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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Gérard CHALIAND
( n. 1934 )

L'auteur

Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir
Naissance en 1934 à Bruxelles (Belgique).

Spécialiste des questions politiques et stratégiques du tiers-monde, Gérard Chaliand a passé plus de vingt ans dans quelque 75 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique, d'où il a tiré une série d'analyses, de reportages, d'enquêtes et d'essais. Homme de terrain avant tout, il a été à la rencontre de plusieurs mouvements de libération nationale - algérien, vietnamien, palestinien ou afghan -, pour appréhender leur lutte de l'intérieur. Il est notamment l'auteur, en collaboration avec Jean Lacouture, d'un tout récent Voyage dans le demi-siècle (Complexe, 2001).

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Livre numéro 2120
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Les vengeurs arméniens - Opération Némésis
Titre : Les vengeurs arméniens - Opération Némésis / auteur(s) : Jacques DEROGY - Préface de Gérard Chaliand
Editeur : Fayard
Année : 2015
Imprimeur/Fabricant : Imprimé en Espagne
Description : 11 x 18 cm, 320 pages, couverture illustrée en couleusr
Collection : Pluriel (Paris. 1982)
Notes :
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [préfacier] -
Sujets : Génocide arménien (1915-1916) -- Opération Némésis (1920-1922)
ISBN : 9782818504420
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 9,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Préface de Gérard Chaliand
« Sur le plan historique, Némésis est peut-être la chasse à l'homme la plus extraordinaire du siècle. Elle est aussi la moins connue, dans la mesure où ses organisateurs ont obstinément gardé le silence jusqu'à leur mort. Extraordinaire, cette traque sur trois continents vise, dans le droit fil de la tradition du tyrannicide, à châtier des responsables politiques majeurs, condamnés à mort par contumace par une cour ottomane. Talaat, Enver, Djemal, le triumvirat dirigeant des Jeunes-Turcs, et quelques autres sont coupables de ce qu'on appelle aujourd'hui crime contre l'humanité . La vengeance ici relatée est un acte de justice élémentaire semblable à l'exécution de hauts dignitaires nazis après la Seconde Guerre mondiale. Mieux, il s agit non de cadres supérieurs d'un régime coupable du génocide du peuple arménien, mais des dirigeants eux-mêmes qui ne peuvent se retrancher derrière les ordres reçus, puisqu'ils ont eux-mêmes conçu le dessein et ordonné le crime. Grâce au talent de Jacques Derogy, ce récit fait désormais partie, de façon inoubliable, de l'histoire contemporaine. »

Livre numéro 2089
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Jugement à Istanbul
 
Titre : Jugement à Istanbul / auteur(s) : Vahakn N. DADRIAN - Taner AKÇAM - Le procès du génocide des Arméniens
Editeur : Editions de l'Aube
Année : 2015
Imprimeur/Fabricant : Pulsi
Description : 15 x 24 cm, 400 pages, couverture illustrée en couleurs
Collection : Monde en cours
Notes : Préface de Gérard Chaliand, Postface de Alexandre Couyoumdjian et Stéphane Mirdikian, Traduit de l’anglais par Juliette Minces
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [préfacier] -
Sujets : Génocide arménien -- Jugement des Jeunes-Turcs -- 1919-1920
ISBN : 9782815910538
Prix : 25,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

En cette année 1331 de l’ère en vigueur au sein de l’Empire ottoman, l’assassinat organisé du peuple arménien d’Anatolie débutait à la faveur de la Première Guerre mondiale. À la fin de la guerre, dans l’Empire ottoman – allié de l’Allemagne – vaincu et occupé, un procès est mené par des tribunaux militaires sur ordre du sultan, qui accuse le pouvoir Jeune-Turc d’avoir organisé intentionnellement ce massacre. Les représentants de ce pouvoir seront condamnés à mort in absentia. Et Mustafa Kemal entre en triomphateur à Istanbul début novembre 1922 tandis que l’État turc n’a jamais, depuis, reconnu sa responsabilité dans ce génocide

Ce livre – pièce capitale versée au dossier de ce que l’on désigne comme le génocide des Arméniens – relate ce procès des dirigeants Jeunes-Turcs tenu en 1919-1920, alors que la plupart d’entre eux avaient pris la fuite. Dans ce remarquable travail, les auteurs, l’un turc, l’autre arménien, ont travaillé ensemble sur les archives et documents de l’époque ottomane et restituent toute l’ambiguïté de cette période charnière qui va de 1919 à la victoire de Mustapha Kemal.


Initiative

Jugement à Istanbul, publié à l'origine en anglais, est pour la première fois traduit en français.
En cette année de commémoration du centenaire du génocide des Arméniens de 1915, l’Association française des avocats et juristes Arméniens (AFAJA), co-présidé par Alexandre Couyoumdjian, et l’association belge des avocats et juristes Arméniens (ABAJA), présidé par Stéphane Mirdikian, ont pris l’initiative de faire traduire ce livre. Il leur paraissait important de contribuer, en tant qu’associations d’avocats, à la justice universelle en faisant connaître l’impact historique et juridique du « procès des Unionistes ».


Livre numéro 2084
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Le crime de silence : Le génocide des Arméniens
Titre : Le crime de silence : Le génocide des Arméniens / auteur(s) :sous la direction de Gérard Chaliand ; préface de Gérard Chaliand ; avant-propos d'Isabelle Kortian
Editeur : archipel
Année : 2015
Imprimeur/Fabricant : Mons: Présence graphique
Description : 15 x 24 cm, 350 pages, couverture illustrée en couleurs
Collection : Histoire
Notes : Réédition de l'ouvrage paru en 1984 ; Isabelle Kortian (Avant-propos)
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [directeur] -
Sujets : Génocide arménien -- Turquie moderne -- Tribunal permanent des peuples
ISBN : 9782809816211
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 20,99 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Il y a cent ans, d’avril 1915 à juillet 1916, était perpétré le génocide du peuple arménien par les nationalistes jeunes-turcs. L’Empire ottoman, alors en guerre au côté des puissances centrales, les accuse d’avoir pactisé avec les Russes et de se rebeller contre Constantinople, trouvant là l’occasion de régler la « question arménienne ». Sous prétexte de déplacer la population arménienne loin du front, commencent des opérations de déportation et de massacre systématique : plus d’un million d’êtres exterminés, les deux tiers des Arméniens de Turquie.

Ce n’est qu’en 1984, après un demi-siècle de silence, que ce crime imprescriptible était porté à la connaissance de l’opinion mondiale par le Tribunal des peuples, à Paris. Reconnu par les Nations unies l’année suivante, puis par le Conseil de l’Europe, le génocide des Arméniens ne l’est pas par la Turquie, et demeure un sujet de friction entre Istanbul et l’Europe. Ce livre reprend les contributions au colloque, signés des plus grands spécialistes de la question (Yves Ternon, Pierre Vidal-Naquet…) et inclut une nouvelle préface.


Table des matières

Préface, par Gérard Chaliand 7
Avant-propos, par Isabelle Kortian 13
Chronologie des événements 19
Liste des membres du Tribunal permanent des peuples ayant constitué le jury de la session sur le génocide des Arméniens 23
Discours d'ouverture, par François Rigaux 25

CONTRIBUTIONS
La question arménienne, 1878-1923, par Richard H. Hovannisian 33
L'idéologie du mouvement jeune-turc, par Gérard J Libaridian 67
Sources britanniques sur les massacres des Arméniens, 1915-1916, par Christopher J. Walker 83
Rapports de témoins oculaires allemands sur le génocide des Arméniens, 1915-1916, par Tessa Hofmann 91
Rapport sur le génocide des Arméniens de l'Empire ottoman, 1915-1916, par Yves Ternon 135
Les thèses turques. Le problème arménien : neuf questions, neuf réponses,
Institut de Politique étrangère (Ankara 1982) 1 79
Le peuple arménien et le droit international, par Joe Verhoeven 231
Note concernant la suppression de la référence aux massacres des Arméniens dans l'étude onusienne sur la prévention et la répression du crime de génocide, par Theo C van Boven

LE CRIME DE SILENCE
Destruction des monuments historiques arméniens, poursuite de la politique turque de génocide, par Dickran Kouymjian 263
Le concept de génocide et son application aux massacres des Arméniens en 1915-1916 par les Turcs, par Leo Kuper 271
Sentence du Tribunal permanent des peuples 281

ANNEXES
I - Le génocide des Arméniens et l'opinion publique 307II
II - Message du cinéaste Yilmaz Güney à la présidence du Tribunal permanent des peuples 312
III - Appel aux Nations unies (mars 1979) 315
IV - Documents 318
V - Postface à la première édition du Crime de silence, par François Rigaux 321
VI - Préface à la première édition du Crime de silence, par Pierre Vidal-Naquet 326
VII - Témoins cités par Yves Ternon 335


Livre numéro 1800
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Mémoires : Tome 1, La pointe du couteau
Titre : Mémoires : Tome 1, La pointe du couteau / auteur(s) : Gérard CHALIAND -
Editeur : Robert Laffont
Année : 2012
Imprimeur/Fabricant : 27-Mesnil-sur-l'Estrée : Impr. CPI Firmin-Didot
Description : 1 vol. (460 p.) : couv. ill. en coul. ; 24 cm
Collection :
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Chaliand, Gérard (1934-.... ) -- Biographies
ISBN : 9782221103661
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 21,30 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Avant de devenir un privilège, la liberté est un choix, une exigence et un combat. Très jeune, Gérard Chaliand s'est juré de vivre libre. Sa nature l'y pousse. Ses lectures de Rimbaud et de Cendrars l'en convainquent. A dix-huit ans, il s'embarque pour Alger où, seul et sans ressources, il apprend à subsister par ses propres moyens. Au retour, il s'inscrit aux Langues O où il découvre l'extraordinaire diversité des peuples et des civilisations. Brûlé par son insatiable besoin d'apprendre, de comprendre, de découvrir et d'aimer, il parcourt l'Europe, le Moyen-Orient puis l'Asie. Il a vingt-cinq ans quand le Mouvement de libération du peuple algérien l'entraîne en politique. Il s'engage dans un réseau de soutien au FLN, puis s'installe à Alger après l'indépendance où il rencontre de nombreux responsables de ces mouvements de libération nationale qui agitent le tiers-monde. Refusant de se laisser aveugler par les discours idéologiques, il veut vérifier sur le terrain la réalité des faits et la sincérité des hommes. Il part dans les maquis de la Guinée-Bissau, au côté d'Amilcar Cabral. Cette expérience décisive détermine son existence. Il ira là où ça se passe pour participer physiquement à l'action, pour observer, analyser et témoigner. Ses innombrables conférences dans le monde entier et sa bibliographie impressionnante témoignent de sa volonté obstinée de dire le vrai. Il est présent sur les lieux conflictuels de la planète. Au coeur du Vietnam en guerre, bien sûr, en Amérique du Sud, dans les camps palestiniens de Jordanie, en Israël, en Irak, au Liban mais aussi aux Etats-Unis et dans ces universités américaines dont il apprécie particulièrement l'énergie féconde. Cette expérience si rare, menée hors de toute institution, en fait un spécialiste reconnu et mondialement sollicité des guerres de libération. Ceux qui chassent en solitaire doivent tout emporter à la pointe du couteau.

La Pointe du couteau est le premier tome des mémoires de Gérard Chaliand. Ceux qui le connaissent savent que l'homme, autant que son œuvre, sont inclassables, que ce chercheur de vérité a choisi une seule démarche, une seule méthode d'«agir» qui forme la trame principale de son travail et de son histoire personnelle : sa présence sur la plupart des théâtres conflictuels de la planète depuis 1960.
En novembre 1952, il débarque à Alger, sans argent mais avec des rêves d'aventures plein la tête. Anticolonialiste, il intègre un réseau de soutien au FLN. C'est le début d'une vie d'aventurier militant à plein temps. Maquisard aux côtés d'Amilcar Cabral (maitre d’œuvre de la révolution en Guinée Bissaun et au Cap-Vert), proche des combattants kurdes, il a connu la plupart des dirigeants révolutionnaires des années soixante et soixante-dix et a noué de solides amitiés avec des militants de mouvements tiers-mondistes de libération nationale. Au fil des pages et des époques, on se retrouve à Damas, à Bogota, à Alger, à New-York, à Mexico, à Istanbul, en Yougoslavie socialiste, à Berkeley, à Jérusalem, en Erythrée, avec Jean-Paul Sartre, Régis Debray, François Maspero, Henri Curiel et Che Guevara... Lire les mémoires de Gérard Chaliand, c'est apprendre comment et à quel prix on acquiert une expérience des hommes et de l'histoire, mais c'est surtout saisir ce que furent ces années de guérillas, des guerres de libération, de décolonisation. C'est apprendre le cout de la liberté. "Être indépendant est l'affaire d'un très petit nombre; c'est le privilège des forts, Et qui en prend le risque, fussent avec les meilleures raisons, mais sans y être contraint, prouve sans doute qu'il n'est pas seulement fort mais téméraire jusqu'à l'extravagance."

Philippe Villard, France-Arménie, numéro 391, novembre 2012


Livre numéro 1870
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Le tigre en flammes : le génocide arménien, et la réponse de l'Amérique et de l'Occident
Titre : Le tigre en flammes : le génocide arménien, et la réponse de l'Amérique et de l'Occident / auteur(s) : Peter BALAKIAN - traduit de l'américain par Jean-Pascal Bernard ; préface de Gérard Chaliand
Editeur : Phébus
Année : 2011
Imprimeur/Fabricant : 61-Lonrai : Normandie roto impr
Description : 1 vol. (593 p.-[16] p. de pl.) : ill., couv. ill. ; 19 cm
Collection : Libretto ; 365
Notes : Bibliogr. p. 561-575. Filmogr. p. 575. Glossaire. Index :; The burning tigris : the Armenian genocide and America's response
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [préfacier] -
Sujets : Question arménienne -- Opinion publique -- États-Unis -- 1900-1945
ISBN : 9782752906694
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 13,60 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Si l'on évoque souvent l'horreur du génocide arménien, la plupart d'entre nous ignorent la réalité de ce qui s'est vraiment passé en Turquie dans les années 1894-1896, puis en 1915-1916. Peter Balakian établit un compte rendu aussi exhaustif que possible des faits commis ou "couverts" à l'époque par les autorités turques. Son grand mérite est aussi de re-situer le génocide dans une perspective stratégique globale et d'analyser les calculs et les intérêts des grandes puissances engagées dans le premier conflit mondial. Pétrole, colonialisme, rivalités européennes, démembrement de la Turquie au moyen de la cause arménienne sans se soucier des victimes... Le Tigre en flammes nous tend un miroir, aussi fascinant qu'inquiétant, nous montrant les dessous des cartes et la relation même que notre civilisation entretient avec la realpolitik, la notion de vie humaine et les massacres de masse.

Livre numéro 1639
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Dans les ruines - les massacres d'Adana, avril 1909
Titre : Dans les ruines - les massacres d'Adana, avril 1909 / auteur(s) : Zabel ESSAYAN -
Editeur : Phébus
Année : 2011
Imprimeur/Fabricant : 61-Lonrai : Normandie roto impr.
Description : 1 vol. (302 p.-[8] p. de pl.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. ; 21 cm
Collection : Domaine étranger
Notes : La couv. porte en plus : "les massacres d'Adana, avril 1909"
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [postfacier] - Léon KETCHEYAN [préfacier] -
Sujets : Arméniens -- Turquie -- Cilicie (Turquie ) -- 1870-1914
ISBN : 9782752905031
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 23,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Avril 1909. La ville d'Adana et sa plaine si fertile ne sont plus que champs de ruines. Accompagnant la Croix-Rouge, la romancière et journaliste Zabel Essayan conte par le menu ce que ses yeux distinguent, ce que ses oreilles entendent, ce que son coeur ressent. Et que voit-elle ? La destruction des quartiers chrétiens d'Adana par une population turque fanatisée. Religieux, notables et hommes du peuple massacreront en quelques jours plus de trente mille Arméniens en Cilicie. Empreint de la violence qui l'entoure, le récit de la journaliste décrit avec une puissance rare l'atrocité des massacres et l'impuissance d'une civilisation aux abois face au nationalisme délirant des Jeunes-Turcs. Livre halluciné, Dans les ruines est un témoignage à résonance universelle, il parle pour tous les génocides d'hier et d'aujourd'hui.

Texte de Denis Donikian, Nouvelles d’Arménie-Magazine, numéro 174, mai 2011

La parution en français du texte quasi mythique de Zabel Essayan, "Dans les ruines", peut être considérée comme un événement en soi, Il s'agit d'un témoignage majeur par un écrivain de première importance sur des événements qui constitueront comme le laboratoire du génocide de 1915 -1916, les massacres d'Adana d'avril 1909. Cette publication est le produit d'une chaîne d'amitiés et d'un faisceau de compétences. À commencer par le premier maillon, celui du traducteur. Léon Ketcheyan. spécialiste en France de Zabel Essayan (et qui a donné récemment la traduction d'un autre livre majeur, "Les années maudites" (curieusement titré par son éditeur, "Journal de déportation") de Yervant Odian, aurait gardé longtemps dans ses tiroirs cette traduction si les éditions Phébus n'avaient pressenti la valeur de ce témoignage et ne l'avaient défendue. Concernant la partie iconographique, elles ont eu la bonne idée de faire appel à un autre passionné, le collectionneur Robert Tafankejian, qui leur a transmis des photos d'époque portant sur le quartier arménien d'Adana juste « avant les ténèbres » et après. La postface de Gérard Chaliand est venue parachever par son éclairage l'introduction de Léon Ketcheyan, sa traduction et ses multiples notes. Comme le proposait Marc Nichanian dans une de ses conférences données à Istanbul, la Turquie montrera qu'elle aura changé le jour où Dans les ruines sera étudié au sein de ses écoles. Nul doute que ce livre ne soit, grâce à cette traduction française, désormais plus accessible au lectorat turc. En tout cas, "Dans les ruines" est avec "Les années maudites" de Yervant Odian, et "En ces sombres Jours" d'Aram Andonian (traduit par Hervé Georgelin pour Métispresses), l'un des grands livres d'auteurs consacrés à une période tragique du peuple arménien, même si les mots utilisés n'embrasseront jamais l'ampleur des maux subis.

Denis Donikian, Nouvelles d’Arménie-Magazine, numéro 174, mai 2011


Livre numéro 1517
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Géopolitique des empires : des pharaons à l'imperium américain
Titre : Géopolitique des empires : des pharaons à l'imperium américain / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Jean-Pierre RAGEAU - Sophie MOUSSET et Nicolas RAGEAU [Cartographie]
Editeur : arthaud
Année : 2010
Imprimeur/Fabricant : Canale (Italie)
Description : 430 pages, 20 x 20 cm, couverture en couleurs, cartes en couleurs
Collection :
Notes : Avec l'Atlas stratégique, géopolitique des rapports de force dans le monde ; Bibliogr. p. 423-429
Autres auteurs :
Sujets : Gépolitique
ISBN : 9782081233034
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 29,90 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

En 250 pages et 250 cartes, tout savoir sur ce qu'est un empire et les empires, des pharaons à aujourd'hui. Comment un empire naît, croît, décline, disparaît, renaît, se transforme...
Une géopolitique des empires à travers six mille années d'histoire n'a jamais été tentée.
Quel rôle la géographie a-t-elle joué dans l'histoire ? En quoi, à la période contemporaine, ces données classiques ont-elles été modifiées par l'industrialisation, l'urbanisation et la réduction de l'espace-temps ? La partie essentielle ne continue-t-elle pas, hier comme aujourd'hui, à se jouer sur la masse eurasiatique, même si la puissance majeure est américaine ? Malgré la globalisation actuelle, faut-il croire, comme on le répète souvent, à un amenuisement décisif du rôle des États ? Les États-Unis et la Chine ne continuent-ils pas à se définir en fonction de leurs intérêts d'États, l'un et l'autre soucieux de conserver ou de restaurer leur imperium ? Quel monde sera celui du proche avenir au sortir de la crise majeure que nous traversons, et quelle place y occuperons-nous ?
Gérard Chaliand et Jean-Pierre Rageau, sont à l'origine du renouveau actuel des atlas et ont contribué activement à celle de la géopolitique et de la stratégie.

« Une nouvelle fois, Gérard Chaliand nous propose une mise en perspective brillante et éclairante de l'aventure humaine — ici la chronologie des empires de l'Antiquité à nos jours -, qui permet de corriger le court-termisme contemporain, et de remédier à la confusion des esprits et à la perte des repères historiques et géographiques ». C'est l'ancien ministre des Affaires étrangères du président François Mitterrand qui parle et, sans mâcher ses mots, sans complaisance aucune, complimente le dernier livre en date de l'auteur. Ses propos sont reproduits sur le bandeau rouge qui orne la couverture de Géopolitique des Empires qui commence par l'époque des Pharaons et s'achève avec l'imperium américain, à ne pas confondre avec l'Atlas des Empires (Payot, 1995) qui allait de Babylone à la Russie soviétique.

Il était grand temps de proclamer l'immense mérite de ce travail sans équivalent, car Gérard Chaliand et Jean-Pierre Rageau signent là le treizième et dernier volume d'une série d'atlas dont le lancement en 1983 a marqué en France et en Europe l'une des innovations conceptuelles majeures en matière de géopolitique contemporaine. Les deux auteurs n'ont pas peu contribué à renouveler une discipline alors moribonde en France. En produisant une cartographie dynamique accompagnée de textes simples et clairs, s'adressant à tous, ils n'ont pas seulement pulvérisé l'autosuffisance germanopratine et le nombrilisme des experts en chambre fréquentant davantage les salons parisiens à la mode que la terre et les océans, ils ont profondément changé notre rapport au monde en nous montrant l'importance de comprendre la façon dont chaque pôle de puissance géopolitique, Etat ou Empire, se représente sa place dans le monde et comment il perçoit son environnement le plus proche.

Les tendances lourdes
Ils ont souligné combien cette représentation de soi était en même temps une projection de puissance exprimant fondamentalement (à tort ou à raison) la compréhension du seuil de sécurité en dessous duquel l'acteur international (qu'il soit étatique, régional ou impérial) envisage la question de sa survie comme critique. Force est de constater qu'il revient encore à Chaliand et Rageau d'avoir mis sous nos yeux le fameux complexe obsidional cultivé par de nombreux Etats, mais aussi d'avoir mis en évidence ce que l'on appelle en géostratégie des tendances lourdes. Ces dernières ne sont décelables que si l'analyse du présent s'étoffe de solides connaissances historiques. Tout empire périra, écrivait Jean-Baptiste Duroselle, spécialiste de l'histoire diplomatique. L'expression relève à la fois du constat et de la norme. Les Empires qui ne sont qu'une forme particulière d'Etat, une fois atteinte la phase maximale d'extension, commencent par s'adapter face aux difficultés,
avant de succomber en rencontrant non pas nécessairement plus fort qu'eux, mais un obstacle qui subitement révèle leur faiblesse ou leur épuisement interne.

Une réhabilitation de l'histoire
Ainsi l'invasion de l'Afghanistan parles troupes soviétiques en 1979 marque le début de la fin de l'Union soviétique. Quels événements majeurs révèlera ou non l'actuel conflit en Afghanistan ? La fin de l'hyperpuissance américaine et de son imperium ou son renouvellement ? L'émergence d'un nouvel imperium chinois ? Une chose est certaine en tout cas, c'est que l'avenir du monde se joue en Eurasie. Dans la même ligne que les précédents volumes, Géopolitique des Empires est une réhabilitation de l'histoire et de sa nécessaire connexion avec la géographie, alors que notre époque qui revendique haut et fort son anhistoricité, qui n'entretient avec son passé qu'un rapport problématique se réduisant au musée et à la commémoration, paie chaque jour le prix d'un certain aveuglement. On l'aura compris, le bon stratège est celui dont la connaissance de l'histoire et du terrain laisse sa faculté de juger s'exercer librement, sans carcan.

Isabelle Kortian, Nouvelles d’Arméie Magazine, numéro 163, mai 2010


Livre numéro 1231
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Fragments d'Arménie
Titre : Fragments d'Arménie / auteur(s) : Michael J. ARLEN - Jacques DEROGY - Zabel ESSAYAN - Hrant MATEVOSSIAN - RAFFI - Vahan TOTOVENTS - Kostan ZARIAN - textes choisis et présentés par Gérard Chaliand
Editeur : Presses de la Cité
Année : 2007
Imprimeur/Fabricant : 61-Lonrai : Normandie roto impr.
Description : 1 vol. (VIII-844 p.) : couv. ill. ; 20 cm
Collection : Omnibus
Notes :
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [préfacier] -
Sujets : Choix d'auteurs
ISBN : 9782258073883
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 27,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Réunit : "La vie sur la vieille route romaine" / Vahan Totovents. "Le fou" / Raffi. "Les jardins de Silidhar" / Zabel Essayan. "La jeune fille humble" / Aksel Bakountz. "Le bateau sur la montagne" / Gostan Zarian. "Août" / Hrant Matevossian. "Mémoires d'un partisan arménien" / Rouben. "La question arméniene (1878-1923)" / Richard Hovannisian. "Opération Némésis" / Jacques Derogy. "La paix soit avec vous" / Vassili Grossman. "Voyage en Arménie" / Ossip Mandelstam. "Embarquement pour l'Ararat" / Michael Arlen. "Mémoire de ma mémoire" / Gérard Chaliand


Enclave chrétienne au Proche-Orient, civilisation millénaire dotée de sa langue et de son alphabet, pays longtemps sans frontières, l'Arménie a subi les convulsions de l'Histoire sans perdre son âme. Au fil des textes qui composent cette anthologie, c'est l'album d'un peuple qui a refusé de disparaître que l'on feuillette, avec ses paysages grandioses, ses traditions, ses luttes et ses souffrances, ses souvenirs et ses espoirs, la terre et l'exil : la mosaïque d'une mémoire et d'une identité.


Livre numéro 1173
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Le Génocide des Arméniens
Titre : Le Génocide des Arméniens / auteur(s) : Raymond Haroutiun KEVORKIAN - Préface de Gérard Chaliand
Editeur : Odile Jacob
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 77-Courtry : Impr. Sagim-Canale
Description : 15,5 x 24 cm, 1008 pages, 14 cartes
Collection : Histoire
Notes : Notes bibliogr. Index, Index général pp 999-1002
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [préfacier] -
Sujets : Génocide -- Arméniens
ISBN : 9782738118301
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 39,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Entre 1915 et 1916, ce sont près de 1 500 000 Arméniens ottomans qui perdent la vie. Parmi les innombrables violences perpétrées au cours de la Première Guerre mondiale, leur extermination constitue l’épisode le plus sanglant touchant des populations civiles.

Voici, pour la première fois, non seulement l’histoire, mais aussi la « géographie » exhaustive du génocide, région par région. Cette étude rigoureuse et complète permet de comprendre la genèse de ces crimes de masse, aboutissement d’un long processus au cours duquel l’élimination physique d’une partie de sa propre population a été conçue comme la condition nécessaire à la construction de l’État-nation turc.

Au-delà de la mémoire, ce livre-monument invite à une réflexion sur les fondements idéologiques et culturels d’une société qui rejette son passé et ne parvient pas à assumer son histoire.

- Jeunes-Turcs et Arméniens dans l'intimité de l'opposition (1895-1908)
- Jeunes-Turcs et Arméniens à l'épreuve du pouvoir (1908-1912)
- Jeunes-Turcs et Arméniens face à face (décembre 1912-mars 1915)
- Dans la tourmente de la Guerre : la première phase du génocide
- La deuxième phase du génocide (Automne 1915-décembre 1916)
- Les derniers jours de l'Empire ottoman, les bourreaux face à leurs juges


Autre commentaire

Cet ouvrage volumineux est le fruit de vingt années de travail. Ce n’est pas le travail historiographique définitif. Mais c’est l’équivalent du livre de Raul Hilberg sur la destruction des Juifs en Europe. Tous les autres travaux historiques (produits en particulier en langue anglaise) n’offrent pas des réflexions préliminaires ou adjacentes ; Raymond Kévorkian a réellement produit le premier compte rendu historiographique de l’événement génocidaire tel qu’il a eu sur le terrain, dans la tête des « perpétrateurs » et sur les routes de la déportation.
Marc Nichanian, dans "Entre l'art et le témoignage, Littératures arméniennes au XXe siècle, Volume 3, Le roman de la catastrophe", paru chez MetisPress (2008).


Livre numéro 1155
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir 1915, Le Génocide des Arméniens
Titre : 1915, Le Génocide des Arméniens / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Yves TERNON -
Editeur : Complexe
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Imp. Tourna Graphic en Belgique (UE)
Description : 222 pages, 12 cm x 18 cm, couverture illustrée couleur, 13 photographies n.b., Cartes
Collection :
Notes : Nouvelle édition augmentée, Notes, Chronologie des événements, Bibliographie selective, Index
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien (1915-1916) -- Arménie -- Histoire
ISBN : 9782804801021
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 8,90 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Cet ouvrage éclaire et met en perspective la déportation et les massacres en masse des populations arméniennes d’Anatolie exécutées durant la Première Guerre mondiale par le gouvernement Jeune turc. Le cheminement qui a ramené l’attention sur ce génocide et sa reconnaissance par diverses instances internationales est également décrit et analysé.

Livre numéro 1154
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir La Dette de sang : un Arménien traque les responsables du génocide, 1921-1922
Titre : La Dette de sang : un Arménien traque les responsables du génocide, 1921-1922 / auteur(s) : Archavir CHIRAGIAN - Présentation de Gérard Chaliand ; traduction de "The legacy" de l'anglais par Annick Pélissier
Editeur : Complexe
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Imp. Tourna Graphic en Belgique (UE)
Description : 340 pages, 18 x 12 cm, cartes, couverture illustrée couleur
Collection :
Notes :
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [introduction] -
Sujets : Génocide des Arméniens, Histoire arménienne, Terrorisme
ISBN : 9782804800963
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 11,60 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

En 1915-1916, plus d’un million d’Arméniens sont déportés et massacrés par le gouvernement jeune-turc. Malgré l’effondrement de l’Empire ottoman, allié de l’Allemagne et de l’Autriche, au lendemain de la guerre, aucun « procès de Nuremberg » ne châtie les auteurs du premier génocide du XXe siècle.
La Fédération révolutionnaire arménienne (Dachnak) décide alors de rendre justice elle-même. Des militants chargés d’exécuter les responsables majeurs du carnage se lancent sur leurs traces à travers toute l’Europe.
Archavir Chiragian (1900-1973) est à la fois le témoin du génocide et l’acteur de la longue traque qui s’ensuivit. Il rapporte, dans ses souvenirs, comment âgé d’une vingtaine d’années, il a pourchassé à Rome l’ex-Premier ministre du gouvernement jeune-turc, et à Berlin l’idéologue du mouvement, tous deux en tête de la liste noire dressée par les victimes de l’extermination. De capitale en capitale, de train en train, de service secret en service secret, ce roman vrai d’une vengeance froide se lit avec émotion et passion.

Un témoignage unique qui peut figurer en bonne place dans la littérature concernant le terrorisme. Non point du terrorisme aveugle et publicitaire tant pratiqué aujourd’hui, mais, terrorisme du dernier recours au nom d’une collectivité, dans le droit fil de la tradition du tyranicide.

Auteur (avec Yves Ternon) de 1915, le Génocide des arméniens aux Éditions Complexe en 2006, spécialiste des questions politiques et stratégiques du tiers-monde, Gérard Chaliand, dans sa présentation, fournit les données d’un dossier qui reste ouvert, et situe le contexte historique des événements relatés.

Table des matières:

Le temps des assassins, par Gérard Chaliand

1. L'armée des greniers
2. Le sang dans les rues
3. Baptême du feu
4. Arménie indépendante
5. Torture en Géorgie
6. Chasse aux Jeunes-Turcs à Rome
7. Assassinat du premier ministre ottoman
8. Retour à Constantinople
9. Mission à Berlin
10. La Traque
11. Coup double
12. L'art de la fuite
13. Embuscade en Bulgarie
14. L'Adieu aux armes

Notice sur les principaux noms cités.


Livre numéro 1254
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir 2000 ans de Chrétientés
Titre : 2000 ans de Chrétientés / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Sophie MOUSSET -
Editeur : Odile Jacob
Année : 2004
Imprimeur/Fabricant : 27-La Flèche : Impr. Brodard & Taupin
Description : 218 p.-[12] p. de cartes en coul. : couv. ill. en coul. ; 18 cm
Collection : Poches Odile Jacob, ISSN 1621-0654 ; 143
Notes : Contient un choix de textes ainsi qu'un entretien avec le pasteur Vincens Hubac. - Bibliogr. p. 211-212. Glossaire
Autres auteurs :
Sujets : Christianisme -- Histoire
ISBN : 2738114547
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 7,50 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Article de Gwenaël LANDURE, professeure d’Histoire géographie au lycée Amiral Ronarc’h à BREST.

L’ouvrage ici recensé est la version poche de "2000 ans de chrétientés", paru en 2000. Il propose un vaste tour d’horizon de l’histoire des chrétientés, dans un format de petit volume, et constitue ainsi un point de départ très pratique à l’étude de ces questions.

Résumer 2000 ans d’histoire en moins de 150 pages, c’est le pari qu’ont réussi G. Chaliand et S. Mousset dans l’ouvrage 2000 ans de chrétientés, paru aux éditions O.Jacob dans la collection de poche en mars 2004. Cet ouvrage était paru dans sa version brochée et illustrée en 2000. G. Chaliand est un auteur bien connu, spécialiste des questions de stratégie et d’histoire de l’Orient, et Sophie Mousset est spécialiste de l’histoire d’Olympe de Gouges (son livre est aujourd’hui épuisé). Ces deux auteurs ont aussi co-écrit un livre intitulé l’héritage occidental en 2002, également chez O.Jacob.

L’ouvrage comporte de nombreux appendices fort utiles : une longue bibliographie, onze pages de lexique, une très abondante chronologie et un recueil de 12 cartes, sans compter un court entretien avec le pasteur Vincens Hubac. Tous les chapitres sont abondamment illustrés de courts extraits de textes fondamentaux, de Celse à Bonnhoefer en passant par Thérèse d’Avila.

Son objectif est de mettre en lumière l’importance de l’héritage chrétien, dans des sociétés occidentales aujourd’hui largement laïcisées. Il est divisé en 30 chapitres, qui suivent une progression chronologique mais ne sont pas découpés chronologiquement : le chapitre 5, par exemple, intitulé “l’Eglise devient religion d’Etat”, est suivi de 9 chapitres qui en sont en fait des sous-parties. Le but des auteurs est probablement de permettre au lecteur de se repérer rapidement dans la table des matières et de pouvoir aller directement à un développement sur les églises des Indes (chapitre 14) ou celui qui concerne les Nestoriens (chapitre 10). Ce procédé, fort utile pour une lecture ciblée, est un peu déroutant pour une lecture linéaire (les chapitres n’étant pas numérotés).

Résumer ce résumé relève de la gageure : nous ne donnerons ici que quelques pistes de lecture.

A) Les auteurs commencent par rappeler les sources judaïques du christianisme, et montrent comment les disciples de Jésus ont su se séparer du creuset originel et adopter d’autres attitudes vis-à-vis des Gentils, tout en révérant le même dieu. Cette nouvelle religion, d’abord persécutée par les Romains du fait de son intégrisme, devient en 313 par l’édit de Milan puis en 380 par celui de Théodose religion d’Etat. C’est l’époque où est fixé le canon chrétien, et où se développe une littérature chrétienne (Tertullien, Cyprien, Lactance, les apologistes Justin, Tatien, Méliton). L’Eglise s’organise dans un premier temps sur le modèle de la synagogue, seuls le baptême, l’eucharistie et le jour du seigneur en diffèrent. En parallèle à la constitution du corpus des textes chrétiens se développent les premières hérésies (les gnostiques, Marcion, Montan, Mani) et de violentes réfutations (Lucien, Celse). Cette nouvelle religion étant celle de l’empire romain, il est nécessaire de l’unifier pour éviter les troubles, d’où l’organisation des premiers conciles en Orient (Nicée 325, Chalcédoine 451).

B) les IVe et Ve siècles sont l’âge d’or des Pères de l’Eglise, qui ont eu à définir la théologie des sacrements, la pratique liturgique et les règles du monachisme. Parmi eux, les patriarcats d’Alexandrie et d’Antioche ont joué un rôle éminent. Les premières querelles doctrinales les opposent à Arius qui, dans le Thalie, pose le problème de la trinité et de la différence de nature entre le père et le fils. Il est excommunié en 318, et le développement de l’arianisme rend nécessaire la convocation du concile de Nicée. D’autres théologiens sont importants à cette époque : les Cappadociens Basile le grand, Grégoire de Naziance et Grégoire de Nysse, les Pélagianistes, les Nestoriens. En occident, la grande figure est celle d’Augustin. Des débats théologiques sur la grâce et la justification, le péché originel ou le baptême des enfants voient s’empoigner ces doctes personnages. Cette époque est aussi marquée par l’essor du monachisme, phénomène d’abord égyptien qui gagne bientôt l’occident, et nous pensons surtout à Benoît de Nurcie et au rôle des monastères bénédictins dans le recueil de la culture latine après la chute de Rome. Après le concile de Chalcédoine, des églises dissidentes monophysites se singularisent en Orient, chacune établie par un groupe ethnique : les églises arménienne, jacobite, copte, nestorienne, éthiopienne. Les auteurs accordent un petit paragraphe à chacune de ces églises bien mal connues des catholiques romains !

C) A la fin du IVe siècle, le christianisme est désormais bien établi : quels sont ses développements du VIe au XIe siècles ? En occident au VIe siècle, la conversion de Clovis et d’autres peuples germaniques, le rôle des moines irlandais (Colomban, Gallus), la mission d’Augustin à Londres aboutissant à l’établissement de Cantorbéry renforcent l’Eglise. Le culte des saints et des reliques est en plein essor, et le code justinien met de l’ordre dans le droit hérité de l’empire romain. Au Xe et XIe siècles, de nouvelles conversions (Tchèques, Scandinaves, Polonais, Hongrois) viennent grossir les rangs chrétiens, les ordres de Cluny et Citeaux essaiment. Cette partie du monde n’est plus menacée de l’extérieur à partir du XIe siècle, ce qui explique la montée en puissance de l’occident (art roman, croisades). En parallèle, plusieurs facteurs affaiblissent l’église d’Orient : la poussée de l’Islam à partir du VIIe siècle (prise de Jérusalem en 638, d’Alexandrie en 642), qui échoue cependant par trois fois à prendre Constantinople, la querelle des images (de 726 à 843) et celle du Filioque qui oppose Byzance à Charlemagne, annonçant le schisme de 1054. Du IXe au XIe siècles, sous l’autorité d’empereurs macédoniens, Byzance connaît cependant une période faste, tandis que pour les Ukrainiens et les Russes c’est le temps de la soumission aux Mongols ( de 1220 à 1480).

D) l’ouvrage nous conduit ensuite du XIIe au XVe siècles. Les pontificats de Grégoire VII et Innocent III voient l’apogée de la puissance papale. Le peuple est exclu de l’élection des évêques, le souverain pontife décide de la croisade, investit les rois, convoque les conciles. C’est une époque forte également pour la vie monastique, les défrichements, la construction des cathédrales, le développement des universités. Mais c’est aussi le temps où les conciles de Latran III et IV codifient l’antisémitisme, et où se développent de nouvelles hérésies, rebelles au relâchement moral et spirituel de l’Eglise (simonie, moeurs, collusion avec les puissants). Les mouvements vaudois et cathares sont violemment combattus, notamment par le tribunal de l’Inquisition confié aux Dominicains, autorisé à partir de 1252 à pratiquer la torture.

E) Les chapitres suivants proposent un tableau de l’occident à la veille de la Réforme, mais ne délaissent pas les églises orientales. Les XIVe et XVe siècles voient un déclin de l’Eglise. Son pouvoir temporel lui est disputé par des souverains tels Philippe le bel ou l’empereur Louis II de Bavière, soutenu par Guillaume d’Ockham et Marsile de Padoue. Le grand schisme, de 1378 à 1417, et les calamités du temps entraînent une obsession de la mort et un regain des contestations (Wycliff, Hus, Savonarole) qui annoncent le protestantisme. De nombreuses tentatives de réconciliation entre Rome et Byzance voient le jour, mais elles butent sur des problèmes doctrinaux (Filioque, immaculée conception, mariage des prêtres) et des questions de pouvoir : la crise de 1204 reste une rupture profonde. L’ouvrage nous présente l’évolution des orthodoxes jusqu’à nos jours, et nous présente les églises orientales rattachées à Rome (Maronites, Uniates, Chaldéens, Melkites, Malankarèses de Malabar).

F) Il est temps d’aborder les XVIe et XVIIe siècles. L’ébauche des Etats-nations modernes face à une Eglise affaiblie depuis le schisme, les critiques d’Erasme, Luther, Zwingli, Calvin sont passées en revue, sans oublier les nombreuses sectes protestantes (Anabaptistes, Mennonites) ; l’anglicanisme et les guerres de religion en France sont présentés rapidement. La réplique catholique amorcée par le concile de Trente fixe alors le visage que l’Eglise conservera jusqu’à Vatican II. La guerre de 30 ans, où l’on voit le roi de France se battre contre les Habsbourg aux côtés des princes protestants, le traité de Westphalie de 1648 sont la preuve de la montée en puissance de logiques étatiques et non religieuses : la papauté est exclue des décisions politiques internationales. Sur le plan scientifique, l’Eglise se montre très conservatrice (Galilée, Bruno, Simon), mais ni les protestants ni les juifs (cf. Spinoza) ne font mieux. Le courant janséniste repose le problème de la liberté et de la grâce dans le salut : un petit développement nous resitue les points forts de ce mouvement, ainsi que ceux du quiétisme, courants également condamnés par le pape. Cette période est celle de l’évangélisation du monde, qui échoue cependant en Asie (sauf Indochine et côte ouest de l’Inde) ; les missions protestantes anglo-saxonnes sont particulièrement actives. C’est aussi, parallèlement et contradictoirement, la période où la pratique s’affaiblit en France, où l’on voit se développer le déisme et la franc-maçonnerie dans les milieux éclairés. La médiocrité des papes de l’époque (mis à part Benoît XIV) n’y est peut-être pas étrangère. Les Eglises réformées, au contraire, sont ouvertes à la modernité et au rationalisme. Certains courants, tels les Méthodistes, prônent l’effort permanent de sanctification, revalorisent l’émotion et se consacrent aux pauvres.

F) On en arrive à la période de la Révolution française et de ses conséquences : ses rapports avec l’Eglise pendant la Révolution, déclinés sur 4 pages, seront un utile rappel. L’Eglise du XIXe siècle est d’autant plus conservatrice (cf. attitude vis-à-vis des Polonais insurgés en 1830, condamnation de Lamennais, encyclique Quanta cura et Syllabus) qu’elle est menacée dans son pouvoir temporel (cf. unité italienne) et son autorité morale (cf. développement du socialisme). L’activité des missionnaires ne se dément pas, même si elle se heurte en Afrique à l’Islam. En France, le combat pour la laïcité et le rationalisme s’intensifie sous la IIIe république. Le pontificat de Léon XIII n’est qu’une pause dans ce conflit, et l’affaire Dreyfus voit le retour de la réaction (encycliques Vehementer nos et Pascendi, condamnation du Sillon).

G) Pour le XXe siècle, on rappelle l’attitude ambiguë de l’Eglise vis-à-vis du fascisme et du nazisme, à cause surtout de la peur du communisme (Divini Redemptoris, condamnation des prêtres ouvriers en 1950) et d’une longue tradition antisémite : le Saint Siège ne reconnaît Israël qu’en 1993. Un long paragraphe permet de comprendre l’importance de l’aggiornamento réalisé par Vatican II, qui écarte la curie, reconnaît la valeur de la DUDH et de l’oecuménisme, lève l’excommunication des orthodoxes. Cependant, deux sujets continuent de fâcher : la limitation des naissances (Humanae Vitae 1968) et le mariage des prêtres. Le pontificat de Jean Paul II voit un retour à la tradition et, malgré une sensibilité à l’égard du tiers monde et aux excès du capitalisme, c’est un pontificat conservateur, propre à donner des repères stables dans un monde bouleversé. Dans ce final, les auteurs n’oublient pas l’évolution du protestantisme, marqué par un fort oecuménisme (auquel seuls les catholiques résistent !) et le travail de théologiens remarquables (Barth, Butmann , Tillich) ; ils donnent également un petit éclairage sur les orthodoxes dans les Balkans libérés par les Turcs.

Le tour de force des auteurs de ce court mais dense ouvrage est donc à saluer : il permet à tout un chacun, professeur du secondaire, étudiant, ou tout simplement lecteur curieux, de balayer rapidement mais avec une belle exhaustivité deux millénaires d’histoire des chrétiens. Son organisation très découpée autorise une lecture aisée par chapitres aisément accessibles à la manière d’une petite encyclopédie. Mais une lecture linéaire, chronologique, est également très fructueuse. Quelques erreurs de titrage dans le cahier de cartes ont dû être corrigées depuis la 1ère édition, et on ne peut que recommander l’achat de cet ouvrage à tous les documentalistes de lycée qui n’auraient pas déjà l’ouvrage dans sa version longue : il y sera bien utile, en ces temps où l’on voit l’histoire religieuse revenir en force dans les propos et les programmes.


Livre numéro 159
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Mémoire de ma mémoire
Titre : Mémoire de ma mémoire / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Sophie Mousset
Editeur : Julliard
Année : 2003
Imprimeur/Fabricant : 18-Saint-Amand-Montrond : Bussière Camedan impr
Description : 101 p. : jaquette ill. ; 21 cm
Collection : Sciences humaines
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien (1915-1916 ) -- Récits personnels
ISBN : 9782260016380
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 14,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Quatrième de couverture
"La mémoire de ma mémoire n'est pas ce que j'ai vécu mais ce dont j'ai hérité. L'écho d'un passé. Elle est la partie immergée de mon histoire. L'amont nocturne de ma saga. Le caillot que j'avais dans le poing au jour de ma naissance et dont, enfant, on m'a transmis la tragédie. Et que j'ai voulu oublier." Centré sur le drame vécu par les Arméniens de l'Empire ottoman entre la fin du XIXe siècle et les lendemains de la Première Guerre mondiale, ce récit d'une rare puissance mêle l'Histoire, les dits de la mémoire familiale, les images et les vestiges qu'en drainent leurs héritiers. Jamais ce qu'on a dénommé le premier génocide du XXe siècle n'avait trouvé une expression aussi épique ni aussi universelle. Gérard Chaliand, poète, géostratège et spécialiste des conflits, a longtemps refusé de porter le poids du génocide de 1915 dont a été victime la famille de ses grands-parents. Depuis vingt ans, il écrivait par bribes ce texte qu'il publie aujourd'hui.
Article Nouvelles d'Arménie Magazine numéro 85, avril 2003

Nouvelles d'Arménie Magazine : Votre ouvrage s'intitule « Mémoire de ma mémoire ». Pourquoi avoir choisi ce titre ? Voulez-vous dire par là que votre arménité ne peut se vivre que dans le passé ?
Gérard Chaliand : Je crois que tout le monde possède une mémoire de la mémoire. Elle est transmise par les parents, la famille, le milieu. Ils nous « lèguent » des choses que l'on n'a pas directement vécues mais qui, ensuite, font partie de notre bagage. Certains emploient aussi le terme de mémoire collective. En ce qui me concerne, j'ai voulu restituer aussi complètement que possible la mémoire historique d'un passé tragique, tel que je le conçois et le perçois, tel que je l'ai lu et entendu. Maintenant, le fait d'être Arménien représente-t-il pour moi le passé ? La réponse est oui. Je ne me situe pas dans le monde avant tout comme un Arménien mais comme un citoyen français, européen, occidental. Voilà !

NAM : Malgré tout, vous avez envie de parler de ce passé que vous rendez d'ailleurs présent grâce à l'écriture.
G. C. : Je ne renie rien de mes origines. Mais, personnellement, je ne suis pas particulièrement porté à la plainte. Ça ne m'amuse absolument pas d'avoir un passé collectif de vaincu. Je sais qu'aujourd'hui la victimisation est très à la mode. Beaucoup de groupes voudraient avoir été génocidés comme s'il s'agissait d'un atout ! Quant à moi. je trouverais plus plaisant de ne pas appartenir au club. Cependant, j'assume cet héritage qui fait partie de moi très profondément. Mais c'est un souvenir d'enfance qui marque fort et dont il faut se libérer par l'action.

NAM : Ce que vous avez fait ?
G. C. : A ma façon. La première phrase de mon livre dit : •< Maintenant que tout le monde est mort, il faut se souvenir ». Cela signifie qu'à un moment il faut parler.

NAM : A quelles fins ?
G. C. : Pour témoigner, transmettre, quand plus personne ne peut le faire dans votre cercle, Cette démarche a d'abord coïncidé avec le milieu des années 70 et les actions violentes qui se sont produites à ce moment-là. En 1977, j'ai écrit dans Le Monde une tribune libre titrée : « Le génocide des Arméniens n'a pas eu lieu. Vous savez, je m'étais battu en Asie, en Afrique, en Amérique latine pour des causes qui paraissaient justes. Mais à moment-là, je me suis dit qu’il était temps de faire aussi quel chose pour les Arméniens.

NAM : Ce/a signifie que votre lourd passé vous a d'une certaine façon rattrapé.
G. C. : (Long silence) Entre st et quarante ans passés, rompu avec cette histoire, milieu. Le masochisme du v, eu ressassant sa tragédie m'êtait tout à fait insupporta Indiscutablement, la culture française et occidentale était la mienne désormais convenait mieux que les traditions dans lesquelles les milieux immigrés en général, et arméniens en particulier, veulent maintenir les générations suivantes. Cette éducation ne convenait pas du tout. Ici, avait tout : le surréalisme révolution, l'irrespect, 1’humour noir... Je ne me suis ] du tout senti concerné par un héritage même si, évidemment on n'évacue rien de ce qui a imprégné l'enfance.

NAM : Pourquoi avoir ajouté un D à Chaliand ?
G. C. : C'était un acte de rupture : je ne voulais pas être immédiatement défini à la lecture d'un Cette espèce de déterminisme étroit ne m'intéresse pas. Je recommençais une autre histoire. Mais en 1973, le génocide a été évoqué pour la première fois en tant tel dans le cadre des rapports Nations Unies. La Turquie s’y est opposée, elle a continué à nié avec obstination, cette attitude m'a beaucoup frappé.

NAM : Elle a ravivé des souvenirs ?
G. C. : Certainement. Trop, c'était trop ! Après mon papier dans Le Monde, les circonstances ont fait que j'ai rencontré Yves Ternon, en 1978 ou 1979, à la librairie Samuelian, mon unique lien avec le milieu d'origine. Ternon et moi avons sympathisé. Et à la demande des éditions Complexe, nous avons écrit ensemble « Le Génocide des Arméniens ». En 1983, à mon initiative, un tribunal permanent des peuples sur le génocide arménien s'est tenu à la Sorbonne. C'était la première fois que la question arménienne sortait du ghetto autrement que par les attentats à caractère terroriste. Le mur de silence était brisé. Par la suite, quand j'ai pu le faire, j'ai aidé les Arméniens à sortir le génocide de l'oubli historique en faisant republier une quinzaine de livres.

NAM : Comment en êtes-vous arrivé à écrire votre ouvrage ?
G. C. : (Long silence) II faut dire ce que l'on porte même si on a voulu l'oublier. On ne peut pas l'oublier... J'imagine que j'éprouvais la nécessité de raconter, pour moi d'abord. Pour la mémoire de ma famille et de ce peuple qui a été massacré ensuite.

NAM : Estimez-vous avoir une dette ?
G. C. : Une dette de sang même. Très franchement, je trouve que l'on a publié des documents très intéressants. Mais ce que j'ai fait là s'appelle de la littérature et dans ce domaine, en quatre-vingts ans, peu de livres ont été écrits. Moi je devais faire quelque chose de vraiment bon qui permette d'entrer dans l'universel. J'y ai passé une vingtaine d'années. La première partie et le siège d'Adjen m'ont paru relativement faciles à rédiger. De même pour le chapitre sur les Fedaïs. Là, le spécialiste de la guérilla que je suis, se sentait comme chez lui.

NAM : Justement, lorsque les Fedaïs donnent la mort et commettent des crimes, on sent une certaine jubilation. C'est étonnant de décrire de tels sentiments.
G. C. : Je comprends que l'on puisse s'étonner aujourd'hui. Dans les années 50, cela n'aurait pas été le cas mais la sensibilité occidentale a subi une fantastique mutation. Entre la fin de la guerre du Vietnam, où l'Amérique peut accepter de perdre 58 000 hommes et la guerre du Golfe où elle ne supporte pas l'idée d'en perdre, on note une profonde transformation. Elle se situe en 1983 quand, à Beyrouth, un camion suicide va tuer 241 Marins américains et un autre 58 parachutistes français et que peu après les troupes occidentales se retirent. Depuis, nous sommes dans des sociétés pacifistes. Par exemple, contrairement à vous, je n'aurais jamais employé le mot « crime ». Se battre n'est pas un crime. Dans une guerre, ou vous tuez ou l'autre vous tue. Mais assassiner des enfants désarmés, éventrer des femmes après les avoir violées constitue en revanche un vrai crime. Donc je me sens très à l'aise par rapport à votre remarque.

NAM : Vient ensuite ce chapitre bouleversant sur le génocide...
G. C. : J'ai passé dix ans sans pouvoir l'écrire. J'hésitais parce que c'est douloureux et que je voulais absolument réussir. Là, je ne pouvais pas me contenter de la moyenne. Le souci de perfectionnisme me bloquait. Puis, je me suis enfermé, j'ai relu mes archives pendant deux mois et une fois que j'ai réuni des éléments véridiques je les ai transmués en quinze jours en littérature, en art. J'en suis ressorti épuisé comme après un combat de boxe avec un adversaire plus lourd que soi.

NAM : Comment arrive-t-on à décrire la violence sans verser dans le gore ou le pathos ?
G. C. : Je ne sais qu'une seule chose : Dans les faits, rien n'est inventé. Dans l'écriture, je cultive l'extrême sobriété, la retenue. Je ne multiplie pas les adjectifs par exemple. Je pense que ce que je recrée est puissant car justement les mots restent contenus. Je donne le maximum de puissance avec le minimum de moyen.

NAM : Votre narration comporte deux parties. La première, historiée-familiale, relate les événements tandis que la seconde, en italique, est de l'ordre du ressenti. Ce procédé de double écriture s'avère peu courant...
G. C. : II m'est venu naturellement. Très vite, j'ai compris que mon livre se composait de deux sons distincts. Le premier est effectivement un récit factuel, historique. Le second raconte ce que ces événements provoquent en moi. On entre dans le domaine du lyrisme, de l'épique et du poétique.

NAM : Dans les pages consacrées au génocide, vous ne vous contentez pas de décrire la mise à mort mais vous détaillez aussi par le menu les tortures. Fallait-il tout dire ?
G. C. : Oui. Avec la littérature, on peut se permettre de montrer la vraie violence. Or lorsque l'on parle de l'assassinat d'un peuple, avec ce que cela suppose d'atrocités, pour le coup il ne peut y avoir de retenue.

NAM : Qu'attendez-vous aujourd'hui de cet ouvrage ?
G. C. : D'une part que les Arméniens, et particulièrement les plus jeunes, se reconnaissent dedans, que s'ils cherchent un bouquin à faire lire à un copain qui n'y connaît rien, ce soit celui-là. Je voudrais qu'ils aient le sentiment que ce n'est pas Franz Werfel ou Edgar Hilsenrath qui parlent à leur place mais un homme qui appartient au groupe. D'autre part, j'espère que l'histoire qui est racontée entre dans la littérature universelle et qu'elle puisse se comparer à n'importe quel témoignage.

NAM : Maintenant comment vous sentez-vous ?
G. C. : Je suis content d'avoir fait ce livre. J'ai rempli un contrat. J'ai fait mon travail, j'ai apporté une contribution qui devrait rester. Cela aurait fait plaisir à mon père.

Propos recueillis par Marie-Aude Panossian


Livre numéro 158
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir 1915, Le Génocide des Arméniens
Titre : 1915, Le Génocide des Arméniens / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Yves TERNON - Nouv. éd. augm
Editeur : Complexe
Année : 2002
Imprimeur/Fabricant : impr. en Belgique
Description : 213 p. : ill., couv. ill. ; 18 cm
Collection : Historiques ; 131
Notes : Bibliogr. p. 203-207. Index
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien (1915-1916) -- Arménie -- Histoire
ISBN : 9782870279014
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 8,80 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :


Livre numéro 157
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir 2000 ans de Chrétientés
Titre : 2000 ans de Chrétientés / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Sophie MOUSSET -
Editeur : Odile Jacob
Année : 1999
Imprimeur/Fabricant : 53-Mayenne : Impr. Floch
Description : 254 p.-[12] p. de pl. en coul. : ill., couv. ill. en coul. ; 25 cm
Collection : Sciences humaines
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Histoire religieuse * Géographie historique -- Cartes
ISBN : 9782738107602
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 22,07 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

" 2000 ans de Chrétientés" est un guide historique, écrit par Gérard Chaliand et Sophie Mousset, qui vient de paraître aux éditions Odile Jacob. Cet ouvrage, sur un thème abondamment traité à l'heure des commémorations bimillénaires, met l'accent sur la diversité des courants chrétiens pour comprendre l'héritage du christianisme. Les aspects fondamentaux de cette religion, à la base de notre culture, sont présentés de façon claire et concise. Ainsi, sont abordées les questions des liens du christianisme avec la tradition judaïque ; des persécutions de l'Empire romain avant que le christianisme ne devienne religion d'Etat ; des querelles doctrinales qui définirent l'Eglise au VIe siècle ; des grandes hérésies ; des luttes entre papes et empereurs ; de l'importance de la Réforme ; du destin de l'orthodoxie ; du recul du catholicisme à partir du XVIIIe siècle et de son conservatisme ; du concile Vatican II et de l'oecuménisme. L'iconographie, en noir et blanc, privilégie de façon originale l'art des Eglises d'Orient et celui de l'Eglise arménienne "trop peu connu et dont les contributions, notamment en architecture, ont été quasiment uniques jusqu'au Xe siècle".

Une douzaine de cartes en couleurs favorisent une bonne visualisation géographique de la naissance, l'expansion et l'histoire d'une chrétienté plurielle. On peut cependant regretter une présentation un peu trop chargée et le renvoi des légendes photographiques à la fin du livre. Cet ouvrage, agrémenté d'une anthologie de textes clés de la pensée chrétienne, d'une chronologie, d'un lexique et d'une bibliographie, est un vrai guide au sens pratique, qui nous permet de poser les jalons de l'histoire religieuse chrétienne des origines jusqu'à nos jours.

Olivia Alloyan, France-Arménie, numéro 199, Avril 2000


Livre numéro 357
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Atlas de l'Asie orientale : histoire et stratégies
Titre : Atlas de l'Asie orientale : histoire et stratégies / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Michel JAN - Jean-Pierre RAGEAU - Gerard Chaliand, Jean-Pierre Rageau ; cartogr. de Bruno Jan et Catherine Petit
Editeur : Le Seuil
Année : 1997
Imprimeur/Fabricant : 37-Tours : Impr. Mame
Description : 223 p. ill. en coul., couv. ill. en coul. 19 x 25 cm
Collection :
Notes : Bibliogr. p. 215-216
Autres auteurs :
Sujets : Asie orientale -- Histoire * Asie orientale -- Politique et gouvernement -- 1945-.... * Asie orientale -- Conditions economiques -- 1945-.... * Asie orientale -- Cartes
ISBN : 9782020254885
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 270,00 FRF
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

L'Asie orientale s'est imposée depuis peu comme le troisième pôle de développement du monde, avec l'Europe et l'Amérique du Nord. En gardant un taux de croissance élevé, certains pays de la région pourraient accéder au XXIe siècle aux premiers rangs mondiaux, notamment la Chine. De nouveaux rapports de forces, politiques, économiques et militaires, bouleversent déjà le statu quo des derniers siècles, dominés par l'Occident. Les auteurs de l'Atlas de l'Asie orientale présentent l'essentiel des données historiques, de la problématique actuelle et des projections sur l'avenir de cette région où, sans que nous le réalisions pleinement, s'édifie un des principaux éléments du nouvel équilibre mondial. De la Chine aux pays de l'Asie du Sud-Est, en passant par l'Extrême-Orient russe, le Japon, la péninsule coréenne, Taiwan... texte et cartes exposent les diversités et les spécificités régionales. Ainsi, l'Asie orientale retrouve son originalité et sa complexité culturelle et humaine, naguère occultées par les emprises coloniales et les engagements dans la rivalité entre les deux blocs. Dans le nouvel ordre international issu de la fin de la guerre froide, l'hégémonie globale est exercée par les Etats-Unis. Ce ne peut être qu'une transition courte durant laquelle l'Amérique du Nord reste l'épicentre, entre une Europe qui cherche à se bâtir et une Asie orientale aux économies très dynamiques. Cependant rivalités et litiges sont nombreux dans cette région. Les Etats-Unis, pour continuer à y exercer leur arbitrage, et l'Europe, pour y développer des relations de partenariat, devront de plus en plus tenir compte d'un ensemble porté par ses forces traditionnelles et de nouvelles dynamiques. Quel avenir pour cette région ? Confrontation ou coopération ? L'Asie orientale, complexe et à l'avenir incertain, est un élément essentiel d'un monde multipolaire en pleine mutation.

Livre numéro 156
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Atlas historique du monde méditerranéen : chretiens, juifs et musulmans de l'Antiquité à nos jours
Titre : Atlas historique du monde méditerranéen : chretiens, juifs et musulmans de l'Antiquité à nos jours / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Jean-Pierre RAGEAU - Gerard Chaliand, Jean-Pierre Rageau ; cartogr., Catherine Petit
Editeur : Payot
Année : 1996
Imprimeur/Fabricant : 25-Baume-les-Dames : Impr. IME
Description : 88 p. ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. 18 x 22 cm
Collection : Atlas Payot
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Mediterranee region -- Histoire religieuse * Mediterranée région -- Géographie historique -- Cartes
ISBN : 9782228889551
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 19,02 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Jusqu'au XVIème siècle, la Méditerranée a été le centre de notre monde. Depuis l'apparition et la diffusion du christianisme, la Méditerranée fut un lieu de rencontre et d'affrontement pour quatre communautés religieuses et culturelles, où se sont longtemps opposés chrétiens et musulmans. Un monde juif tôt formé, tôt dispersé mais vivace, et qui jusqu'à la fin du Moyen Age a vécu autour de la Méditerranée. Un monde chrétien rapidement divisé entre Rome et Byzance, entre catholiques latins et grecs orthodoxes. L'Islam, enfin, qui de façon fulgurante aux VIIème et VIIIème siècles prend possession du vieux monde moyen-oriental, de la bordure méditerranéenne de l'Afrique et, pour plusieurs siècles, de l'Espagne, produisant une civilisation remarquable. L'Atlas de la Méditerranée retrace cette histoire, en passant par les croisades, la Renaissance, le siège ottoman de Vienne (1683), jusqu'aux événements actuels de l'ex-Yougoslavie. Gérard Chaliand est spécialiste des questions politiques et stratégiques du monde contemporain. Visiting Professor à Harvard, Berkeley et à l'UCLA, il a enseigné à l'ENA (1980 - 1989) et à l'Ecole supérieure de guerre (1992 - 1995). Il a publié Stratégie de la guérilla (Payot), Terrorismes et guérillas (Complexe), Anthologie mondiale de la stratégie (Laffont). Jean-Pierre Rageau, historien spécialiste du monde contemporain, et plus particulièrement de l'Europe de l'Est, est ancien élève de l'Ecole nationale des langues orientales. Il est l'auteur de Prague 1948, le rideau de fer s'est abattu (Complexe). Il enseigne l'histoire et la géographie. Ils ont publié ensemble l'Atlas stratégique (Complexe) et l'Atlas des empires (Payot).


Critique Le Monde

Le 24 Novembre 1995


L'histoire « sensible » des croisades
Le 27 novembre 1095, au terme d'un concile, fort stratégiquement tenu à Clermont, hors du domaine capétien comme de l'influence de l'empereur germanique, le pape Urbain II s'adressa à la foule. Ancien moine clunisien devenu évêque à la demande du réformateur Grégoire VII, le pontife lança ce jour-là ce qu'il est depuis convenu de nommer un « appel à la croisade ». Que dit-il réellement ? Formellement, nul ne le sait. Hormis Foucher de Chartres, chapelain d'Etienne de Blois, l'un des premiers croisés, qui assistait au prêche et en transmit dix ans plus tard la substance, les témoins oculaires ont rarement parlé.
C'est donc au péril de reconstitutions approximatives que les historiens dissertent depuis des siècles sur le projet initial du pape, ses motivations surtout porter secours aux chrétiens d'Orient, canaliser la violence guerrière prohibée dans cette société chrétienne dont rêvent les clercs, unir l'élan rédempteur des pèlerinages et le sursaut millénariste qui promet un au-delà prochain dans ce monde résolument vieux. Pour les historiens modernes, ces campagnes orientales furent souvent propices aux récits d'aventures. Jacques Heers, aujourd'hui, reprend le flambeau, trop volontiers abandonné aux romanciers. Plus soucieuse de retrouver la spiritualité qui fut à l'origine de l'épopée (puisque c'est bien ainsi que l'épisode était lu), la perspective eschatologique fut défendue par Paul Alphandéry et son disciple Alphonse Dupront. Le regard sur les contingences ordinaires flux commerciaux, rivalités politiques a proposé dans le même temps une laïcisation de l'histoire des croisades qui tournait résolument le dos au mythe, dissimulant mal une mauvaise conscience de l'homme occidental devant cette violence spirituelle qu'il ne parvenait plus à trouver légitime. Le sujet intéressait toujours mais la prudence était devenue la règle.
Désormais, les historiens des mondes chrétien, juif et musulman s'interrogent sur ce phénomène qui fractura le monde méditerranéen plus sûrement que les confrontations confessionnelles, en place dès les VIIe-VIIIe siècles. Eléments fédérateurs, le commerce de l'islam et les influences artistiques croisées sont remis en cause avec l'invasion des Turcs Seldjoukides venus d'Asie centrale et le début des expéditions des chrétiens d'Occident vers la Terre sainte. Significativement, le précieux Atlas historique du monde méditerranéen, de Gérard Chaliand et Jean-Pierre Rageau (1) qui paraît ce mois-ci n'utilise pratiquement plus la vision synthétique des deux bassins méditerranéens oriental et occidental au-delà du temps des croisades.
Ce temps n'est plus qu'« une source de très grands malheurs » pour Jacques Le Goff. Soucieux d'éviter tout malentendu en cette fin de XXe siècle en proie aux intégrismes, le médiéviste substitue la formule de « guerre sacrée » au cliché de « guerre sainte », trop facile parallèle de la vision tout aussi simpliste du Djihad islamique. Evoquant le sac de Jérusalem de l'été 1099 ou celui de Constantinople en 1204, Le Goff parle de « pages honteuses de l'histoire de l'Occident chrétien ». Faut-il alors renoncer à toute vision synthétique de cette aventure hors normes et se contenter de compiler les communications plus ou moins disparates de colloques « oecuméniques » ? Rééditer des classiques, qui pour vertueux qu'ils paraissent, datent souvent ? On déplorera davantage que le récent Du Sacré, de Dupront (Gallimard, 1987), ne soit plus disponible et que la commémoration du concile de Clermont n'ait pas été le prétexte de redécouvertes. Tel cet indispensable Recueil des historiens des croisades entrepris à la fin du siècle dernier.
L'historien comme le lettré ne devraient pas être piégés par une soumission de l'histoire à l'actualité. Faisons confiance aux années à venir... L'image de Godefroy de Bouillon en avoué du Saint Sépulcre n'aura neuf siècles qu'à l'été 1999

PHILIPPE-JEAN CATINCHI


Livre numéro 155
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Atlas des empires : de Babylone à la Russie soviétique
Titre : Atlas des empires : de Babylone à la Russie soviétique / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Jean-Pierre RAGEAU - Gerard Chaliand, Jean-Pierre Rageau ; cartogr., Catherine Petit
Editeur : Payot
Année : 1993
Imprimeur/Fabricant :
Description : 95 p. cartes, couv. ill. en coul. 18 x 22 cm
Collection : Documents Payot
Notes : Index
Autres auteurs :
Sujets : Grandes puissances -- Geographie historique -- Cartes
ISBN : 9782228886307
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 15,24 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

La conception de l'État-nation, née de la Révolution française, portait en elle-même la mort des empires multinationaux. Depuis lors, ceux-ci ont tous disparu. Le dernier en date était l'Union soviétique. L'Atlas des empires recense et résume à l'aide de cartes plus d'une quarantaine d'empires au fil de l'histoire du monde. Il dégage des perspectives nouvelles sur les rapports conflictuels à la fois déstabilisateurs et créateurs entre les sociétés nomades et les sociétés sédentaires, de l'Antiquité à l'aube de la période moderne. Pour la première fois, on peut mesurer de façon succincte, à l'échelle de la planète, depuis les origines de l'histoire, la place particulière et l'empreinte qu'ont laissées les grands empires.

Livre numéro 154
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Le Génocide des Arméniens
 
Titre : Le Génocide des Arméniens / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Yves TERNON -
Editeur : Complexe
Année : 1991
Imprimeur/Fabricant :
Description : 213 p. ill., couv. ill. 18 cm
Collection : La memoire du siecle : 1
Notes : Avant-titre : "1915-1917" Bibliogr. p. 203-207. Index
Autres auteurs :
Sujets : Armeniens Massacres des 1915-1923
ISBN : 2870273762
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix :

Commentaire :


Livre numéro 153
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Atlas des diasporas
Titre : Atlas des diasporas / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Jean-Pierre RAGEAU - Gerard Chaliand, Jean-Pierre Rageau
Editeur : Odile Jacob
Année : 1991
Imprimeur/Fabricant : 27-Evreux : Impr. Herissey
Description : 182 p. ill. en noir et en coul., couv. ill. 19 x 25 cm
Collection :
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Diasporas -- Histoire * Juifs -- Diaspora -- Histoire * Diasporas -- Atlas
ISBN : 9782738101037
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 33,54 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Pour la première fois, une présentation complète et globale, à la fois historique et géographique, de toutes les diasporas, des plus anciennes aux plus récentes : Juifs, Tsiganes, Arméniens, mais aussi Grecs, Libanais et Irlandais, Noirs du Nouveau Monde, Chinois et Indiens, ou plus près de nous, Palestiniens et Vietnamiens.
Soixante cartes, d'abondantes illustrations, des synthèses précises brossent le tableau du grand archipel de l'exil, de l'errance, de la migration. Par les auteurs de l'Atlas stratégique, l'Atlas politique du XXe siècle et l'Atlas des Européens.

Livre numéro 627
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Arménie : la fracture : le séisme du 7 décembre 1988
Titre : Arménie : la fracture : le séisme du 7 décembre 1988 / auteur(s) : Pierre VERLUISE - pref. de Gerard Chaliand
Editeur : Stock
Année : 1989
Imprimeur/Fabricant : 27-Mesnil-sur-l'Estree : Impr. Firmin-Didot
Description : 228 p.-[8] p. de pl. cartes, couv. ill. en coul. 24 cm
Collection :
Notes : En appendice, extr. de "Le Karabagh, une terre armenienne en Azerbaidjan" par Claude Mutafian Bibliogr. p. 214-217. Index
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [préfacier] -
Sujets : Seismes -- URSS -- Armenie -- Histoire -- 1970-.... * Secours aux victimes de catastrophes
ISBN : 9782234022102
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 14,94 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Journaliste à Radio-France internationale, spécialiste de l'Union soviétique, l'auteur nous donne un récit sobre et complet du drame et en dégage une perspective historique. C'est aussi un témoignage sur le courage et la solidarité.

« Voici, sur le séisme du 7 décembre 1988 en Arménie et l'ensemble des conditions qui l'entourent, un livre à la fois sobre et complet. Pierre Verluise a réalisé un modèle d'histoire immédiate avec le recul nécessaire, sans ajouter d'inflation à un événement suffisamment dramatique pour conserver toute sa charge en étant simplement rapporté et analysé. Il s'est livré à un sérieux travail d'enquêteur en s'entretenant avec plusieurs dizaines de témoins dès les lendemains du désastre : médecins, infirmiers, spécialistes des séismes, etc. Les informations ont été vérifiées et corroborées, et ce livre, solidement documenté montre bien des aspects du drame qui n'ont pas été rapportés à l'époque. Dépassant l'événementiel, Pierre Verluise a cherché à dégager une perspective historique qui donne toute sa dimension au séisme. Ce livre est enfin un témoignage sur le courage et la dignité de beaucoup de ceux qui ont été frappés et sur la réconfortante solidarité qui s'est exprimée en décembre 1988. »
Gérard CHALIAND.


Livre numéro 152
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Les Minorités à l'âge de l'Etat-nation
Titre : Les Minorités à l'âge de l'Etat-nation / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Yves TERNON - Groupement pour le droit des minorités ; [sous la dir. de Gérard Chaliand]
Editeur : Fayard
Année : 1985
Imprimeur/Fabricant : 27-Mesnil-sur-l'Estrée : Impr. Firmin-Didot
Description : 320 p. : cartes ; 22 cm
Collection : Géopolitiques et stratégies, ISSN 0295-6993
Notes : Index
Autres auteurs :
Sujets : Minorités -- Recueils d'articles
ISBN : 9782213016566
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 14,50 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Gérard Chaliand, qui a fondé en 1978, Le Groupement pour les Droits des Minorités en France, à donné à ce volume un avant-propos qui présente l'ensemble du sujet traité. "Entre les droits de l'homme, dit-il, qui défendent les droits des individus, et les droits des États qui règlent souverainement tout ce qui concerne leurs "affaires intérieures", les minorités n'ont guère de droits effectifs reconnus par la juridiction internationale". Et de conclure : "Le droit des minorités à être reconnues, non discriminées en droit et en fait et protégées, ne peut être dissocié des droits de l'homme. "

Un des éléments de l'ouvrage qui retiennent l'attention est l'excellente étude de Maxime Rodinson sur "La notion de minorité dans l'Islam". Autre chapitre notable: "La réponse soviétique au problème des minorités", de René Tangac. Dans cet État multinational, souligne l'auteur, la politique des nationalités va "de l'apparence égalitaire à la prééminence d'une tradition de l'État russe". Il estime toutefois que les républiques fédérées peuvent, "vaille que vaille maintenir leur génie national". Il faut relever toutefois qu'à la suite de la signature de René Tangac figure la note suivante (peut-être est-elle de Gérard Chaliand ?) : "Il n'en reste pas moins que l'emprise de la majorité russe et les impératifs centralisateurs du système soviétique portent atteinte d'une façon consciente et organisée, dans la lettre même de la Constitution, aux droits par ailleurs "garantis" aux "minorités".

La contribution d'Yves Ternon est un texte intitulé "Réflexions sur le génocide", qui constitue la partie la plus dramatique du livre par son tour d'horizon des vastes horreurs organisées un peu partout dans le monde.

Gérard Bédrossian, Cahiers arméniens ANI, N° 3 (1987)


Livre numéro 818
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Le Crime de silence : le génocide des Arméniens
 
Titre : Le Crime de silence : le génocide des Arméniens / auteur(s) :Tribunal permanent des peuples, [Session de Paris, 13-16 avril 1984] ; pref. de Pierre Vidal-Naquet ; [publ. par Gerard Chaliand]
Editeur : Flammarion
Année : 1984
Imprimeur/Fabricant : 37-Tours : Impr. Mame
Description : 380 p. couv. ill. 18 cm ; couverture Ossip Zadkine "La Cité détruite", Rotterdam 1953,
Collection : Champs ISSN = 0151-8089 : 142
Notes :
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [directeur] - Claire MOURADIAN [contribution] -
Sujets : Arméniens Massacres des 1915-1923 -- Sources
ISBN : 9782080811424
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix :

Commentaire :

Le Tribunal permanent des peuples, qui fait suite au Tribunal Bertrand Russell sur le Vietnam, est un tribunal d'opinion, fondé en 1979. Au cours des cinq années écoulées, il a tenu une série de sessions (Argentine, Afghanistan, etc.).
La session présentée ici, consacrée au génocide des Arméniens, s'est tenue à Paris en avril 1984. Elle comportait trois prix Nobel parmi les juges, dont Sean Mac Bride, fondateur d'Amnesty International, prix Nobel de la Paix.
Organisé et exécuté par le gouvernement Jeunes Turcs en 1915-1916, le génocide des Arméniens, premier génocide du xxe siècle, est toujours nié par les héritiers de l'Etat qui l'a perpétré. Les faits et leur interprétation, y compris les thèses turques, sont ici examinés dans une série de travaux d'une grande rigueur.

Livre numéro 781
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Numéro 88, Arménie : le droit à la mémoire
   
Titre : Numéro 88, Arménie : le droit à la mémoire / auteur(s) : Revue Esprit -
Editeur : Ed. Esprit, 19, rue Jacob 75006 Paris
Année : 1984
Imprimeur/Fabricant : Imprimerie Hérissey, Evreux
Description : 15 x 24 cm, 194 pages, couverture illustrée
Collection :
Notes : Numéro d'Avril 1984, Commission paritaire 58339
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [contribution] - Michel MARIAN [contribution] - Claire MOURADIAN [contribution] - Parouir SEVAK [contribution] -
Sujets : Génocide arménien 1915
ISBN :
Prix : 46,00 FRF

Commentaire :

Contient un dossier "Arménie : le droit à la mémoire".

Gérard Chaliand : Introduction, pages 77-79
Michel Marian : Le point de vue turc sur le génocide, pages 80-85
Richard G. Hovanissian : L'intermède de l'indépendance nationale, pages 86-108
Barouïr Sévag : Poèmes, pages 109-113
Claire Mouradian : Les relations soviéto-turques et la question arménienne depuis 1945, pages 114-127


Livre numéro 502
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Mémoires : suivis de documents inédits du Département d'Etat
 
Titre : Mémoires : suivis de documents inédits du Département d'Etat / auteur(s) : Henry MORGENTHAU -
Editeur : Flammarion
Année : 1984
Imprimeur/Fabricant : 53-Mayenne : Impr. Floch
Description : 408 p. 22 cm
Collection :
Notes : Reprod. en fac-sim., augmentee d'un choix de documents, de l'ed. de Paris, Payot, 1919
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [préfacier] -
Sujets : Morgenthau Henry 1856-1946 * Armeniens Massacres des 1915-1923 -- Sources * Question armenienne
ISBN : 2080647172
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 89,00 FRF

Commentaire :

Les Mémoires d'Henri Morgenthau, qui fut ambassadeur des États-Unis entre décembre 1913 et janvier 1916 auprès de la Sublime Porte, sont un document exceptionnel concernant le génocide que subirent alors les Arméniens. En fait, il s'agit, avec trois ou quatre ouvrages capitaux de l'époque, d'un classique dont la réédition s'imposait, l'État turc continuant de nier la réalité des faits tout en multipliant ses publications de propagande.
Cependant, l'intérêt de la présente édition tient non seulement au texte même des Mémoires mais aussi à une annexe documentaire d'une extrême importance. Il s'agit d'une série de rapports faisant partie des archives du Département d'État américain, rendus publics pour la plupart en 1961 et dont la publication est inédite. Ces rapports sont précisément ceux que recevait Henti Morgenthau à travers ses services consulaires. Fondés sur des observations directes ou sur les déclarations des missionnaires américains ou allemands ainsi que des membres d'organisations charitables, ces documents indiscutables corroborent les affirmations des Mémoires et s'ajoutent à la masse accablante de témoignages sur les déportations et les massacres des Arméniens de 1915.

Livre numéro 166
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir La Dette de sang : un Arménien traque les responsables du génocide, 1921-1922
 
Titre : La Dette de sang : un Arménien traque les responsables du génocide, 1921-1922 / auteur(s) : Archavir CHIRAGIAN - presentation de Gerard Chaliand ; trad. de l'anglais par Annick Pelissier
Editeur : Complexe
Année : 1984
Imprimeur/Fabricant : Impr. en Belgique
Description : 332 p. cartes, couv. ill. en coul. 18 cm
Collection : Historiques : 10
Notes :
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [introduction] -
Sujets : Question arménienne * Arméniens Massacres des 1915-1923 -- Récits personnels * -- 1918-1939 -- Biographies
ISBN : 2870271336
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 52 FRF

Commentaire :


Livre numéro 1352
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Revue Critique socialiste, numéro 44, Arménie du génocide à l'explosion
   
Titre : Revue Critique socialiste, numéro 44, Arménie du génocide à l'explosion / auteur(s) : REVUE Critique Socialiste -
Editeur : syros
Année : 1982
Imprimeur/Fabricant : Les Impressions populaires, 65, rue du fbg St-Denis, 75010 Paris
Description : 15,5 x 22 cm, 120 pages, couv. illusttrée en couleurs
Collection :
Notes : Numéro spécial
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [contribution] - Jean KEHAYAN [contribution] - Anahide TER MINASSIAN [contribution] - Yves TERNON [contribution] -
Sujets : Génocide arménien -- Négationnisme
ISBN :
Prix : 30 FRF

Commentaire :

Contributions de Gérard Chaliand, Jean Kehayan, A. Ter Minassian, Yves Ternon, Mehmet Kaya, Victor Leduc, Syamend Othman, Pierre Terzian


Sommaire
Présentation, par Victor Leduc
L'écho de Der-Zor, par Jean Kehayan
Interview d'Yves Ternon
Participation des Kurdes dans le massacre des Arméniens 1915, par Siyamend Othman
La question arménienne aujourd'hui, par Pierre Terzian
Une stratégie du possible, par Gérard Chaliand
La dissidence en Arménie soviétique, par A. Ter Minassian
Dépasser le nationalisme, par Mehmet Kaya
Annexes


Livre numéro 151
  Cuisines d'ailleurs : plats régionaux du monde
Titre : Cuisines d'ailleurs : plats régionaux du monde / auteur(s) : Gérard CHALIAND -
Editeur : Le Seuil
Année : 1981
Imprimeur/Fabricant : 27-Evreux : impr. Herissey
Description : 187 p. couv. ill. en coul. 21 cm
Collection :
Notes : Index
Autres auteurs :
Sujets : Cusine
ISBN : 9782020057615
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 12,02 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :


Livre numéro 150
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Le Génocide des Arméniens
 
Titre : Le Génocide des Arméniens / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Yves TERNON -
Editeur : Complexe
Année : 1980
Imprimeur/Fabricant : impr. en Belgique
Description : 192 p. ill., couv. ill. 18 cm
Collection : La Mémoire du siècle
Notes : Avant-titre : "1915-1917" Bibliogr. p. 183-185. Index
Autres auteurs :
Sujets : Armeniens Massacres des 1915-1923
ISBN : 2870270496
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix :

Commentaire :

La série d'assassinats de diplomates turcs à travers l'Europe par des terroristes se réclamant d'organisations nationalistes arméniennes ramène l'attention sur un « génocide refoulé ».
En effet, entre 1915 et 1917, les deux tiers de la communauté arménienne (plus de 1 200 000 personnes) vivant au sein de l'Empire ottoman, étaient massacrés par ordre du gouvernement Jeune-Turc. La première guerre mondiale offrait une occasion propice à l'élimination d'un peuple qui gênait les visées panturques des dirigeants de l'époque.
Depuis l'instauration de la République kemaliste, au fil des gouvernements successifs, ce génocide a été nié par l'État turc.
Gérard Chaliand et Yves Ternon ont rassemblé un choix de documents attestant les faits de façon irréfutable. Ils présentent la tragédie et commentent ses -prolongements jusqu'aux actions terroristes d'aujourd'hui. Les témoignages, restitués dans le contexte politique et psychologique de la première guerre mondiale, font revivre la façon dont ces massacres furent vécus tant du côté turc et allemand que du côté des puissances de l'Entente.
Cet ouvrage éclaire et met en perspective le premier génocide du XX' siècle qui, depuis quelques. années, retrouve une actualité non seulement à travers la violence mais aussi par les changements progressifs de l'esprit du temps.

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