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Association Culturelle Arménienne de Marne-la-Vallée (France)

Festival National du Livre Arménien 2006

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Le Festival National du Livre Arménien s'est déroulé à l’Hôtel Sofitel Vieux Port de Marseille le Samedi 16 Décembre 2006. Placé sous le Haut Patronage de Charles Aznavour, ce festival qui réunit les auteurs d’ouvrages ayant un lien avec l’Arménie a décerné pour la première fois en France le Prix ARMENIA 2006


Sélection oficielle

Ouvrages en compétition


D’autres ouvrages hors compétition ont également été présentés au public.

Contact Presse : Richard Findykian - fnla@numericable.fr - 06 09 20 73 86

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Hélène KERILLIS

L'auteur

Hélène KERILLIS --- Cliquer pour agrandir
Auteur de livres pour la jeunesse.

Originaire d’Aquitaine, entre côte atlantique et pins, Hélène Kérillis réside dans l’Ouest de la France, cet arc ouvert sur la mer. Passion pour les histoires, contes, albums, romans… dans lesquels on s’embarque pour de courtes ou grandes traversées, comme sur l’océan. Passion pour les arts plastiques, en particulier la peinture. Entrer dans un tableau, c’est une autre façon de voyager…
1996, première année de publication. L’être humain est pétri de langage. Lire et écrire servent autant à se déchiffrer soi-même qu’à déchiffrer le monde...
Hélène Kérillis
90 Grand Rue
79410 Echire
05 49 25 27 92
Email: hkerillis@yahoo.fr

Site web de l'auteur : cocoax.free.fr/

Hélène KERILLIS --- Cliquer pour agrandir Contes d'Arménie : Epopée, récits et légendes populaires
Titre : Contes d'Arménie : Epopée, récits et légendes populaires / auteur(s) : Hélène KERILLIS -
Editeur : vilo
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Papergraf, Padoue (Italie)
Description : 25 x 30 cm, 93 pages, 93 pages, couverture cartonnée, Illustrations en couleurs
Collection : Si le monde m'était conté
Notes : Notes : Des contes mis en mots par Hélène KERILLIS et illustrés sous la direction de Frédérick Mansot. Carte d'Arménie et Introduction "L'Arménie, un petit pays et un grand peuple".
Glossaire.
Autres auteurs :
Sujets : Contes d'Arménie
ISBN : 2719107948
Bibliothèque :  
Prix : 14,80 euros

Commentaire :

Recueil de onze contes et légendes arméniens, adaptés de Toumanian, Melkonian-Minassien ou tirés de l'épopée arménienne. A travers des contes humoristiques, philosophiques et merveilleux, on savoure toute la sagesse et l'humour pince-sans-rire de la culture arménienne.
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Philippe VIDELIER

L'auteur

Philippe VIDELIER --- Cliquer pour agrandir
Historien, spécialiste des milieux et des cultures populaires.
Chercheur au CNRS, responsable de l'unité de recherche "Sociétés en mouvement et représentation", membre de la mission de préfiguration du Centre de la Mémoire de Villeurbanne (en 2005)
Philippe VIDELIER --- Cliquer pour agrandir Nuit turque
Titre : Nuit turque / auteur(s) : Philippe VIDELIER -
Editeur : Gallimard
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant : Imrimerie Floch, Mayenne
Description : 144 pages, 12 x 19 cm
Collection : Collection blanche
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien -- Turquie
ISBN : 2070776328
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 11,00 euros

Commentaire :

Derrière les triples murailles du palais de Yildiz, à Constantinople, porte de l'Europe, le Sultan trame de noirs complots. Le sang coule sur la Corne d'Or. Le sang coule en Anatolie. Des comités secrets, les exilés politiques de Paris, les militaires de Salonique organisent la révolution. Mais l'aventure tournera mal : guerre dans les Balkans, au Caucase, terreur sur l'Empire ottoman.
1915. L'ordre d'anéantissement des Arméniens est donné. Ce qui avait des allures de conte, l'histoire du Sultan et des trois Pachas, se terminera en tragédie.


Bouleversant récit, riche en témoignages d'époque, du sort tragique du peuple arménien au sein de l'Empire ottoman de la fin XIXe au début du XXe siècles. En seulement 140 pages, l'auteur, fin connaisseur (bien sûr) de l'histoire et de la langue française, brosse les portraits des bourreaux du génocide et compare les événements politiques survenus en même temps dans différents pays européens. Cette démarche littéraire s'avère être la force du livre, puisque le lecteur participe presque involontairement à l'histoire racontée qui prend progressivement une tournure contemporaine. Formidable leçon à l'intention des futures générations. À lire et à offrir absolument.
Annie Pilibossian

Le Figaro-Magazine du 3 décembre 2005 lui a consacré une page entière "Videlier, papiers d'Arménie".

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Michael J. ARLEN

L'auteur

Michael J. ARLEN --- Cliquer pour agrandir
Michael J. Arlen a grandi en Angleterre et aux Etats-Unis. Il est actuellement (1977) un des rédacteurs du New Yorker.Angleterre. Fils du romancier américain Michael Arlen, pseudonyme de Dikran Kouyoumjian (1895-1956).
Michael Arlen
Le père — Dikran Kouyoumjian est né à Roustchouk (Ruse) en Bulgarie en 1895 dans une famille de commerçants arméniens originaires de Constantinople. Ils émigrent ensuite en Angleterre et s'installent dans le Lancashire en 1901. Bien qu'autoditacte, Michael Arien s'occupe d'enseignement avant d'aller à Londres convaincu de sa vocation pour l'écriture. Quand ses premiers écrits attirent l'attention, il invente son pseudonyme, vérifiant dans l'annuaire londonien qu'il serait au moins unique dans la capitale du monde. Il est naturalisé sujet britannique en 1922 et fréquente les milieux aristocratiques s'efforçant de gommer toute trace de son statut d'exilé. Il publie des nouvelles et des récits courts explorant souvent l'univers du fantastique, avant de connaître un succès mondial avec son Chapeau vert (1924) qui sera adapté au cinéma avec Greta Garbo (Clarence Brown, A Woman of Affairs, 1928). Il épouse une comtesse grecque, Atalanta Mercati, vit quelque temps sur la Côte d'Azur et, à la déclaration de guerre, rejoint les États-Unis où il meurt en 1956.

Michael J.Arlen
Le fils — Michael J.Arien est né en 1930. Il a été rédacteur au New Yorker et s'est spécialisé dans l'analyse du monde audio-visuel et notamment de la télévision. Il a tenté de percer la complexe personnalité de son père, d'abord en publiant une biographie (Exiles, 1970) où il détaille ses difficiles relations filiales, puis en entreprenant un voyage initiatique en Arménie d'où il ramènera son Passage to Ararat, publié en 1975.

Michael J. ARLEN --- Cliquer pour agrandir Embarquement pour l'Ararat
Titre : Embarquement pour l'Ararat / auteur(s) : Michael J. ARLEN -
Editeur : Parenthèses
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant : 58-Clamecy : Impr. Laballery
Description : 216 pages, 16,5 x 23,5 cm, couv. ill. en coul.
Collection : Diasporales
Notes : Traduit de l'anglais par Daniel Blanchard, Traduction de : Passage to Ararat
Autres auteurs :
Sujets : Arméniens -- États-Unis -- 1945-....
ISBN : 2863641395
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 18,00 euros

Commentaire :

«Je me sentais Américain... et pourtant il était clair que ce n'était pas tout. Il devait y avoir quelque chose en moins ou en plus.» C'est à la recherche de ce «quelque chose» que Arien va s'atteler dans un voyage initiatique, une traversée d'un passé douloureux.
Pourquoi son père a-t-il changé de nom? Pourquoi lui a-t-il toujours refusé toute réponse sur ses origines, usant d'un détachement forcé vis-à-vis de son ascendance ? C'est cette exploration de tous les méandres de la relation fils-père qui devra permettre de dépasser l'impossible identité arménienne du père pour renouer ainsi avec la chaîne des générations et comprendre enfin ce que veut dire «être arménien».
Cette quête familiale et historique va l'amener à faire «le voyage», comme William Saroyan, cette autre figure des exilés de la littérature américaine, qui lui sert de père spirituel. Ce voyage dans l'Arménie soviétique des années soixante-dix, où il pourra, derrière la frontière, contempler l'Ararat, le sommet mythique, le conduira finalement à se reconnaître arménien.
Avec ce texte personnel et documenté, Arien a signé le livre culte pour des générations successives marquées tout à la fois par la question de la filiation, la question de l'origine et à la recherche de leurs «racines».
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Louis CARZOU
( n. 1963 )

L'auteur

Louis CARZOU --- Cliquer pour agrandir
Louis CARZOU, journaliste français d'origine arménienne, est rédacteur en chef adjoint à LCI. La Huitième Colline est son premier roman.

Photo Copyright Didier Dahan.

Louis CARZOU --- Cliquer pour agrandir La huitième colline
Titre : La huitième colline / auteur(s) : Louis CARZOU -
Editeur : Liana Levi
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 53-Mayenne : Impr. Floch
Description : 1 vol. (170 p.) : couv. et jaquette ill. ; 21 cm
Collection :
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Roman -- Turquie contemporaine -- Génocide arménien
ISBN : 2867464110
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 17,00 euros

Commentaire :

Se marier et avoir des enfants. Pour Sibel, jeune journaliste turque, c'est le destin tracé par ses parents et son grand-frère, très attachés à la tradition. Une « évidence » dénuée de sens pour Sibel, qui se demande ce qu'elle a à transmettre. Cette question reste sans réponse jusqu'au jour où sa grand-mère, qui sent la vie l'abandonner, convoque la famille à son chevet, dans sa maison aux portes de l'Anatolie. Elle formule une étrange demande : être convertie à la religion musulmane avant de mourir.
Aurait-elle perdu la tête ? Tout le monde dans la famille est musulman, depuis toujours. Mais la grand-mère garde Sibel près d'elle et lui raconte son secret. Elle n'est ni musulmane, ni turque, mais chrétienne, arménienne et a été sauvée du génocide en 1915, à l'âge de treize mois, par l'arrière-grand-père de Sibel, jeune médecin en poste à Sivas. A présent, elle voudrait mourir dans la religion de son sauveur, pour lui rendre l'hommage que mérite un « juste ». Cette découverte de racines insoupçonnées va donner à Sibel les réponses qu'elle n'espérait plus.

Une plongée dans une période sombre de l'histoire du XXe siècle, celle du génocide arménien à travers l'histoire d'une famille.
Un roman sur l'identité turque d'aujourd'hui où les déchirures intimes viennent contredire l'histoire officielle.

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Annick ASSO

L'auteur

Annick ASSO --- Cliquer pour agrandir
Annick Asso est professeur agrégé de Lettres Modernes et enseigne à l'Université.
Ses activités de recherche concernent l'étude de la représentation des génocides dans la littérature de langue et d'expression française.
Elle enseigne par ailleurs le journalisme et la Communication et collabore notamment depuis cinq ans au Magazine France-Arménie en qualité de rédactrice (2005)
Annick ASSO --- Cliquer pour agrandir Le Cantique des larmes, Arménie 1915
Titre : Le Cantique des larmes, Arménie 1915 / auteur(s) : Annick ASSO - Paroles des rescapés du génocide
Editeur : La Table ronde
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant : 53-Mayenne : Impr. Floch
Description : 291 p. : couv. ill. ; 22 cm
Collection :
Notes : Glossaire 283-285, Bibliographie 287-290
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien (1915-1916 ) -- Récits personnels
ISBN : 2710327767
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 21,00 euros

Commentaire :

Pour que la vérité soit enfin connue et reconnue, afin que le malheur absolu dans l'Histoire et le spectre même de l'extermination cessent d'être un non-lieu, quatre-vingt dix ans après les faits, des voix s'élèvent de la ruine, de l'horreur et de la mort. Perpétré en 1915 dans l'Empire ottoman par le gouvernement jeunes Turcs, le génocide des Arméniens, le premier des génocides du XXe siècle, n'a jamais été admis par ses auteurs. Parce que l'on est là au paroxysme du mal, parce que les crimes impunis sont destinés à se répéter, parce que le pardon ne peut passer que par la fin du mensonge, de la négation, et du déni, donner la parole aux rescapés revient à sauvegarder et libérer la mémoire. On la retrouvera, vivante, autour des grands nœuds de la tragédie, des massacres du 24 avril 1915 aux camps de concentration, en passant par la résistance et la déportation. Une parole à laquelle viendra se joindre, en signe d'authentification, celle des consuls, médecins, journalistes présents sur place et témoins de l'indicible.

Immédiat, brut, arraché au mutisme, à l'oubli et à l'anéantissement, ce recueil est fait de noms propres et d'événements singulier, de paroles personnelles et individuelles, de récits de vie et de mort nés au cœur de la tourmente. Et qui, à eux tous, forment aussi l'Histoire collective. À la manière dont le chœur antique inscrit dans l'éternité le chant des larmes.

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Vartan BERBERIAN
( n. 1925 )

L'auteur

Vartan BERBERIAN --- Cliquer pour agrandir
Issus de parents arméniens rescapés du génocide de 1915, Vartan Berberian est né en France, à Gardanne, il y a 80 ans. Il considère qu’il a trois patries : l’Arménie, la France et la Marine. Il vit à Paris.
Vartan BERBERIAN --- Cliquer pour agrandir Le figuier de mon père
Titre : Le figuier de mon père / auteur(s) : Vartan BERBERIAN -
Editeur : anna carriere
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant : Presse numérique à Courty 77181
Description : 1 vol. (358 p.) : couv. ill. en coul. ; 24 cm
Collection :
Notes : avec la collaboration d'Etienne de Monpezat
Autres auteurs :
Sujets : Français d'origine arménienne -- Biographies
ISBN : 2843373379
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 20,00 euros

Commentaire :

Mis en vente début 2006

Portrait haut en couleur d’une communauté discrète, dure au mal, travailleuse, solidaire et chaleureuse, ces mémoires sont un hommage de l’auteur aux siens. A sa mère, tout d’abord, Mayrig, femme au grand cœur, petite silhouette tout de noir vêtue, animée d’une douceur et d’une énergie hors pair, qui a su lui inculquer le sens de l’effort et la valeur du travail. A son père, aussi, Hayrig, qui, ayant connu l’horreur des geôles turques, n’en a pas moins gardé sa joie de vivre et sa capacité d’émerveillement. Personnage biblique tout droit sorti d’un conte oriental, débordant de sagesse, ce père traverse le livre en posant sur sa famille un regard lucide et tendre, commentant les us et coutumes de cet étrange pays de cocagne : la France.

Véritable « roman d’apprentissage », ce récit suit aussi le parcours du jeune Vartan, remarqué par ses maîtres à l’école, et retrace ses initiatives extrascolaires pour gagner de l’argent et aider ses parents, les humiliations qu’il a pu subir à cause de ses origines ou de sa pauvreté, sa formation dans la marine, puis sa réussite comme inventeur… Une belle leçon d’optimisme et une mine d’informations sur une époque pas si lointaine.

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Fethiye CETIN

Fethiye CETIN --- Cliquer pour agrandir Le livre de ma grand-mère
Titre : Le livre de ma grand-mère / auteur(s) : Fethiye CETIN - Traduit du turc par Alexis Krikorian et Laurence Djolakian
Editeur : Editions de l'Aube
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Groupe Horizon, 13420 Gémenos
Description : 144 pages, 12,50 c 19 cm, couverture en couleurs, 10 photographies en nb, reproduction documents
Collection : Regards croisés
Notes : titre original "Anneannem"
Autres auteurs :
Sujets :
ISBN : 2752602316
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 14,60 euros

Commentaire :

Qui a ouvert "Le livre de ma mère", d'Albert Cohen, et se souvient d'avoir bien pleuré entre ses pages, se doutera de l'effet dévastateur dont le petit ouvrage de Fethiye Cetin est susceptible. Il est loin d'imaginer la force du présent récit, portrait tendre et admiratif d'une aïeule fort humaine, icône de la maternité, maîtresse femme dans sa vie, dans sa famille, dans son profond secret comme dans ses rares révélations.
Heranus Gadarian, arrachée aux siens à dix ans par un soldat turc, a vécu de ses souvenirs enfouis. A Maden, mariée à un « bre musurman» {sacré musulman), elle a cuit chaque année le tcheurek de Pâques, sans commentaires, tout en préservant ses enfants de la terrible vérité.

Enquête de soi
L'histoire pourrait être celle de sa famille éclatée par la Catastrophe de 1915, ponctuée par les départs, les unions de circonstances, les retrouvailles ratées, les décès à contretemps. C'est surtout celle de la tenace quête d'identité de sa petite-fille, Fethiye Cetin - avocate défenseur des droits de l'homme -qui a grandi en fillette turque et se découvre arménienne au gré de ses enquêtes, des événements et des confessions intimes de sa grand-mère. Dans le jeu de miroir entre les deux femmes se reconstitue, par bribes, la succession douloureuse des moments... et la famille elle-même. Témoignage ? Récit ? Roman ? L'éclatement de la narration est le reflet de cette chronologie impossible. Les scènes familiales s'enchaînent à mesure que surgissent les pans de vérité, dans l'exact désordre des errements de la pensée. Jusqu'aux retrouvailles finales chargées d'émotions.

Polémique
Illustré façon album de famille, façon pièces à conviction, façon vide poche, ce livre est également un bel objet. Enlevé, concis, rythmé, varié, multipliant les voix, il force l'émotion bien malgré lui. 11 a suscité de vives polémiques en Turquie, où il a cependant été réédité cinq fois... Sans doute parce qu'il souligne l'abîme qui sépare encore aujourd'hui la version officielle turque des événements de 1915, et le témoignage des trop rares survivants. Un grand morceau d'Histoire, un chef-d'œuvre de finesse, un moment fondateur.

Céline Acharian, article paru dans Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 120, Juin 2006

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Martin MELKONIAN
( n. 1950 )

L'auteur

Martin MELKONIAN --- Cliquer pour agrandir
Naissance en 1950 à Paris.

Martin Melkonian est l’auteur d’une suite autobiographique. Ce sont "Le Miniaturiste", "Désobéir", "Loin du Ritz", "Les Marches du Sacré-Cœur", "Monsieur Cristal", "Le Clairparlant", ouvrages parus au Seuil et au Bois d’Orion (1984-2000). Ses autres livres comme, par exemple, "Le Corps couché de Roland Barthes" (Armand Colin, 1993), "Clara Haskil, portrait" (Josette Lyon, 1995), "De la boulimie et de la privation" (Armand Colin, 1993) ou "Edward Hopper luttant contre la cécité" (éditions d’écarts, 2005) engagent un dialogue avec des figures de notre mythologie contemporaine.

Par son travail d’écriture, Martin Melkonian tente de rappeler l’être profond de chacun, cet être parfois assujetti, d’autres fois en sommeil, le plus souvent raréfié. Il recueille les peines tombées dans des trous de mémoire où la vie patine, voire s’exténue. Parmi ces trous de mémoire qui peuvent altérer la parole et la communication, le génocide arménien de 1915-1916 tient une place prépondérante. C’est à partir de cette précarité historique que l’écriture lui semble possible : que l’écriture rend possible l’être. Pour Martin Melkonian, être et écriture témoignent d’une présence au monde renouvelée.


Crédit photo : Roger Hartz
Martin MELKONIAN --- Cliquer pour agrandir Le Miniaturiste
Titre : Le Miniaturiste / auteur(s) : Martin MELKONIAN -
Editeur : Parenthèses
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Nouvelle Imprimerie Laballery à Clamecy
Description : 96 pages - 16 cm x 23 cm
Collection : Diasporales
Notes : Réédition
Autres auteurs :
Sujets :
ISBN : 286364162X
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 12,00 euros

Commentaire :


Le Miniaturiste, que rééditent aujourd'hui les Éditions Parenthèses, est le premier livre de Martin Melkonian, premier aussi d'une suite autobiographique, que publia le Seuil de 1984 à 1988. Cette nouvelle parution promet de mener au grand jour celui qui, d'un obscur deux-pièces du Xe arrondissement de Paris dans les années 1950 et 1960, passe progressivement à la lumière d'un passé finalement assumé et à une écriture qui relève de ce qu'il appelle lui-même une "érudition émotionnelle".. Voir. Parler. Mourir. Ainsi s'intitulent les trois parties du Miniaturiste.

Martin Melkonian, né en 1950, enfant unique, a eu tout loisir dans l'atelier de tailleur désaffecté de ses parents d'observer, de rêver, de toucher, de sentir, de découvrir la beauté des papiers, des tissus qui glissent et se transforment au cours d'une fabrication appliquée.

Multi-identité
C'est là aussi que l'enfant gravissait les marches de l'escalier, à l'aide de son père qui les numérotait en arménien, "langue douce dans sa bouche d'homme doux". À 4 ans, l'enfant était bavard. Mais peu après, sa langue natale lui sera interdite. Par son père justement, sans que lui en soit donnée la raison. "Là, j'ai perdu ma langue. Là j'en ai conquis une autre. Là : dans la chambre partagée où le corps de papa apprit simultanément à s'immobiliser". Car le passage au français, qui fut pour Melkonian une source de joie immense s'accompagna d'une lente tragédie qu'il vécut jusqu'à son ultime moment : la paralysie progressive de son père. C'est la mort de son père, à qui est dédié ce livre, mais c'est aussi la presque mort de Martin Melkonian. Sa renaissance sera porteuse de son écriture. "J'éprouvais le besoin de porter un témoignage- sur ce que je venais de vivre... " Son projet d'écriture est devenu un projet de vie. L'écriture aura triomphé de la mort et c'est bien d'une victoire qu'il s'agit.
Martin Melkonian ne cultive pas son origine mais n'y renonce pas non plus. Mémoire et écriture avancent ensemble. Il fait face à son passé et à l'Histoire. Son origine n'est pas son être, elle en fait partie, indéniablement. Une multi-identité est porteuse de richesses et d'interpénétrations insoupçonnées. Elle est une force et une source inestimable de création.

Jacqueline Starer, article paru dans Nouvelles d’Arménie Magazine, numéro 119, Mai 2006

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Peter BALAKIAN
( n. 1951 )

L'auteur

Peter BALAKIAN --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 13 juin 1951 à Teaneck, New Jersey (Etats-Unis d'Amérique).

Né dans une banlieue aisée du New Jersey, le poète Peter Balakian a connu une prime jeunesse typiquement américaine, entre rock ’n’ roll et équipe de base-ball des New York Yankees.
Sa grand-mère, qui eut un rôle majeur dans sa formation, lui disait souvent des contes. Et entre Ma Mère l’Oye et les Contes de Grimm, se glissaient souvent d’étranges souvenirs de sa jeunesse arménienne – tout embrumés de métaphores et de symbolisme.
Le passé de sa famille resta mystérieux jusqu’à ce que des années après Balakian réunisse les pièces du puzzle. Le terrible événement dont sa grand-mère avait été victime, c’était l’extermination en 1915 de plus d’un million d’Arméniens par le gouvernement turc ottoman – le premier génocide du XXe siècle

Doctorat à la Brown University en 1980. A l‘Université Colgate, Peter Balakian est professeur de littérature américaine depuis 1980, d’écriture romanesque et donne un enseignement sur le Génocide arménien et l’Holocauste. Il est Directeur du centre pour l’études des éthiques et des sociétés mondiales nouvellement créé.

Il est également auteur de cinq volumes de poésie. Son premier livre, "Black Dog of fate" (Le Chien noir du destin, non traduit en française), lui a valu le prix PEN/Martha Albrand Prize for the Art of the Memoir en 1998. Le Philadelphia Inquirer a considéré l’ouvrage comme "un chapitre essentiel des récits de témoignage", tandis que Le New York Times et le Los Angeles Times, entre autres publications, l’ont nommé comme "Meilleur livre".

Peter BALAKIAN --- Cliquer pour agrandir Le Tigre en flammes
Titre : Le Tigre en flammes / auteur(s) : Peter BALAKIAN - Le Génocide arménien et la réponse de l'Amérique et de l'Occident ; trad. de l'anglais (États-Unis) par Jean-Pascal Bernard
Editeur : Phébus
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant : 61-Lonrai : Normandie roto impr.
Description : 507 p.-[16] p. de pl. : ill., couv. ill. ; 21 cm ; 1 carte
Collection : De facto, ISSN 1633-8871
Notes : The burning tigris : the Armenian genocide and America's response ; Bibliogr. p. 481-492. Filmogr. p. 492. Notes bibliogr. Glossaire. Index
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien -- Question arménienne -- Opinion publique -- Etats-Unis
ISBN : 2752900651
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 22,50 euros

Commentaire :

Si l'on évoque souvent l'horreur du génocide arménien, la plupart d'entre nous ignorent la réalité de ce qui s'est vraiment passé en Turquie dans la dernière décennie du XIXe siècle, puis en 1915-1916 — ce dernier épisode, le plus sanglant (un million de victimes au moins), ayant été largement camouflé par l'actualité de la Grande Guerre. Peter Balakian, puisant à des sources peu connues, établit dans ces pages, preuves irréfutables à l'appui, un compte rendu aussi exhaustif que possible des atrocités commises ou "couvertes" à l'époque par les autorités turques.

Si son travail éclaire ces tragiques événements d'un jour neuf, la partie la plus passionnante de sa recherche concerne non tant le black-out entretenu sur l'affaire pendant près d'un siècle par le pouvoir turc que la surprenante réponse de l'Occident à la réalité des crimes commis - et au silence des bourreaux.

Car on a oublié à la fois l'ampleur de la mobilisation de l'Occident en faveur de la cause arménienne dans les années 1890-1920 (145 articles sur le sujet dans le New York Times pour la seule année 1915 ! ) ... et la trahison de l'Amérique et de ses alliés qui dès les années 20 et 30 allaient enterrer toute l'affaire (il ne fallait pas faire de peine aux Turcs, devenus entre-temps de précieux alliés sur le front pétrolier du Moyen-Orient : contrôlant la haute vallée du Tigre, ils détenaient l'une des clés d'accès aux précieuses réserves de l'Irak ! ).

On l'aura compris, Le Tigre en flammes ne nous parle pas que d'un passé un peu vite décrété hors d'actualité - il nous tend également un miroir, aussi fascinant qu'inquiétant, où nous serons peut-être surpris de nous reconnaître ...

« Un témoignage accablant pour ceux qui douteraient encore de l'importance du génocide arménien. » THE NEW YORK TIMES

« Un ouvrage capital » THE MONTREAL GAZETTE

PETER BALAKIAN
Il fait partie de cette nouvelle génération d'historiens américains qui refusent de soumettre leurs recherches à la dictature du "politiquement correct".

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Esther HEBOYAN
( n. 1955 )

L'auteur

 
Esther Heboyan est née en 1955 à Istanbul dans une famille arménienne. Avec sa mère et sa sœur cadette, en 1963 , elle quitte définitivement la Turquie pour rejoindre le père émigré en Allemagne, avant de rejoindre la France où naîtra un frère. C'est dans une école communale d'Asnières-sur-Seine qu'elle commence l'apprentissage du français. Suivent des années d'adaptation et d'ancrage identitaires que des études d'anglais et la fascination pour l'Amérique remettront finalement en question. L'exil américain au début des années quatre-vingts est décisif, restructurant sa perception de l'existence et confirmant l'impérieuse nécessité d'écrire.

Après des études de journalisme à l'université d'Iowa City et un doctorat en études anglophones à l'Université Sorbonne nouvelle (Paris III, 1994), Esther Heboyan se consacre à l'enseignement et à la recherche en littérature américaine. Elle a publié des traductions, notamment depuis le turc, et des nouvelles en français et en anglais. Actuellement (2006), elle est Maître de Conférences à l’Université d'Artois et membre du laboratoire Centre de Recherches Espace/Ecriture à l’Université de Nanterre.

Elle est auteur de plusieurs articles et ouvrages dont :
"Anglais au baccalauréat", série générale (Vuibert),
"Exil à la frontière des langues" (Artois Presses Université)
et une traduction du turc "Au pays des poissons captifs : Une enfance turque" de Nedim Gürsel (Bleu autour).

Esther HEBOYAN --- Cliquer pour agrandir Les passagers d'Istanbul
Titre : Les passagers d'Istanbul / auteur(s) : Esther HEBOYAN -
Editeur : Parenthèses
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Nouvelle imprimerie Laballery à Clamecy
Description : 108 pages, 230 x 165 mm, couverture en couleurs
Collection : Diasporales
Notes :
Autres auteurs :
Sujets :
ISBN : 2863641638
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 16,00 euros

Commentaire :

9 nouvelles de la vie courante d'Istanbul


Un recueil de neuf nouvelles pour croquer des personnages aux destins croisés, intemporels, même s'ils sont bien ancrés dans les années 50-60 pour les uns, contemporains pour les autres. Clans familiaux, chaleureuses tablées, joyeuses ou belliqueuses autour du marc de café. Tous les ingrédients sont là pour reconstituer la famille arménienne avec le rôle de ces femmes qui mariées à 15 ans. même illettrées, portent la responsabilités de pallier les déficiences économiques du foyer. Première nouvelle : Le poulailler du Bon Dieu aménagé par la grand-mère au dernier étage de [immeuble en Turquie, donne le ton. Savoureux souvenirs d'enfance, un peu loufoques, toujours très tendres. Et puis l'exil qui trouble l’identité. Chaque lecteur reconnaît l’un des siens, qui un vartabed, qui une diguine Hripsimé, qui un oncle Garbis un peu "fou". Truculence de la vie simple, tempérée par des attitudes sacrificielles, contée dans une langue truffée de savoureuses résonances arméno-turques. Et l'auteur emmène le lecteur plus loin vers "l'intégration" dans la culture d'accueil pour tous ces passagers, qu'ils soient d'Istanbul, de Lisbonne, de Dubrovnik. Nourri de "vitamines de communicabilité". le recueil est à savourer.
Natacha Stépanian, France-Arménie, Juin 2006
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Jean KEHAYAN

L'auteur

 
Jean Kéhayan, journaliste et écrivain, a vécu à Moscou dans les années 1970 et en a rapporté, entre autres, Rue du Prolétaire rouge, écrit avec sa femme Nina. Il vit aujourd’hui à Marseille.
Jean KEHAYAN --- Cliquer pour agrandir Mes Papiers d'Anatolie
Titre : Mes Papiers d'Anatolie / auteur(s) : Jean KEHAYAN -
Editeur : Editions de l'Aube
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 13-Gémenos : Impr. Groupe Horizon
Description : 96 pages, 11 x 17 cm, couverture en couleurs
Collection : L'Aube poche document
Notes : Préface de Hrant Dink "Un Arménien fou à Marseille"
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien (1915-1916)
ISBN : 2752602367
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 6,90 euros

Commentaire :

Jean Kéhayan est venu me voir au journal pour préparer l'itinéraire de son reportage en Anatolie. Face à la carte, je voyais ses yeux s'allumer devant des noms comme Harput, Mouch, Adana, Van, Erzerum, Bitlis, Ani, Trabzon, les villages où gîtaient de vieilles églises oubliées. Des lieux de massacre et de détresse qui remuaient ses tréfonds. Il me dit : "J'ai l'impression d'être dans la peau d'un juif qui découvre la Pologne, l'Allemagne et les camps de concentration." Je l'ai mis entre les mains de collaborateurs de mon journal pour qu'ils l'aident au mieux dans ce travail, inédit dans la presse française. J'ai été frappé par l'ouverture et la liberté de regard de Jean sur la Turquie. Enfin j'entendais quelqu'un me dire : "Je rêve de voir la jeunesse turque et arménienne se mettre autour d'une même table pour tracer des voies de réconciliation pour bâtir ensemble l'avenir." »

Hrant Dink,
directeur de la rédaction de Agos (Istanbul).

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Jean-Marie CARZOU
( n. 1938 )

L'auteur

 
Jean-Marie Carzou, ancien élève de l'École Normale Supérieure, est un professionnel de l'information. Ancien conseiller pour les programmes de l'ORTF, producteur et réalisateur d'émissions pour la télévision.

Fils du Peintre Jean Carzou - Karnig Zouloumian -, né à Alep (Syrie) le 1er janvier 1907 et décédé à Périgeux (France) le 12 août 2000.

Jean-Marie CARZOU --- Cliquer pour agrandir Un Génocide exemplaire, Arménie 1915
Titre : Un Génocide exemplaire, Arménie 1915 / auteur(s) : Jean-Marie CARZOU -
Editeur : Calmann-Lévy
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 27-Mesnil-sur-l'Estrée : Impr. Firmin-Didot
Description : 1 vol. (333 p.-[8] p. de pl.) : ill., couv. ill. ; 23 cm
Collection :
Notes : En appendice, choix de documents. - Précédemment paru chez Flammarion, Paris, 1975. -
Autres auteurs :
Sujets : Question arménienne -- Génocide arménien (1915-1916)
ISBN : 2702137180
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 18,00 euros

Commentaire :

L'Arménie ? Au pied du Caucase, un peuple millénaire qui arrive à la guerre de 1914 sous la double oppression de la Russie tsariste et de l'Empire ottoman. Au début du XXe siècle, il n'est pas bon de constituer une minorité et de vouloir survivre. Profitant de la guerre mondiale, le gouvernement turc va organiser la déportation et le massacre de toutes les populations arméniennes de son territoire. Au bout d'un voyage hallucinant, c'est la mort qui attend tous ces convois de femmes, d'enfants, d'hommes, de vieillards. En 1917, le gros du travail est achevé ; en 1923, il n'y a plus d'Arménie sur le territoire turc.
Cette histoire incroyable est exemplaire et actuelle. Hitler s'y réfère en 1939, quand il ordonne d'envahir la Pologne : « Notre force doit résider dans notre rapidité et notre brutalité. J'ai donné l'ordre à des unités spéciales de SS de se rendre sur le front polonais et de tuer sans pitié hommes, femmes et enfants. Qui parle encore aujourd'hui de l'extermination des Arméniens ? »
Génocide exemplaire, on y retrouve tout ce que nous avons depuis partout découvert : application systématique à toute une population des procédés de destruction (assassinat, déportation, privation de nourriture…) enfants, vieillards, femmes, sans distinction ; organisation et encouragements officiels, participation des autorités, abandon des victimes à tous les pillards, refus des interventions extérieures, même charitables. Et puis, au moment où l'on tue ainsi un million et demi d'êtres humains, tout est nié. Et c'est cela un génocide réussi, oublié, mais dont ce livre fait revivre toutes les péripéties et donne toutes les preuves.
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Raymond Haroutiun KEVORKIAN
( n. 1953 )

L'auteur

Raymond Haroutiun KEVORKIAN --- Cliquer pour agrandir
Raymond Kévorkian est historien. Il enseigne à l’Institut français de géopolitique (université Paris-VIII-Saint-Denis) et est l'actuel conservateur de la Bibliothèque Nubar à Paris

Il est également auteur d'une dizaine d'ouvrages consacrés à l'histoire moderne et contemporaine de l'Arménie et des Arméniens. Il est directeur-rédacteur en chef de la Revue Arménienne des questions contemporaines.
Téléphone direct Bibliothèque Nubar : 01 45 24 72 77

Raymond Haroutiun KEVORKIAN --- Cliquer pour agrandir Le Génocide des Arméniens
Titre : Le Génocide des Arméniens / auteur(s) : Raymond Haroutiun KEVORKIAN - Préface de Gérard Chaliand
Editeur : Odile Jacob
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 77-Courtry : Impr. Sagim-Canale
Description : 15,5 x 24 cm, 1008 pages, 14 cartes
Collection : Histoire
Notes : Notes bibliogr. Index, Index général pp 999-1002
Autres auteurs : Gérard CHALIAND [préfacier] -
Sujets : Génocide -- Arméniens
ISBN : 2738118305
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 39,00 euros

Commentaire :

Entre 1915 et 1916, ce sont près de 1 500 000 Arméniens ottomans qui perdent la vie. Parmi les innombrables violences perpétrées au cours de la Première Guerre mondiale, leur extermination constitue l’épisode le plus sanglant touchant des populations civiles.

Voici, pour la première fois, non seulement l’histoire, mais aussi la « géographie » exhaustive du génocide, région par région. Cette étude rigoureuse et complète permet de comprendre la genèse de ces crimes de masse, aboutissement d’un long processus au cours duquel l’élimination physique d’une partie de sa propre population a été conçue comme la condition nécessaire à la construction de l’État-nation turc.

Au-delà de la mémoire, ce livre-monument invite à une réflexion sur les fondements idéologiques et culturels d’une société qui rejette son passé et ne parvient pas à assumer son histoire.

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Antonia ARSLAN

L'auteur

Antonia ARSLAN --- Cliquer pour agrandir
Diplômée en archéologie, Antonia Arslan a enseigné la littérature italienne à l’université de Padoue durant de nombreuses années. Elle a publié plusieurs essais sur les récits populaires arméniens, et a redécouvert ses racines grâce à l’œuvre du poète Daniel Varoujan. Elle a participé à un ouvrage collectif sur le génocide arménien. Il était une fois en Arménie est ainsi l’aboutissement de son retour à la mémoire de sa famille et de son peuple. Il sera prochainement adapté au cinéma.
Antonia ARSLAN --- Cliquer pour agrandir Il était une fois en Arménie
Titre : Il était une fois en Arménie / auteur(s) : Antonia ARSLAN -
Editeur : Robert Laffont
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 27-Mesnil-sur-l'Estrée : Impr. Firmin Didot
Description : 1 vol. (245 p.) : couv. ill. ; 22 cm
Collection :
Notes : Traduit de l’italien par Nathalie Bauer ("La masseria delle allodole")
Autres auteurs :
Sujets : Arméniens -- Moeurs et coutumes -- Empire ottoman -- 1900-1945 -- Récits personnels
ISBN : 2221104005
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 19,00 euros

Commentaire :

Turquie, avril 1915. Les Arméniens sont enfin reconnus comme des citoyens à part entière. Sempad (grand-oncle de l’auteur) et sa famille, confiants, se remettent à croire en l’existence future d’une nation pour leur peuple. Mais tandis que l’Europe est accaparée par la guerre, les autorités turques organisent les premiers massacres d’Arméniens. Sempad est assassiné chez lui… Commence alors la macabre odyssée de la déportation vers le désert syrien, durant laquelle Chouchanig, la femme de Sempad, avec une volonté désespérée, lutte pour préserver ses enfants de la faim, de la soif et de la honte.

Aussi émouvant qu’un témoignage, aussi juste qu’un récit historique, servi par une écriture lyrique et poétique, le livre d’Antonia Arslan se lit comme un roman. L’auteur a enquêté sur le génocide, recueilli des témoignages de survivants et de ses oncles et tantes – quatre des enfants de Sempad – avant d’écrire ce livre. De ce travail de mémoire, Il était une fois en Arménie tient sa vérité et son émotion. Pourtant jamais la souffrance ne donne lieu à un plaidoyer. Arslan évoque avec pudeur le tragique, et met en scène des personnages haut en couleur, les conflits et les amours familiaux, les traditions arméniennes, les changements politiques…

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Gérard CHALIAND

L'auteur

Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir
Spécialiste des questions politiques et stratégiques du tiers-monde, Gérard Chaliand a passé plus de vingt ans dans quelque 75 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique, d'où il a tiré une série d'analyses, de reportages, d'enquêtes et d'essais. Homme de terrain avant tout, il a été à la rencontre de plusieurs mouvements de libération nationale - algérien, vietnamien, palestinien ou afghan -, pour appréhender leur lutte de l'intérieur. Il est notamment l'auteur, en collaboration avec Jean Lacouture, d'un tout récent Voyage dans le demi-siècle (Complexe, 2001).
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir 1915, Le Génocide des Arméniens
Titre : 1915, Le Génocide des Arméniens / auteur(s) : Gérard CHALIAND
Editeur : Complexe
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Imp. Tourna Graphic en Belgique (UE)
Description : 222 pages, 12 cm x 18 cm, couverture illustrée couleur, 13 photographies n.b., Cartes
Collection :
Notes : Nouvelle édition augmentée, Notes, Chronologie des événements, Bibliographie selective, Index
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien (1915-1916) -- Arménie -- Histoire
ISBN : 2804801020
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 8,90 euros

Commentaire :

Cet ouvrage éclaire et met en perspective la déportation et les massacres en masse des populations arméniennes d’Anatolie exécutées durant la Première Guerre mondiale par le gouvernement Jeune turc. Le cheminement qui a ramené l’attention sur ce génocide et sa reconnaissance par diverses instances internationales est également décrit et analysé.
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Jean-Pierre MAHE
( n. 1944 )

L'auteur

Jean-Pierre MAHE --- Cliquer pour agrandir
MAHÉ Jean-Pierre, Henri, Marie, né à Paris, le 21 mars 1944)

Chevalier de la Légion d'Honneur, Officier de l’Ordre des Palmes académiques.

Élu, le 30 mars 2001, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, au fauteuil de Robert MANTRAN

Spécialisation : ORIENTALISTE [caucasologie, arménologie, histoire des religions (mythologie caucasienne, hermétisme, gnose et littérature apocryphe), patristique (Tertullien) et histoire du christianisme oriental, histoire et civilisations de l’Arménie et de la Géorgie, philologie et littérature arméniennes et géorgienne, historiographie arménienne, études coptes (manuscrits de Nag Hammadi), linguistique, archéologie (Armawir, Ani)].

Cérémonie de remise de l'épée d'académicien à Jean-Pierre Mahé (photos Ph Pilibossian)


Jean-Pierre Mahé
Remise de l'épée par Marc Philonenko, le président du Comité d'honneur, de l'Académie des Inscriptions et Belles lettres


Jean-Pierre Mahé
avec l'ambassadeur d'Arménie; M. Nalbadian et M. et Mme Jacques Panossian

Jean-Pierre MAHE --- Cliquer pour agrandir L'Arménie à l'épreuve des siècles
Titre : L'Arménie à l'épreuve des siècles / auteur(s) : Jean-Pierre MAHE - Annie et Jean-Pierre Mahé
Editeur : Gallimard
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant : 25-Baume-les-Dames : Impr. IME
Description : 160 pages, 12x 18 cm
Collection : Découvertes Gallimard numéro 464
Notes : En appendice, choix de témoignages et documents. - Bibliogr. p. 150. Index
Autres auteurs :
Sujets : Arménie -- Histoire
ISBN : 207031409X
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 13,90 euros

Commentaire :

Entre mer Noire et mer Caspienne, Caucase et Mésopotamie, le haut plateau arménien, dominé par le mont Ararat où se serait échouée l'arche de Noé, vit encore l'une des plus importantes civilisations du Moyen-Orient. À la fin du VIe siècle avant J.-C., les Arméniens y fondent un puissant royaume qui devient, en 301, le premier État officiellement chrétien. Située au carrefour des grands Empires perse, romain, byzantin, puis arabe, mongol, ottoman et russe, cette terre a toujours été âprement disputée. Les brèves périodes d'indépendance de l'Arménie, entrecoupées de siècles de sujétion et d'occupation, lui ont toutefois permis de forger les armes d'une forte identité culturelle : une foi inébranlable, une écriture et une littérature exaltant la conscience nationale. Victime en 1915 du premier génocide du XXe siècle, le peuple arménien a su préserver, tant dans la mère-patrie qu'en diaspora, cette culture millénaire dont Annie et Jean-Pierre Mahé retracent avec une brillante érudition les grands jalons.


Points forts du livre :
- 3000 ans d'histoire de l'Arménie dans un ouvrage de synthèse, 150 illustrations
- une mise à distance grâce à un regard d'historien
- des témoignages sur le génocide, et un dossier sur la diaspora arménienne en France dans "Témoignages et Documents"

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Bardig KOUYOUMDJIAN
( n. 1963 )

L'auteur

Bardig KOUYOUMDJIAN --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 29 décembre 1963 à Bourdj Hammoud (Liban).

Bardig Kouyoumdjian est photographe, basé à Paris. Il est diplômé de The New York Institute of Photography.
Depuis 1985, il travaille pour des sociétés, des magazines et la télévision française. Petit-fils d'un rescapé du génocide arménien de 1915, il fait partie de cette génération qui aujourd'hui veut savoir, comprendre et surtout retrouver des traces.

Bardig KOUYOUMDJIAN --- Cliquer pour agrandir Deir-es-Zor : Retour dans le désert syrien sur les traces du génocide arménien de 1915
Titre : Deir-es-Zor : Retour dans le désert syrien sur les traces du génocide arménien de 1915 / auteur(s) : Bardig KOUYOUMDJIAN - Avec Christine Simeone, journaliste à France Inter ; préface d'Yves Ternon
Editeur : Actes Sud
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant :
Description : 15 x 20,5 cm, 128 pages
Collection : Archives privées
Notes : Coédition France-Inter
Autres auteurs : Yves TERNON [préfacier] -
Sujets :
ISBN : 2742755225
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 22,00 euros

Commentaire :

Quatre-vingt-dix ans après le génocide, des rescapés, leurs enfants et petits-enfants aujourd'hui bédouins témoignent auprès d'un photographe et cherchent à savoir d'où ils viennent.
Ce livre est le premier ouvrage photographique consacré aux Arméniens du désert syrien ainsi qu'aux lieux du génocide. Quatre-vingt-dix ans après, des rescapés, leurs enfants et petits-enfants aujourd'hui bédouins dans le désert syrien témoignent et cherchent à savoir d'où ils viennent. Aujourd'hui encore des ossements, à même le sol, au milieu des cultures, témoignent de la réalité de ce génocide.

Photographe, Bardig Kouyoumdjian est retourné dans le désert syrien, là où ont échoué des centaines de milliers d'Arméniens ottomans qui avaient eu la chance de ne pas mourir de faim ou de maladie au cours de leur déportation, ou qui n'avaient pas encore été massacrés. Ce désert fut le bout de la route, le seuil du monde des morts, comme celui des survivants. Bardig a retrouvé les lieux de déportation comme Alep, Meskéné, Rakka ou Deir-es-Zor. Il a retrouvé aussi les lieux des massacres comme Chaddadé, Markadé, Ras-el-Aïn ou Souar. Ces terres portent, quatre-vingt-dix ans plus tard, les restes des morts et la descendance des survivants. Dans ce désert, Bardig a rencontré les enfants et petits-enfants des orphelins rescapés du génocide, recueillis par les bédouins, de gré mais aussi de force. Perdus dans l'immensité de l'Histoire, ils sont porteurs d'une mémoire enfouie dans leur inconscient: les souffrances de leur famille, la marque de la barbarie défi lant sous leurs yeux, la poussière de cet enfer de feu et de sable s'échappant des touffes d'herbes et des amas de roche, la cuisante douleur du soleil sur les corps, l'humiliation et le viol des êtres chers. C'est le contenu de ce bagage que Bardig Kouyoumdjian a essayé d'enfermer dans son boîtier.

Talaat n'avait pas prévu que tout ceci se transmettrait de génération en génération, se transporterait dans les chairs des vivants de demain et que, comme Bardig Kouyoumdjian, ceux-là n'auraient d'autre choix, dans le monde qui serait le leur, dans une langue étrangère, sur un sol inconnu, que de réclamer la vérité à ses successeurs pour se construire en tant qu'individu. Aujourd'hui est faite au pouvoir turc une demande qui ne s'éteindra que lorsque la vérité sera contenue dans la bouche de tous, victimes comme bourreaux.

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Victor BERARD
( 1864 - 1931 )

L'auteur

Victor BERARD --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 10 août 1864 à Morez (Jura), décès le 13 novembre 1931 à Paris.

Agrégé d'histoire et docteur ès lettres. Helléniste et homme politique français, il est surtout connu pour la traduction du grec ancien qu'il fit de l'Odyssée et les recherches qu'il entreprit pour retrouver les sites géographiques décrits par HOMERE... Sur les traces d'Ulysse ! Une géographie controversée des poèmes homériques développée par Victor BERARD : l’île des Phéaciens : c’est Corfou ; il y cherche donc la plage de Nausicaa. A Gibraltar, il trouve la grotte aux quatre sources de la nymphe Calypso...

1884-87 élève à l'école normale supérieure
1887-90 Membre de l'école française d'Athènes
1891-1901 Examinateur d'entrée à l'École navale
1894 Docteur ès-lettres, thèse "De l'origine des cultes arcadiens"
1896-1914 Professeur de Géographie à l'École supérieure de Marine
1896-1908 Maître de Conférences à l'École des Hautes Études
1908-31 Directeur d'études à l'École des Hautes Études pour la géographie ancienne
1904-11 Secrétaire général chargé des articles sur la politique étrangère de la "Revue de Paris"
1920-31 Sénateur du Jura
1921-29 Président de la Commission de l'enseignement au Sénat
1921-29 Président de la Commission des Affaires étrangères au Sénat

Oeuvres :
Poèmes odysséens (12 vol.)
Les Phéniciens et l'Odyssée (1902), 2 vol.
Les navigations d'Ulysse (1929), 4 vol.
Album odysséen
La résurrection d'Homère, 2 vol.
Traductions des Chants d'Odyssée d'Homère
Le sillage d'Ulysse

Père de Armand Max Jean Berard (1904-1989), diplomate, ayant tenu le poste d'ambassadeur de France auprès des Nations Unies.

Iconographie aimablement communiquée par Alicia Ballestero, Documentaliste au Lycée Victor Bérard, à Morez (Jura).

Victor BERARD --- Cliquer pour agrandir La Politique du Sultan. Les massacres des Arméniens : 1894-1896
Titre : La Politique du Sultan. Les massacres des Arméniens : 1894-1896 / auteur(s) : Victor BERARD - préface de Martin Melkonian
Editeur : Le Félin
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant : 21-Quétigny : Impr. Darantière
Description : 1 vol. (152 p.) : couv. ill. en coul. ; 23 cm, couverture en couleur , illustration tableau de Hagop Hagopian
Collection : Les marches du temps
Notes : La couv. porte en plus : "les massacres des Arméniens, 1894-1896"
Autres auteurs : Martin MELKONIAN [préfacier] -
Sujets : Empire ottoman, masacre des Arméniens, génocide, Abdul-Hamid II, Asie Mineure, Constantinople
ISBN : 2866455916
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 17,95 euros

Commentaire :

La Politique du Sultan de Victor Bérard (1864-1931) montre de quelle façon les abominations d’un jour enseignent les abominations de jours qui s’avéreront bien plus funestes. Pour parler cru, les massacres organisés par le sultan Abdul-Hamid II à la fin du XIXe siècle (avec reprises, au son du clairon, au tout début du XXe siècle !) ont chauffé le génocide de 1915-1916 perpétré par les Jeunes-Turcs sur des sujets ottomans : les Arméniens.
L’écriture de La Politique du Sultan est dépouillée ; les analyses qui y sont consignées ne manquent jamais d’être aiguës. Bérard fait partie de ceux qui, comme Anatole France ("l’Arménie est unie à nous par des liens de famille, elle prolonge en Orient le génie latin"), comme Péguy, comme Jaurès, comme Durkheim, ont pour mission, dans les moments critiques de l’Histoire, d’éclairer leurs semblables.
Bérard est aussi un collecteur de témoignages. C’est dire qu’il effectue, en même temps, un reportage sur les pratiques exterminatrices d’un Ubu turc.
Abdul-Hamid II ?
Une figure emblématique, quoique scélérate.
Une figure inoubliable.

Martin Melkonian

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Jacques RHETORE
( 1841 - 1921 )

L'auteur

Jacques RHETORE --- Cliquer pour agrandir
Naissance en 1841 à la Charité-sur-Loire, décès en 1921

Jacques Rhétoré entre chez les Dominicains à l'âge de dix-huit ans. Après avoir été maître des novices, puis prieur, il rejoint la mission de Mossoul [Irak actuel] en 1874. En 1881, il fonde la mission de Van en Arménie, très éprouvée par la suite par les massacres des Arméniens en 1895. En 1920, il retourne à Mossoul où il meurt l'année suivante. Personnalité hors du commun, très doué pour les langues - il enseignera les langues orientales à l'École biblique de Jérusalem de 1893 à 1897, le père Rhétoré devint un grand spécialiste de l'araméen et du soureth [dialecte néo-araméen oriental) dont il établira la grammaire. Il écrira de nombreux ouvrages dans cette langue [textes religieux ou profanes, chants populaires, cantiques, poèmes].

Jacques RHETORE --- Cliquer pour agrandir Les Chrétiens aux bêtes
Titre : Les Chrétiens aux bêtes / auteur(s) : Jacques RHETORE - Souvenirs de la guerre sainte proclamée par les Turcs contre les chrétiens en 1915 ; Préface par Jean-Pierre Péroncel-Hugoz; Étude et présentation du document par Joseph Alichoran
Editeur : Editions du Cerf
Année : 2005
Imprimeur/Fabricant : 14-Condé-sur-Noireau : Impr. Corlet
Description : 397 p.-[16] p. de pl. : couv. ill. ; 22 cm
Collection : Histoire à vif ; ISSN 0769-2633
Notes : En appendice, choix de documents. - Bibliogr. p. 366-389. Glossaire
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien -- Chrétiens -- Persécutions -- Empire ottoman -- 1900-1945
ISBN : 2204072435
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 29,00 euros

Commentaire :

La ville de Mardin est située au Sud-Est de la Turquie actuelle à la jonction du plateau du Kurdistan et de la plaine de la Mésopotamie. C'est là que le Père Jacques Rhétoré, ainsi que deux autres Dominicains, les Pères Simon et Béré, membres de la mission dominicaine de Mossoul, se trouvent emmenés par les Turcs en 1915. Et c'est là qu'ils assistent à la persécution et aux massacres des chrétiens, non seulement arméniens, mais aussi - certes dans une moindre mesure - syriens catholiques et jacobites, chaldéens et nestoriens, anglicans et protestants.
La province de Diarbékir fut le théâtre de nombreux massacres, mais aussi le lieu de passage de nombreux déportés arméniens vers Ras-el-Aïn et la province de Derzzor où ils allaient être mis à mort ou succomber de maladie, de misère ou d'épuisement.

Ecrit dans un excellent français, comme un reportage précis, mais également comme une sorte de "martyrologue", le manuscrit du Père Rhétoré, parfaitement lisible, mais très fragile, est conservé aux archives de la Province Dominicaine de France. Inédit en français (il a été publié en italien en 2000), ce document exceptionnel est publié au moment où de tragiques événements frappent la Mésopotamie, où l'actualité place à la une des journaux les noms de Mossoul, du Kurdistan, de la Turquie, où les relations entre l'Islam et le Christianisme demeurent difficiles et où la disparition progressive des chrétiens d'Orient continue et peut être considérée comme une tragédie aux très graves conséquences.

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Max SIVASLIAN
( n. 1954 )

L'auteur

 
Né en 1954 à Marseille dans une famille arménienne, Max Sivaslian part faire le tour du monde dès l'âge de vingt ans. Pendant près de quinze ans, il va parcourir la planète pour photographier et rapporter des milliers de clichés, d'Inde, où il séjourne, mais aussi d'Australie, d'Asie du Sud-Est ou des Amériques. En 1992, il se rend Karabagh, alors plongé en pleine guerre et, pendant deux ans, il photographie sans relâche les combats en première ligne et la vie des civils soumis aux bombardements. Correspondant pendant tout le conflit de l'agence Sygma, il tirera un livre de cette éprouvante expérience, Le Jardin noir, publié chez Cape. Il est installé depuis 1995 à Erevan, comme correspondant de presse, et poursuit son travail photographique.

Site web de l'auteur : www.armenews.com/Sivaslian

Max SIVASLIAN --- Cliquer pour agrandir Ils sont assis
Titre : Ils sont assis / auteur(s) : Max SIVASLIAN -
Editeur : Parenthèses
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Imp. Escourbiac, Graulhet
Description : 112 pages - 16 cm x 24 cm, 87 photographies en bichromie
Collection : Diasporales
Notes :
Autres auteurs : Martin MELKONIAN [postfacier] -
Sujets : Génocide arménien
ISBN : 2863641646
Bibliothèque :  
Prix : 24,00 euros

Commentaire :

"Etre assis", c'est ainsi qu'on désignait, littéralement, le fait d'être interné dans un camp en Union soviétique. L'expression est restée dans le langage populaire dans toutes les républiques après le démantèlement de l'empire. Le regard de Max Sivaslian, qui a photographié dans cinq prisons et centres de détention en Arménie, dont les prisons pour femmes et pour mineurs, explore avec pudeur l'intimité de l'enfermement. Au-delà des évolutions historiques, l'univers soviétique persiste et marque l'intemporalité des conditions carcérales. Ces visages devenus anonymes, qui sont finalement de nulle part, si ce n'est du lieu universel de la privation de liberté, nous renvoient à nos propres angoisses face à la misère de l'autre. Le texte de Martin Melkonian, qui vient en contrepoint, incite à voir ce que précisément nous ne voulions pas voir. Partout, quel que soit le lieu où s'exerce cet empêchement, avec une révélation de la vision qui a lieu grâce à l'énergie d'un photographe. "Le regard de Sivaslian ne compose jamais avec l'effraction. D'ailleurs, quoi prendre à qui n'a plus rien."
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Yves TERNON
( n. 1932 )

L'auteur

Yves TERNON --- Cliquer pour agrandir
Le Docteur Yves Ternon, né en 1932 à Saint-Mandé, ancien interne des Hôpitaux de Paris, est chirurgien. Après plusieurs publications médicales, il s'est consacré à la recherche historique devenant un spécialiste internationalement reconnu en ce qui concerne la genèse des crimes contre l'humanité.
Yves TERNON --- Cliquer pour agrandir Eclats de voix
Titre : Eclats de voix / auteur(s) : Yves TERNON - recueil de textes, 1974-2005 ; Préface de Weïr Waintrater
Editeur : Le Félin
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : Darentiere à Dijon-Quetigny (21)
Description : 176 pages, couverture illustrée représentant la "une" du quotidien français en langue arménienne "Haratch"
Collection : Le Félin Poche
Notes : Recueil de textes 1974-2005, parus dans le quotidien français en langue arménienne "Haratch"
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien (1915-1916)
ISBN : 2866456351
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 9,90 euros

Commentaire :

Ce livre retrace un itinéraire de trente années de collaboration épisodique au quotidien arménien Haratch. Ce sont là vingt articles d'un historien qui, par moments, a besoin de s'exprimer hors de l'enceinte d'une université bridée par des règles de courtoisie et de hausser le ton pour jeter quelques éclats de voix afin d'apaiser son indignation devant le mensonge et la mauvaise foi. Ce sont aussi des hommages rendus en maintes occasions. Ce sont enfin des jalons qui marquent l'évolution du double processus de connaissance et de reconnaissance du génocide arménien, des années de turbulences d’une mémoire arménienne blessée par le négationnisme aussi obsessionnel qu'absurde de la Turquie.
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Alexis GURDIKYAN
( n. 1974 )

L'auteur

Alexis GURDIKYAN --- Cliquer pour agrandir
Naissance le 6 août 1974 à Maisons-Alfort (Val-de-Marne, France)

1995 : Premier grand voyage en solitaire, 14 000 km en Afrique du Nord, Proche Orient et Europe australe
1996 : Découverte de l'alpinisme et premières ascensions au Népal et en Inde
1997 : Poursuite d'ascensions alpines en Amérique Latine
1999 à 2001 : Perfectionnement technique dans les Alpes
2002 à 2004 : Tour du monde par les montagnes, 40 sommets et 40 pays
2005 : Expédition solitaire en Patagonie
2006 : Sortie du livre "40 montagnes pour un tour du monde en solitaire", éditions Bartillat
2006 : Traversée des Andes septentrionales
2007 : Traversée nord-sud de l'Afrique par les sommets
2008 : Traversée de l'Himalaya
2008 : Sortie du livre "Rencontre avec les Arméniens du monde", éditions Sigest

Site web de l'auteur : quarantemontagnes.site.voila.fr

Alexis GURDIKYAN --- Cliquer pour agrandir 40 montagnes pour un tour du monde en solitaire
Titre : 40 montagnes pour un tour du monde en solitaire / auteur(s) : Alexis GURDIKYAN -
Editeur : bartillat
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 27-Mesnil-sur-l'Estrée : Impr. Firmin-Didot
Description : 1 vol. (493 p.-[8] p. de pl.) : ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 23 cm
Collection :
Notes : La couv. porte en plus : "récit". - Index
Autres auteurs :
Sujets : Voyages autour du monde -- 1990-.... -- Récits personnels
ISBN : 2841003701
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 25,00 euros

Commentaire :

En solitaire, Alexis Gurdikyan a sillonné quarante pays et quarante montagnes, jusqu'à 7000 m d'altitude. Ce récit raconte son témoignage d'un extraordinaire tour du monde. Ce livre traite d'alpinisme, de nature, d'effort, de courage, d'ouverture aux autres et aux différentes cultures à travers le monde.
Ce tour du monde des montagnes est aussi un tour du monde des émotions, remarquablement écrit et présenté. Un document qui invite au voyage, à l'aventure, qui incite au dépassement de soi. Un témoignage émouvant de risque et d'héroïsme.
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Serge VENTURINI
( n. 1955 )

L'auteur

Serge VENTURINI --- Cliquer pour agrandir
Naissance à Paris le 12 octobre 1955.

Etudes supérieures à Paris VII. Après avoir séjourné au Liban, au Maroc, en Russie, en Arménie et en Pologne, il est aujourd’hui (2006) professeur de Lettres.

Photo ci-contre : Elisabeth Mouradian et Serge Venturini.

Serge VENTURINI --- Cliquer pour agrandir Odes arméniennes
Titre : Odes arméniennes / auteur(s) : SAYAT-NOVA -
Editeur : L'Harmattan
Année : 2006
Imprimeur/Fabricant : 14-Condé-sur-Noireau : Impr. Corlet
Description : 1 vol. (195 p.) ; 22 cm
Collection : Poètes des cinq continents ; 427
Notes : Préface, texte bilingue, Postface (pp 151-190), Notes pour chaque ode, Glossaire (pp 191-196), traduction et notes d'Elisabeth Mouradian et Serge Venturini
Autres auteurs : Serge VENTURINI [traducteur] -
Sujets : Poèmes
ISBN : 2296013988
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 17,50 euros

Commentaire :

Qui était Sayat-Nova ?

Un troubadour arménien de la Transcaucasie du XVIIIe siècle, un pont jeté entre trois cultures – arménienne, géorgienne et azérie.
Pour le lecteur français, le film de Sergueï Paradjanov : "Sayat-Nova, La couleur de la grenade" (1968) semble être l’unique arcane pour pénétrer le monde de ce poète, musicien et interprète.
Selon le poète Parouïr Sévak (1924-1971), il fut "l’autel de l’amour".
Son impossible amour pour Anna Batonachvili, soeur du roi Irakli II, - sa Nazanie, fit de lui le Madjnoun de Leïla de son temps. Cette traduction complète des 47 odes strophiques en langue arménienne, par d'Elisabeth Mouradian et Serge Venturini, la première en Europe, nous révèle la singularité universelle de ce poète irréductible, plus vivant que jamais, aimé de trois peuples depuis le XVIIIe siècle en Transcaucasie, et aimé aussi en Orient comme au Proche-orient. Puisse le lecteur non averti découvrir enfin cet immense poète.


Les traducteurs

Elisabeth Mouradian est née en Arménie, à Erevan. Etudes supérieures à l’Université d’Erevan et en Sorbonne. Elle est actuellement (2006) enseignante et traductrice.

Serge Venturini est né à Paris. Etudes supérieures à Paris VII. Après avoir séjourné au Liban, au Maroc, en Russie, en Arménie et en Pologne, il est aujourd’hui (2006) professeur de Lettres.

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Gérard CHALIAND

L'auteur

Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir
Spécialiste des questions politiques et stratégiques du tiers-monde, Gérard Chaliand a passé plus de vingt ans dans quelque 75 pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique, d'où il a tiré une série d'analyses, de reportages, d'enquêtes et d'essais. Homme de terrain avant tout, il a été à la rencontre de plusieurs mouvements de libération nationale - algérien, vietnamien, palestinien ou afghan -, pour appréhender leur lutte de l'intérieur. Il est notamment l'auteur, en collaboration avec Jean Lacouture, d'un tout récent Voyage dans le demi-siècle (Complexe, 2001).
Gérard CHALIAND --- Cliquer pour agrandir Mémoire de ma mémoire
Titre : Mémoire de ma mémoire / auteur(s) : Gérard CHALIAND - Sophie Mousset
Editeur : Julliard
Année : 2003
Imprimeur/Fabricant : 18-Saint-Amand-Montrond : Bussière Camedan impr
Description : 101 p. : jaquette ill. ; 21 cm
Collection : Sciences humaines
Notes :
Autres auteurs :
Sujets : Génocide arménien (1915-1916 ) -- Récits personnels
ISBN : 2260016383
Bibliothèque : Catalogué à la Bibliothèque Nationale de France
Prix : 14,00 euros

Commentaire :

Quatrième de couverture
"La mémoire de ma mémoire n'est pas ce que j'ai vécu mais ce dont j'ai hérité. L'écho d'un passé. Elle est la partie immergée de mon histoire. L'amont nocturne de ma saga. Le caillot que j'avais dans le poing au jour de ma naissance et dont, enfant, on m'a transmis la tragédie. Et que j'ai voulu oublier." Centré sur le drame vécu par les Arméniens de l'Empire ottoman entre la fin du XIXe siècle et les lendemains de la Première Guerre mondiale, ce récit d'une rare puissance mêle l'Histoire, les dits de la mémoire familiale, les images et les vestiges qu'en drainent leurs héritiers. Jamais ce qu'on a dénommé le premier génocide du XXe siècle n'avait trouvé une expression aussi épique ni aussi universelle. Gérard Chaliand, poète, géostratège et spécialiste des conflits, a longtemps refusé de porter le poids du génocide de 1915 dont a été victime la famille de ses grands-parents. Depuis vingt ans, il écrivait par bribes ce texte qu'il publie aujourd'hui.
Article Nouvelles d'Arménie Magazine numéro 85, avril 2003

Nouvelles d'Arménie Magazine : Votre ouvrage s'intitule « Mémoire de ma mémoire ». Pourquoi avoir choisi ce titre ? Voulez-vous dire par là que votre arménité ne peut se vivre que dans le passé ?
Gérard Chaliand : Je crois que tout le monde possède une mémoire de la mémoire. Elle est transmise par les parents, la famille, le milieu. Ils nous « lèguent » des choses que l'on n'a pas directement vécues mais qui, ensuite, font partie de notre bagage. Certains emploient aussi le terme de mémoire collective. En ce qui me concerne, j'ai voulu restituer aussi complètement que possible la mémoire historique d'un passé tragique, tel que je le conçois et le perçois, tel que je l'ai lu et entendu. Maintenant, le fait d'être Arménien représente-t-il pour moi le passé ? La réponse est oui. Je ne me situe pas dans le monde avant tout comme un Arménien mais comme un citoyen français, européen, occidental. Voilà !

NAM : Malgré tout, vous avez envie de parler de ce passé que vous rendez d'ailleurs présent grâce à l'écriture.
G. C. : Je ne renie rien de mes origines. Mais, personnellement, je ne suis pas particulièrement porté à la plainte. Ça ne m'amuse absolument pas d'avoir un passé collectif de vaincu. Je sais qu'aujourd'hui la victimisation est très à la mode. Beaucoup de groupes voudraient avoir été génocidés comme s'il s'agissait d'un atout ! Quant à moi. je trouverais plus plaisant de ne pas appartenir au club. Cependant, j'assume cet héritage qui fait partie de moi très profondément. Mais c'est un souvenir d'enfance qui marque fort et dont il faut se libérer par l'action.

NAM : Ce que vous avez fait ?
G. C. : A ma façon. La première phrase de mon livre dit : •< Maintenant que tout le monde est mort, il faut se souvenir ». Cela signifie qu'à un moment il faut parler.

NAM : A quelles fins ?
G. C. : Pour témoigner, transmettre, quand plus personne ne peut le faire dans votre cercle, Cette démarche a d'abord coïncidé avec le milieu des années 70 et les actions violentes qui se sont produites à ce moment-là. En 1977, j'ai écrit dans Le Monde une tribune libre titrée : « Le génocide des Arméniens n'a pas eu lieu. Vous savez, je m'étais battu en Asie, en Afrique, en Amérique latine pour des causes qui paraissaient justes. Mais à moment-là, je me suis dit qu’il était temps de faire aussi quel chose pour les Arméniens.

NAM : Ce/a signifie que votre lourd passé vous a d'une certaine façon rattrapé.
G. C. : (Long silence) Entre st et quarante ans passés, rompu avec cette histoire, milieu. Le masochisme du v, eu ressassant sa tragédie m'êtait tout à fait insupporta Indiscutablement, la culture française et occidentale était la mienne désormais convenait mieux que les traditions dans lesquelles les milieux immigrés en général, et arméniens en particulier, veulent maintenir les générations suivantes. Cette éducation ne convenait pas du tout. Ici, avait tout : le surréalisme révolution, l'irrespect, 1’humour noir... Je ne me suis ] du tout senti concerné par un héritage même si, évidemment on n'évacue rien de ce qui a imprégné l'enfance.

NAM : Pourquoi avoir ajouté un D à Chaliand ?
G. C. : C'était un acte de rupture : je ne voulais pas être immédiatement défini à la lecture d'un Cette espèce de déterminisme étroit ne m'intéresse pas. Je recommençais une autre histoire. Mais en 1973, le génocide a été évoqué pour la première fois en tant tel dans le cadre des rapports Nations Unies. La Turquie s’y est opposée, elle a continué à nié avec obstination, cette attitude m'a beaucoup frappé.

NAM : Elle a ravivé des souvenirs ?
G. C. : Certainement. Trop, c'était trop ! Après mon papier dans Le Monde, les circonstances ont fait que j'ai rencontré Yves Ternon, en 1978 ou 1979, à la librairie Samuelian, mon unique lien avec le milieu d'origine. Ternon et moi avons sympathisé. Et à la demande des éditions Complexe, nous avons écrit ensemble « Le Génocide des Arméniens ». En 1983, à mon initiative, un tribunal permanent des peuples sur le génocide arménien s'est tenu à la Sorbonne. C'était la première fois que la question arménienne sortait du ghetto autrement que par les attentats à caractère terroriste. Le mur de silence était brisé. Par la suite, quand j'ai pu le faire, j'ai aidé les Arméniens à sortir le génocide de l'oubli historique en faisant republier une quinzaine de livres.

NAM : Comment en êtes-vous arrivé à écrire votre ouvrage ?
G. C. : (Long silence) II faut dire ce que l'on porte même si on a voulu l'oublier. On ne peut pas l'oublier... J'imagine que j'éprouvais la nécessité de raconter, pour moi d'abord. Pour la mémoire de ma famille et de ce peuple qui a été massacré ensuite.

NAM : Estimez-vous avoir une dette ?
G. C. : Une dette de sang même. Très franchement, je trouve que l'on a publié des documents très intéressants. Mais ce que j'ai fait là s'appelle de la littérature et dans ce domaine, en quatre-vingts ans, peu de livres ont été écrits. Moi je devais faire quelque chose de vraiment bon qui permette d'entrer dans l'universel. J'y ai passé une vingtaine d'années. La première partie et le siège d'Adjen m'ont paru relativement faciles à rédiger. De même pour le chapitre sur les Fedaïs. Là, le spécialiste de la guérilla que je suis, se sentait comme chez lui.

NAM : Justement, lorsque les Fedaïs donnent la mort et commettent des crimes, on sent une certaine jubilation. C'est étonnant de décrire de tels sentiments.
G. C. : Je comprends que l'on puisse s'étonner aujourd'hui. Dans les années 50, cela n'aurait pas été le cas mais la sensibilité occidentale a subi une fantastique mutation. Entre la fin de la guerre du Vietnam, où l'Amérique peut accepter de perdre 58 000 hommes et la guerre du Golfe où elle ne supporte pas l'idée d'en perdre, on note une profonde transformation. Elle se situe en 1983 quand, à Beyrouth, un camion suicide va tuer 241 Marins américains et un autre 58 parachutistes français et que peu après les troupes occidentales se retirent. Depuis, nous sommes dans des sociétés pacifistes. Par exemple, contrairement à vous, je n'aurais jamais employé le mot « crime ». Se battre n'est pas un crime. Dans une guerre, ou vous tuez ou l'autre vous tue. Mais assassiner des enfants désarmés, éventrer des femmes après les avoir violées constitue en revanche un vrai crime. Donc je me sens très à l'aise par rapport à votre remarque.

NAM : Vient ensuite ce chapitre bouleversant sur le génocide...
G. C. : J'ai passé dix ans sans pouvoir l'écrire. J'hésitais parce que c'est douloureux et que je voulais absolument réussir. Là, je ne pouvais pas me contenter de la moyenne. Le souci de perfectionnisme me bloquait. Puis, je me suis enfermé, j'ai relu mes archives pendant deux mois et une fois que j'ai réuni des éléments véridiques je les ai transmués en quinze jours en littérature, en art. J'en suis ressorti épuisé comme après un combat de boxe avec un adversaire plus lourd que soi.

NAM : Comment arrive-t-on à décrire la violence sans verser dans le gore ou le pathos ?
G. C. : Je ne sais qu'une seule chose : Dans les faits, rien n'est inventé. Dans l'écriture, je cultive l'extrême sobriété, la retenue. Je ne multiplie pas les adjectifs par exemple. Je pense que ce que je recrée est puissant car justement les mots restent contenus. Je donne le maximum de puissance avec le minimum de moyen.

NAM : Votre narration comporte deux parties. La première, historiée-familiale, relate les événements tandis que la seconde, en italique, est de l'ordre du ressenti. Ce procédé de double écriture s'avère peu courant...
G. C. : II m'est venu naturellement. Très vite, j'ai compris que mon livre se composait de deux sons distincts. Le premier est effectivement un récit factuel, historique. Le second raconte ce que ces événements provoquent en moi. On entre dans le domaine du lyrisme, de l'épique et du poétique.

NAM : Dans les pages consacrées au génocide, vous ne vous contentez pas de décrire la mise à mort mais vous détaillez aussi par le menu les tortures. Fallait-il tout dire ?
G. C. : Oui. Avec la littérature, on peut se permettre de montrer la vraie violence. Or lorsque l'on parle de l'assassinat d'un peuple, avec ce que cela suppose d'atrocités, pour le coup il ne peut y avoir de retenue.

NAM : Qu'attendez-vous aujourd'hui de cet ouvrage ?
G. C. : D'une part que les Arméniens, et particulièrement les plus jeunes, se reconnaissent dedans, que s'ils cherchent un bouquin à faire lire à un copain qui n'y connaît rien, ce soit celui-là. Je voudrais qu'ils aient le sentiment que ce n'est pas Franz Werfel ou Edgar Hilsenrath qui parlent à leur place mais un homme qui appartient au groupe. D'autre part, j'espère que l'histoire qui est racontée entre dans la littérature universelle et qu'elle puisse se comparer à n'importe quel témoignage.

NAM : Maintenant comment vous sentez-vous ?
G. C. : Je suis content d'avoir fait ce livre. J'ai rempli un contrat. J'ai fait mon travail, j'ai apporté une contribution qui devrait rester. Cela aurait fait plaisir à mon père.

Propos recueillis par Marie-Aude Panossian

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