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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Janine ALTOUNIAN

L'auteur

Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir
Janine Altounian est traductrice et essayiste. Co-traductrice de Freud depuis 1970, elle est responsable de l’harmonisation dans l’équipe éditoriale des œuvres complètes de Freud aux Presses Universitaires de France (L’écriture de Freud / Traversée traumatique et traduction, PUF - bibliothèque de psychanalyse, 2003) .

Née à Paris de parents arméniens rescapés du génocide de 1915, elle travaille par ailleurs sur la "traduction", dans le psychisme, d’un trauma collectif chez les descendants de survivants.

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Livre numéro 2050
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir Témoignage et survivance
 
Titre : Témoignage et survivance / auteur(s) : Emmanuel ALLOA -
Editeur : MetisPresses
Année : 2014
Imprimeur/Fabricant :
Description : 14 x 20 cm, 368 plages, couverture illustrée en couleurs
Collection : Imprescriptible
Notes : Editeurs scientfiques : Emmanuel Alloa et Stefan Kristensen
Autres auteurs : Janine ALTOUNIAN [contribution] - Marc NICHANIAN [contribution] - Marie-Aude BARONIAN [contribution] - Catherine COQUIO [contribution] -
Sujets : Génocides -- Survivants --Psychiatrie
ISBN : 9782940406791
Prix : 28,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Comme nul autre, le XXe siècle aura été marqué par l’expérience génocidaire et les exterminations de masse. Ces événements ont imprimé une marque indélébile dans l’histoire de l’humanité, et ont suscité pour cette raison une réflexion inédite qui tente de prendre la mesure de l’expérience de l’extermination de groupe. Que signifie être la cible d’un plan d’extermination du groupe auquel on appartient ? Comment y survit-on ? Quelles sont les oreilles pour entendre un tel témoignage ? De quoi témoigne-t-on lorsqu’on a passé par la sujétion la plus ultime ? Peut-on produire une preuve de cette expérience ? Les textes réunis dans ce volume tentent d’indiquer des réponses à ces questions, afin de commencer à mieux cerner cette figure à la fois aporétique et incontournable qu’est le témoin à l’époque de la survivance.

Livre numéro 1888
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir Revue la Pensée et les Hommes : Le génocide turc des Arméniens, numéro 90
   
Titre : Revue la Pensée et les Hommes : Le génocide turc des Arméniens, numéro 90 / auteur(s) : REVUE La Pensée et les Hommes -
Editeur : la pensée des hommes
Année : 2013
Imprimeur/Fabricant :
Description :
Collection :
Notes :
Autres auteurs : Janine ALTOUNIAN [contribution] - Marie-Aude BARONIAN [contribution] - Raymond Haroutiun KEVORKIAN [contribution] - Yves TERNON [contribution] -
Sujets : Génocide arménien
ISBN :
Prix : 15,00 euros

Commentaire :

Le titre de l'ouvrage « Le génocide turc des Arméniens » ne doit pas rebuter le lecteur car son caractère confus ne reflète pas le contenu de ce recueil de treize contributions très intéressantes que publie la revue belge La Pensée et les Hommes.

Ancien président du Comité des Arméniens de Belgique, Édouard Jakhian, qui nous a quittés cette année, est l'auteur de trois articles. Cet avocat qui n'a cessé de combattre pour la reconnaissance du génocide des Arméniens retrace la présence des Arméniens en Belgique et dans un texte intitulé « Morale et négationnisme », démontre la nécessité de la pénalisation du négationnisme.
L'écrivain Pierre Mertens dénonce le cynisme des bienpensants en évoquant les débats qui eurent lieu en France sur la loi que le Conseil constitutionnel finira par rejeter.
Dans un court texte, le romancier Jean-Baptiste Baronian exprime son « mal à la mémoire ».
Le philologue Bernard Coulie, qui enseigne à l'université catholique de Louvain l'arménien et le géorgien classique, signe un texte érudit et passionnant sous le titre : « Culture arménienne et culture européenne: le rappel d'un idéal ».
Maître de conférences à l'université d'Amsterdam, Marie-Aude Baronian livre quant à elle ses réflexions sur le déni et la mémoire.
« Les preuves diplomatiques de l'extermination des Arméniens » constituent le thème de l'article de Jacques Ch. Lemaire.
François Roelants du Vivier retrace « le long chemin vers la reconnaissance légale des génocides et la sanction pénale de leur négationnisme ».
Enfin Main Goldschlàger de l'Institut de recherche sur l'Holocauste explique la position du Canada à l'égard de la négation des génocides.

Aux articles de ces auteurs belges, s'ajoutent les contributions de trois Français bien connus pour leurs travaux sur le génocide. Janine Altounian signe un article intitulé « Être Arménien entre l'héritage d'une transmission traumatique et l'épreuve de sa négation », Yves Ternon revient sur la définition du terme de génocide et Raymond H. Kévorkian dresse un état sur la recherche sur le génocide des Arméniens.

Texte non signé, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 201, Novembre 2013


Table des matières

  • Édouard JAKHIAN : Pourquoi Caïn ?
  • Pierre MERTENS : Le grand cynisme des bien-pensants
  • Édourad JAKHIAN : Morale et négationnisme
  • Jean-Baptiste BARONIAN : Mal à la mémoire
  • Bernard COULIE : Culture arménienne et culture européenne : le rappel d'un idéal
  • Janine ALTOUNIAN : Être Arménien entre l'héritage d'une transmission traumatique et l'épreuve de sa négation
  • Édouard JAKHIAN : Les Arméniens en Belgique
  • Marie-Aude BARONIAN : Penser, comparer, pardonner. Réflexions sur le déni de la mémoire
  • Yves TERNON : Qu'est-ce qu'un génocide ?
  • Jacques Ch. LEMAIRE : Les preuves diplomatiques de l'extermination des Arméniens
  • François ROELANTS DU VIVIER : Un combat inachevé. Le long chemin vers la reconnaissance légale des génocides et la sanction pénale de leur négationnisme
  • Raymond H. KÉVORKIAN : L'état de la recherche sur le génocide des Arméniens
  • Alain GOLDSCHLÄGER : Le Canada, la négation des génocides et l'Arménie

Livre numéro 1823
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir Sur la route de l'exil
 
Titre : Sur la route de l'exil / auteur(s) : Aram ANDONIAN - traduit de l’arménien par Hervé Georgelin
Editeur : MetisPresses
Année : 2013
Imprimeur/Fabricant :
Description :
Collection :
Notes : Image de couverture : Anna Barseghian et Stefan Kristensen
Autres auteurs : Janine ALTOUNIAN [postfacier] - Hervé GEORGELIN [traducteur] -
Sujets : Génocide arménien -- Récits personnels
ISBN : 9782940406678
Prix : 18,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Sur la route de l’exil est le récit d’un survivant qui n’aurait pas dû survivre. Andonian nous emmène au sein de ce groupe d’enseignants, d’artistes, de journalistes, de commerçants, d’hommes politiques qui constituait la tête pensante et agissante de la communauté arménienne d’Istanbul. D’abord incrédule quant aux véritables motivations du gouvernement jeune turc, cette élite sera finalement éliminée en Anatolie centrale. Tout en dépeignant une culture en sursis à travers ses personnages les plus notables, ce texte évoque les premiers moments du processus d’ané-antissement, au cours desquels les mensonges des bourreaux masquaient encore la possibilité du pire.

Article de Bérénice Delaye Aubozian, France-Arménie, numéro 396, Avril 2013

Dans sa postface, Janine Altounian rappelle que "pour recueillir et transmettre ce qui reste d'une culture détruite, il faut la traduire, c'est-à-dire l'inscrire dans la vie hic et nunc dont nous bénéficions au pays d'accueil de nos parents". C'est toute la réalisation de ce livre, faire vivre heure après heure, dès le 24 Avril 1915 au soir, la rafle d'Aram Andonian, journaliste, et de ses amis arméniens, perses, russes, bulgares et autrichiens, intellectuels, religieux, artistes, tous originaires d'Istanbul, jusqu'à leur déportation à Aïache et Tchangueureu en bateau à vapeur, en train, en charrette ou à pied. Nous respirons avec eux et leur exil devient le nôtre. Nous plongeons au cœur d'un récit plein de distanciation, qui mêle les scènes cocasses aux situations les plus tragiques : quand les Turcs "commencèrent à lire les listes pour vérifier la présence des gens répertoriés, [ce] fut la source d'une véritable partie de rire, tant ils prononçaient le nom de chacun de nous en le déformant de façon burlesque". L'écriture d'Aram Adonian est à la fois emplie de discernement et d'humanité : "Si l'ensemble des Arméniens tendit le cou au couteau, si on put arrêter tant de personnes à Bolis en une seule nuit, la raison n'en est pas tant la rouerie des Turcs que cette sorte d'insouciance qui revint pratiquement à un suicide".
L'entraide et la solidarité qui caractérisaient tous ces intellectuels dans les moments les plus difficiles, comme le début du dérangement mental du père Gomidas, nous rend le récit encore plus proche et fait nôtre cette phrase qui clôt cette bouleversante autobiographie : "Le désir de vengeance brûle dans nos cœurs comme il brûle dans le coeur de tous ceux qui passèrent au travers de ces horreurs". C'est le monde perdu d'une civilisation assassinée que nous redécouvrons avec nostalgie et effroi à travers le récit de ce rescapé du Génocide.

Bérénice Delaye Aubozian, France-Arménie, numéro 396, Avril 2013


Livre numéro 1795
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir De la cure à l'écriture : l'élaboration d'un héritage traumatique
Titre : De la cure à l'écriture : l'élaboration d'un héritage traumatique / auteur(s) : Janine ALTOUNIAN -
Editeur : PUF (Presses Universitaires de France)
Année : 2012
Imprimeur/Fabricant : 53-Mayenne : Impr. Jouve
Description : 1 vol. (IX-224 p.) : ill., couv. ill. en coul. ; 22 cm
Collection :
Notes : Bibliogr. p. 215-222. Index
Autres auteurs :
Sujets : Survivants du génocide arménien -- Psychologie -- Psychanalyse et littérature
ISBN : 9782130607076
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 27,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Écrire, c'est-à-dire traduire au monde, ressenti comme étranger au désastre familial, l'espace mortifère d'un héritage psychique, peut faire partie intégrante de cette élaboration. Toute publication visant à socialiser une subjectivité que la cure laisse peu à peu émerger d'un monde frappé d'invisibilité relance en effet le travail inconscient sur une voie novatrice en dessinant de nouveaux contours à l'intériorité de l'analysant/écrivant.
Le parcours analytique esquissé ici cherche à témoigner de ce qui s'est transmis aux descendants des survivants, tous disparus à présent, du génocide arménien de 1915, nié par l'État turc. Aboutissant à la réappropriation et l'amour de cette transmission, il peut être lu comme un cas clinique intéressant les psychanalystes et les héritiers de diverses catastrophes historiques. Il montre par ailleurs combien une telle élaboration est tributaire également du poids des valeurs démocratiques au sein du pays d'accueil des survivants.

Livre numéro 1414
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir Arménie : de l’abîme aux constructions d’identité
Titre : Arménie : de l’abîme aux constructions d’identité / auteur(s) :Sous la direction de Denis Donikian et Georges Festa
Editeur : L'Harmattan
Année : 2009
Imprimeur/Fabricant : 14-Condé-sur-Noireau : Impr. Corlet numérique
Description : 1 vol. (244 p.) : ill., couv. ill. ; 24 cm
Collection :
Notes : Notes bibliogr.. Couverture : Masque de Denis Donikian (1994)
Autres auteurs : Janine ALTOUNIAN [contribution] - Annick ASSO [contribution] - Varvara BASMADJIAN [contribution] - Denis DONIKIAN [directeur] - Martine HOVANESSIAN [contribution] - Hélène PIRALIAN [contribution] -
Sujets : Actes du Colloque de Cerisy-la-Salle du 22 au 29 août 2007 sous la direction de Denis Donikian et Georges Festa.
ISBN : 9782296091917
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 24,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Du 22 au 29 août 2007, Cerisy-la-Salle accueillait l’Arménie à l’occasion d’un colloque intitulé : De l’abîme aux constructions d’identité. Le thème choisi portait en lui-même les éléments dramatiques d’une réflexion qui devait être nécessairement plurielle. Cependant, il s’agissait beaucoup plus d’évoquer de près ou de loin ces ondes de choc aux résonances multiples provoquées par la déflagration génocidaire de 1915 que de revenir sur la réalité historique du fait lui-même. Ainsi, le pluralisme des interventions aura-t-il permis d’opérer des ouvertures, des percées, pour ne pas dire des échappées inhabituelles vers des analyses lumineuses, des rapprochements culturels audacieux, des illustrations intimes fortes ou des abstractions esthétiques éclairantes. Il n’est donc pas interdit de dire qu’au cours de ces journées, c’était moins l’austérité de l’histoire qui était convoquée qu’une sorte de géographie mentale éclatée, à l’image non seulement de la dispersion des générations touchées par le génocide, mais surtout d’une quête de sens opérant dans toutes les directions possibles de l’esprit par des esprits impliqués dans la nécessité de dénouer le chaos du monde.


Table des matières

Argument
Introduction de Denis Donikian.


  • I. Ecritures dans la crise
    Frédéric Nevchehirlian : Dans le stade
    Janine Altounian : Un héritage traumatique ne se met à parler que déplacé dans le temps et l’espace culturel
    Anahit Dasseux Ter-Mesropian : Le Temps de la joie
    Annick Asso : La transmission du traumatisme génocidaire au théâtre

  • II. Identités de recherche
    Hélène Piralian-Simonyan : En quoi consiste la reconnaissance du génocide des Arméniens ?
    Martine Hovanessian : Identités narratives : exil et sentiment d’appartenance. Les retours
    Jacqueline Starer : Martin Melkonian, une identité au carrefour d’elle-même
    Frédéric Gross-Quelen : Pérec la lettre déportée

  • III. Questions d’histoire
    Grégoire Krikorian : Le Parlement européen ou l’anti-Lausanne
    Georges Festa : Arménie et Arméniens dans les manuels d’Histoire en classe de Première

  • IV. Géographies
    Antoine Chaudagne : Arménie, Ethiopie, itinéraire sur une géographie imaginaire
    Wadad Kochen-Zebib : Revisiter Cana
    Georges Festa en collaboration avec Marc Koharian et Albert Khazinedjian : Les Arméniens d’Algérie avant 1962 : témoignages de familles

  • V. Métamorphoses
    Denis Donikian : Chemin de Crète
    Varvara Basmadjian : Serviteurs du Palais ou artistes hors des contraintes, quelle identité pour les peintres arméniens de l’Empire ottoman ?
    Barbel Pfander : Le cinéma disjonctif d’Artavazd Pelechian
    Christine Kiffer, conteuse
    Raphaëlle Vierling, artiste
    Milo Dias : De la souffrance à la révolte


Livre numéro 1392
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir Mémoires du génocide arménien : héritage traumatique et travail analytique
Titre : Mémoires du génocide arménien : héritage traumatique et travail analytique / auteur(s) : Janine ALTOUNIAN - Vahram et Janine Altounian ; avec la contribution de Krikor Beledian, Jean-François Chiantaretto, Manuela Fraire... [et al.]
Editeur : PUF (Presses Universitaires de France)
Année : 2009
Imprimeur/Fabricant : 41-Vendôme : MD impr
Description : 1 vol. (238 p. dont 48 p. de pl.) : ill. en noir et en coul., cartes, fac-sim. ; 15 x 22,7 cm
Collection :
Notes : Contient le "Journal de Vahram" / V. Altounian suivi d'études critiques à propos de ce texte par divers contributeurs
Autres auteurs : Krikor BELEDIAN [contribution] -
Sujets : Témoignage historique -- Génocide arménien (1915-1916 ) -- Aspect psychologique
ISBN : 9782130573272
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 32,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

Cet ouvrage de mémoire sur le génocide arménien rend publiques des lettres des parents de la psychanalyste Janine Altounian. Ces lettres s'accompagnent d'analyses et de commentaires sur la transmission d'un tel héritage, sa signification, la constitution du témoignage et ses conséquences traumatiques sur les générations suivantes. Les contributeurs, à partir de différentes situations, expliquent la violence de cette transmission, la transgression très forte que représente, pour les survivants et pour les descendants, la parole : ""l'expérience hors bornes des rescapés se terre souvent dans le secret, le mutisme ou, chez certains, le ressassement inlassable et dérisoire d'un répertoire obsédant [...] dans une langue déracinée [...] stérile par un empêchement à générer désormais toute culture vivante [...] innommable, ne relevant pas du champ de la communication."" Cet ouvrage à plusieurs mains représente une mémoire, une écriture lue et entendue par tous les contributeurs de ce recueil comme une trace ""en attente de son avènement"".

Il se propose de montrer comment, à partir d’un écrit indéchiffrable pour tout lecteur néophyte, une expérience traumatique débutant à Boursa, petite ville d’Asie mineure, un « mercredi 10 août 1915 », passe par l’épreuve de sa traduction, celle de sa réception et de son élaboration subjective par un héritier pour se transmettre et aboutir, quasi un siècle plus tard, à la présente publication.

Table des matières I. — Journal de Vahram
Lettres de M. et H. Altounian du 29 juin et 30 juillet 1919

II. — Cartes
Trajet de déportation de Vahram Altounian
Axes de déportation des populations arméniennes et camps de concentration en 1915-1916
Version originale du manuscrit en fac simile
Le Proche-Orient et les régions de peuplement arménien en 1914

III. — Traduire un témoignage écrit dans la langue des autres par Krikor Beledian
Le texte et son auteur
Un texte oral
Le défi à la preuve

IV. — Parcours d'un écrit de survivant jusqu'à son inscription psychique, ou Temporalité d'élaboration d'un héritage traumatique par Janine Altounian
Histoire d'un manuscrit paternel sans assignataire
Temporalité de la vie psychique et de l'écriture dans l'élaboration d'une transmission traumatique
Temps de la douleur laissée par la disparition des derniers survivants
Temps du réveil dû aux événements politico-culturels du monde
Conclusion

V. — Quand vivre est tout le sacré par Régine Waintrater
Témoignage ou testament ?
À écriture sous conditions, lecture sous conditions
Le premier temps d'un témoignage
Le premier cercle
Rhétorique et temporalité traumatiques
Condamné à investir
En guise de conclusion

VI. — Naissance d'un témoignage, témoignage d'une naissance par Jean-François Chiantaretto
Naissance d'un texte, naissance par le texte
Maladresse, traduction mauvaise, mauvaise traduction
L'Œuvre d'un décentrement
Seule en présence de ou l'écriture comme interlocution interne
La tache aveugle

VII. — L'oubli de la mère par Manuela Fraire
Les souvenirs servent d'écran
Le privé est politique
Corps présent et âme absente
Pacte qui nie, pacte qui lie
Une épine au cœur de la langue maternelle
Mémoire et commémoration

VIII. — Mais là où il y a péril… par Yolanda Gampel

IX. — Le travail de l'intersubjectivité et la polyphonie du récit dans l'élaboration de l'expérience traumatique par René Kaës
Apports de la clinique du psychodrame psychanalytique de groupe
Le travail de la remembrance polyphonique dans l'écriture de Janine Altounian
Les conditions interdiscursives des liens de génération
Le travail de l'intersubjectivité, le préconscient et l'élaboration du trauma


A propos des auteurs
Ont contribué à la présente publication :
– Krikor Beledian, écrivain de langue arménienne, maître de conférences à l’INALCO (Institut national des langues et civilisations orientales)
– Jean-François Chiantaretto, psychanalyste, professeur de psychopathologie (Université de Paris XIII, UTRPP)
– Manuela Fraire, psychanalyste, membre titulaire de la SPI (Société Italienne de Psychanalyse) et de l’IPA
– Yolanda Gampel, psychanalyste, membre titulaire de la SIP (Société Israélienne de Psychanalyse), représentant pour l’Europe au Conseil de l’IPA, professeur à l’Université de Tel-Aviv
– René Kaës, psychanalyste, professeur émérite de l’Université Louis-Lumière Lyon 2
– Régine Waintrater, psychanalyste, thérapeute familiale, maître de conférences à l'Université Paris 7 - Diderot.


Autre commentaire

Plus que tout autre peut-être, ce livre a une histoire indissociable de sa présentation. Car il n'est pas vraiment un inédit. Son coeur, le Journal de Vahram, « Tout ce que j'ai enduré de 1915 à 1919 », fut publié sous forme d'article dans Les Temps modernes, à la faveur d'un événement intempestif, la prise du Consulat de Turquie par un commando de l'ASALA en septembre 1981. « Sans ce scandale dans la vie publique du pays qui avait accueilli ce père rescapé, je n'aurais certes pas rencontré un accueil éditorial aux Temps modernes pour cette première publication de février 1982 mais, surtout, sans ce paravent protecteur, il m'aurait été impossible d'assumer la honte d'accomplir, en mon propre nom, cette démarche ». Ces quelques lignes de Janine Altounian en disent long sur l'époque et sur l'audace qu'elle eut alors - et dont elle s'étonne encore - de porter le manuscrit de son père sur la place publique. Pourtant, la traductrice de Freud s'était depuis quelque temps préparée à un tel acte. En 1978, bien après la mort de son père, elle avait demandé à Krikor Beledian une première traduction du texte dont elle a toujours connu l'existence reléguée dans un placard, sans sentir pour autant peser sur elle l'urgence de répondre à la question du sort à lui réserver. Quand vint l'urgence, il fallut encore trouver un titre (Terrorisme d'un génocide) à un récit qui n'est pas le sien mais qu'elle sauve et qui devient la matrice de son oeuvre !Trois divans plus tard, l'écriture n'a rien perdu de sa force et J. Altounian qui a constamment cherché à briser l'autisme qui caractérisait intra muros le ressassement de 1915 et l'impuissance à accéder à l'universel, reçoit aujourd'hui l'hommage de ses pairs en psychanalyse qui, à sa demande, ont lu et commenté le Journal de Vahram, traduit et présenté par Krikor Beledian, et lentement apprivoisé par elle.

Régine Waintrater
Régine Waintrater lit avec « avidité » ce témoignage en pensant sans cesse à celui que son père, survivant de la Shoah, n'a pas écrit. Jean-François Chiantaretto analyse la figure médiatrice du traducteur sur laquelle rebondit J. Altounian se faisant à son tour la médiatrice entre le Journal et les lecteurs européens qu'elle sollicite. Manuela Fraire se demande pourquoi le père a dans l'écriture de Janine Altounian effacé la figure de sa grand-mère. Que signifie l'oubli de cette femme courageuse ou l'oubli de son nom ? Elle qui demanda en vain aux soldats turcs d'épargner son mari malade, elle qui refusa de se remettre en route
avant de lui avoir offert une sépulture, elle qui donna ensuite son fils de 14 ans aux Arabes pour le sauver de la mort, lui qui s'échappa pour la retrouver. Yolanda Gampel rend hommage au souffle benjaminien qui parcourt l'écriture de J. Altounian, capable de restituer la fulgurance d'un souvenir « tel qu'il brille à l'instant du péril ». René Kas souligne magistralement « l'écrasement des liens de génération et des rapports de filiation dans les catastrophes traumatiques collectives », et la faillite de l'ordre symbolique qui en résulte entre les générations.

Mémoire de ma mémoire
Tous ces commentaires sont rendus possibles par Krikor Beledian, la clef de voûte sur laquelle repose tout l'édifice... Il est celui qui permet le basculement du texte dans la langue des autres, le passeur qui opère le passage de l'illisible au lisible en traduisant en français, non pas de l'arménien, mais du turc transcrit en lettres arméniennes, comme cela se faisait à Boursa notamment d'où est originaire Vahram. Enfin si le Journal de Vahram est bien le prétexte à oeuvre de Janine, on comprend qu'il est ce maillon fragile dans la longue chaîne du récit de la Catastrophe. Cela explique sans doute que Janine Altounian fasse le meilleur commentaire de Mémoire de ma mémoire de Gérard Chaliand, autre représentant de la deuxième génération, inventeur de l'expression « terrorisme publicitaire » pour caractériser les années de plomb arméniennes. Voilà en tout cas un livre qui, par delà le témoignage capital qu'il constitue aussi sur cette génération, suscite une réflexion stimulante et appelle à un dialogue intergénérationnel.

Isabelle Kortian, Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 158, décembre 2009


Livre numéro 1092
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir L'intraduisible - Deuil, mémoire, transmission
Titre : L'intraduisible - Deuil, mémoire, transmission / auteur(s) : Janine ALTOUNIAN -
Editeur : Dunod
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant : impr. en Belgique
Description : 1 vol. (XVIII-206 p.) : couv. ill. en coul. ; 24 cm
Collection : Psychismes
Notes : En appendice, étude lexicale des citations de Benjamin et de Freud. - Bibliogr. p. 189-196. Index
Autres auteurs :
Sujets : Deuil (psychanalyse) -- Traumatisme psychique
ISBN : 9782100492107
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 22,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

"Si, dans mes souvenirs écrans, me reviennent toujours, puisqu’ils m’ont façonnée, “les travaux et les jours” des miens, ce n’est pas par la menace, l’angoisse de leurs récits de misère, leurs récriminations oppressantes, leurs évocations des lieux exterminés où s’enracinait leur existence, que leur souffrance irrémédiable est venue à moi. Elle s’empare paradoxalement de toute ma personne en présence de leurs travaux voués à combler l’insécurité première, au souvenir de leur peine opiniâtre, de la pauvreté ingénieuse, la ténacité créatrice, l’inébranlable affirmation avec laquelle ils aménagèrent leur vie d’exilés, les bases de la mienne. L’émotion la moins soutenable qui m’a acculée à écrire leur dénuement, c’est celle qui m’étreint devant les traces laissées par leurs mains et leur foi artisane, les dentelles aristocratiques crochetées par grand-mère, les broderies d’espérance en bouquets de ma mère, l’attention industrieuse que mon père apportait aux étoffes de l’atelier, aux matériaux protecteur du logis, à l’apprentissage de son violon. Dans la rigueur et le respect, ils célébraient tous ces rituels qui maintiennent et sacralisent les rythmes de la vie. Je ne retrouve pas dans leurs gestes au travail l’immaturité des orphelins mais leur discernement majeur."

Ce livre explique comment survivre est le fruit d’un travail obstiné qui requiert du survivant un savoir-faire avec des restes, qualité requise finalement aussi chez l’analyste œuvrant à la survie psychique du patient. Survivre impose par ailleurs une recherche désespérée du recours au tiers à rencontrer ou à créer.


Livre numéro 26
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir La Survivance : traduire le trauma collectif
Titre : La Survivance : traduire le trauma collectif / auteur(s) : Janine ALTOUNIAN - préface de P. Fédida ; postface de Rene Kaes
Editeur : Dunod
Année : 2000
Imprimeur/Fabricant :
Description : 208 p. 14 x 22 cm, couv. ill. en couleurs
Collection : Inconscient et Culture
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Psychanalyse et culture
ISBN : 9782100048151
Bibliothèques : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 23,00 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

"J'appelle survivance la stratégie inconsciente que les survivants d'une catastrophe collective et leurs descendants mettent réciproquement en place pour reconstruire sur pilotis les bases précaires d'une vie possible parmi les normalement vivants du monde où ils ont échoué..."

Livre numéro 713
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir Parler des camps, Penser les génocides
Titre : Parler des camps, Penser les génocides / auteur(s) :Ouvrage collectif, textes recueillis par Catherine Coquio
Editeur : Albin Michel
Année : 1999
Imprimeur/Fabricant :
Description : 688 pages
Collection : BAM IDEES
Notes : pp. 184-221, article de Raymond Kevorkian
Autres auteurs : Janine ALTOUNIAN [contribution] - Krikor BELEDIAN [contribution] - Catherine COQUIO [directeur] - Raymond Haroutiun KEVORKIAN [contribution] - Hélène PIRALIAN [contribution] -
Sujets :
ISBN : 9782226110930
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 24,40 euros
Achat possible sur : Amazon

Commentaire :

LA DEDICACE DE L'EDITRICE DE L'OUVRAGE

Genre : Ce livre est un recueil collectif consacré aux "crimes contre l'humanité", à la violence génocidaire hier et aujourd'hui et à ses effets sur la vie politique, le langage, la culture, la pensée. 33 chercheurs de diverses disciplines y ont collaboré (droit, histoire, littérature, philologie, philosophie, anthropologie des discours et des représentations, psychanalyse). Note sur la responsable du volume : Catherine Coquio est Maître de Conférences en littérature comparée à Paris IV-Sorbonne. Elle anime depuis 1995 un séminaire dans le cadre de l'Association Internationale de Recherches sur les Crimes contre l'humanité et les Génocides. Nom des auteurs : Janine Altounian, Omer Bartov, Krikor Beledian, Georges Bensoussan, Daniel Binswanger, Jean Bollack, Alain Brossat, Monique Chemillier, Catherine Coquio, Claudine Kahan, Judith Kauffmann, R. Kévorkian, Judith Klein, Muhamedin Kullashi, Charles de Lespinay, Philippe Mesnard, Claude Mouchard, Denise Mendez, Georges Molinié, Véronique Nahoum-Grappe, Hélène Piralian, Myriam Revault d'Allonnes, Sadek Sellam, Marek Sliwinski, Yves Ternon, Etienne Thévenin, Tzvetan Todorov, Enzo Traverso, François Turner, Irving Wohlfarth, Laurence Woisard. Sujet : Le livre tente de frayer, à travers le retour accéléré des pires violences politiques, et le ressassement polémique sur ces questions, un espace de parole et de pensée possible. La phénoménologie des violences y conduit à une interrogation sur l'humain. Parler et penser ici, ce serait réfléchir le langage détruit par la déshumanisation, l'altération de nos pratiques discursives, et en contrepoint la valeur possible du témoignage.

Plan et résumé de l'ouvrage :
- Avant-propos d'I. Wohlfarth et C. Coquio. Place le livre sous le "regard" de l' "Angelus novus" de W. Benjamin, et de "L'Ange au sourire" d'Antelme.
- "Du Malentendu". Synthèse introductive de C. Coquio. Bilan des problématiques en fonction des avancées historiographiques, des débats théoriques et de l'actualité politique ; critique du ressassement polémique, dont la violence est mise en relation avec celle du déni génocidaire ; réflexion sur l'effet des conflits ou cloisonnements disciplinaires et communautaires, et sur la possibilité de les dépasser.
- Un entretien inédit d'Imre Kertész (écrivain juif hongrois rescapé d'Auchwitz).
I. Camps et génocides. Hier et aujourd'hui.
1) L'événement passé au présent (mise au point et bilans lexicaux et méthodologiques. Réflexions critiques sur le rapport politique/éthique, mémoire / recherche / engagement.
2) Concentration et extermination : la déportation génocidaire des Arméniens ; la famine planifiée en Ukraine ; le Cambodge mué en camp de concentration et l'élimination massive de populations ciblées ; "l'épuration ethnique" en ex-Yougoslavie et le génocide bosniaque.
3) L'Occident et ses doubles. Les traditions racistes de l'Occident chrétien et des Lumières ; le génocide rwandais ; les massacres algériens ; la question du colonialisme criminel.

II. Humain, inhumain.
1). Limites de la culture, discours de la limite. La question de l'indicible considérée sur le plan linguistique, littéraire, esthétique, cinématographique. Culture et barbarie, autocritique de l'art. Le statut de la littérature de témoignage confrontée avec la modernité littéraire. La littérature de langue arménienne et certains écrivains-témoins de la Shoah : P. Rawicz, P. Celan, I. Kertész.
2) L'homme témoin de l'inhumain. Les conditions et les formes du témoignage, la recréation d'une subjectivité et d'une communication à partir d'une langue et d'une communauté détruites. La négativité radicale de l'expérience des camps (Chalamov) ; la notion d'espèce humaine ( Antelme), la zone grise et la place de l'enfance (P. Lévi).

Annexe : chronologie détaillée de l'évolution du droit international en matière de crimes contre I'humanité, alternant avec une chronologie succincte des événements. Objectifs : - tenter une pensée transversale consciente des limites du "comparatisme" comme des débats focalisés sur l'unicité de la Shoah ; faire émerger des événements moins connus ; dépasser la comparaison des régimes totalitaires pour saisir la spécificité et l'actualité du crime génocidaire, son articulation avec le phénomène concentrationnaire. - faire entrer en relation l'approche "externe" et l'approche "interne" de tels événements, les recherches historiographiques et théoriques et les témoignages. Tout en respectant les singularités de chaque événement et la spécialisation des approches, dépasser les exclusives entre mémoire, politique, droit et histoire, approches "objectives" et "subjectives". - Tenter une compréhension critique du témoignage littéraire. Y montrer à l'oeuvre une critique de la culture et de l'art comme "documents de barbarie" (W.Benjamin). L'existence d'une poésie autocritique et créatrice, responsable par sa forme, réplique au verdict d'Adorno sur la poésie impossible après Auschwitz, ainsi qu'au motif de l'indicible. Par ce décentrement historiographique et culturel, on s'interroge sur ce que serait un "'héritage" humain de ces expériences d'inhumanité. Le propos sur l'inhumain s'en tient à la lecture serrée des témoignages, afin d'éviter tout universalisme abstrait, et de reconnaître la dimension linguistique au coeur du phénomène humain.

Note sur la contribution finale de C. Coquio : hormis la synthèse en introduction, elle livre sous le titre "'Parler des camps, parler au camp. Hurbinek à Babel", une réflexion sur la lecture du témoignage et le statut du langage au sein de la "zone grise", l'espace de la perte des repères éthiques au camp. L'allégorie, chez P. Lévi, de l'enfant muet Hurbinek qui tenta en vain de parler au coeur de Babel, et le phénomène du jeu des enfants à Auschwitz, commenté par Eisen, sont pris comme deux modèles d'humanité résiduelle qui échappent en partie, l'un par le relais d'un écrivain témoin, l'autre par une forme inédite d'innocence active, à l'emprise du mythe destructeur d'humanité.


Table des matières

- Questions en préambule.
- Catherine COQUIO. A propos d'un nihilisme contemporain. Négation, déni, témoignage.

1. ARGUMENTS.
I. Négation et témoignage

Frédéric WORMS. La négation comme violation du témoignage.
Marc NICHANIAN. De l'archive. La honte
Michel DEGUY. De l'incroyable.
Nicole LORAUX "Le brouillé dissimule un rêve".
(Texte précédé d'un avertissement de Patrice Loraux).

II. Négationnismes, révisionnismes

Enzo TRAVERSO. Révision et révisionnisme
Nadine FRESCO. Des illuminés imperméables : généalogie du négationnisme.
Albert HERSKOWICZ. L'antisémitisme aujourd'hui : au-delà de la négation.
Yves TERNON. Historien. Le spectre du négationnisme : analyse du processus de négation des génocides du XXe siècle.
Sévane GARIBIAN. La Loi Gayssot, ou le droit désaccordé.

III. Formes et fonctions sociales du déni

Pierre PACHET. Indifférence, fabulation et négation : les franges de la parole publique.
Véronique NAHOUM-GRAPPE. Anthropologie du regard oblique : le piège des diffractions.
Janine ALTOUNIAN. Emprise et démantèlement du déni. L'importance des délimitations dehors/dedans.
Bernard LEMPERT Le vote et le crime.
Luiza TOSCANE. Le statut de la victime dans les ONG : une expérience tunisienne

2. EVENEMENTS
IV. Turquie-Arménie-Kurdistan

Krikor BELEDIAN. Le retour de la Catastrophe (sur la littérature arménienne en 1918-1922).
Martine HOVANESSIAN. Anthropologie du témoignage et de l'histoire orale : traversée des lieux de l'exil et désappartenance.
Hélène PIRALIAN. Rupture de généalogie et identité perdue : du lien bourreau-victime
Mustapha OVAYOLU. Kurdistan : avis de recherches.

V. Génocides et camps nazis.

- Les camps et la Shoah.
Federica SOSSI. Témoigner de l'invisible.
Georges PETIT. La fin du camp de Langenstein, entre histoire et mémoire.
Aurélia KALISKY. Refus de témoigner, ou chronique d'une métamorphose : du témoin à l'écrivain
(Imre Kertész, Ruth Klüger)
- Le génocide des tsiganes.
Henriette ASSEO. Le statut ambigu du génocide des tsiganes dans l'histoire et la mémoire.
Marie-Christine HUBERT et Jean-Luc POUEYTO. Génocide et internement : histoire Gadjé et mémoires tsiganes.

VI. Aux marges de l'URSS

Jean-Louis PANNE. La négation de la famine en Ukraine (1932-1933).
Frosa PEJOSKA. L'écriture comme cénotaphe. A propos de Danilo Kis.

VII. Amérique du sud : la disparition.

Pilar CALVEIRO. La mémoire comme virus. Camps de concentration et disparitions des personnes en Argentine
Jean-Louis DEOTTE. Les paradoxes de l'événement d'une disparition.

VIII. Extrême-Orient.

- Japon
Claude MOUCHARD. Le poème et l'advenu : écriture, liens, réels chez Takarabe Toriko
Mehdi CANITROT. L'écriture d'Hiroshima : un exemple de déni culturel.
- Cambodge
Richard RECHTMAN. Produire du témoignage : à propos du film de Rithy Panh, S.21. la machine de mort Khmer rouge.

IX. Israël-Palestine.

Saleh ABDEL JAWAD. Les témoignages palestiniens entre historiographie israélienne et historiographie arabe : le cas de 1948.
Franklin NARODETZKI. Le traitement de la réalité : de la Bosnie à la Palestine.

X. L'"épuration ethnique" en ex-Yougoslavie.

Catherine COQUIO. Violence et déni dans la littérature : l'ultranationalisme serbe.
Sineva KATUNARIC. Dans les abris et sous les décombres : aperçu sur une littérature croate.

XI. Le génocide des Tutsi du Rwanda.

Louis BAGILISHYA. Discours de la négation, dénis et politiques.
Jean-Pierre KAREGEYE. Rwanda. Le corps témoin et ses signes.
Speciosa MUKAYIRANGA. Sentiments de rescapés.

XII. Afrique-Antilles : après l'esclavage et la colonisation.

Yolande GOVINDAMA. Déni de l'esclavage et sa fonction dans le lien social et la dynamique psychique (Antilles-Réunion).
Mongo BETI. Repentance (De la France et du Cameroun).
Nils ANDERSSON. Le témoignage dans le travail d'histoire : l'exemple algérien.
Fatiha TALAHITE. L'histoire jugera... ou le procès déplacé.
François-Xavier VERSHAVE. Criminalité économique et crimes contre l'humanité en Afrique : une synergie occultée.


Livre numéro 25
Janine ALTOUNIAN --- Cliquer pour agrandir Ouvrez-moi seulement les chemins d'Arménie : un génocide aux déserts de l'inconscient
Titre : Ouvrez-moi seulement les chemins d'Arménie : un génocide aux déserts de l'inconscient / auteur(s) : Janine ALTOUNIAN - pref. de Rene Kaes
Editeur : Les Belles Lettres
Année : 1990
Imprimeur/Fabricant : 80-Abbeville : Impr. F. Paillart
Description : V-246 p. couv. ill. en coul. 21 cm
Collection : Confluents psychanalytiques
Notes : Bibliogr. p. 243-246
Autres auteurs :
Sujets : Arméniens Massacres des 1915-1923 -- Récits personnels * Armeniens -- Identite ethnique * Armeniens -- A l'etranger -- Récits personnels * Psychanalyse et culture
ISBN : 9782251334448
Bibliothèques : Consultable à la Bibliothèque de la Cathédrale apostolique arménienne, Paris
Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 20,00 euros
Achat possible sur : Amazon

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L'ensemble des textes de ce recueil, pour la plupart parus ces dernières années dans Les Temps modernes, témoigne d'une réflexion historique (le drame vécu par le peuple arménien) et d'une élaboration psychanalytique (l'histoire familiale de l'auteur).

Depuis son premier essai paru dans les Temps Modernes en décembre 1975, Janine Altounian n'a cessé d'écrire dans cette même revue, sept textes en tout, réunis dans l'ouvrage "Ouvrez-moi seulement les chemins d'Arménie", qui est en quelque sorte un recueil, rassemblant et traduisant, au-delà de l'hétérogénéité et de la discontinuité apparente de chaque partie, la volonté de cette quête de la mémoire; c'est l'effort pour: "assurer l'emprise du déni et de l'ignorance". Ces essais sont repris dans l'ordre chronologique de leur parution aux Temps Modernes.

"Comment peut-on être Arménien" constitue son premier texte qui prend corps en 1975, année du Soixantième Anniversaire du génocide. Année de parution du livre de J.M. Carzou "Arménie 1915". Un génocide exemplaire; année aussi où Charles Aznavour chantait "Ils sont tombés..:'.
Ce texte rend compte du "désir de s'approprier son Histoire"; mais aussi de témoigner. "Pour croire encore à l'existence de leur race, il faut que les exilés mettent en valeur les faits de leur culture", ils doivent croire en eux, en ce qu'ils ont été, en ce qu'ils sont, mais aussi convaincre les autres de leur existence. C'est là le scandale de leur situation.

"Une Arménienne à l'école" interpelle les travailleurs sociaux ou psychanalystes "qui écoutent les enfants de migrants ou de prolétaires". C'est un témoignage de sa propre enfance et ses réflexions inspirées de son travail dans un lycée de la banlieue parisienne. `tes transplantés ne sont pas les seuls migrants. Un enfant prolétaire ne l'est pas uniquement parce que son père travaille à l'usine, il l'est aussi parce que celui-ci a perdu l'accès à sa propre culture, à celle qui aurait pu être la sienne".

"A la recherche d'une relation au père soixante ans après le génocide" est une analyse à travers le livre de Michael Arlen ("L'embarquement pour l'Ararat") de cette recherche de l'identité arménienne. "Ce livre pose la question de l'intégration possible de notre passé, intégration qui alors seulement, pourrait devenir créatrice d'une situation nouvelle":

"Terrorisme d'un génocide" est la traduction en français du journal que rédigea son père à son arrivée en France en 1921, et qui relate les événements qu'il a vécus lors de la déportation, où elle retrouve dans ces pages une partie des récits qui ont peuplé son enfance.

"Faute de parler ma langue" traite du rapport à la langue d'origine à cette langue qui a été perdue. "Cette première langue qui ne cesse d'être pour le restant de nos jours un appel". A cette langue de contrebande comme disait J. Hassoun. Ou pour ne citer que Lacan "Cette langue entre autres qui ne serait rien de plus que l'intégrale des équivoques que son Histoire y a laissées persister".

"Viol et silence" est une réflexion et une étude à partir du texte d'Eva Thomas, du crime de l'inceste. Car les processus de dépersonnalisation des individus sont toujours les mêmes, qu'ils soient utilisés dans les camps de concentration, le dressage des tortionnaires,... ou l'inceste".

"De l'Arménie perdue à la Normandie sans place" poursuit et complète sa réflexion sur l'école et le rapport à la littérature de la culture d'exil. Le noyau de ce recueil étant le texte paternel, document où le "témoignage d'un survivant est fondateur d'une mémoire". Textte serti par les autres, afin d'essayer "de traduire cette déréliction parentale que l'enfant esseulée sur le mirador d'un divan avait jadis ressentie, hors langage":

Janine Altounian a sa façon toute particulière de transmettre l'émotion, par une utilisation des mots aux limites de l'art poétique. Après trois générations d'effort elle avait acquis ce plaisir, "ce luxe si incongru pour ceux qui survivent au génocide : le plaisir de penser": Après Soumgaït, après le séisme, que faire ? Qu'en faire ici et maintenant ? Traduire Freud ? Dissimuler, taire dans des séances de travail ses véritables objets". Il lui fallait inscrire quelque part, pour se déposséder de cette mémoire, de cette grand-mère assise au bord du Divan (Sedir/Desir) devenu son lit pour la nuit, qui lui apprenait le signe de croix et la prière en arménien. "J'ai écrit par nécessité, sous la même contrainte que mes parents survivants du génocide, celle de survivre".

Dikran Tchertchian, Magazine France-Arménie, numéro 98, Février 1991>


Lire Papiers n° 32, septembre 1996, rassemblant les interventions prononcées le samedi 2 décembre 1995 autour de l’ouvrage de Janine Altounian "Ouvrez-moi seulement les chemins d’Arménie. Un génocide aux déserts de l’inconscient".
Interventions successives de Janine Altounian, Michel Tort, Michel Marian, Nicole Lapierre, Krikor Beledian, René Kaës.
Les Papiers du Collège international de Philosophie


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