arménie fut un très grand royaume que dominait le mont Ararat. C’est au pied de cette montagne vénérée depuis la Bible que le folkloriste Tigrane Navarissian collecta les contes de ce recueil, au XIXe siècle, et les fixa à l’écrit. Puis un génocide mit fin à la société qui, depuis des siècles, créait et transmettait ces récits magnifiques et le mont Ararat et sa province devinrent turcs. Mais L’oiseau d’émeraude, Le poisson d’or, Les pommes de l’Immortalité et tant d’autres histoires continuèrent à être racontées dans la petite république arménienne des rescapés. Elles perpétuèrent l’humour, la vaillance des héros et des rois d’autrefois. Et aussi, comme il se doit, la cruauté des dragons et la beauté des princesses. Aujourd’hui, Léon Ketcheyan, spécialiste de la culture orale arménienne, les fait vivre en français pour la plus grande joie des amateurs de contes, petits ou grands.

Article de Denis Donikian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 188, septembre 2012

Avec amour et compétence, Léon Ketcheyan a traduit quatre des contes arméniens que Tigrane A. Navassartian avait recueillis à leur source, dans les villages.
C'est un fabuleux trésor que ces seize volumes, publiés de 1959 à 2009 à Erevan, de contes populaires arméniens. Celui qui les a eus entre les mains a certainement senti vibrer le cœur profond et divers de la parole arménienne, livrée à tous les imaginaires, libérée des lois et des chronologies du réel, prodigue d'histoires merveilleuses. Ces volumes se trouvent encore sur le marché d'Erevan. Qui lit l'arménien ferait bien de s'y plonger de temps en temps. Pour notre part, il fut un temps où nous était venue la tentation de les traduire. Pour cela nous avions rencontré chez elle, une spécialiste, la femme de Kotchar le sculpteur. Sa cuisine fleurait bon les confitures d'abricots sur le feu. La seule chose qui nous sera restée.

Recueillis par des ethnologues
C'est dire que l'entreprise de leur traduction n'est pas une mince affaire. Elle nécessite amour et compétence. D'autant que ces contes auront été recueillis à leur source par des équipes d'ethnologues partis sillonner les villages où se gardait encore la mémoire de nos merveilles. En particulier Tigrane A. Navassartian (1861-1927), collecteur de matériaux ethnologiques, lexicologue et éditeur arménien, qui publiera dix volumes d'une collection intitulée Contes populaires arméniens (de 1882 à 1903) et un recueil consacré aux Traditions populaires arméniennes (1883).
C'est à lui que rend à juste titre hommage Léon Ketcheyan, le traducteur de ce livre de contes que vient de publier l'École des loisirs et intitulé Contes arméniens, L'Oiseau d'Émeraude. L'ensemble est illustré par le crayon très moderne de Philippe Dumas. Sur un corpus de plusieurs textes proposés, quatre ont finalement été retenus : Le Renard, le Loup, l'Ours et l'Oiseau d'Émeraude, Le Poisson d'or, Les pommes de l'immortalité et l'Ourson.

Quatre contes traduits
Difficile de les résumer. Mais on y trouvera toujours un héros injustement traité malgré la générosité de sa conduite, l'évocation de ses exploits pour sortir des épreuves les plus folles souvent contre des dragons, et ce fameux happy end où il épouse en récompense la fille du roi, belle entre toutes les belles. Les animaux parlent comme des êtres humains et se comportent de même. Mais toujours les ferments d'animosité côtoient les gestes de réconciliation. Ce sont des contes où l'on marche beaucoup, tellement qu'on ne sait sur quelle distance. Car les héros voyagent à travers le pays à la rencontre d'une énigme nouvelle ou d'une épreuve dont ils devront sortir indemnes.

Des actes hors du commun
Mais aussi des contes qui tiennent le lecteur en haleine comme en ces veillées d'avant la télévision où les enfants se forgeaient une humanité à l'écoute des faits et gestes de personnages simples accomplissant des actes hors du commun. Car dans le conte rien n'est ordinaire. Comme ce curé qui porte chaque jour son église sur les épaules pour aller prier dans la forêt (on pense à l'église de Kirents) et à qui un ourson lance un défi, celui de le dévorer s'il gagne au cours d'une lutte. Heureusement tout finira par un mariage et le conteur, le demandeur aussi bien que l'écouteur, tous seront récompensés d'une pomme tombée du ciel. Une pomme, pas une grenade.

Denis Donikian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 188, septembre 2012


Livre numéro 1639
Léon KETCHEYAN --- Cliquer pour agrandir Dans les ruines - les massacres d'Adana, avril 1909
Titre : Dans les ruines - les massacres d'Adana, avril 1909 / auteur(s) : Zabel ESSAYAN -
Editeur : Phébus
Année : 2011
Imprimeur/Fabricant : 61-Lonrai : Normandie roto impr.
Description : 1 vol. (302 p.-[8] p. de pl.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. ; 21 cm
Collection : Domaine étranger
Notes : La couv. porte en plus : "les massacres d'Adana, avril 1909"
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [postfacier] - Léon KETCHEYAN [préfacier] -
Sujets : Arméniens -- Turquie -- Cilicie (Turquie ) -- 1870-1914
ISBN : 9782752905031
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 23,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Avril 1909. La ville d'Adana et sa plaine si fertile ne sont plus que champs de ruines. Accompagnant la Croix-Rouge, la romancière et journaliste Zabel Essayan conte par le menu ce que ses yeux distinguent, ce que ses oreilles entendent, ce que son coeur ressent. Et que voit-elle ? La destruction des quartiers chrétiens d'Adana par une population turque fanatisée. Religieux, notables et hommes du peuple massacreront en quelques jours plus de trente mille Arméniens en Cilicie. Empreint de la violence qui l'entoure, le récit de la journaliste décrit avec une puissance rare l'atrocité des massacres et l'impuissance d'une civilisation aux abois face au nationalisme délirant des Jeunes-Turcs. Livre halluciné, Dans les ruines est un témoignage à résonance universelle, il parle pour tous les génocides d'hier et d'aujourd'hui.

Texte de Denis Donikian, Nouvelles d’Arménie-Magazine, numéro 174, mai 2011

La parution en français du texte quasi mythique de Zabel Essayan, "Dans les ruines", peut être considérée comme un événement en soi, Il s'agit d'un témoignage majeur par un écrivain de première importance sur des événements qui constitueront comme le laboratoire du génocide de 1915 -1916, les massacres d'Adana d'avril 1909. Cette publication est le produit d'une chaîne d'amitiés et d'un faisceau de compétences. À commencer par le premier maillon, celui du traducteur. Léon Ketcheyan. spécialiste en France de Zabel Essayan (et qui a donné récemment la traduction d'un autre livre majeur, "Les années maudites" (curieusement titré par son éditeur, "Journal de déportation") de Yervant Odian, aurait gardé longtemps dans ses tiroirs cette traduction si les éditions Phébus n'avaient pressenti la valeur de ce témoignage et ne l'avaient défendue. Concernant la partie iconographique, elles ont eu la bonne idée de faire appel à un autre passionné, le collectionneur Robert Tafankejian, qui leur a transmis des photos d'époque portant sur le quartier arménien d'Adana juste « avant les ténèbres » et après. La postface de Gérard Chaliand est venue parachever par son éclairage l'introduction de Léon Ketcheyan, sa traduction et ses multiples notes. Comme le proposait Marc Nichanian dans une de ses conférences données à Istanbul, la Turquie montrera qu'elle aura changé le jour où Dans les ruines sera étudié au sein de ses écoles. Nul doute que ce livre ne soit, grâce à cette traduction française, désormais plus accessible au lectorat turc. En tout cas, "Dans les ruines" est avec "Les années maudites" de Yervant Odian, et "En ces sombres Jours" d'Aram Andonian (traduit par Hervé Georgelin pour Métispresses), l'un des grands livres d'auteurs consacrés à une période tragique du peuple arménien, même si les mots utilisés n'embrasseront jamais l'ampleur des maux subis.

Denis Donikian, Nouvelles d’Arménie-Magazine, numéro 174, mai 2011


Livre numéro 1448
Léon KETCHEYAN --- Cliquer pour agrandir Journal de déportation
Titre : Journal de déportation / auteur(s) : Yervant ODIAN - Récit traduit de l’arménien par Léon Ketcheyan, Préface de Krikor Beledian
Editeur : Parenthèses
Année : 2010
Imprimeur/Fabricant : 58-Clamecy : Impr. Laballery
Description : 16,5 x 23 cm, 448 pages, présentations, cartes, biographies, index
Collection : Diasporales
Notes : Traduction de "Anidzial Darinèr"
Autres auteurs : Krikor BELEDIAN [préfacier] - Léon KETCHEYAN [traducteur] -
Sujets : Génocide arménien
ISBN : 9782863641965
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 24,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Septembre 1915, Istanbul. Un soir, on frappe à la porte : « Yervant Odian est-il là ? ». Dès lors, l’implacable organisation génocidaire turque va l’entraîner sur les routes et dans les sinistres camps du désert syrien. Au sein des colonnes de déportés, il rejoint le destin de ses compatriotes arméniens, bien que se considérant presque comme un « privilégié », en raison de son statut d’écrivain reconnu.
Immergé dans un quotidien de tortures, glacé d’horreur devant les situations d’humiliation, les impitoyables persécutions que subissent les déportés et, pour finir, les exécutions et l’extermination, un rare instinct de survie préserve Yervant Odian. L’écrivain satirique et journaliste, survivant à ces « années maudites », ce cauchemar, revient à Istanbul en 1918 au terme d’un long voyage en enfer et retrouve sa table de rédacteur. Aussitôt, il s’attache à consigner ses souvenirs témoignant ainsi au nom de tous ces anonymes disparus, et il sera l’un des rares écrivains arméniens à s’y consacrer au lendemain du génocide. De ce travail de mémoire résulte un récit à la fois distancié, précis et dépouillé, pour surtout « être fidèle à la réalité, n’altérer en rien les faits, n’en exagérer aucun ».
Une forme de « poétique de la simplicité »

Anahide Ter-Minassian, article paru dans France-Arménie, numéro 360, du 16 au 30 avril 2010

A la veille du 95e anniversaire du Génocide arménien, les votes qui se sont succédé à Barcelone, Washington, Stockholm, en faveur de sa reconnaissance et la publication concomitante de la traduction française du livre de Yervant Odian, « Journal de déportation », ont allégé la morosité ambiante et les incertitudes engendrées par les Protocoles d'octobre 2009 entre l'Arménie et la Turquie. Et nous ont rappelé que le combat continue !
Le titre arménien de cet ouvrage publié par les éditions Parenthèses de Marseille est Anitsial darinère (Des années maudites). L'œuvre a été publiée au retour de Yervant Odian à Constantinople occupée par les Alliés, dans le quotidien « Jamanak », sous la forme d'un feuilleton sous-titré Souvenirs personnels, de février à septembre 1919. Il ne s'agit pas vraiment d'un journal comme le souligne dans son excellente introduction Krikor Beledian, mais l' "œuvre mûrement réfléchie" d'un rescapé doté d'une mémoire remarquable aiguisée par la volonté et l'obligation de témoigner selon le mot d'ordre circulant dans la presse arménienne en 1919-1920. Voici un livre de 426 pages qui se lit d'une traite. Un livre exceptionnel sur un sujet que nous croyons connaître : le rôle des déportations dans le mécanisme du Génocide perpétré par les Jeunes-Turcs. Journaliste sans affiliation politique connue, si ce n'est son allégeance à Boghos Nubar pacha, Yervant Odian a échappé à la rafle de l'intelligentsia arménienne du 24 Avri1 1915. Arrêté le 7 septembre 1915, il reviendra sain et sauf en novembre 1919, avec un petit orphelin arménien ramassé à Sultaniye, après un odyssée de trois ans et demi qui l'a mené à Deir es Zor et même au delà dans le désert de Mésopotamie entre l'Euphrate et le Khabour.
Deux cartes permettent de suivre son périple au hasard des assignations policières et des tentatives avortées de fuite en train, en carriole, à cheval, sur un âne ou à pied. Une suite rocambolesque jalonnée de nombreuses rencontres amicales (des Arméniens déportés, des Grecs, des Kurdes Yézidis, des Arabes, des Allemands, de braves Turcs), hostiles (des Tchétchènes, des Tcherkesses, des fonctionnaires unionistes) ou dangereuses (tribus pillardes de Bédouins, Shawiza, Anaza). Dans un monde en guerre, où la famine menace, où la misère
et la corruption sont les règles, l'argent permet seul de sauver sa peau. Grâce à un vaste réseau de relations, Odian réussit à trouver cet argent ou des complicités dans les situations les plus désespérées
Il n'a assisté à aucun massacre mais a observé les effets du meurtre de masse tendant à rayer de la surface du globe un peuple avec sa culture. Destruction de la société arménienne, éclatement des familles, disparition des règles morales (des mères vendent leurs enfants, des femmes se prostituent ou se résignent au mariage forcé) ou religieuses. Et si les Arméniennes de Samsoun arrivées quasi nues à Hama résistent à la conversion, lui-même se convertit à l'islam avec d'autres notables, devient Aziz Nouri, échappe à la circoncision sans pour autant échapper à la persécution. Il existe une analogie entre Yervant Odian, rescapé du Génocide des Arméniens et l'écrivain Primo Levi, rescapé du génocide juif. L'un et l'autre refusent d'être des historiens mais veulent être des témoins rapportant les faits dont ils ont eu une expérience directe. Ainsi, Primo Levi déporté à Auschwitz écrit dans « Si c'est un homme » (Paris, Julliard, Pocket, 1987, p. 294) : "Vous remarquerez par exemple que je n'ai pas cité les chiffres des massacres d'Auschwitz pas plus que je n'ai décrit le mécanisme des chambres à gaz et des fours crématoires : cela parce que ce sont des données que je ne connaissais pas quand j'étais au lager (camp) et que je n'ai possédées que par la suite, en même temps que tout le monde:'. Ces termes peuvent s'appliquer rétrospectivement à Yervant Odian.
Malgré le traumatisme psychologique dû à la guerre, à l'exil, à la disparition des familles, les déportés arméniens, hommes, femmes ou enfants abandonnés rencontrés par Odian, cherchent avant tout à survivre et non à inspirer de la compassion. Ils déploient des capacités d'adaptation et de travail et un pouvoir de créativité stupéfiants. Cela se traduit dans ce qui fait la qualité du récit de Yervant Odian : l'absence de pathos, le refus du morbide, l'exaltation de la pulsion de vie. Resté épicurien au milieu des souffrances et adepte du plaisir du ventre plein, il nous fait partager le goût de l'eau fraîche, du raki, du pain, du yaourt, du boulghour, sans compter les plaisirs virils du tabac et du tavlou (jacquet). Célibataire, "n'ayant que le souci de ma seule personne", il reconnaît dans l'épilogue, qu'il a été "l'un des déportés les plus chanceux".

(1) Ce récit a été publié dans les œuvres complètes de Y. Odian en Arménie soviétique (Erevan, 1960-1963) et en feuilleton dans Haratch (Paris février- décembre 2005).


Propos recueillis par Isabelle Kortian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 163, mai 201

Nouvelles d'Arménie Magazine : Avec le Journal de déportation, le lecteur découvre un autre Yervant Odian, non pas le satiriste et l'humoriste sans pareil dans la littérature arménienne, mais le témoin direct des déportations. Comment ces deux figures s'articulent-elles chez Odian ?
Krikor Beledian : Odian est polygraphe. Il est l'auteur de la trilogie satirique Camarade Pantchouni que tout arménophone connaît. Il a publié en feuilleton de vastes romans fort appréciés du public jusqu'à nos jours (notamment Le Curé entremetteur, Mitchort Der Baban). Et puis, il est le mémorialiste qui a publié ses souvenirs des années passées en exil entre 1894 et 1908: Douze ans hors Constantinople, Souvenirs ensanglantés, etc. et, en 1919, toujours en feuilleton, Les années maudites. Ces trois derniers ouvrages constituent pratiquement une vaste autobiographie en période de turbulences. Or, ces figures s'emboîtent comme ces statues à trois, voire quatre faces. Sans vouloir réduire les différences notables, on peut dire qu'elles branchent l'écriture directement au réel, présent ou passé. La satire prend ses distances vis à vis de la société qu'elle critique et dont elle dévoile les travers. Le roman montre un réel fictivement contemporain dans un style prétendument réaliste. Les mémoires sont des « souvenirs personnels », bien que la personne même d'Odian soit toujours en retrait, jamais envahissante. Si la forme de la distanciation est différente, la relation au réel demeure identique. Odian est l'exemple même de l'écrivain extraverti. Il a côtoyé presque tous les grands poètes arméniens du début du XXe siècle, mais n'a jamais écrit un seul vers autre qu'humoristique. Plus on plonge dans cette énorme production, plus on se rend compte qu'elle est la chronique de son temps. Avec un panache, une légèreté que la trop besogneuse critique littéraire a souvent pris pour du dandysme et du manque de sérieux, alors même qu'Odian s'en prenait, avec un humour destructeur et une perspicacité inégalée, aux idéologies des partis politiques et aux charlatans de tous bords.

NAM : Pour être satiriste, il faut d'abord être un bon observateur de la société dans laquelle on vit, qu'il s'agisse de la société ottomane en général ou en particulier de la société arménienne. Quelles étaient les analyses d'Odian sur la fin de l'Empire ottoman et sur le réveil politique des Arméniens ?
K. B. : Il connaissait profondément les rouages du système qui faisait fonctionner l'Empire ottoman. Son père a occupé des postes importants dans l'administration. Son oncle paternel, Krikor Odian, est un personnage célèbre et respecté sur la scène politique et littéraire. Yervant lui-même, comme journaliste puis écrivain célèbre, a ses entrées un peu partout, il est même élu député de l'Assemblée nationale arménienne et, à ce titre, a des sources d'information de première main. Comme nombre de personnages importants de l'époque, il voit dans la guerre des Balkans de 1912 un tournant dans l'histoire de l'Empire. Au courant de toutes les tractations qui entourent la question arménienne, apparemment il ne se fait guère d'illusions sur les capacités de l'Empire à se démocratiser. Il ne semble pas croire aux grandes réformes imposées par les Puissances occidentales dans les provinces arméniennes en 1914 et qui vont rester lettre morte. En tant qu'écrivain-journaliste qui tient à sa liberté d'expression et qui ne s'affilie à aucun courant politique, Odian semble plutôt prêcher la prudence, la plus grande retenue, pour ne pas dire plus. Cette attitude qui se manifeste dans sa satire du mouvement révolutionnaire lui vaut l'étiquette de conservateur. C'est le principal grief que lui font les Dachnaks, mais Simon Zavarian n'en respecte pas moins l'auteur du brûlot qu'était Camarade Pantchouni!

NAM : Yervant Odian avait-il une conscience, une prescience du danger de mort que couraient les Arméniens ?
K. B. : Il faut lire à la loupe les premiers chapitres de ce Journal de déportation où il revient sur l'histoire du conflit qui a déclenché la première Guerre mondiale et où il recrée le climat de terreur qui régnait dans les premiers mois de 1915 dans la capitale, à Constantinople. Il interroge des hommes comme Krikor Zohrab. La réponse de celui-ci est sans ambiguïté. Odian retient-il la leçon ? Il est au courant des « plans » allemands de déportation pour régler définitivement la question arménienne. PI semble ne pas réagir. Il laisse tout cela en suspens et n'évoque le problème qu'en déportation. On peut même penser qu'en août 1915, lorsqu'il sort soudain de sa clandestinité, s'imaginant que le plus fort de la tempête est passé (alors que l'intelligentsia déportée dans les camps d'Ayache et de Tchanghere était déjà presque décimée), il n'a pas encore mesuré la gravité de la situation! Apparemment. Je pense néanmoins qu'Odian sait parfaitement de quoi il retourne et le lecteur avisé peut lire entre les lignes ; mais en tant qu'écrivain, il préfère ne pas trop en dire. Il s'adresse à un public qui sait fort bien tout ça. Il choisit de montrer « les faits » plutôt que d'étaler ses états d'âme.

NAM : Dans son Journal de déportation, il incarne la figure du témoin. Pouvez-vous préciser les contours de cette figure, ce qu'elle a de spécifique dans l'histoire du génocide arménien ?
K B. :Vous savez, j'ai découvert l'ouvrage d'Odian sous sa forme originale de feuilleton dans le quotidien Jamanag en 2003 à Vienne, quand j'étais à la recherche de témoignages d'écrivain. J'avais mené une enquête presque policière pour trouver des témoignages d'écrivain. Ce que j'avais lu était sans substance. La presse arménienne de Bolis, dès le mois de novembre 1918, abondait de témoignages autographes, voire allographes (recueillis par une tierce personne) provenant de rescapés dont l'écriture n'était pas le métier. Le Journal de Vahram Altounian que j'avais traduit et qu'on peut lire dans Mémoires du génocide arménien en était l'exemple typique. C'est un texte écrit par un adolescent. Un récit brut, énigmatique, dont on ne comprend ni les tenants ni les aboutissants si l'on ne crée pas le cadre théorique adéquat. Odian représente la figure rarissime de l'écrivain qui fut déporté, qui survécut et rapporta son expérience. Rarissime, puisque pratiquement tous les écrivains (hormis A. Andonian et M. Chamdandjian) ont été éliminés et les clandestins comme Sirouni et Ochagan ou comme Tekeyan et Chanth qui étaient en lieux sûrs, n'ayant pas vécu les affres des déportations, ne pouvaient en témoigner comme l'a fait Odian. En 1915, Odian a 46 ans. Il a une expérience de la vie d'émigré à l'étranger, connaît le mode de fonctionnement de l'administration ottomane, parle le turc et lit l'osmanli, et il a aussi une longue carrière littéraire. Tout cela compte énormément et donne à son témoignage une portée autre que documentaire. Le lecteur jugera. Ce n'est pas une histoire des déportations, mais sa propre expérience de la terreur et du meurtre de masse. C'est cela qu'il projette d'écrire déjà sur les lieux mêmes du crime et finit par le faire à Bobs, après son retour. Il sait qu'il a eu beaucoup de chance. Il est un miraculé. C'est pourquoi il inscrit son itinéraire de déporté dans les figures de Lazare ressuscité ou d'Ulysse revenant de son exil. Odian écrit, donc pense. Il pense cette horreur innommable dans les limites de sa langue. Il affronte et met à nu les difficultés d'une telle entreprise. D'où l'intérêt que suscite son oeuvre plus de 90 ans après sa première parution.

NAM : Zabel Essayan incarne une autre figure du témoin. Quel rôle chacun de ces deux auteurs assigne-t-il au témoignage ? Et comment ouvrent-ils un champ narratif nouveau, qui n'est ni strictement littéraire ni strictement historique ?
K. B. : Je crois que, après Dans les ruines (1911), son ouvrage majeur sur les massacres de Ciicie, Essayan a pratiquement renoncé à l'écriture du témoignage autographe. Elle n'a même pas mené à sa fin le texte où elle relatait sa vie clandestine à Bolis dans les mois qui précèdent sa fuite en Bulgarie. Elle a publié cela dans Hayasdan de Sofia, sous un pseudonyme, mais ne l'a jamais repris. C'est un texte inachevé, comme est inachevé le récit autobiographique d'Andonian. En 1916-1917, à Tiflis, Essayan s'est attelée à la tâche - ô combien harassante et obsédante, on lit cela dans sa correspondance de l'époque - de recueillir des témoignages de rescapés, qu'elle transcrit avec un dévouement qui ne peut qu'étonner. Les préfaces qu'elle rédige montrent l'ampleur des problèmes qu'un écrivain doit résoudre pour pouvoir écrire l'anéantissement programmé d'un peuple. Mais, à partir de 1920, c'est le silence complet. Visiblement pour Essayan, il y a une frontière nette entre littérature et témoignage, disons entre fiction et vérité. Ce n'est pas tout à fait l'attitude d'Odian qui, après la publication de son Journal de déportation (Les Années maudites), va constamment se référer à son expérience de déporté. Le 17 espion publié dans Dernière nouvelle (Vertchin lour) aussi en feuilleton est un vaste récit des événements de 1914, écrit sous « une forme romanesque ». Odian s'en explique dans sa préface. Il s'inspire de faits avérés, met en scène des personnages qu'il a rencontrés à Bolis ou en déportation. A partir de là, il construit une intrigue pleine de rebondissements et de retournements, dignes d'un vrai roman d'espionnage. Donc des « faits » pour une fiction ! L'invention en littérature a-t- elle été autre chose ? Odian fait bouger les frontières étanches de la littérature et du témoignage, sans tomber dans les pièges ni de l'esthétisme morbide ni de la reconstruction documentaire.

NAM : Le titre original du livre d'Odian est Les années maudites. Pourquoi, à votre avis, l'auteur choisi ce titre ? D'où vient la malédiction ?
K. B. : A ma connaissance, nulle part dans le livre, Odian ne fait allusion à ce titre. C'est lui, le survivant qui maudit cette époque de sa vie. C'est à dire ceux qui en ont été la cause. Car maudire à ce niveau, c'est tenter d'expulser le mal, les perversions qu'il engendre, c'est désigner le criminel et le condamner. Cela peut sembler magique. Or, Odian nous rappelle qu'il a été jusque au lieu où Ezéchiel a parlé, dans le Kobar, au bord de l'Euphrate. Ce rappel est significatif. Maudire est certainement un acte très « primitif », très « archaïque », voire magique ; on appelle cela maintenant un « performatif » absolu, dans la mesure où la malédiction agit! C'est un acte. Cela relève de l'oraculaire, de la prophétie, de la parole que la traversée de la mort autorise et justifie. Il faut donc prendre très au sérieux cette « métaphore » de Lazare auquel il s'identifie et qui donne au récit d'Odian -pourtant agnostique sur le plan de la foi - une tonalité si particulière.

NAM : Comment, en quelques mots, feriez-vous le portrait de Yervant Odian, l'écrivain, le témoin, le critique et satiriste ?
K. B. : Un esprit libre, foncièrement bon, aimant jouir de la vie. Son vice : l'alcool qui l'a tué. Sa vertu : la littérature où il survit.

Propos recueillis par Isabelle Kortian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 163, mai 2010


Livre numéro 1496
Léon KETCHEYAN --- Cliquer pour agrandir Arménie, une passion française - le mouvement arménophile en France, 1878-1923
Titre : Arménie, une passion française - le mouvement arménophile en France, 1878-1923 / auteur(s) : Catalogues - sous la direction de Claire Mouradian
Editeur : magellan et Cie
Année : 2007
Imprimeur/Fabricant : 80-Abbeville : Impr. Leclerc
Description : 1 vol. (173 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 26 cm
Collection :
Notes : Publ. à l'occasion de l'exposition "De l'Arménie à Montmartre", Paris, Musée de Montmartre, 4 avril-24 juin 2007. - Bibliogr. p. 167-173. Notes bibliogr. Index
Autres auteurs : Léon KETCHEYAN [contribution] - Dzovinar KEVONIAN [contribution] - Edmond KHAYADJIAN [contribution] - Claire MOURADIAN [directeur] - Anahide TER MINASSIAN [contribution] -
Sujets : Artistes arméniens -- France -- Paris (France ) -- 1800-.... Intellectuels -- Activité politique -- France -- 1800-....
ISBN : 9782350740720
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 28,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Catalogue d'exposition, au cours de l'Année de l'Arménie en France "Arménie, mon amie".

A l'occasion d'une exposition originale et forte, le musée de Montmartre présente ici les péripéties de la longue union entre la France et l'Arménie. Cette passion est née dans la douleur quand, face à la férocité dont ils ont été victimes, les Arméniens sont devenus une cause vivement défendue par les artistes et les intellectuels français, montmartrois pour beaucoup. Avec le soutien d'un comité scientifique sous la présidence de Jean-Pierre Mahé, membre de l'Institut, et sous la plume de nombreux spécialistes : Claire Mouradian, Anahide Ter Minassian, Hélène Strapélias, Edmond Khayadjian, Vincent Duclert, Rémi Fabre, Gilles Candar, Léon Ketcheyan, Alexandre Siranossian, Andrée Mastikian, Gilles Pécout et Dzovinar Kévonian, ce livre-catalogue met en valeur cette riche relation illustrée par une belle et abondante iconographie.


Livre numéro 1409
  Zabel Essayan (1878-1943) : sa vie et son temps
   
Titre : Zabel Essayan (1878-1943) : sa vie et son temps / auteur(s) : Léon KETCHEYAN - Traduction annotée de l'autobiographie et de la correspondance
Editeur :
Année : 2002
Imprimeur/Fabricant :
Description : 4 vol. (996 pages.) : ill. : fac-sim. ; 30 cm
Collection :
Notes : Thèse de doctorat sous la direction de Jean-Pierre Mahé, École pratique des hautes études (Paris). Section des sciences historiques et philologiques. Numéro national de thèse : 2002EPHE4012. Publication autorisée par le jury
Autres auteurs :
Sujets :
ISBN :
Prix :

Commentaire :

Fiche du Catalogue SUDOC :
Femme de lettres née en 1878, Zabel Essayan [= Z.E.] est un personnage marquant de l'histoire arménienne. Etudiante à Paris, elle fréquente les soirées du poète René Ghil, participe à la fondation du Groupe de l'Abbaye dont le noyau (G. Duhamel, Ch. Vildrac, R. Arcos...) s'installe à Créteil, caressant le rêve d'une communauté fraternelle favorisant la création artistique. Pour financer un de leur projet, Z.E. se rend en Egypte où vient d'être fondée la puissante Union Générale Arménienne de Bienfaisance. La révolution des Jeunes-Turcs est suivie du massacre des Arméniens d'Adana, auquel participe l'armée, pourtant venue rétablir " l'ordre ". Envoyée par le Patriarcat arménien pour secourir les victimes, Z.E. écrit Dans les ruines (1911), son œuvre majeure. Le 24 avril 1915, elle figure sur la liste de la célèbre rafle des intellectuels arméniens, mais y échappe. Soucieuse de transcrire les témoignages des rescapés du Génocide arménien, elle contourne le théâtre des opérations militaires pour revenir à Paris, Le partage des zones d'influence au Proche-Orient prévoit que la Cilicie se trouvera en zone française. Mais les accords d'Ankara prévoient son évacuation par les Français. Les Chrétiens doivent partir. Il s'agit surtout d'Arméniens qui vont s'installer au Liban et en Syrie (zones françaises). Z.E. organise l'évacuation des orphelins. A Paris, les anciens de l'Abbaye ont rejoint le groupe Clarté de Barbusse. L'Arménie devient soviétique. R. Ghil et les anciens de l'Abbaye approuvent le nouveau régime. Z.E. se tourne vers le communisme. En 1933, elle s'installe à Erevan, participe en 1934 au Premier congrès des écrivains soviétiques. En 1936, elle prend publiquement la défense d'écrivains persécutés. Z.E. est arrêtée en juin 1937, puis déclarée " ennemi du peuple ". En janv. 1939, elle est condamnée à la passation par les armes ; le 8 mai, la peine est commuée en dix ans de déportation. Elle disparaît dans le Goulag en 1943. Les travaux témoignent d'une filiation unissant les soirées de R. Ghil à la formation du groupe de l'Abbaye, dont l'essentiel des membres se retrouve dans Clarté. Ils comprennent : un corpus de documents annotés : autobiographie, 361 lettres ; un dictionnaire prosopographique permettant l'identification d'acteurs secondaires ; une-étude sur rétablissement du texte, ébauche biographique réalisée avec des éléments nouveaux, le tout précédé d'une chronologie comparée.

Livre numéro 17
Léon KETCHEYAN --- Cliquer pour agrandir Sur le chemin de la liberté : nouvelles
Titre : Sur le chemin de la liberté : nouvelles / auteur(s) : Avétis AHARONIAN - traduit de l'arménien par R. Der Merguerian et L. Ketcheyan, d'après le recueil "Azatouthian djanaparhin", 1926
Editeur : Parenthèses
Année : 1978
Imprimeur/Fabricant : 13-Marseille : impr. Gravité
Description : 205 p. couv. ill. 24 cm
Collection : Collection Arménies
Notes : Bibliogr. p. 26
Autres auteurs : Robert DER MERGUERIAN [traducteur] - Léon KETCHEYAN [traducteur] -
Sujets :
ISBN : 9782863640043
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 9,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Les dix-huit nouvelles de ce recueil ont été écrites entre 1898 et 1902, au moment où l'auteur est en Europe pour suivre des cours de littérature, d'histoire et de philosophie. Ces textes, d'abord publiés en revue à Genève dans les années 1900, brossent une large fresque sur la vie quotidienne des villages arméniens de l'Empire ottoman après les massacres perpétrés sous Abdul-Hamid. C'est un précieux témoignage, teinté de réalisme, où se mêlent des éléments poétiques, historiques, sociologiques et ethnologiques, avec en filigrane les signes précurseurs du génocide. Toute l'oeuvre de Aharonian est marquée par sa communion avec la population. Ses descriptions et ses notes reflètent les émotions populaires spontanées et communicatives. Ses textes ont toujours un caractère mobilisateur : comme de nombreux écrivains et journalistes il apporta sa participation à la lutte, en mettant en garde des générations entières couvertes de plaies.

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